^.. î y .1»^ BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION I>E FFIAISOE .»»» 5977. — BountOTOS — Imprimeries réunies, A, rue Mignon.i, Paris. BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION Fondée le 10 février 1854 RECONNUE ÉTABLISSEMENT D UTILITÉ PUBLiaUE PAR DÉCRET DU 26 FÉVRIER 1855 4^ SERIE— TOME III 1§86 TRENTE-TROISIEME ANNEE PARIS AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 41, RUE DE LILLE, 41 188G /m >".** •■&'■' r r SOCIETE NATIONALE D'ACCLIMATATION r>E FFtAIVOE ORGANISATION POUR L'ANNÉE 1886 «gv, y .|^^ Conseil. — Délégués. — Commissions. — Bureaux des Sections. ^OTAWiCAt. CONSEIL D'ADMINISTRATIOiN POUR 1886 BUFtEAU Président. Vice-présidents. MM. Ernest COSSON(0. ^), membre de l'Institut (Académie des sciences), ancien conseiller général, membre du conseil d'administration de la Société botanique de France. Le comte d'ÉPRÉMESNlL (^), propriétaire. De QUATREFAGES (G. ^), membre de l'Institut (Académie des sciences), professeur au Muséum d'histoire naturelle. Le marquis de SINÉTY, propriétaire. Secrétaire général. M. Albert GEOFFROY SAINT-HILAIRE (^), directeur du Jardin zoologique d'Acclimatation du Bois de Boulogne. Secrétaires. MM. E. DUPIN (^), Secrétaire pour l'intérieur, ancien inspecteur des chemins de fer. ^ Maurice GIRARD, Secrétaire du Conseil, docteur es sciences. ^ G. RAVERET-WATTEL (^), Secrétaire des séances, chef de bureau au ministère de la guerre. P.-L.-H. FLURY-HÉRARD (^), Secrétaire pour l'étranger, banquier ^^ du corps diplomatique. ••^' VI SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. Trésorier. M. Sainl-Yves MÉNARD, vétérinaire, docteur en médecine, directeur ad- joint du Jardin zoologique d'Acclimatation du Bois de Boulo- gne, professeur à l'École centrale des arts et manufactures. Archiviste-bibliothécaire. M. Amédée BERTHOULE, avocat, docteur en droit. iVIE]VIBR.ES I>U OONSEIL. MM. Camille DARESTE, docteur es sciences et en médecine, directeur du laboratoire de tératologie à l'École pratique des hautes études. A. GRANDIDIER (^), Membre de l'Institut, voyageur naturaliste. Léon LEFORT (0 ^), membre de l'Académie de médecine, pro- fesseur à la Faculté de médecine. Edouard MÈNE (^), docteur en médecine, médecin de la maison de santé de Saint- Jean-de-Dieu. A. MILNE EDWARDS (0 ^), membre de l'Institut (Académie des sciences), professeur au Muséum d'histoire naturelle. Aug. PAILLIEUX, propriétaire. P. -Amédée PICHOT, directeur de la Revue britannique. Edo-ar ROGER, conseiller référendaire à la Cour des comptes. Le marquis de SELVE (^), propriétaire. Léon VAILLANT (^), professeur au Muséum d'histoire naturelle. Henry de VILMORIN (^), ancien membre du tribunal de commerce de la Seine. • ' Vice-président honoraire. M. RICHARD (xiu Cantal), ancien représentant du peuple, propriétaire. Membre honoraire du Conseil. M. Fréd. JACQUEMART (^), manufacturier, membre de la Société nationale d'agriculture de France. Agent général. M. Jules GRISARD (P A.), gérant des publications de la Société. ORGANISATION. VII DÉLÉGUÉS DU CONSEIL EN FRANCE BoM%ne-s.-iJf., MM. Carmier-Adam. Douai, L. Maurice. La Roche-sur Y on, D. Gourdin. Poitiers, MM. Malapert père. Saint-Quentin, Theillier-Des- JARDiNS. DÉLÉGUÉS DU CONSEIL A L'ÉTRANGER Bruxelles, MM. Comte de Liede- kerke. Cerna?/ (Alsace) , A. Zurcher. Milan, Ch. Brot. Odessa, P. de Bourakoff. Pesth (Hongrie), Rio-Janeiro, Téhéran, Wesserling, MM. Ladislas de Wagner. De Capanema. Tholozan. Gros-Hartmann. COMiyiISSION DE PUBLICATION MM. le Président et le Secrétaire général, membres de droit. D''E.GossoN, Vice-Président. E. DuPiN, Secrétaire pour l'intérieur. Maurice Girard, Secrétaire du Conseil. Baveret-Wattel, Secrétaire des séances. Flury-Hérard, Secrétaire pour l'étranger. Saint-Yves Ménard, Trésorier. Docteur Ed. Mène, Membre du Conseil. P. A. Pichol, — — COMMISSION DES CHEPTELS MM. le Président et le Secrétaire général, membres de droit. Membres pris dans le Conseil. MM. Amédée Berthoule. Maurice Girard. Saint-Yves MÉNARD. Edg. Boger. A. Paillieux. Membres pris dans la Société. MM. De Barrau ûe Muratel D'AUBUSSON. Jules Fallou. P. Mégnin. E. JOLY. COMMISSION DES FINANCES MM. le Président et le Secrétaire général, membres de droit. MM. Amédée Berthoule. Flury-Hérard. MM. Eug. DupiN. Saint-Yves Ménard. VIII SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. COMMISSION MÉDICALE MM. Je Président et le Secrétaire général, membres de droit. MM. E. Hardy. MM. Saint-Yves Ménard. E. Decroix. L. Lefort. Edouard Mène. Léon Vaillant. COMMISSION PERMANENTE DES RÉCOMPENSES MM. le Président et le Secrétaire général, membres de droit. Délégués du Conseil. MM. Amédée Berthoule. Maurice Girard. MM. A. Paillieux. Raveret-Wattel. Délégués des sections. Première section. — Mammifères. — MM. Mailles. Deuxième section. — Oiseaux. — P>athelot. Troisième section. — Poissons, etc. — Berthoule. Quatrième section. — Insectes. — Jules Fallou. Cinquième section. — Végétaux. — Docteur E. Mène. BUREAUX DES SECTIONS *" Section. — niaininirères. MM. Geoffroy Sl-Hilaire, d. du Cous. E. hecro'n, président. Mégnin, vice-président. Mailles, secrétaire. Trémeau, vice-secrétaire. t* Section. — Oiseaux. MM. Ménard, dél. du Conseil. Huel, président^ Dautreville, vice-président. E. Joly, secrétaire. Comte d'Esterno, vice-secrétaire. 3* Section. — Poissons, etc. MM. L. Vaillant, délégué du Conseil et président. Brocchi, vice-président. Mailles, secrétaire. i. Cloquet, vice-secrétaire. 4* Section. — Insectes. MM. Maurice Girard, délégué du Conseil et président. Jules Fallou, vice-président. Sédillot, secrétaire. Eug. Joly, vice-secrétaire. »^ Section — Végétaux. MM. Henry de Vilmorin, délégué du Conseil et président. Aug. Paillieux, vice-président. Jules Grisard, secrétaire. Jean Dybowski, vice-secrétaire. YINGT-NEUVIÈME SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE DE DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE PROGES-YERBAL La Société nationale d'Acclimatation de France a tenu sa vingt-neuvième séance publique annuelle de distribution des récompenses, le vendredi 11 juin 1886, dans sa salle des Conférences, sous la présidence de M. de Quatrefages , Membre de l'Institut, Vice-président de la Société. Après une allocution très applaudie , M. le Président a donné la parole à M. Raveret-Wattel, Secrétaire des séances, qui a présenté un rapport sur les travaux de la Société pen- dant l'année 1885. Puis M. Saint-Yves Ménard, trésorier, a exposé la situation financière de la Société au 31 décembre dernier. Enfin M. A. Geoffroy Saint-Hilaire, secrétaire général, a donné lecture du rapport au nom de la Commission des ré- compenses. 11 a été décerné cette année : 1" Une médaille d'or off'erte par le Ministère de l'agricul- ture; 2° Une grande médaille d'or (hors classe), à l'effigie d'Isi- dore Geoffroy Saint-Hilaire, d'une valeur de 500 francs; 3" Deux médailles d'or, hors classe, d'une valeur de 300 francs; 4" Deux prix extraordinaires d'une valeur de 1500 francs; 5° Deux primes d'une valeur de 400 francs; 6" Yingt et une médailles d'argent et un rappel ; 7° Quatre médailles de bronze; 8* Cinq mentions honorables; X SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. 9° Deux récompenses pécuniaires d'une valeur de 300 fr. ; 10' Les deux primes de 200 et de iOO francs fondées par feu Agron de Germigny ; 14° Huit primes offertes par l'administration du Jardin zoologique d'Acclimatation à ses employés, d'une valeur de 600 francs. Le Secrétaire des séances, G. Raveret-Wattel. PRIX EXTRAORDINAIRES ENCORE A DÉCERNER <^> GENERALITES i° — 1882. — Prix de 1000 francs fondé pai* feu ni. BERE.\D, membre de la Société. Un prix de 1000 francs sera décerné à l'auteur du meilleur tra- vail faisant connaître, au point de vue historique et pratique, les travaux relatifs à l'acclimatation et les résultats obtenus depuis 1854. Concours prorogé jusfju'au !<"" décembre 1890. — Prix : looo francs. 2" — 1863. — Prix pour les travaux théoriques relatifs à l'acclimatation. § I. Les travaux théoriques sur des questions relatives à l'accli- matation, publiés pendant les cinq années qui précèdent, pourront être récompensés, chaque année, par des prix spéciaux de 500 francs au moins. La Société voudrait voir étudier particulièrement les causes qui peuvent s'opposer à l'acclimatation ou la faciliter. §11. Il pourra, en outre, être accordé dans chaque section des primes ou des médailles aux auteurs de travaux relatifs aux ques- tions dont s'occupe la Société. Ces travaux devront être de nature à servir de guide dans les ap- plications pratiques ou propres à les vulgariser. Les ouvrages (imprimés ou manuscrits) devront être remis à la Société avant le 1" décembre de chaque année. 3° — 1867. — Prix pour les travaux de zoologie pure, pouvant servir de guide dans les applications. La Société, voulant encourager les travaux de zoologie pure (mo- nographies génériques, recherches d'anatomie comparée, études embryogéniques, etc.), qui servent si souvent de guide dans les ap- plications utilitaires de cette science, et rendent facile l'introduction d'espèces nouvelles ou la multiplication ou le perfectionnement d'es- pèces déjà importées, décernera annuellement, s'il y a lieu, un prix de 500 francs au moins à la meilleure monographie de cet ordre, publiée pendant les cinq années précédentes. Elle tiendra particulièrement compte, dans ses jugements, des applications auxquelles les travaux ,de zoologie pure appelés à con- (1) Le cliiffre qui précède l'énoncé des divers prix, indique l'année de la fon- dation de ces prix. Tous les prix qui ne portent pas l'indication d'une fondation particulière sont fondés par la Société. XII SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. courir auraient déjà conduit, que ces applications aient été faites par les auteurs de ces travaux ou par d'autres personnes. Un exemplaire devra être déposé avant le l^"" décembre. 40 _ 1875. — Des primes ou médailles pourront être accordées aux personnes qui auront démontré, pratiquement ou théoriquement, les procédés les plus favorables à la multiplication et à la conserva- tion des animaux essentiellement protecteurs des cultures. Concours prorogé jusqu'au l^"" décembre 1890. 50 — 1807. — Prix perpétuel foudé par feu M'"' GUÉR1I\EAU , née DELALJiI\DE. Une grande médaille d'or, à l'effigie d'Isidore Geoffroy Saint- Hilaire, et destinée à continuer les fondations faites les années précédentes, dans l'intention d'honorer la mémoire de l'illustre et intrépide naturaliste voyageur, Pierre Delalande, frère de M"'' Gué- rineau. Cette médaille sera décernée, en 1887, au voyageur qui, en Afrique ou en Amérique, aura rendu depuis huit années le plus de services dans l'ordre des travaux de la Société, principalement au point de vue de l'alimentation de l'homme. Les pièces relatives à ce concours devront parvenir à la Société avant le 1" décembre 1886. 6» — 1861. — Primes fondées par feu M. AGROIV DE GERllIGIVY. Deux primes, de 200 francs et de 100 francs, seront décernées, chaque année, pour les bons soins donnés aux animaux ou aux vé- gétaux, soit au Jardin d'acclimatation (200 francs), soit dans les établissements d'acclimatation se rattachant à la Société (prime de 100 francs). Les pièces relatives à ce concours devront parvenir à la Société avant le 1*' décembre de chaque année. PREMIÈRE SECTION. — MAMMIFÈRES 1» — 1804. — Introduction d'espèces nouvelles. 11 pourra être accordé, dans chaque section, des primes d'une valeur de 200 à 500 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce nouvelle, utile ou ornementale, d'un réel intérêt. 2" — 1885. — Introduction d'une espèce nouvelle de Mam- mifère insectivore en France. PRIX EXTRAORDINAIRES. XIII Les candidats devront justifier de la possession de dix sujets au moins nés chez eux et adultes. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1890. Prix: 500 n-ancs. 30 1S70. — lutroduclioii en France des belles races asines de l'Orient. On devia faire approuver par la Société d'Acclimatation les .\nes éta- lons importés, et prouver que vingt saillies au moins ont été faites dans l'année par chacun d'eux. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 1000 francs. 40 186S. — Domestication complète, application à l'agricul- ture ou emploi dans les villes de l'Hémione {Equus Hemionus) ou du Dauw {E. Burchelli). La domestication suppose la reproduction en captivité. Concours prorogé jusqu'au l^-" décembre 1890. — Prix : looo francs. 50 _ -1867. — Métissage de l'Hémione ou de ses congénères (Dauw, Zèbre, Couagga) avec le Cheval. On devra avoir obtenu un ou plusieurs métis âgés au moins d'un an. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890.— Prix : 1000 francs. (30 — 1867. — Propagation des métis de l'Hémione ou de ses congénères (Dauw, Zèbre, Couagga) avec l'Ane. Ce prix sera décerné à l'éleveur qui aura produit le plus de métis. (11 devra en présenter quatre individus au moins.) Concours prorogé jusqu'au 1*'' décembre 1890. — Prix : 1000 francs. 7» — 1885. — Multiplication en France du Sanglier nain {Porcula Salvianï). On devra justifier de la possession de douze sujets au moins, nés chez le propriétaire et âgés de plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1"^' décembre 1890. — Prix : soo francs. Le prix sera doublé si les sujets présentés sont nés d'individus ayant déjà reproduit en France. — Prix : 1000 francs. go — 1867. — Élevage de l'Alpaca, de l'Alpa-Lama et du Lama. On devra présenter au concours douze sujets nés chez l'éleveur et âgés d'un an au moins. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : tsoo francs. 90 — 1869. — Prix perpétuel fondé par feu lU-^'Ad. DUTROIVE, née GALOT. Une somme annuelle de 100 francs sera, tous les trois ans, con- vertie en prime de 300 francs (ou médaille d'or de cette valeur), et décernée, par concours, au propj^iétaire ou au fermier qui, en France ou en Belgique, aura le mieux contribué à la propagation de la race bovine désarmée sarlabot, créée par feu M. le conseiller Ad. Dutrône. Ce prix sera décerné en 1887 et 1890. XTV SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. 10° — 18Î3. — Chèvres laitières. On devra présenter I Bouc et 8 Chèvres d'un type uniforme, et justifier que trois mois après la parturition les Chèvres donnent 3 litres de lait par jour et par tête. Les concurrents devront présenter un compte des dépenses et recettes occasionnées par l'entretien du troupeau, et faire connaître à quel usage le lait a été employé (lait en nature, beurre, fromage). Concours prorogé jusqu'au l*^"" décembre 1890. — Prix : 50o n-nncs. 11" — 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), du Cerf Wapiti (Cervus Canadensis), du Cerf d'Arislote {Cervus Aristotelis) ou d'une autre grande espèce. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours prorogé jusqu'au 1'^'" décembre 1890. — Prix : i500 francs. 12° — 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), du Cer? axis {Cervus axis), du Cerf des Moluques {Cervus Moluccensis) ou d'une autre espèce de taille moyenne. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours prorogé jusqu'au 1"" décembre 1890. — Prix : looo francs. 13» — 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), du Cerf-Cochon {Cervus porcinus) ou d'une autre espèce analogue. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés déplus d'un an. Concours prorogé jusqu'au l^"" décembre 1890. — Prix : 500 francs. 14," — 1874, — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), du Cerf Pu du (Ceri'WS Pudu) ou d'une espèce analogue. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours prorogé jusqu'au i" décembre 1890. — Prix : 500 francs. 15" — 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), de l'Antilope Canna {Bos- elaphus Oreas) ou d'une autre grande espèce. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 1500 francs. 16" — 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), de l'Antilope Nylgau {Por- tax picta) ou d'une autre espèce de taille moyenne. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à PRIX EXTRAORDINAIRES. XV l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours prorogé jusqu'au l*-" décembre 1890. — Prix : «ooo francs. 470 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), d'Antilopes de petite taille. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 500 francs. 18° — 1873.— Introduction en France de VHydropotes inermis {Ke ou Chang). On devra avoir introduit au moins trois couples de Ke ou Chang, et faire constater que trois mois après leur importation, ces animaux sont dans de bonnes conditions de santé. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 500 francs. 19o_ 1 87S. — Multiplication en France de VHydropotes inermis (Ke ou Chang). On devra faire constater la présence de dix individus au moins âgés de plus d'un an et issus des reproducteurs importés. Concours prorogé jusqu'au !<='■ décembre 1890. — Prix : looo francs. 20" — 1865. — Domestication en France du Castor, soit du Ca- nada, soit des bords du Khône. On devra présenter au moins quatre individus mâles et femelles, nés chez le propriétaire et âgés d'un an au moins. Concours prorogé jusqu'au l^"" décembre 1890. — Prix : 500 francs. — Le prix sera doublé si l'on présente des individus de seconde géné- ration. 2I0 _ 1875. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), de Kangurous de petite taille. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux s eront âgés de plus d'un an. Concours prorogé jusqu'au 1*'' décembre 1890. — Prix: 500 francs. 22" — 188^. — Multiplication en France du Lapin géant des Flandres, à oreilles droites. On devra présenter 5 mâles et 5 femelles adultes, nés chez l'éleveur, du poids moyen de 8 kilogrammes. Concours prorogé jusqu'au 1^'' décembre 1890. — Prix : 300 francs. 23" — 188*1. — Alimentation du bétail par le Téosinlé (Beana luxurians). On devra présenter un compte établissant le rendement obtenu, en poids, d'une plantation de Téosinté couvrant au moins 25 ares et fournir des renseignements circonstanciés sur les avantages ou les inconvénients que présente ce mode d'alimentation pour le bétail. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 300 francs. XVI SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATÂTION. 24° — 1882. — Alimentation des animaux par le Soya. On devra fournir des renseignements circonstanciés sur les avantages ou les inconvénients que présente ce mode d'alimentation pour les ani- maux soit à l'état vert, soit à l'état sec. Concours prorogé jusqu'au l'"' décembre 1890. — Prix: 300 francs. DEUXIÈME SECTION. — OISEAUX 1" — 1864. — Introduction d'espèces nouvelles. Il pourra être accordé, dans chaque section, des primes d'une valeur de 200 à 500 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce nouvelle utile ou ornementale a'un réel intérêt. 2" — 1864. — Introduction et acclimatation d'un nouveau gibier pi'is dans la classe des Oiseaux. Sont exceptées les espèces qui pourraient ravager les cultures. On devra présenter plusieurs sujets vivants de seconde génération. Concours prorogé jusqu'au 1*"' décembre 1890. — Prix : 500 à 14»00 francs. 3" _ 1S70. — Multiplication et propagation en France ou en Algérie du Serpentaire {Gijpogeranus Serpentarius). On devra présenter un couple de ces oiseaux de première génération, et justifier de la possession du couple producteur et des jeunes obtenus. Concours prorogé jusqu'au 1*"' décembre 1890. — Paix : looo francs. 4.0 — 1868. — Acclimatation du Martin triste {Acridotheres tristis) ou d'une espèce analogue, en Algérie ou dans le midi de la France. On devra présenter cinq paires de ces oiseaux, adultes, de seconde génération. Concours prorogé jusqu'au 1"" décembre 1890. — Prix : 500 francs. 5» — 1810. — Multiplication en France, à l'état sauvage, de la Pintade ordinaire (Numida Meleagris). On devra faire constater l'existence, sur les terres du propriétaire, d'au moins quatre compagnies de Pintades de six individus chacune, vivant à l'état sauvage. Concours prorogé jusqu'au i" décembre 1890. — Prix : «so francs. 6° — 1875. — Multiplication en France, à l'état sauvage, du Faisan vénéré. On devra faire constater l'existence d'au moins dix jeunes sujets vivant en liberté et provenant du couple ou des couples lâchés. Concours prorogé jusqu'au 1''' décembre 1890. — Prix : 500 francs. rillX EXTRAORDINAIRES. XVII 7" — 1S70. — Création d'une race do Poules domestiques pondant de gros œufs. On devra présenter au moins douze Poules de 3" génération, constituant une race stable, et donnant régulièrement des œufs atteignant le poids de 75 grammes. Cette race, créée par la sélection ou par croisement, devra pré- senter les caractères d'une variété de bonne qualité pour la consommation. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 500 francs. Vvix fondés pai* il. Georges lflatliia.«i, uieinbre de la Société. 8" — 1885. — lîeproductioii en captivité d'un oiseau quel- conquc, de l'ordre des Gallinacés, qui jusqu'à ce jour ne s'est pas reproduit dans ces conditions. On devra présenter au moins quatre sujets adultes nés chez le pro- priétaire. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1890. — l'uix : «50 franc». 9" — 1885. — Monographie des [*hasianidés (Faisan, Trago- pan, Lophophore, etc.). liCs auteurs devront indiquer, dans un livre ou un mémoire étendu, les diverses espèces de cette famille, leur distribution géographique, leur description, moeurs, habitudes, instincts, leur mode de reproduc- tion, leur alimentation. En d'autres ternies, les ouvrages présentés devront pouvoir servir de Guide pratique. Concours ouvert jusqu'au 1'=' décembre 1890 — Prix.: «»o francs. 10° — 1867. — Introduction et multiplication en France, en par- (luels, du Tétras liuppecol (Tetrao Cupido) de l'Amérique du Nortl. On devra présenter au moins douze sujets, complètement adultes, nés et élevés chez le propriétaire. (concours prorogé jus(pi'au 1" décembre 1890. — l'Rix : aso francs. Le prix sera dou])lé si la multiplication du Tétras huppecol a été obtenue en liberté. 11" — 1810. — Multiplication en France, à l'état sauvage, delà Perdrix de Chine {Galloperdix Sphenura) ou d'une autre Perdrix percheuse. On devra faire constater l'existence d'au moins six sujets vivant en liberté et provcnaut du ondes couples làcdiés. Concours prorogé jiis(iu'au 1" décembre 1890. — Pni\ : 3oo francs. i" SKUIK, T. III. — .Sciiiiri! iiuli|i(iuc: ;miiiicile. h XVIII SOCIETE NATIUNALE D ACCLIMATATION. li" — 1877. — Importation des grosses espèces de Colins (ori- ginaires du Mexique et du Brésil) et des petites espèces de Tina- mous de l'Amérique méridionale. On devra avoir importé au moins six couples de ces oiseaux et justifier que trois mois après leur importation ils sont dans de bonnes conditions de santé. Concours prorogé jusqu'au 1^'' décembre 1890. — Prix : «sofrnncs. 13"— 1877. — Multiplication en volière des grosses espèces de Colins originaires du Mexique et du Brésil, ou des petites espèces de Tinamous de l'Amérique méridionale. On devra itrésenter dix sujets vivants nés des oiseaux directement im- portés du pays d'origine. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 300 rrancM. M" — 1^81. — Reproduction de la grande Outarde {Olis tarda) à l'état sauvage. On devra prouver que trois couples au moins de grandes Outardes ont couvé et élevé leurs jeunes en France, sur les terres du propriétaire. Concours prorogé jusqu'au 1*"' décembre 1890. — Prix : 300 rrnncM. 15° — 1870. — Domestication en France ou en Algérie de l'Ibis sacré (Ibis religiosa) ou de l'Ibis falcinelle (Ibis falcinellus), ou d'un autre oiseau destructeur des Souris, Insectes et Mollusques nui- sibles dans les jardins. Sont exceptées les espèces qui pourraient ravager les cultures. On devra faire constater l'existence de quatre sujets au moins de pre- mière génération, vivant en liberté autour d'une habitation et nés de parents libres eux-mêmes dans la propriété. Concours prorogé jusqu'au l'^'^ décembre 1890. — Prix : 500 francs. 16° — 1867. — Domestication de l'Autruche d'Afrique (Stru- thio canielus) en Europe. On devra justifier de la possession d'au moins six Autruches nées chex le propriétaire et âgées d'un an au moins. (Concours prorogé jusqu'au 1^' décembre 1890. — Prix : 1500 rrancM. 17" — 1879. — Création en Algérie d'une ferme d'Autruches. On devra être possesseur de dix couples, au moins, de reproducteurs, et avoir fait naître et élever dans les trois années précédentes cent jeunes aulruchons. Les concurrents ne seront pas tenus d'entretenir chez eux tous les jeunes produits; mais ils devront fournir des documents authen- tiques justifiant de la destination qui leur a été donnée. Les concurrents devront présenter un compte des dépenses et recettes occasionnées par l'entretien du troupeau; faire connaître la valeur des plumes livrées au commerce; les procédés à employer pour la multipli- cation des jeunes (incubation naturelle ou hydro-incubateurs), et adresser à la Société un ra})port circonslancié donnant tous les détails propres à rétlucatioii do rAuliuche en cafitivité. Concours prorogé jus(pi'au 1" décembre 1890.— Prix : looo rrancs. PIUX EXTUAOUDIJNAIKES. XIX 18" — 1873. — Domestication d'un nouveau Palmipède utile. On devra présenter au moins dix sujets vivants de seconde génération produits en captivité. Concours prorogé jusqu'au 1"" décembre 1890. — Prix : looo rrancM. 19° — 1882. — Un prix de 300 francs sera décerné à l'auteur du meilleur travail sur les nichoirs artificiels pour la protection et la propagation des espèces d'oiseaux qui nichent dans les creux ou trous des arbres, des murailles ou des rochers. L'auteur devra produire des modèles de nichoirs en indiquant leur mode de construction et leur prix de revient, et justifier des résultats obtenus depuis cinq ans au moins. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 300 francs. 20° — 188*1. — Un prix de 300 francs sera accordé à l'inven- teur d'un genre de nourriture artificielle ou composition pouvant remplacer les pâtées fraîches, pour les oiseaux insectivores entre- tenus en volières. On devra faire connaître la composition et le mode de préparation, justifier des avantages que présente l'emploi de cette composition au point de vue de sa conservation, de ses qualités nutritives et de son pri.v de revient. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : soo francs. TROISIÈME SECTION. — POISSONS, MOLLUSQUES, ETC. CRUSTACÉS, ANNÉLIDES 1° — 1864. — Introduction d'espèces nouvelles. Il pourra être accordé, dans chaque section, des primes d'une valeur' de 200 à .500 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce nouvelle, utile ou ornementale, d'un réel intérêt. "2" — 1S82. — Recherches sur les propriétés physiques et chimiques des eaux douces au point de vue de l'aquiculture. L'auteur devra faire ressortir, par des observations et des analyses pratiques, les conditions favorables au développement des diverses espèces de Poissons, Crustacés, Mollusques et Végétaux. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 5oo francs. 3" — 1883. — Recherches sur les propriétés physi(|ues et chimi- ques des eaux de mer et saumâtres au point de vue de l'aquiculture. L'auteur devra faire ressortir, par des observations et des analyses pratiques, les conditions favorables nu développement des diverses espèces de Poissons, Crustacés, ftlollusiiues et Végétaux. Concours proi'ogé jusqu'au \" décembre 1890. — Prix : ftoo franc». XX SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. 4" — 1884. — Alimentation du Poisson. Le prix sera accordé à la découverte d'un procédé véritablement pra- tique, peu coûteux et réellement industriel, pour la production rapide et en quantité illimitée d'une nourriture r/uanic (Daphnies, Cyclopes, etc.) propre à l'alimentation du poisson et en particulier de l'alevin de Sal- monide. On devra faire connaître en détail le mode de production employé et justifier du plein succès obtenu. Concours ouvert jusqu'au i"" décembre 1890. — Prix : soo rrancM. BATRACIENS 5° — 1886. — Multiplication en France de la Grenouille h'£ui {Rana mugiens) de rÀmcrique du Nord. On devra justifier de la possession de vingt-cinq sujets adultes nés chez le propriétaire. Concours ouvert jusqu'au l*"^ décembre 1890. — Prix : «50 rnince*. POISSONS (■»" — 1873. — Acclimatation dans les eaux douces de la France d'un nouveau Poisson alimentaire. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : looo rrancM. 7" — 1873. — Introduction dans les eaux douces de l'Algérie d'un nouveau Poisson alimentaire. Les poissons introduits devront être au nombre de vingt au moins ; on devra justifier qu'ils ont été importés depuis plus d'un an. Concours prorogé jusqu'au l" décembre 1890.'^ — Prix : 500 n-anc»*. Le prix sera doublé si le poisson introduit est le Gourami {Osphrome- nus olfax). S" — 1873. — Acclimatation dans les eaux douces de l'Algérie d'un nouveau Poisson alimentaire. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : lOoo frunc». Le prix sera doublé si le poisson acclimaté est le Gourami {Osphrome- nus olfax). 9* — 1873. — Introduction dans les eaux douces de la Guade- loupe et de la Martinique d'un nouveau Poisson alimentaire. Les poissons introduits devront être au nombre de vingt au moins ; on devra justifier qu'ils ont été importés depuis plus d'un an. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1800. — Prix : 50o frauoN. Le prix sera doublé si le poisson introduit est le Gourami {Osphromc- nus olfax). PRIX EXTRAORDINAIRES. XXI 10» — 1873.— Acclimatation dans les eaux douces de la Gua- deloupe et de la Martinique d'un nouveau Poisson alimentaire. Concours prorogé jusqu'au !•" décembre 1890.— Prix : looo francs. Le prix sera doublé si le poisson accliaiaté est le Gouiami {Osphrome- nus olfax). 41» — 1874. — Introduction en France du Coregomis otsego de l'Amérique du Nord. Les poissons introduits devront être au nombre de vingt au moins, et l'on devra justifier qu'ils ont été importés depuis plus d'un an. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1K90. — Prix : 500 francM. Si des multiplications du Coregonus otsego ont été obtenues en France, le prix sera doublé. 12° — 1879. — Multiplication en France du Saumon de Cali- fornie (Salmo quinnat) de l'Amérique du Nord. On devra présenter au moins 500 alevins, âgés d'un an, nés de parents existant dans les eaux du propriétaire depuis au moins dix-buit mois. L'étal des reproducteurs devra être constaté au moment du frai par des pièces authentiques. On devra également faire constater l'époque de l'éclosion des œufs et faire connaître dans un rapport circonstancié les observations auxquelles donnerait lieu l'éducation de ces jeunes poissons. Concours prorogé jusqu'au l" décembre 1890. — Prix : soo n-ancs. 13» _ 18S2. — Établissement d'échelles pour les Poissons mi- grateurs. Un prix de 500 francs sera décerné aux usiniers ou propriétaires qui auront établi, dans des conditions pratiques, des échelles pour le passage des Poissons migrateurs. Concours prorogé jusqu'au f'" décembre 1890. — Puix : 500 fi-ancH. 14,0 — 1886. — Multiplication artificielle, sur les côtes do France, d'un Poisson de mer propre à l'alimentation. Les résultats devront avoir été obtenus sur une échelle suffisante pour présenter un intérêt véritablement pratique. Concours ouvert jusqu'au 1" décendjre 1895. — Prix : soo rrancN. Le prix sera doublé si l'élevage «lu Poisson a donné lieu à une exploitation industrielle. l.V — 1S86. — Multiplication des Cyprinides. H pourra être accordé des primes ou des médailles à toute personne qui aurii obtenu, dans des eaux closes, de l'alevin de Cyprinide, notam- ment la Carpe et la Tanche, et i|ui justifiera en avoir introduit en grand nombre dans les cours d'eau de la région et aura ainsi contribué le plus efficacement à leur repeuplement. Si les travaux faits dans cet ordre d'idées ont une importance suffi- sante, il pourra être accordé un prix de sou francs. Concours ouvert jusipi'nu 1*' décembre 1890. XXII SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. MOLLUSQUES jgo — 1867. — Acclimatation et propagation d'un Mollusque utile d'espèce terrestre, fluvialile ou marine, resté jusqu'à ce jour étranger à notre pays.— Cette acclimatation devra avoir donné lieu à une exploitation industrielle ; ses produits alimentaires ou autres seront examinés par la Société. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 50© francs. 17» l§69. — Reproduction artificielle des Huîtres. — Un prix de 1000 francs sera décerné pour le meilleur travail indiquant, au point de vue pratique, les méthodes les plus propres à assurer cette reproduction artificielle. L'ouvrage devra, en outre, faire connaître d'une manière précise les conditions à remplir pour obtenir les au- torisations de créer des établissements huîtriers, et énumérer les travaux que comportent les bancs d'Huîtres naturels, aussi bien que les caractères auxquels on peut reconnaître qu'un banc est exploi- table; enfin quelles sont les mesures qu'il convient de prendre pour l'enlèvement du coquillage. En un mot, ce travail devra constituer un véritable manuel d'ostréiculture. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. —Prix: «ooo francs. 48° 1886. — Élevage de l'Huître sur les côtes françaises de la Méditerranée. On devra justifier de l'élevage, pendant au moins deux années, de plusieurs milliers d'Huîtres françaises [Ostrea edulis ou 0. Cyrnensh) (^10 000 au maximum). Il sera nécessaire de faire constater : .1" La grandeur (diamètre) des Huîtres au moment de leur introduc- tion dans les parcs. 2" La croissance obtenue au bout de 18 mois. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 500 franco. 490 1879. — Culture de la Moule sur les côtes méditerra- néennes. On devra justifier d'une superficie d'un hectare mis en culture, soit sur fond horizontal, soit sur bouchots, et ayant donné des produits alimen- taires au moins une année. Les concurrents devront joindre à l'appui de leur demande un mémoire indiquant, au point de vue pratique, les moyens les plus propres à assurer le succès de semblable industrie, et présenter un compte des dépenses occasionnées pour rétablissement de l'exploitation et des bénéfices qu'on peut en tirer. Concours prorogé jusqu'au i" décembre 1890. — Prix : 1000 franc». PRIX EXTRAORDINAIRES. XXIII CRUSTACES 20° — 1867. — Introduction et acclimatation d'un Crustacé alimentaire dans les eaux douces de la France ou de ses colonies. Concours prorogé jusqu'au l*"" décembre 1890. — Prix : 500 rrancN. 21» — 1886. — Multiplication artificielle du Homard ou de la Langouste en France. Cette multiplication devra avoir été obtenue sur une échelle assez large pour constituer une exploitation industrielle. Concours ouvert jusqu'au 1^'' décembre 1895. — Prux : looo ri-ones. QUATRIÈME SECTION. — INSECTES 4" — 1864. — Introduction d'espèces nouvelles. Il pourra être accordé, dans chaque section, des primes d'une valeur de 200 à 500 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce nouvelle, utile ou ornementale, d'un réel intérêt. 2° — 1865. — Acclimatation et multiplication soutenue pen- dant trois années au moins en Europe ou en Algérie d'un insecte producteur de cire, autre que l'Abeille ou les Mélipones. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix: tooo rraneii». SÉRICICULTURE 3° — 1881. — Acclimatation et multiplication soutenue pen- dant trois années au moins, en France ou en Algérie, d'une nouvelle espèce de Ver à soie produisant de la soie bonne à dévider ou à carder pour employer industriellement. Le prix ne sera accordé que sur preuve d'une production annuelle de trois mille cocons au moins. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Piux : t ooo rrancH. 4" — 1886. — Application industrielle de la soie de VAt- tacus Cynthia vera, Ver à soie de l'Allante. On devra présenter plusieurs coupes d'étoffe formant ensemble au moins 50 mètres, et fabriquées avec la soie cardée (ailantine) de VAttacua Cynthia et sans aucun mélange d'autres matières. Les tissus de bourre de soie sont hors de concours . Concours prorogé jusqu'au l""" décen»1)re 1890. — Prix : 5oo franchi. Le prix sera doublé si l'étotTe provient d'une soie grège du même Ver dévidée en fil continu. 5° — 1878. — Encouragement, en France, à un établissemen industriel pouvant livrer à la consommation, et prêtes à être tissées, XXIV SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. des soies grèges ou des fdoselles des cocons d'une des espèces ci- après désignées : Attacus Yama-maï, Pernyi, Cijnlkia, Cearopia, Pohjphe- mus, etc., espèces qui ont déjà été l'objet d'éducations en France sur une échelle plus ou moins étendue. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890.— Prix : «ooo ri-ancs. 6» — 187 y. — Vers à soie du Mûrier. — Etudes théoriques et pratiques sur les diverses maladies qui les atteignent. Les auteurs devront, autant que possible, étudier monographiquement une ou plusieurs des maladies qui atteignent les Vers à soie, en préciser les symptômes, faire connaître les altérations organi(jues qu'elles entraînent, étudier expérimentalement les causes qui leur donnent naissance et les meilleurs moyens à employer pour les combattre. Concours prorogé jusqu'au 1'^'" décembre 1890.— Prix : looo ri-anct^. 70 — 1S70. — Vers à soie du Mûrier. — Production dans le nord de la France de la graine de Vers à soie de races européennes par de petites éducations. Considérant l'intérêt qu'il y aurait à encourager la production de la graine saine des Vers à soie du Mûrier de races européennes, les prix sont institués pour récompenser dans les bassins de la Seine, de la Somme, de la Meuse, du Rhin, ainsi que dans la portion sep- tentrionale du bassin de la Loire, les petites éducations qui permet- tront de mettre au grainagedes cocons provenant d'éducations dans lesquelles aucune maladie des Vers n'aura été constatée. La Société n'admettra au concours du grainage que les graines de Vers à soie de races européennes. Elle ne primera aucune éducation portant sur plus de 30 grammes de graine pour une même habitation. Mise au grainage de plus de 50 kilogrammes de cocons : Deux Prix de 500 francs chacun. Mise au grainage de 25 à 50 kilogrammes de cocons : Deux Prix de 250 francs chacun. Mise au grainage de 10 à 25 kilogrammes de cocons : Quatre Prix de 150 francs chacun. Mise au grainage de 5 à 10 kilogrammes de cocons : Dix Prix de 100 francs chacun. Ces primes seront distribuées chaque année, s'il y a licu,]\i%({noA\ 1890. Les concurrents devront (cette condition est de rigueur; se faire con- naître en temps utile, afin que la Société puisse faire suivrn par ses di'- léîués la marche des éducations et en constater les résultats. PRIX EXTr.AOr.DINAlRES. XXV APICULTURK S» — 1870. — Éludes lliéoiiques et praliques sur les diverses maladies qui atteignent les Abeilles, et principalement sur la loqiie ou pourriture du couvain. Les auteurs devront, autant que possible, en préciser les sym- ptômes, indiquer les altérations organiques qu'elle entraîne, étudier expérimentalement les causes qui la produisent et les meilleurs moyens à employer pour la combattre. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 5oo rennes. 0" — 1886. — Croisements de l'Abeille ordinaire {Apis mel- lifica) avec les races italiennes, Cbypriotes, Carnioliennes et Syriennes et avec l'Abeille égyptienne {A. fasciata). Il pourra être accordé des primes ou des médailles. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1890. 10" — 18Î0. — Introduction en France d'une Mélipone ou Tri- gone (Abeille sans aiguillon) américaine, australienne ou africaine. Présenter une colonie vivant depuis deux ans chez le propi-iétaire. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 5«m» francM. CINQUIÈME SECTION. — VÉGÉTAUX. 1" — 1864. — Introduction d'espèces nouvelles. 11 pourra être accordé, dans chaque section, des primes d'une valeur de 200 à 500 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce nouvelle, utile ou ornementale, d'un réel intérêt. •i" — 1886. — Plantes de pleine terre utiles et d'ornement, in- troduites en Europe dans ces vingt-cinq dernières années. Les auteurs devront indiquer dans un livre, ou dans un mémoire étendu, les usages divers de ces plantes, leur pays d'origine, la date de leur in- troduclion, la manière de les cultiver; les décrire et désigner les diffé- rentes variétés obtenues depuis leur importation, ainsi que les différents noms sous lesquels ces végétaux sont connus. En d'autres termes, les ouvrages présentés au concours devront pouvoir servir de guide pratique pour la culture des plantes d'importation nouvelle . Les ouvrages (manuscrits ou imprimés) devront être remis à la Société avant le i" décembre. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : soo n-ancH. 3» — 1866. — Introduction en France et mise, en grande cul- ture d'une plante nouvelle pouvant être utilisée pour la nourriture des bestiaux. (concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — 1" Prix : 5oo rrancH. — 2* Prix : .100 rrnneN. XXVI SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 40 _ fl§S0. — Prix de 200 francs, fondé par m. OODEFROY-LEBEUF. Un prix de '200 francs sera décerné à la personne qui présentera un double décalitre de graines QVElœococca vernicia récoltées sur des plantes cultivées à l'air libre, en Europe ou en Algérie, sans autres abris que les rangées d'arbres nécessaires à leur protection dans le jeune âge (comme au Se-tchuen). Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : too rranes. 50 _ 1870. — Utilisation industrielle du Lo-za {Rhamnus utilis) qui produit le vert de Chine. On devra fournir a la Société, sous réserve des droits de propriété, les documents relatifs aux méthodes et procédés employés. On devra également présenter des spécimens d'étoffes teintes en France avec les produits du Lo-za préparés en France. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 5©o rranc*«. 6» — 1881. — Introduction et culture en France du Noyer d'Amérique {Carya alba), connu aux États-Unis sous le nom de Hickory (bois employé dans la construction des voitures légères). On devra justifier de la plantation sur un demi-hectare de Noyers d'A- mérique ou de la possession de 500 arbres hauts de l^jSO au moins. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : soo n-anc»». 7° — 1881. — Introduction et culture pendant deux années successives d'une Igname (Dioscorea) joignant à sa qualité supé- rieure un arrachage facile. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. —1" Prix : «00 rrancH. — 2* Prix : 4©0 francs. 8" _ 1870. — Culture du Bambou dans le centre et le nord de la France. Le prix sera accordé à celui qui aura : 1^ Cultivé avec succès le Bambou pendant plus de cinq années, et dont les cultures couvriront au moins, pendant les dernières années, un demi- hectare; 2° Exploité industriellement ses cultures de Bambou. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. Deux Prix de 1000 francs chacun. 9" — 1873. — Culture de YEucaltjptus en Algérie. Le prix sera accordé à celui qui aura : 1" Cultivé avec succès VEucalijptus pendant plus de cinq années et dont les cultures couvriront au moins, pendant les dernières années, 8 hectares; 2" Exploité industriellement ses cultures d'Encalijptua. Concours prorogé jusqu'au l'*'' décembre 1890.— Prix : 14M»« francs. PRIX EXTRAORDINAIRES. XXVH 10" — 1S73. — Culture de l'Eucalyptus en France et particu- lièrement en Corse. Le prix sera accordé à celui qui aura : 1" Cultivé avec succès VEucalyptiis pendant plus de cinq années et dont les cultures couvriront au moins, pendant les dernières années, 2 hectares ; 2° Exploité industriellement ses cultures d'Eucali/ptun. Concours prorogé jusqu'au l""" décembre t890. — Pnix : looo rranps. il" — 1886. — fiuide théorique et pratique de la culture de VEucalyptiis. Les auteurs devront surtout étudier, en s'appuyant sur des expériences, et comparativement, quelles sont les espèces à' Eucalyptus qui peuvent être cultivées sous les divers climats; faire connaître la nature du sol qui leur convient, les soins spéciaux de culture que chaque espèce exige, le degré de froid auquel elle résiste et leur valeur relative. Les ouvrages imprimés peuvent seuls prendre part à ce concours. Concours ouvert jusqu'au \" décembre 1890. — Prix: 5oo rranes. 12° — 1876. — Culture du Jahorandi {Pilocarpus pinnatus) dans les colonies françaises. Le prix sera décerné à celui qui aura : 1° Cultivé avec succès le Jaborandi pendant plus de cinq années et dont les cultures couvriront au moins, pendant les dernières années, un demi-hectare ; 2" Exploité commercialement ses cultures de Jaborandi. Concours prorogé jusqu'au l^"^ décembre 1890. — Prix : soo francs. 13" — 1879. — Reboisement des terrains en pente par l'Ailante. Considérant que l'Ailante s'accommode facilement de tous les sols , que les troupeaux ne touchent ni à ses feuilles ni à son écorce, et qu'il serait par conséquent essentiellement propre au reboisement de certains terrains pauvres servant actuellement de pâture, la Société institue un prix de 1000 francs, qui sera décerné à la personne ou à la commune qui, en France ou en Algérie, justifiera de la plantation de 5 hectares de cette essence. Les concurrents devront établir que le reboisement est fait depuis plus de cinq ans. Concours prorogé jusqu'au i^-" décembre 1890. — Prix : looo francs. 14° — 1885. — Utilisation, pour le reboisement en Algérie, d'essences étrangères à la colonie. On devra faire connaître les espèces employées, la date des planta- tions, la nature du sol et les précautiqns prises pour assurer le succès de la plantation, enfin l'étendue consacrée au reboisement. Concours ouvert jusqu'au i" décembre 1890. La Société décernera : Un prix de six cents (600) francs; un prix de quatre cents (400) francs ; un prix de deux cents (200) francs. XXVIII SOCIKTK NATIONAI-E D ACCLIMATATION. 15" — 18S*î. — Alimentation du bétail par le Téosinté {Reann hixurians) dans les colonies françaises. On devra présenter un compte établissant le rendement obtenu, en poids, d'une plantation de Téosinté couvrant au moins 25 ares et fournir des renseignements (•irconstanciés sur les avantages ou les inconvénients que présente ce mode d'alimentation pour le bétail. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 3©o rrnnes. 16" — 1S82. — Alimentation des animaux par le Soya. On devra fournir des renseignements circonstanciés sur les avantages on les inconvénients que présente ce mode d'alimentation pour les ani- maux, soit à l'état vert, soit à l'état sec. Concours prorogé jusqu'au i" décembre 1890. — Prix : soo francs 17" — ISS'l. — Jardin fruitier exotique en Algérie ou sur le littoral méditerranéen français. On devra faire connaître les espèces et les variétés d'arbres fruitiers exotiques entretenues, indiquer la date des plantations, la nature du sol, et les précautions prises pour assurer le succès de la plantation. Ce travail devra faire connaître les variétés les plus recommandables pour la localité où l'expérience aura été faite. t^iOncours ouvert jusqu'au 1'=' décembre 1895. — Prix : soo ri-une<4. 18" — 1883. — Culture du Vhaseoliis radialus. Le prix sera accordé à la personne qui aura cultivé avec succès le Haricot radié dans un champ d'un demi-hectare au moins. S'il se présentait plusieurs concurrents, la préférence serait donnée à celui qui produirait les plus beaux spécimens de préparations alimen- taires, obtenues avec les graines du Phaseolus radiatus. Concours ouvert jusqu'au l*' décembre 1890. — Prix : »oo ri-aucH. 19" — 1886. — Fabrication d'un vin ou cidre d'oranges douces, titrant après fermentation, de 4 à () degrés ou davan- tage, sans addition d'alcool, et pouvant se conserver plusieurs années en tùls ou en bouteilles. Les candidats devront présenter dix bouteilles au moins de ce pro- duit, et faire connaître les procédés de fabrication. Concours ouvert jusqu'au f' décembre 1890. — Prime on médaille d'une valeur de .loo rruncs. 20" — 18S6. — Introduction de culture pendant plus de cinq années, dans le sud algérien ou tunisien, du Nara de la (lafrerie occidentale {Acanthosycios horrida) sur une superlicie impor- tante. Concours ouvert jusqu'au l'"" décembre 1890. — Prime on médaille, d'une valeur de :ioo rrancN. ALLOCUTION PUONONCliE Par M. DE QUATREFAGES. IMeiiibrv «lu riiiMtiCiit, vico-pi-é». 390. (3) Pierre-Amédée Pichot, Les maladies des Eléphants de service (Bulletin, 1885, p. 1). (i) Saint-Yves Ménard, Sur les maladies des Eléphants (Bulletin, 1885, p. 9). ('.) P,-L. Simiiionds, Le Clmneau (Bulletin, \%^'^, p. 392). RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XXXIX une curieuse émigralion de Campagnols observée dans les plaines de la Beauce (i) ; de M. Mailles (2) et de M. O'iNeill (3), sur le Rat noir; de M. Amédée Berlhoule , sur l'Ornitho- rynque (4) ; de M. Pays-Mellier, sur la multiplication du Porc- épic (5); de M. Mailles (6) et de M. Fernand Lataste (7), sur l'intérêt qui s'attacherait à l'introductiou chez nous de deux Hérissons du nord de l'Ah-ique, particulièrement re- commandables au j)oint de vue de la destruction des Mol- lusques et des insectes nuisibles dans les jardins. Enfin, je ne dois pas oublier de mentionner les détails fort intéres- sants qui vous ont été communiqués par M"' Lagrenée, sur l'utilisation industrielle des poils de Lapins angoras de grande race. Jusqu'à présent on n'avait presque pas élevé cette race de Lapins. On considérait souvent ces animaux comme des animaux de luxe ; mais aujourd'hui on peut être sûr d'un débouché pour les produits, qui ne sont pas sans valeur, car un Lapin adulte ne rapporte pas moins de 6 à 8 francs de soie (8). Il y a donc lieu de féliciter tout particu- lièrement M'"' Lagrenée du zèle désintéressé qu'elle apporte à la propagation de cette belle et utile race. Pour les animaux qui ne sont encore que peu répandus, insuftisamment connus et acclimatés, il y aurait grand intérêt à ce que chaque amateur qui les possède ne gardât pas pour lui seul ses observations, mais en fit publiquement part et dît ce qu'il a appris de leurs moeurs, de leur manière d'être, de leurs habitudes. Si cet usage se généralisait beaucoup plus parmi les membres de notre Société, l'acclimatation en acquerrait un sérieux avantage. Quels tâtonnements, quel gaspillage de temps et de sujets rares et précieux on évite- rait en profitant des essais précédents, puisque chacun, d'or- (1) Procès-verbaux {Bulletin, 1885, p. 525). (2) Ibidem, p. 537. (3) Ibidem, p. 503. (4) Am. Berlhoule, L'Ornitliorijnque {BuÛelin, 1885, p. 5U5). (5) Proces-verbaux (Bullelin, 1885, p. 133j. (6) Ibidem, p. 325. (7) Ibidem, p. 32tJ. (8) M™" G. L-.igrenée, Utilisation indusirielle des poils de Lapins angoras. [Bulletin, 1885, p. 642). XL SOCIÉTÉ NATIOISALE D ACCLIMATATION. dinaire livré à ses propres moyens et inspirations, est à peu près obligé de faire son éducation à ses dépens, et, en somme, à ceux de l'acclimatation en général, dont, par inex- périence, on retarde le développement et souvent on stérilise et même on anéantit les ressources. Ce sont précisément ces raisons qui donnent une sérieuse valeur aux comptes rendus que veulent bien nous adresser sur leurs élevages de zélés éducateurs, parmi lesquels M. Gabriel Rogeron mérite cette année encore une mention spéciale. Les observations faites par noire collègue (1) sur les Canards Casarkas de Paradis {Tadorna variegata), les essais qu'il poursuit sur le croisement de ditîérentes espèces de Canards (2) ont, ajuste titre, fixé votre attention. Il en a été de même des renseignements adressés par M. le comte A. de Monllezun sur la Bernache de Magellan (3), par M. le mar- quis de Brisay sur la Perruche érythroptère(4'), par M. Gour- raud sur le Canard de Bahama (5). D'autres élevages ont également été couronnés de succès, et nous avons à mentionner en première ligne celui du Lo- phophore resplendissant (Lophophorus refulgens) , mené à bien par M. Georges Mathias, qui a réussi à obtenir dix Lo- phophores vivants (6) et réalisé ainsi les conditions du prix fondé par la Société. Mais notre généreux collègue n'a pas voulu bénéficier personnellement de la récompense promise. Joignant le désinléressement à la modestie, et se contentant de la constatation du succès obtenu, il a immédiatement affecté le montant du prix mérité par lui à la création de deux prix destinés : l'un à l'éleveur qui aura obtenu la reproduc- tion en captivité d'une espèce quelconque de l'ordre des Gallinacés n'ayant pas encore multiplié en France dans ces conditions ; fautre, à l'auteur de la meilleure monographie (1) Gabriel Rogeron, Le Casarka de Paradis {Bulletin, 1885, p. 151). (2) Gabriel Rogeron, Croisements de Canards {Bulletin, 1885, p. 4-01). (3) Comte A. de Montlezun, Sur la Bernache de Magellan {Bulletin, 1885, p. 609). (4) Marquis de Brisay, Sur la Perruche érythroptére {Bulletin, 1885, p. 558). (5) Procès-verbaux {Bulletin, 1885, p. 592). (6) Ibidem, p. 592. RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XLI des Phasianidés. Ce sont deux fondations utiles ajoutées à la liste de nos prix. Qu'il me soit permis de renouveler ici à notre collègue, pour cette création, les félicitations et les re- merciements de la Société. Vous avez eu à applaudir également aux succès de M. le D"" Clos dans la reproduction du Nandou (1), de M. Maxwell dans l'élevage de la Tourterelle maillée ('2), de M. Th. Leroux dans l'éducation de la Perruche omnicolore et de la Perruche de Pennant (3), de M. le comte Henri de Bussierre dans la propagation du Colin de Virginie et du Faisan de Mongolie (4), de M. Delaurier dans l'élevage de la Colombe grivelée (5), de M. Courtois (6) dans la multiplication du Canaid de Paradis (Casarka variegata). Signalons, en passant, qu'en même temps qu'ils sont, pour ceux qui s'en occupent, un sujet d'attachantes distractions, beaucoup de ces élevages peuvent devenir une véritable source de revenu. C'est ainsi qu'une seule femelle de Canards de Paradis, achetée par M. Courtois au Jardin d'Acclimatation en 1875, à raison de -400 francs la paire, lui a donné, en l'espace de sept ans, 34 sujets mâles et 33 femelles, qui ont été vendus au prix total de 5 470 francs (7). On voit, par cet exemple, les bénéfices que l'éducation des oiseaux de luxe peut donner entre les mains d'éleveurs véri- tablement entendus et bien installés. Nombreuses sont les espèces intéressantes à acquérir, et, chaque jour, des importations nouvelles multiplient vos sujets d'expérience. Prétendre établir actuellement la liste exacte des espèces qui pourront un jour être utilisées serait assurément téméraire; mais il est du moins possible, comme le conseillait notre illustre et vénéré fondateur, de « dresser celle des espèces dont la domestication, déjà préparée par quelques études préliminaires, par des observations faites (1) Procès-verbaux (Bulletin, 1885, p. 587j. (2) Ibidem, p. 181. ^3) Ibidem, p. 647. (i) Ibidem, p. 73. (5) Ibidefii, p. G52. (&} Ibidem, p. 189. (7\ thiriorn i^ mn \Dj loiuem, p. iot>. (7) Ibidem, p. 190. XLII SOCIÉTÉ NATIO^^ÂLE d'ACCLIMATATION. dans le pays, ou même par des expériences sous notre climat, est assez manifestement utile et possible pour que tous les auteurs s'accordent à cet égard (1) ». C'est en prenant pour guide ces judicieuses réflexions que notre collègue M. d'Aubusson a entrepris un travail d'une grande utilité : le catalogue raisonné des espèces d'oiseaux qu'il y aurait lieu d'acclimater et domestiquer en France (2). Cette élude n'est pas un aride inventaire des richesses futures que peuvent nous procurer l'acclimatation et la domestica- tion de certains oiseaux; c'est un exposé, aussi exact que le permettent les documents recueillis par la science, de leurs mœurs, de leurs habitudes, de leur distribution géogra- phique, de leur habitat, de leur régime et enfin de l'utilité que nous pouvons en retirer. L'importance d'un pareil travail n'échappera à personne, et l'on doit remercier vivement l'auteur de l'avoir entrepris. Dans urie série de communications faites en 1883 et 1884, M. le D' Camille Dareste avait fait part à la Société des résul- tats de ses belles recherches expérimentales sur les condi- tions physiques et physiologiques de l'évolution normale du Poulet dans l'œuf. Cette année, notre savant collègue a porté son attention sur un point qui restait à élucider : l'influence du déplacement des œufs pendant l'incubation (3). Nous sa- vons que la Poule couveuse remue fréquemment ses œufs, que la pratique du retournement quotidien des œufs est gé- néralement adoptée par toutes les personnes qui s'occupent d'incubation artificielle, qu'enfin, tout récemment, on a ima- giné des appareils pour pratiquer le retournement des œufs par des procédés mécaniques. L'immobilité des œufs pen- dant toute la durée de l'incubation est-elle donc un obstacle à l'éclosion? Des expériences comparatives ont permis à M. Dareste de résoudre cette question, en démontrant, de la (1) Isidore Geoffroy SaiiU-Hilaire, Acclimatation et domestication des ani- maux utiles, p. i8. (2) Magaud d'Aubusson, Catalogue raisonné des oiseaux qu'il y aurait lieu d'acclimater et domestiquer en France {Bulletin, 1885, p. 471). (3) D' Camille Dareste, Note sur l'éclosion des œufs de Poule {Bulletin, 1885, p. 209). RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIETE. XLIII manière la plus nette, que l'immobilité de l'œuf lait adhérer l'allantoïde au jaune et amène ainsi la mort de l'embryon. Toutes ces recherches expérimentales sur l'éclosion avaient été entreprises par M. Dareste dans un but tout scientifique; elles étaient le point de départ d'études sur les conditions de l'évolution anormale ou de la production des monstruosités. Mais elles ont une utilité pratique évidente, puisqu'elles rendent compte des difîérenles conditions qui font réussir l'incubation artificielle. L'importance de l'incubation artifi- cielle comme procédé industriel s'accroît tous les jours. En substituant des notions scientifiques aux notions purement empiriques dont on s'était contenté jusqu'à présent, notre savant collègue a rendu service à tous ceux qui s'occupent de l'élève des oiseaux. En même temps qu'il appelait votre attention sur les pro- grès que fait en divers pays l'élevage industriel de l'Autruche, M. le Secrétaire général vous a signalé les difficultés particu- lières que présente cet élevage dans notre colonie algé- rienne (1), où, dès qu'ils ont une quinzaine de jours, les Au- truchons sont sujets à une affection des os qui, jusqu'à l'âge de six mois, les fait périr en grand nombre. Heureusement ces difficultés paraissent devoir être bientôt surmontées d'une manière définitive, grâce aux persévérants efforts d'éleveurs intelligents et soigneux, parmi lesquels nous avons à mentionner plusieurs de nos collègues et en particu- liers M. Laloue (de Zéralda) (2), M. Créput (de Misserghin) et M. Lucien Merlato (d'Ain Marmora) (3). Des renseignements que vous avez enregistrés avec intérêt vous ont été fournis par M. Iluet sur les habitudes et les al- lures du Menure Lyre (Menura superba) en captivité (4) ; par M, Fernand Lataste, sur l'alimentation des Kapaces noc- turnes (5); par M. Gabriel llogeron (6) et par M. Gretté de (1) Procès-verbaux {Bulletin, ItiSô, p. \'i\). (2) A. Laloue, Ferme iV Autruches de Zéralda (Bulletin, 1885, p. 665). (3) Procès-verbaux {Bulletin, 1885, p. G;{, 646, 703). (4) Bulletin, 1885, p. 46J. (5) Proces-verbaux (Bulleti).i, 1885, p. 327, 391), (6) Ibidem, p. 588. XLIV SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. Palluel (1), sur le phénomène de la mue chez différentes espèces d'oiseaux; par M. O'Neill (2) et par M. Maxwell (3), sur le développement extraordinaire de l'œuf chez certaines Poules; enfin par M. Huet (4), sur les résultats très satisfai- sants que donne, pour l'éducation déjeunes Faisans, la nour- riture spéciale proposée par notre collègue M. Dautreville. D'après les expériences comparatives qu'il a été à même de faire au Muséum d'histoire naturelle, M. Huet estime que les amateurs sont désormais à l'abri des ennuis de l'élevase au moyen des œufs de Fourmi, attendu qu'avec la poudre toni- nutritive de M. Dautreville on pourra, sans plus de frais, mener parfaitement à bien l'élevage des Faisandeaux. Gomme les années précédentes, la culture des eaux a été, de votre part, l'objet d'une sérieuse attention; vous avez suivi avec intérêt le développement de cette industrie tant en France (5) qu'à l'étranger ((3), et vous vous êtes préoccu- pés de la nécessité, qui s'impose plus que jamais, de mesures protectrices réellement efficaces en faveur du poisson (7). C'est spécialement à ce point de vue qu'à l'occasion des ex- positions d'Edimbourg et de Londres, vous vous êtes fait présenter, par votre Secrétaire des séances, un rapport sur la situation de la pisciculture dans la Grande-Bretagne et quelques autres pays voisins (8). En même temps, d'utiles relations ont été nouées avec diverses Sociétés de piscicul- ture régionales (9) ou étrangères (10), dont les travaux, comme les vôtres, ne pourront que gagner à se combiner dans une sage et fructueuse communauté d'efforts. Parmi les nombreux rapports qui vous ont été adressés sur (1) Procès-verbaux (Bulletin, 1885, p. 392). (2) Ibidem, p. -426. (3) Ibidem, p. 416, 428. (4) Bulletin,, 1885, p. 466. (5) Procès-verbaux {Bulletin, 1885, p. 67, 181, 182, 251, 310, 311, 378,590, 704, 705). (6) Ibidem, p. 71, 127, 130, 134, 179, 246, 590, 591, 601, 647, 656). (7) Comte V. de Lorgeril, Dépeuplement des eaux (Bulletin, 1885, p. 394). (8) Raveret-Watlel, Rapport sur les Expositions internationales de pèche d'Edimbourg et de Londres [Bulletin, 1885, p. 260). (9) Proces-verùaux (Bulletin, 1885, p. 176, 181). (10) Ibidem, p. 246, 526. RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIETE. XLV les travaux de repeuplement des eaux entrepris sur différents points, je dois rappeler spécialement les communications de MM. Wagner (1), Rivoiron (2), Delg range (3), Berthoule (4), Julien (5), Vacher (6), marquis de Scey de Brun (7) et des Vallières (8). Je dois aussi mentionner d'une façon toute spéciale les travaux d'empoissonnement, complètement désintéressés, que M. René de Sémallé poursuit depuis plusieurs années dans le département du Puy-de-Dôme, où notre collègue fait gé- néreusement lâcher, dans divei's cours d'eau et dans la Dore en particulier, des quantités importantes d'alevins de Carpe. Déjà aujourd'hui il n'est pas rare de voir les pêcheurs cap- turer des sujets du poids de plus de 1 kilogramme (9). On peut donc espérer que, grâce à M. Sémallé, la Dore se repeu- plera de cet excellent poisson et que l'alimentation publique retrouvera sur ce point une ressource qui n'aurait jamais dû lui faire défaut. Vous avez applaudi aux résultats obtenus par M. le vicomte de Causans (10) dans l'empoissonnement du lac de Saint-Front (Haute-Loire), où notre collègue a créé, pour l'élève de la Truite, un établissement important, installé dans des condi- tions particulièrement remarquables. Des renseignements intéressants vous ont été donnés par M. le docteur Paul Brocchi sur la possibilité de mettre en exploitation les étangs de la Basse-Camargue (11), à l'instar de ce qui se fait, depuis si longtemps et avec tant de profit, dans les lagunes du delta du Pô, à Commacchio. (I) Procès-verbaux (Bulletin, 1885, p. 67, 74, 311). (2i Ibidem, p. 67. (3) Ibidem, p. 134, 181, 705. (4) Ibidem, p. 311. (5) Ibidem, p. 378. (6) Ibidem, p. 704. (7) Ibidem, p. 704. (8) Ibidem, p. 134. (9) Ibidem, p. 175, 190). (10) Vicomte de Causans, Établissement de pisciculture du lac de Saint-Front {Bulletin, 1885, p. 148). (II) Paul Brocchi, Sur les étangs de la Basse-Camargue (Bullet., 1885, p. 407). XLVI SOCIÉTÉ NATIO-NALE d'ACCLIMATATION. Enfin, il convient de rappeler les excellents résultats obte- nus, de plusieurs côtés, dans les essais d'acclimatation de di- vers poissons étrangers (1) qu'il serait intéressant d'intro- duire dans nos eaux douces et sur lesquels des notes vous ont été communiquées à différentes reprises (2). Des dons précieux d'œufs ou d'alevins vous ont mis à même de continuer ces essais et d'en entreprendre de nou-' veaux. L'éminent Président de la Société allemande de pisci- culture, M. de Behr, auquel vous êtes déjà redevables de nombreux et intéressants envois, vous a encore fait adresser cette année cent mille œufs de Coregunus albula (3), excel- lente espèce des lacs du nord de l'Europe, dont l'acquisition présenterait une réelle valeur pour nos eaux douces et en particulier pour nos lacs de l'Auvergne. Les œufs, arrivés en parfait état, ont été placés en bonnes mains, et nous avons tout lieu d'espérer que les alevins obtenus prospéreront dans les eaux où ils ont été versés (4). Un autre envoi très précieux que nous a généreusement fait M. le professeur Spencer F. Baird, commissaire des Pê- cheries des États-Unis, vous a permis d'essayer l'acclimata- tion de VAmiurus nebulosus ou Poisson-Ghat, de l'Amérique du Nord (5). Ce poisson, très estimé aux États-Unis (6), mé- rite spécialement l'attention en ce qu'il se contente d'une eau stagnante et même vaseuse ; robuste et d'une grande fé- condité, il serait une excellente acquisition pour l'empois- sonnement des fosses de tourbières, où il réussirait à mer- veille, tandis que peu de nos Poissons indigènes y prospére- raient de façon à donner des produits vraiment sérieux. M. Max von dem Borne, de Berneuchen, nous a fait, lui aussi, deux envois dont vous avez apprécié toute la valeur : l'un, de jeunes Sandres (7) ou Perches-Brochets (Lucioperca (1) Procès-verbaux {BuUelin, 1885, p. 67, 74, 75, 134, 311, 704). (2) Raveret-Wattel, La Truite arc-en-ciel [Bulletin, 1885, p. 81). (3) Procès-verbaux [Bulletin, 1885, p. 67, 75). (4) Ibidem, p. 75. (5) Ibidem, p. 526. (6) Ibidem, p. 313, 541. (7) Ibidem, p. 704. RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIETE. XLVIl Sandra), espèce qui pourra, malgré son robuste appélil, rendre des services dans les eaux closes; l'autre, de Black- Bass (1) ou Perche noire d'Amérique {Microplenis salmo- nidés et Micropterus Dolomieu Lacépède), un des meilleurs poissons des États-Unis, recommandable par son aptitude à vivre à peu près dans toutes les eaux. La facilité avec laquelle notre généreux donateur, M. Max von dem Borne, a obtenu, en Allemagne (2), la multiplication de celte intéres- sante espèce donne lieu d'espérer qu'elle pourra de même s'acclimater chez nous. De nouveaux documents vous ont été fournis concernant la maladie qui sévit d'une façon si désastreuse sur les Écrevisses de nos rivières (3). Si la cause de cette maladie n'a pu en- core être établie d'une façon indiscutable (4), les expériences faites prouvent du moins que, dix-huit mois ou deux ans après le passage de la maladie, un cours d'eau n'est plus in- fecté et peut être repeuplé d'Ecrevisses au moyen d'importa- tions bien dirigées. C'est donc de ce côté que doivent se porter aujourd'hui les etîorts, et il semble qu'on soit en droit d'espérer qu'avec un peu d'intelligence et d'initiative, on pourra faire de nouveau prospérer dans nos cours d'eau ce crustacé, qui semblait être sur le point de disparaître. En outre des travaux que je viens de rappeler, je dois en- core mentionner les communications faites par M. Charles de Souancé (5) sur des faits curieux de migrations de poissons, par M. Laisnel de la Salle (6) et par M. Mailles (7), sur les Grenouilles-Bœufs; par M. Fernand Lalaste (8), sur le Scor- pion de l'Algérie; par M. Mailles (9) et par M. E. Joly (10), sur (1) Procès-verbaux (Bulletin, 1885, p. 649, 654, 655). (2) Ibidem, p. 127. (3) /fttdem, 67, 384, 591, 705. (4)^ Raveret-Wattel, Résumé des réponses au questionnaire sur la maladie des Ecrevisses (Bulletin, 1885, p. 614). (5) Procès-verbaux {Bulletin, 1885, p. 527). (6) Laisnel de la Salle, Histoire de Grenouilles-Bœufs (Bulletin, 1885, p 213). — Procès-verbaux {Bulletin, 1885, p. 527). (7) Ibidem, p. 247. (8) Ibidem, p. 188. (9) Ibidem, p. 175, 328. (10) Ibidem, p. 182. XLVIII SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. les Grenouilles indigènes el sur l'utilité de protéger ces Batraciens, destructeurs de Mollusques et d'Insectes nui- sibles, etc. Pendant cette dernière session, vous avez encore reçu de nombreux rapports sur la sériciculture et sur les différentes espèces de Vers à soie. L'un des plus zélés correspondants de la Société, M. Alfred Wailiy, vous a, comme de coutume, fait parvenir un compte rendu détaillé de ses travaux de l'année (1) comportant l'éducation d'un grand nombre de Lépidoptères séricigènes exotiques. Parmi les différentes observations consignées dans ce rapport (2), il en est une particulièrement intéressante à enregistrer : c'est la possi- bilité d'élever le Ver à soie du Chêne du Japon, VAttacus Yama-maï, avec les feuilles de l'Aubépine, et de parer ainsi à l'inconvénient du développement tardif des feuilles du Chêne, cause fréquente de grand embarras pour l'éducation de ce Bombycien exotique. Des rapports très intéressants vous sont parvenus de divers côtés sur l'élevage du Ver à soie du Chêne de la Chine, VAttacus Pernyi, que sa rusticité véritablement exception- nelle rend précieux pour notre climat (8). On doit donc applaudir vivement aux efforts que font pour propager cette espèce plusieurs éducateurs zélés, parmi lesquels figurent, au premier rang, M. Fallou (4), M. E. Charrin (5), M. le comte Léon de Danne (6), M. le docteur Gilbert (7) et surtout M"* veuve Turpin (8), de Sillats, qui travaille à cette œuvre utile par de nombreuses distributions de graines et de cocons, et qui a bien voulu, cette année, faire à la Société, l'envoi d'un lot important de graine choisie (9). (1) Procès-verbaux {BuUelin, 1885, p. 529, 531). (2) Alfred Wailiy, Éducations d'Attacietis séricigènes [Bulletin, 1885, p. 410). (3) Procès-verbaux {Bulletin, 1885, p. 320, 329). (4) Ibidem, p. 192,320. (5) E. Charrin, Essai d'élevage du Ver à soie du Chêne de Chine (Bulletin, 1885, p. 542). (6) Procès-verbaux (Bulletin, 1885, p. 378, 648, 707). (7) Ibidem, p. 378. (8) Ibidem, p. 529. (9) Ibidem, p. 311, 592. RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XLIX Le R. p. Camboué, missionnaire apostolique à Tama- lave, auquel vous devez de nombreuses notes sur la flore et la faune de Madagascar (1), vous a notamment fait parvenir un travail très intéressant sur les Bombyciens séricigènes de cette île (2). Les renseignements fournis par ce travail, et les échantillons de soies qui l'accompagnaient, font voir tout le développement que la sériciculture pourrait prendre à Mada- gascar, où cette industrie ne sera pas la moindre ressource offerte à nos colons, quand la France s'établira solidement sur ce point, La quantité de soie consommée annuellement par nos fabriques françaises se chiffre par 250 millions de francs environ; or la moitié de cette soie nous vient de la Chine, par l'Angleterre. Du jour où la grande île africaine sera vraiment et de fait la France orientale, nous pourrons y trouver, entre autres avantages, celui d'y prendre la ma- tière première que nous sommes actuellement obligés de demander à l'étranger. Puissions-nous donc, dans un avenir prochain, voir sur la grande île africaine de Madagascar, triompher définitivement, avec les droits de la France, les intérêts de la vraie civilisation ! M. P. Mégnin, l'auteur de si importants travaux et de si nombreuses découvertes concernant les Acariens, poursuit ses savantes recherches sur ce groupe d'êtres microscopiques que l'on regarde généralement, mais à tort, comme étant tous nuisibles. La plupart sont inoffensifs; beaucoup peuvent même être considérés par nous comme des auxiliaires. Avec la collaboration de M. le professeur Laboulbène, M. Mégnin vient de faire l'étude complète d'une espèce qui restait fort mal connue , le Sphœrogyna ventricosa , et, d'après les mœurs, la manière de vivre de cette espèce, on est en droit de penser qu'elle pourrait devenir, pour combattre le Phyl- loxéra, un agent destructeur des plus efficaces (3). Parmi les communications ressortissant à la 4' Section, je (1) Procès-verbaux (Bulletin, 1885, p. 183, 247, 329, 658). (2) Le R. P. Ciuiiboué, Bombyciens séricigènes de Madagascar {Bulletin, 1885, p. 367). . (3) P. Mégnin, Note sur un Acarien utile (Balletin, 1885, p. 4.59). 4' SÉRIE, T. III. — Séance publique annuelle. d L SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. dois encore mentionner celle de M. Moleyie sur les Insectes et les Craslacés comestibles (1); celles de M. Maurice Girard, concernant divers insectes nuisibles aux cultures (2) ; celle de M. O'Neiil, sur la destruction des Criquets dans l'île de Chypre (3) au moyen du procédé décrit il y a quelque temps dans le Bulletin, ])2iV notre collègue M. Decroix (4); celle de M. Fallou sur un Lépidoptère de l'Europe méridionale, le Lasiocampa otus, qui produit un beau cocon soyeux et qui mériterait qu'on essayât de l'acclimater en Algérie (5) ; enfin, celle de M. Charles Naudin, sur les ressources que pourrait offrir, pour l'élevage des Vers à soie du Chêne {Attacus Yama-maï et A. Pernyi), le Chêne de Mirbeck {Quercus Mirbeckii), qui, plus précoce que ses congénères, fournirait des feuilles bien développées à l'époque de l'éclosion des jeunes Chenilles (6). Des rapports détaillés vous ont été adressés par plusieurs de nos collègues, sur la culture des plantes qui leur avaient été confiées par la Société. Il convient de mentionner parti- culièrement ceux de MM. le docteur Lecler (7), Willist (8), Yincendon-Dumoulin (9), Faudrin (10), Duchastel (11), Baron d'Avène (12), Sœhnlin (13), llédiard (14), Fallou (15), de Barrau de Muratel (16), Félix de la Rochemacé (17), AdenoL (18), Fleury(19) et Mathey (20). (1) Molevre, Insectes et Crustacés comestibles {Bull., 1885, p. 500, 56"2,668). (2) Proces-verbuux (Bulletht, 1885, p. 311, 531 j. (3) Ibidem, p. 135. (4) Ibidem, p. 311. (5) Ibidem, p. 194. (6) Ibidem, p. 049. (7) Ibidem, p. 7U. (8) Ibidem, p. 70. (9) Ibidem, p. 128. (lOj Ibidem, p. 185. (11) Ibidem, [k 187. (12) Ibidem, p. 321. (13j Ibidem, p. 388. (14) Ibidem, p. 387. (15) Ibidem, p. 388. (16) Ibidem, p. 534. (17) Ibidem, p. 592. (18) Ibidem, p. 710. (19) Ibidem, p. 710. (20) Ibidem, p. 712. RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. LI Votre atlention a été appelée par iM. Cli. Naiidia sur difle- rents végétaux économiques, dont l'acclimalalion lui paraî- trait devoir être essayée dans noire Midi (1). Continuant à s'occuper, avec le zèle infatigable qu'on lui connaît, des végétaux exotiques intéressants à acquérir pour nos cultures potagères, M. A. Paillieux vous a entretenus, à plusieurs reprises (2), de diverses plantes alimentaires nou- velles, qu'il travaille activement à propager et qui méritent, en effet, une attention toute spéciale (3). M. le docteur Mène a complété le travail si important qu'il avait entrepris sur les productions végétales du Japon, et dans lequel sont passées en revue toutes les plantes alimen- taires, industrielles, forestières ou ornementales. Le savoir étendu, le soin minutieux, la conscience extrême apportée dans l'exécution de ce travail en font, au point de vue scienti- fique comme au point de vue purement pratique, un des documents les plus remarquables que notre Bulletin ait pu- bliés jusqu'à ce jour (4). Vous avez appris avec satisfaction le développement de la culture des Eucalyptus, dont plusieurs espèces ont fait l'objet de communications de la part de MM. Henry de Vilmorin (5), le docteur J. Michon (6), R. de Noter (7), Brau (8) et Ra- verel-Wattel {9). M. Félix delà Rochemacé vous a fait par- venir des renseignements complémentaires sur le procédé qu'il emploie pour rendre ces arbres australiens plus résis- tants aux froids, procédé qui lui donne les meilleurs résul- tats et qui, même sous le climat du département de la Loire-Inférieure, lui a permis d'obtenir, à quatre ans et demi de plantation, des Eucalyptus amygdalina de 10™,50 (l) Ch. Naiidin, Sur divers végétaux économiques (Bulletin, 1885, p. 138). (2j Proces-verbaux (Bulletin, 1885, p. 75, 194, 195, 197, 324, 386). (3) A. Paillieux, Quelques plantes alimentaires nouvelles [Bulletin, 1885, p. 634). (4) Edouard ^ène, P:is productions végétales du Jupon [Bulletin, 1885, p. 93, 2-24, 288, 347. 423). (5, Procès-verbaux (Bulletin, 1885, p. 19?). (6) Ibidem, p. 252. (7) /fcirfem, p. 592. (8) Ibiilem, p. 709. (9) Ibidem, p. 129, 462. LU SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. de hauteur et de 0'",53 de circonférence à 1 mètre au-dessus du sol (1). De son côté, M. Jaille a fait, dans le département de la Gironde, d'intéressanles observations sur la rusticité de plusieurs espèces d'Eucalyptus et en particulier de rjE*. amydalina, qui, par sa végétation rapide et par son aptitude à résister au froid, mérite une attention spéciale (2), Nous pouvons d'autant plus, Messieurs, nous féliciter des résultats obtenus, que la Société d'Acclimatation a contribué pour une très large part à la propagation des Eucalyptus, et il con- vient, d'ailleurs, de rappeler que c'est à un de nos collègues, M. Alfred Bonchereaux, que revient le mérite d'avoir dé- montré la possibilité de l'utilisation du bois d'Eucalyptus, non seulement pour des travaux tels que les grosses char- pentes, mais encore pour la fabrication des meubles. On a longtemps prétendu que l'Eucalyptus ne pourrait pas être employé en ébénisterie, parce que les fibres de ce bois se tordaient. M. Bouchereaux a constaté qu'en lui faisant subir un certain séjour dans l'eau, ce bois perd complètement le défaut qu'on lui reprochait et peut recevoir une foule d'ap- plications. Des meubles ont été confectionnés en utilisant le bois d'Eucalyptus globulus, provenant de la succursale du Jardin d'Acclimatation, à Hyères, et M. Bouchereaux a éga- lement essayé l'emploi de l'-É^. rostrata, qui fournit un excel- lent bois de placage, plus élégant que Tacajou moucheté (3). Une remarquable élude de notre collègue. M, Charles Rivière, directeur du Jardin d'essai du Hamma, sur une vé- gétation assainissante au Gabon (4), a provoqué au milieu de vous une intéressante discussion sur l'influence des planta- tions d'Eucalyptus dans les régions paludéennes (5), et cette controverse ne peut être que profitable à la vérité scienti- fique. Comme M. le docteur Michon l'a fait remarquer avec tant de justesse, dans des questions aussi difficiles que celle (1) Procès-verbaux (Bulletin, 1885, p. 380, 651). (2) Ibidem, p. \U. (3) Ibidem, p. 187. (4) Ch. Rivière, Végétation assainissante au Gabon {Bulletin, 1885, p. 12, 38 71). (5) Bulletin, p. 28, 31, 54, 55, 71. RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIETE. LUI de l'assainissement i]e ces contrées que la civilisation mo- derne dispute à la nature sauvage, les expériences sont très difficiles; elles ne sauraient se faire avec la rigueur et la pré- cision des essais de laboratoire. Des fLÙts, riooureusement constatés, peuvent seuls servir à élucider cette question d'hy- giène, une des plus importantes qui puissent faire l'objet des études de la Société d'Acclimatation. Au nombre des végétaux exotiques dont l'acquisition vous préoccupe à bon droit, les Bambous occupent une des pre- mières places. La culture de ces précieuses graminées gagne heureusement chaque jour du terrain, grâce aux efforts de plusieurs d'entre vous (1), et elle prend déjà, sur quelques points, une véritable importance. A Bayonne, M. Gustave Pinède, qui a l'un des premiers introduit cette culture dans la région en 1865, possède aujourd'hui une magnifique plan- tation, où certains Bambous présentent des jets de plus de 10 centimètres de diamètre, sur une longueur de 12 mètres. En présence d'un pareil résultat, on est porté à croire que cette plante trouvera sa place en France, non seulement à titre de plante d'ornement, mais encore comme une essence forestière appelée à rendre, dans un temps plus ou moins rapproché, les plus grands services (2). De nombreuses notes vous ont été adressées sur des végé- taux provenant de diverses régions du globe, ou sur des cul- tures particulières ; il convient de citer spécialement les com- munications de M. Gourdin, sur la réussite remarquable de ses plantations de Chamœrops excelsa et à' Araucaria imbri- cata à la Roche-sur-Yon (o) ; de M. Jules Cloquet, sur la cul- ture des Cèdres sous le climat de Paris (4) ; de M. Charles Mailles, sur des essais de culture de différents végétaux dans la mousse (5) ; de M. le D' Vidal (6) et de M. Charles (1) M. le I)'' Lecler s'est particulièrement occupé de celte intéressante question (voy. Bulletin, 18 Par M. A. GEOFFROY SAU^T-HILAIRE Secrétaire général de la Société. La Société nationale d'Acclimatation récompense par des prix, par des primes, par des médailles et par des allocations pécuniaires les travaux tant théoriques que pratiques inté- ressant l'acclimatation et d'une façon générale les applica- tions de l'histoire naturelle. Notre Association encourage tous les efforts, accueille tous les progrès. A mesure qu'on avance sur le chemin que nous parcourons, le but semble reculer, c'est que chaque jour le désir d'un nouveau progrès vient s'ajouter aux convoitises de la veille. Il semble que rien ne soit fait tant qu'il reste quelque chose à faire. Et pourtant, Messieurs, si nous jetons un regard en arrière, que d'efforts déjà récompensés depuis la fondation de la Société, que de résultats obtenus ! Com- bien d'expériences intéressantes consacrées par vos médailles, combien de résultats définitifs acquis ! La liste des récompenses décernées par la Société depuis sa fondation serait en quelque sorte le résumé des progrès accomplis. Ces progrès, ces succès, pour les bien apprécier, il faut avoir assisté comme nous aux efforts qui les ont donnés. Mais ce n'est pas le lieu d'entreprendre la nomenclature, pourtant instructive, des encouragements décernés, des prix gagnés. En attirant vos regards veis ce laborieux passé j'ai (1) La Commission des récompenses était ainsi composée : Membres de droit: MM. le Président et le Secrétaire général. Membres délégués du Conseil : MM. Bertlioulc, Maurice Girard, A. Paillieux et le marquis de Sinéty. Membres délégués des sections: MM. Saint-Yves Ménard , Georges Mathias, Raveret-Watlel, J. Fallou, le docteur E. Mène. RAPPORT DE LA COMMISSION DES RÉCOMPENSES. LVII voulu seulement vous donner bon courage pour la marche en avant. PREMIÈRE SECTION. — MAMMIFÈRES. médaille d'or (Hors classe). Les travaux de vulgarisation et les publications périodiques relatives aux sciences appliquées sont toujours l'objet de l'attention de la Société. A ce titre les services rendus par M, Ernest Menault, inspecteur général de l'agriculture, sont appréciés comme il convient. Ils font connaître au grand public les efforts qui ont pour objet les applications de la zoologie et de la botanique ; c'est dire que les travaux de la Société d'Acclimatation trouvent en M. iMenault un historien compétent autant que bienveillant. Nous sommes heureux de pouvoir remercier M. Menault de son concours en lui remettant une médaille d'or hors classe. Prix de lOOO francs. Fondé par la Société pour la multiplicalion en France de Kangiirous de grande espèce. Depuis plusieurs années déjà, la Société avait proposé un prix ainsi libellé : <,( Multiplication en France, à l'état sauvage, dans un grand parc clos de murs ou en forêt, de Kangurous de grande taille. » On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. — Prix : 1000 francs. » M. le vicomte Cornély, dont le nom a été inscrit déjà bien souvent sur la Uste des lauréats de la Société, a rempli et au delà le programme du prix, puisque dans son parc de Bcaujardin nous avons pu voir quatorze Kangurous géants, dont dix nés sur place. Ce nouveau succès de M. le vicomte Cornély a son impor- LVIII SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. tance et la Société félicite le lauréat d'avoir mené à bien cette intéressante expérience. médailles «le prcniièro classe. A la suite de persévérants efforts M. le vicomte Cornély a réussi à se procurer un couple de Lièvres de Patagonie ou Ma- ras {Dolichoiis patagonica). Il a fallu bien des années pour obtenir cette importation; enfin elle a été faite et notre lauréat s'est trouvé, après une longue attente, en possession d'un couple de ces rongeurs. Dès la première année la reproduc- tion en a été constatée. Dans un mémoire étudié, M. le vicomte Cornély a fait part à la Société des observations qu'il a recueillies. Nous avons voulu constater ce résultat en dé- cernant une médaillejle première classe. Utiliser un produit négligé, en vulgariser l'emploi, consti- tue un progrès sérieux. Nous décernons à des services de cet ordre trois médailles de première classe, à M. Jacquier, de Saint-Innocent (Savoie), à M. Patard-Ghatelain, de La Ferté- Macé, à M"" G. Lagrenée (de Beauvais). Ces trois lauréats produisent, on peut dire industrielle- ment, du poil de Lapins angoras. Ils fournissent une matière première qui prend de plus en plus sa place dans le com- merce de la bonneterie. Si l'utilisation de la laine de Lapins angoras acquiert peu à peu de l'importance, c'est, sans aucun doute, à l'exemple donné par MM. Jacquier et Patard-Cha- telain et à M"" Lagrenée qu'on le devra. Menfion honorable. Une mention honorable est accordée à M. Jules Pataillot, instituteur à Maizières (Haute-Saône), qui cherche dans son enseignement à intéresser ses élèves à la connaissance des animaux utiles. Ses dictées relatives à l'histoire naturelle appliquée sont conçues dans un esprit excellent. RAPPORT DE LA COMMISSION DES RÉCOMPENSES. LIX DEUXIÈME SECTION. — OISEAUX. Médaille d'Or. La nourriture artificielle destinée aux Gallinacés, dont M. Dautreville est l'inventeur, constitue un progrès inté- ressant. Cette nourriture artificielle, étant facile à transporter et à conserver, rendra les plus signalés services pour l'éduca- tion des oiseaux-gibiers et des oiseaux de volière. Un grand nonîbre d'éleveurs et d'amateurs des plus honorables ont fourni à M. Dautreville les meilleurs témoignages sur l'emploi qu'ils ont fait de la poudre toni-nutritive. Pourra- t-elle remplacer partout et complètement les œufs de fourmi? Plusieurs des attestations mises sous nos yeux l'af- firment et nous serions portés à le croire. Mais il n'est pas besoin de faire cette preuve pour admettre que la poudre toni-nutritive est un excellent produit et que, par son in- vention, M. Dautreville a rendu un véritable service aux éleveurs. La Société décerne à M. Dautreville une médaille d'or hors classe. Médailles de iireinièrc clas.«ic. Domestiquer une espèce d'oiseau propre à détruire dans les jardins les souris, les insectes et les mollusques nuisibles, est un but intéressant à atteindre. Les essais poursuivis par M. le vicomte Cornély tendent vers la solution du problème posé. En effet, depuis plusieurs années déjà l'Ibis à la face noire du Chili {Ibis melanopis) reproduit régulièrement au parc de Beaujardin. Dans combien de générations ces robustes oiseaux, qui peuvent supporter les rigueurs de nos hivers, deviendront-ils domestiques ? M. le vicomte Cornély reçoit une médaille de première classe pour les expériences faites sur cette intéressante es- pèce. LX SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. Les études faites par M. le professeur Forbes, de l'université commerciale de l'illinois, sur le régime alimentaire des oiseaux et des poissons, méritent l'attenlion. Ces recherches ont une utilité pratique, que la Société est heureuse de ré- compenser par une médaille de première classe. Il serait à souhaiter que les efforts de M. Forbes fussent imités sur di- vers points du globe. L'ouvrage intitulé: Élevage des animaux de hasse-cour, a été écrit par M. Lemoine, dont le nom est bien connu de toutes les personnes qui s'occupent de Gallinoculture, car la réputation de l'établissement de Crosne n'est plus à faire ; l'auteur du livre que nous récompensons aujourd'hui d'une médaille de première classe, a l'expérience et le savoir, aussi trouvons-nous dans cette publication, à côté de descriptions exactes, des conseils pratiques, des enseignements précieux pour l'élevage et l'entretien des volailles. Une médaille de première classe est décernée à M. le comte de MoNTLEzuN pour le mémoire qu'il a publié sur les Ber- naches. Ce travail descriptif a de l'intérêt ; il est d'une grande précision. L'auteur a réuni à ses observations personnelles, sur ce groupe de palmipèdes, tous les renseignements qu'il a su se procurer. Cette monographie conscigncieuse est accom- pagnée de dessins soigneusement exécutés et qui sont d'une grande exactitude. La section ornithologique de la Société impériale russe d'Acclimatation de Moscou a recommandé les services ren- dus par M'"" Barbe Tcherepow à l'attention de la Commission des récompenses. M'"' Tcherepow s'occupe depuis longtemps déjà et avec suc- cès d'introduire en Russie les bonnes races de Poules. Elle entretient plus de deux mille de ces oiseaux et son établisse- ment concourt utilement à l'amélioration des basses-cours. La lauréate s'occupe en outre d'oiseaux de luxe ; elle a obtenu, peut-être la première en Russie, la multiplication du Cygne noir d'Australie. RAPPORT DE LA COMMISSION DES RÉCOMPENSES. LXI La Société est heureuse de remettre à M'"' deTcherepowune médaille de première classe. M. VoiTELLiER (de Mantes) a publié un volume sur lln- cuhalion artificielle et la basse-cour, auquel nous décernons une médaille de première classe. Dans ce livre, l'auteur traite d'une façon étendue ce qui concerne l'usage des hydro-incubateurs ; il s'étend avec com- pétence sur toutes les questions relatives à l'installation et à l'hygiène des oiseaux. Enfin il s'occupe de l'étude des races. Comme le dit M. Voitellier dans la lettre qui accompagne l'envoi de l'ouvrage : « Ce livre est le résumé d'une expé- rience de vingt années. » Il rendra, nous en avons l'assurance, de grands services aux éleveurs. niédaille de seconde classe. On a souvent observé que les oiseaux sauvages indigènes se reproduisaient moins facilement en captivité que les exo- ti(jues. Les résultats obtenus par M. Audap dans la multipli- cation du Canard pilet (Dafila acuta) semblent donner tort à cette croyance. Depuis 1877, M. Audap obtient régulière- ment, de plusieurs couples, des œufs fécondés; les uns sont confiés à des Poules, les autres aux Canes elles-mêmes. Il semble que le lauréat soit parvenu à assouplir le caractère essentiellement farouche et méfiant du Pilet, L'espèce subit un commencement de domestication. M. Audap réussira-t-il à conserver ses élèves le jour où il aura renoncé à les éjoinler? Il l'espère. La Société décerne une médaille de seconde classe à M. Audap. Mention honorable. Les amateurs d'oiseaux sont arrivés depuis quelques an- nées à faire reproduire la plupart des espèces de Perruches avec une parfaite régularité. Ils sont même parvenus à faire naître des métis entre diverses espèces. Nous récompensons LXII SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. aujourd'liui d'une menlion honorable le croisement obtenu par M. Th. Leroux entre la Perruche de Pennanl et l'Omni- colore. Ce qui ajoule à l'intérêt de l'expérience, c'est que les oiseaux métis ont produit à leur tour. TROISIÈME SECTION. — POISSOiNS, CRUSTACÉS, ETC. niédaillo d'or offerte par le Ministre de l'Agriculture. L'établissement de pisciculture créé à Apeldoorn (Pays- Bas) par M. Noordhoeck-Hegt, est entré depuis longtemps dans la voie pratique. C'est par centaines de mille qu'il produit les alevins de Saumons que le gouvernement néer- landais fait lâcher chaque année dans les eaux du Rhin. Les sujets reproducteurs sont saisis en pleine eau, au mo- ment de la montée. Les œufs sont fécondés, mis en incuba- tion ; enfin les alevins sont conservés jusqu'au jour où ils ont acquis assez de force pour être abandonnés à eux-mêmes. Depuis plusieurs années déjà on a pris soin de marquer (à la nageoire adipeuse) les jeunes poissons lâchés, et on a pu ainsi maintes fois reconnaître, dans les Saumons péchés, les élèves sortis des bassins d'Apeldoorn. M. Noordhoeck-Hegt, outre l'élevage des Saumons, s'oc- cupe des divers Salmonidés dont l'introduction présente de l'intérêt. Pour être moins importantes, les multiplications et les éducations qu'il fait des Sahno fonlinalis, Qulnnat, etc., méritent cependant l'attention. En décernant à M. Noordhoeck-Hegt la médaille d'or offerte par le Ministre de l'agriculture, la Société est heureuse de pouvoir récompenser la création d'un établissement de pisci- culture pratique des plus importants et des plus prospères. Médailles do première classe. Bien entendue, la culture des eaux peut donnei" des résul- tais pratiques très rémunérateurs. Mais, pour réussir, il faut RAPPORT DE LA COMMISSION DES RECOMPENSES. LXIII savoir préparer le succès par des installaLions raisonnées. C'est ce que M. André d'Audeyille a bien compris lorsqu'il a créé l'établissement de pisciculture d'Andecy. Ayant à sa disposition de belles eaux, il a fait creuser des bassins d'alevinage très étendus, et aujourd'hui l'entreprise est en pleine activité. Avant peu d'années, l'établissement de pisciculture d'Andecy récompensera par ses produits les ef- forts de son fondateur. La Société a voulu encourager les premiers résultats obtenus en décernant cà M, d'Audeville une médaille de première classe. Depuis plusieurs années déjà, la Société a reçu des États- Unis des œufs fécondés de Salmonidés, grâce au concours oblii;eant de M. Blackford. En 1885, nous avons dû à cet excellent coopérateur l'envoi d'œufs de Truite arc-en-ciel {Salmo iricleus). Nous avons voulu remercier M. Blackford des services ren- dus à la Société en lui décernant une médaille de première classe. Il y a plus de trente années que M. le vicomte de Causans a commencé à s'occuper de pisciculture. L'exploitation des eaux du lac de Saint-Front a donné des résultats de plus en plus considérables; on peut même dire des résultats indus- triels. La fécondation artificielle est pratiquée chez M. de Cau- sans sur la plus grande échelle ; 330000 œufs ont été recueil- lis en 1883. Bientôt on arrivera, espère-t-on, à un produit d'un million d'œufs. La Société est heureuse de pouvoir offrir à M. de Causans une médaille de première classe. M. le capitaine G. -M. Dannevig a été le promoteur de la création de la station d'aquiculture, marine de Flodevig près Arandal (Norvège). Grâce à l'emploi des appareils dont il est l'inventeur, M. Dannevig pratique avec succès l'élevage de divers poissons LXVI SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. QUATRIÈME SECTION. — INSECTES. Prix de 500 franet^. Fondé par la Sncielc pour les travaux llicoriques relatifs a racclinialation. La Société décerne à M. Alfred Wailly un des prix fondés pour récompenser les travaux théoriques relatifs à l'acclima- tation. Le Catalogue raisonné des séricigènes sauvages connus n'est pas une simple nomenclature, c'est un travail dans le- quel sont discutés les mérites comparatifs des diverses espèces de Lépidoptères producteurs de soie qui vivent dans toutes les parties du monde. Dans son mémoire, M. Wailly a résumé en quelque sorte vingt ans de persévérantes recherches, et les renseignements fournis par un savant compétent ont le plus haut intérêt. M. Alfred Wailly reçoit un prix de 500 francs. Primo de .lOO franc»*. L^'ouvrage intilulé : Leçons sur le Ver à soie du Mûrier, publié par M. E. Maillot, est un travail des plus sérieux, dans lequel l'auteur traite avec une haute compétence tout ce qui concerne la conservation des graines, l'élevage, les maladies des Vers à soie. Non seulement M. Maillot résume les notions acquises, mais il a su y ajouter les résultats de ses propres études personnelles, le fruit de ses propres tra- vaux. Les Leçons sur le Ver à soie du Mûrier sont un livre qu'on peut considérer comme un guide pratique, comme un guide excellent pour tous ceux qui s'occupent de sériciculture. M. Maillot reçoit une prime de 300 francs. Prime de lOO francs. Les Abeilles. La brochure à bon marché, publiée par M. de Layens, est un résumé pratique et clair de tout ce que RAPPORT DE LA COMMISSION DES RECOMPENSES. LXVII doit connaître un apiculteur. Mobiliste, c'est-à-dire partisan des ruches à cadres mobiles, comme tout ami du progrès, M. de Layens a su réunir dans son petit ouvrage les notions pratiques et les conseils utiles. En mettant cette publication à la portée de tous par son prix très modéré, l'auteur a rendu un nouveau service à l'apiculture, service que la Société est heureuse de récompenser par une prime de 100 francs. Médaille do première classe. Xes renseignements fournis par le R. P. Gamboué sur les séricigènes de l'île de Madagascar ont été accueillis avec in- térêt par la Société. Les détails relatifs aux Vers à soie indigènes, dont les Mal- gaches tirent la soie de leurs étoffes dites Lamba-landy, et qu'ils appellent Bibindandy, ont particulièrement attiré l'at- tention. La Société est heureuse de remercier le R. P. Gamboué de son concours en lui décernant une médaille de première classe. llention honorable. Une mention honorable est accordée à M. E. Gharrin, qui s'est occupé avec succès de l'éducation de Vers à soie du Ghêne {Attacus Pemyi) à l'orphelinat agricole de Laforet dans le Gantai. Les résultats de cette expérience ont été assez satisfaisants. Il faut espérer que dans l'avenir on donnera à ces essais plus d'importance, cinquième SECTION. — végétaux. ■Jll ^ ,XÏI Grande médaille d'or (Hoi'S classe) A l'effigie d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Ghargé parla Société d'étudier les productions' Végétales du Japon qui ont figuré à l'Exposition universelle de 1878, M. le D' Mène s'est livré aux recherches les plus conscien- LXVIII SOCIÉTÉ NATIONALE D' ACCLIMATATION- . cieuses, les plus approfondies. Il s'est entouré de renseigne- ments complets, circonstanciés, sur les sujets les plus divers. Il a groupé des faits épars; il a profité de toutes les bonnes volontés qu'il a su faire naître. A force de sagacité, de travail et de ténacité, notre collègue nous a apporté une œuvre ex- cellente, une œuvre achevée et parfaite, faisant connaître de la façon la plus complète les richesses végétales du Japon et les produits qu'on en peut obtenir. Le botaniste, le voya- geur, l'industriel, l'horticulteur, consulteront avec fruit cet ouvrage important, dû à l'esprit critique et au patient labeur de notre collègue. Les premiers fascicules de cette publication ont valu à leur auteur une des récompenses de la Société. Aujourd'hui le livre est terminé, et il est apprécié comme il mérite de l'être par les juges les plus compétents. La Société remercie le D'' Mène de ses efforts; elle est heureuse de pouvoir lui dé- cerner la plus haute des récompenses dont elle puisse dis- poser, la grande médaille d'or hors classe. Médailles de première clattse. Dans le courant de l'année 1885, la Société a entendu les communications de MM. Zeiller, Godefroy-Lebeuf et Duval (de Versailles) sur les Orchidées de serre froide. Bien que ces végétaux ne puissent vivre sans abris sous le climat du nord de l'Europe, ils présentent cependant un très réel intérêt au point de vue de la décoration de nos demeures, et même au point de vue de la décoration de nos jardins dans la région de l'Oranger. Les lauréats que la Société récompense aujourd'hui ont démontré, par les expériences qu'ils ont faites, par leurs com- munications, les résultats importants qu'on peut obtenir, pour l'ornementation, de ces végétaux aux fleurs éclatantes et par- fumées, qui semblaient, il y a peu d'années encore, réservés à la culture des serres chaudes et aux riches collections. Au- jourd'hui, pourvu qu'on sache choisir, tout le monde peut parer sa demeure de fleurs d'Orchidées, puisqu'une serre à RAPPORT DE LA COMMISSION DES RECOMPENSES. LXIX Géranium, et peut-être même de modestes châssis, suffisent pour cultiver avec succès ces plantes réputées si difficiles autrefois. La Société décerne à MM. Zeiller, Godefroy-Lebeuf et Duval (de Versailles), des médailles de première classe. L'introduction en France du Pacanier des États-Unis (Cari/a olivœformis) , qui pourrait fournira notre industrie un bois méritant, a été, à diverses reprises, l'objet de l'attention de la Société. Grâce aux envois de semences faits par M. Sanford, des essais importants pourront être tentés. La Société, reconnaissante du concours que lui a donné M. Sanford, lui décerne une médaille de première classe. M. VoiNiER, médecin vétérinaire à l'armée du Tonkin, a su créer en peu de mois, à Hanoï, un véritable potager européen. Grâce à son initiative, nos compatriotes ont pu trouver dans l'Extrême-Orient des légumes frais et de bonne qualité. M. Voinier a donné un excellent exemple. Il a prouvé expérimentalement les résultats que peut donner, même dans les conditions les plus difficiles, une culture bien conduite. M. Voinier reçoit une médaille de première classe. Médaille de seconde classe. Dans un mémoire étendu, M. P,-L. Simmonds a étudié les progrès de la culture des Eucalyptus dans les différentes par- ties du globe. Ce travail consciencieux contient un grand nombre de renseignements utiles et nouveaux. Il montre qu'en moins de vingt ans les Eucalyptus ont été introduits avec succès dans un grand nombre de contrées, sous les latitudes les plus diverses. M. Simmonds fait en outre connaître dans son mémoire les résultats obtenus en divers lieux des nombreuses espèces d'Eucalyptus mises en expérience. Ce travail a reçu à la Société le meilleur accueil, et il est décerné à son auteur une médaille de seconde classe. LXX SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. RÉCOMPENSES PÉCUNIAIRES Une récompense pécuniaire de 200 francs est accordée a' M. Pierre Bosc, pisciculteur chez M. le vicomte de Gausans. Attaché depuis de longues années à l'établissement de Saint-Front, le sieur Bosc a rendu les plus grands services à la pisciculture. Son zèle, son intelligence sont appréciés comme ils le méritent par M. de Gausans. Une récompense pécuniaire de 100 francs est accordée à M. Henri Véniat, jardinier chez notre excellent collègue, M. Paillieux, Le sieur Henri Véniat est un serviteur dévoué, que la Société est heureuse de pouvoir récompenser. Primes fondécN par feu Agron do Gerniigny Pour récompenser les bons soins donnés aux aninianx ou aux plantes. Prime de 200 francs. M. Blondel, gardien chef des Mammifères au Jardin zoolo- gique d'acclimatation depuis plus de vingt-cinq ans, reçoit la prime de 200 francs. Prime de flOO francs. M. ScH.^FFER, employé à la ménagerie du Muséum d'his- toire naturelle, reçoit la prime de 100 francs. Primes offertes par l'administration du Jardin zoologiqne d'jtcciimatation à. ses employés. '' M. Bouvière . . . (Service des ; Mammifères). — 200 fr. M. Moutard. . . . Oiseaux). ' :': 100 fr. M. Debaize Mammifère !s). 100 fr. M. Baudouin. . . . Poneys). . . . 100 fr. M. Baudouin jeune — - ) 25 fr. " M. MOY - ) 25 fr. M. Bodevin . . . . - ) 25 fr. M. Testard. . . . r tiiiUn: 25 fr. ffO- RAPPORT AU NOM DE LA COMMISSION DE COMPTABILITÉ SUR L'EXERCICE 1885 Par M. le D' iSAINT-YVES MÉIVARD Trésorier. Messieurs, Comme nous sommes réunis en famille pour les raisons que vous a exposées M. le Président, votre Conseil a pensé qu'il convenait de vous parler dans celte séance de nos intérêts matériels. J'aurais à m'excuser de l'aridité du sujet si vous ne compreniez que, pour une œuvre d'ini- tiative privée comme la nôtre, la situation financière a l'importance de l'aliment pour les êtres vivants. J'ai donc l'honneur de vous faire connaître, au nom de votre Commis- ^ sion de comptabilité, la situation financière de la Société en vous pré- sentant, d'une part, l'état des recettes et des dépenses du dernier exer- cice ; d'autre part, le bilan au 31 décembre 1885. Pour vous permettre d'apprécier les chiffres, je vous ferai comparer ceux de l'année 1885 à ceux de l'année précédente. Recettes ordinaires. Cotisations annuelles. — Le total des cotisations annuelles a baissé de -2822 francs. <>{.; Ce n'est pas que le nombre des membres anciens ait diminué sensi- blement plus que d'ordinaire, c'est surtout le recrutement de membres nouveaux qui a laissé à désirer. Le dénombrement de la Société au 31 décembre, après les démissions et les décès, s'établit comme suit : 'i- ._ i,6'J4 membres ou sociétés agrégées payant cotisation à 25 fr... 42,350 fr. 27 membres nouveaux entrés après le 30 juin, ayant payé 9 francs 243 fr. Tolal (les cotisations annuelles.' , 42,593 fr. -lOlllOV 16 membres honoraires. '" 478 membres à vie. 10 sociétés atliliées. 2,225 au total, soit 103 de moins qu'en 1884. LXXII SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. Droits d'entrée. — Ce chiffre nous donne la mesure de la faible acti- vité de notre recrutement : Nous avons compté : En 1883 191 membres nouveaux. En 1884 133 — En 1885 81 — Il semble que nous subissions le contre-coup de la crise des affaires et de la gêne générale. Nous voulons espérer que cet état de choses prendra fin et que nous cesserons de suivre une progression descen- dante. Les revenus des valeurs de la Société ont diminué de 376 fr. 25; je vous en donnerai l'explication en vous exposant les dépenses extraor- dinaires. La subvention du ministère de l'agriculture a été diminuée de 500 fr.; c'est le résultat d'une mesure générale. Les tirages à part, les abonnements et annonces du Bulletin et de la Chronique ont produit un peu moins que l'année dernière. La location de la salle a donné aussi un peu moins. Au total, les recettes ordinaires de l'année 1885 sont inférieures de 4885 fr. 10 à celles de l'année 1884. Recettes extraordinaires. Sous ce titre, nous comprenons les receltes qui ne doivent pas faire face aux dépenses courantes; telles sont les cotisations définitives (3000 francs eu 1884, 2500 francs en 1885) destinées à être capitalisées pour assurer le service des membres à vie; telles sont aussi les recettes imprévues, qui se trouvent être cette année d'une assez grande impor- tance, grâce à la libéralité d'un de nos confrères, M. Vauvert de Méan, consul de France à San-Francisco, membre de la Société depuis l'année 1860, qui a toujours eu à cœur l'extension de l'influence française et s'est intéressé tout particuHèrement aux oeuvres d'initiative privée con- çues dans un but d'utilité générale. C'est à ce titre qu'il a apprécié les efforts de la Société d'Acclimatation ; il a été pénétré de l'importance des services qu'elle a rendus; enfin, désireux de contribuer largement à ceux qu'elle peut rendre dans l'avenir, il lui a légué par testament une somme de 15000 francs. Le jour où nous inscrivons à notre actif le legs du généreux dona- teur, nous voulons témoigner toute notre reconnaissance au collègue regretté. SITUATION FINANCIÈRE DE LA SOCIÉTÉ. LXXIII Dépenses ordinaires. Dans une année où les recettes tendaient à baisser, il était indiqué de chercher à réduire les dépenses. Telle a été la préoccupation de votre Conseil, qui est parvenu à maintenir à peu près l'équilibre. Le Bulletin mensuel a coûté 2900 francs de moins, et la Chronique 500 francs de moins que dans l'exercice précédent. De même des économies ont été réalisées sur le chauffage et Véclai- rage, les frais généraux, les frais de bureau, les impressions diverses, les frais de recouvrement, \a. sténographie, la séance publique. La redevance au Jardin d'acclimatation s'est trouvée plus faible, puisqu'elle dépend du nombre des membres. Seuls les frais de correspondance, les cotisations perdues, les impo- sitions, les cheptels, offrent une légère augmentation. Les dépenses de loyer et de personnel restent stalionnaires. Au résumé, les dépenses ordinaires sont moindres de 104.64 fr. 90. Si bien que les comptes se soldent par un excédent de dépenses in- signifiant (697 fr. 35). Dépenses extraordinaires. Les dépenses extraordinaires comprennent les frais d'enregistrement pour le legs de M. Vauvert de Méan, et une petite partie des dépenses occasionnées par notre nouvelle installation, qui a été commencée à la fin de l'année 1885 (15006 fr. 90). Pour faire face à ces dépenses, nous devons distraire une partie de notre capital. C'est précisément la vente de certaines valeurs qui a di- minué déjà un peu nos revenus, comme je vous le faisais remarquer au début de mon rapport. LXXIV SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. BILAN AU ACTIF Valeurs disponibles Caisse Banque de France. Obligations de chemins de fer et autres. Titre de rente Dutrône. Cotisations, Droits d'entrée, etc., à re- couvrer Crédit Lyonnais Jardin d'acclimatation de Paris Hodocanachi, banquier Société centrale de médecine vétérinaire. Valeurs réulisabies Bibliothèque Mobilier Valeur des animaux chez les chepteliers. Loyer d'avance Divers 100 actions du Jardin d'acclimatation.. Legs Vauvert de Méan 1S«« 1.387 50 7.087 05 t6.5-i6 75 2.7U0 )) 1.300 » 2 30 5.294 65 4.911 90 6.820 20 25.000 » 201.050 35 flSSâ 608 45 6.038 10 16.328 75 2. 700 II 7.896 » 2 30 142 90 931 55 250 » 5.594 70 5.046 75 5.505 30 4.000 I) 25.000 « 15.000 » SITUATION FINANCIÈRE DE LA SOCIETE. LXXV 31 DÉCEMBRE 1885. PASSIF Divers à payer Jardin d'acclimatation de Paris Recettes faites pour l'exercice suivant. . Prix offert par feu Bérend, à décerner. . Loyer à payer tS)^4 11.639 30 -1.716 85 392 » 1.000 » ftSS5 5.780 60 » H 489 .) 1 000 » 1.375 .. I ■ittthitfi. '< rH 14.748 186.302 15 20 8.644 180.460 60 20 201 .050 35 195.104 80 LXXVIII SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. BIIi.*]ll AU 31 DÉCEMBRE ISS5. * Notre situation financière est toujours satisfaisante ; l'excédent de notre actif n'a pas varié. i ; Actif. L'encaisse est de 668 fr. 45. Le dépôt à la Banque s'élève à 6038 fr. 10. Les valeurs mobilières figurent pour H 6 328 fr. 75, déduction faite de celles que nous avons dû vendre (30218 fr. 75). Nous conservons l'ha- bitude, adoptée jusqu'ici, de compter ces valeurs aux prix d'achat; mais les cours au 31 décembre dernier nous assuraient une plus-value notable. Les cotisations et autres créances restant à recouvrer représentent une somme un peu élevée (7896 francs), mais n'en sont pas moins un actif certain. La bibliothèque, le mobilier, les animaux en cheptel, n'ont pas changé sensiblement de valeur (1614.6 fr. 75). ' Un article nouveau se présente ici, c'est un terme de loyer d'avance (4000 francs) remis à notre nouveau propriétaire, suivant les conditions 'du bail. Les actions du Jardin d'acclimatation figurent toujours pour 25000 francs. I Enfin le legs de M. Vauvert de Méan sera inscrit à part jusqu'au jour où il pourra être représenté en valeur mobilière. . Total de l'actif : 195104 fr. 80. i Passir. Notre passif est toujours composé de divers mémoires qui n'ont pas du être réglés avant la clôture de l'exercice (5780 fr. 50) ; ï De cotisations de l'année 1886, encaissées d'avance (489 francs); D'une somme de 1000 francs, offerte par feu Bérend et représentant un prix à décerner ; D'un terme de loyer échu et non encore payé (1375 francs). Au total, 864i fr. 60. ; L'excédent de l'actif est ainsi de 186460 fr. 20. Vous venez de voir, Messieurs, que l'équilibre des recettes et des dé- penses a été obtenu par suite de grosses économies dans l'adminis- tration. I Mais, pour le bien de la Société, il est désirable que le temps des SITUATION FINANCIÈRE DE LA SOCIÉTÉ. LXXIX économies forcées ne soit pas de longue durée ; vous avez bien des efforts à encourager, bien des travaux à récompenser, beaucoup de bonnes vo- lontés à diriger. Pour cela, vous avez besoin de grandes ressources, pI vous ne les trouverez que par l'accroissement du nombre des sociétaires. Telle est la conclusion forcée du rapport d'un trésorier. Notre prospérité matérielle en dépend. JARDIN D'ACCLIMATATION DU BOIS DE BOULOGNE RAPPORT PRÉSENTÉ AU NOM DU CONSEIL D'ADMINISTRATION Par ML A. GEOFFROY SAIIVT-HILAIRE DIRECTEUR DU JARDIN A l'Assemblée générale ordinaire des Aclionnaircs du 20 mai 1886. PRÉSIDENCE DE M. F. JACQUEMART, Président du Conseil d'administration. Messieurs, Au nom du Conseil d'administration, nous avons l'honneur de vous présenter les comptes de l'année 1885. Vous trouverez ci-dessous les chiffres du bilan arrête au 31 dé- cembre dernier. Bilan au Si décciultro tS94. ACTIF. Valeurs immobilisées. Création du Jardin 1,024,110 50 ^ Travaux neufs et appropriations diverses M, 731, 253 08 exécutés depuis la création du Jardin.. 707,142 58 ; Le capital employé (1,731,253 fr. 08) fera retour à la Ville à la fin de la concession. Valeurs réalisables. Animaux 420,725 50 \ Approvisionnements ^ll'fH '^^ ) 850,786 05 Cautionnement 10,000 » l Mobilier 206,819 20 j Valeurs disponibles. Caisse 2,90165) Effets à recevoir » » 5 68,436 10 Débiteurs divers 65,534 45 ) Excédent du passif 22,187 65 Total 2,672,662 88 SITUATION FINANCIEP.E DU JARDIN. LXXXI PASSIF. Capital immobilisé. Sommes employées en immobilisation (voy. ci-contre) 731,253, 08 Engagements sociaux. Capital-Actions (2000 actions à 500 fr.) 1,000,000 » 1,731,253 08 Engagements envers les tiers (â terme) Dette consolidée : 702 obligations à •470 fr. (Solde des 1060 oblige émises sur l'emprunt autorisé de 1200.) . . 329,940 » {Exigibles.} Service de l'emprunt: obligations sor- ties aux tirages et intérêts des cou- pons 27,662 50 Créanciers divers ,578,400 50 006,063 « 936,003 ,; Réserve. 5 V„ du bénéfice de l'exploitation en 1883 (108,135 85).. 5,406 80 ToTAi 2,672,662 88 Pa.«isir. Vous voyez figurer au passif du bilan : 1° Le capital immobilisé en travaux neufs depuis la création du Jardin zoologifjue d'acclimatation, soit 731 i253 fr. 08; 2" Le capital initialement fourni par les actionnaires, soit un railbon Je francs ; 3" Ce qui reste dû sur l'emprunt émis en 1876, déduction faite des obli- gations amorties, jusqu'au tirage du 15 décembre dernier (1885) inclu- sivement, soit 329940 francs. Au !"■ janvier 188G, trois cent cinquante-huit (358) obligations avaient été successivement extraittss de la roue et remboursées ; 4" Dans le passif, que nous soumettons à votre examen, les engage- ments exigibles comptent pour 606 003 francs. Les valeurs actives qui figurent, d'autre part, représentent et au delà l'importance de l'ensemble de ce passif. Af<îl. ' L'actif, porté au bilan qui vous est soumis, comprend : 1" Les valeurs immobilisées. La création du Jardin a coûté 1 million 24110 fr. 50. Les appropriations diverses, les travaux neufs exécutés 4" SÉKIE, T. m. — Séance publique annuelle. /■ LXXXII SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. depuis l'origine de la Société ont employé une somme de 707 14.î?fr. 58. C'est-à-dire que la création et les développements ultérieurs de l'éta- blissement que vous avez fondé sur la concession municipale, ont occa- sionné, à la date du 31 décembre 1885, une dépense totale de 1 million 731 253 fr. 08. Ce capital immobilisé figure à votre actif pour représenter le capital initial, qui a été fourni par les actionnaires, et aussi pour clairement éta- blir l'emploi des bénéfices réalisés successivement par l'exploitation (1). Mais nous ne devons pas oublier que nous avons seulement la jouis- sance (pour un long temps, il est vrai) de l'établissement créé, puisqu'en 1938, dans cinquante-trois années, il fera retour à la Ville, avec tous les aménagements divers qu'il contiendra. Pour expliquer clairement cette situation, nous avons fait figurer au passif, cette année, comme de coutume, un chiffre exactement égal aux sommes employées en immobilisations et qui sont inscrites à l'actif. 11 n'est pas inopportun de faire observer que dans l'établissement de (1) Résultats annuels de l'exploitation du Jardin zoologique d'acclimatation (le 1860 à 1885. Insuffisance Excédent dos Reccitos. des Recettes. 1860 (3 mois) 4.,982 40 1861 39,341 54 1862 90,186 17 1863 78,461 52 1864 52,967 88 1865 15,053 05 » » 1866 25,217 65 1867 45,243 70 1868 40,145 64 » 1869 19,608 « 1870 51,799 85 1871 41,551 16 » » 1872 22,356 « 1873 37,250 05 1874 40,382 40 1875 27,757 60 « >. 1876 17,004 75 1877 83,852 05 1878 96,049 90 1879 91,734 88 » « 1880 46,829 80 « » 1881 102,746 20 1882 146,225 65 1883 108,135 85 1884 27,063 80 » » 1885 4,220 70 Total 341,935 78 1,014,232 41 Le total des insuffisances de recettes, les années 1870 et 1871 {Guerre franco-allemande et Commune) comprises, est de 341 935 fr. 78. Le total des excédents de recettes réalisées est de 1 014 232 fr. 41. Depuis sou commence- ment jusqu'au 1" janvier 1886, l'exploitation a donc produit 072 290 fr. 63 de plus qu'elle n'a coûté. SITUATION FINANCIERE DU JARDIN. LXXXIII ce bilan, nous n'avons jamais tenu aucun compte de la valeur de la con- cession et de l'achalandage qui nous est acquis. Dans le courant de l'exercice 1885, le compte des travaux neufs s'est peu augmenté. 11 a été chargé de l'amortissement de la construction du manège et de la maison du chenil, et aussi de quelques dépenses sans importance. L'ensemble de ces travaux neufs a coûté 14805 fr 90. Constructions nouvelles faites en 1885. Amortissement de la construction du manège 8,56-4 60 — de la maison du chenil 3,933 » Dépenses diverses 2,308 30 Total 1-4,805 90 2° Les valeurs réalisables comptent pour 850 786 fr. 05 dans le bilan que nous vous présentons. Le tableau suivant vous fera connaître les éléments constituant ce chiffre important. 1881 1882 1883 1884 1885 A. Collection des animaux. 3il,878 65 366,763 d5 414,238 55 403,466 25 420,725 50 B. Plantes diverses dispo- nibles 96,614 » 116.458 35 123,043 55 127,222 » 148,403 90 C. Mohilier et Outillage.. 99,058 90 102,937 15 126,390 25 140.329 75 138,413 50 D. Appruvisioniii'nients di- vprs, chai)ffaoe, nour- riture, libriirio, etc.. 40,870 10 50,093 05 57,194 25 67,46165 64,837 45 E. Tramway extérieur, voie et matériel 65,062 80 69,922 10 65,42195 63,975 10 60,776 35 F. Cautionnement de'posé dans les caisses de la Ville de Paris 5,000 » 5,000 » 10,000 » 10,000 » 10,000 » G. Outillai'o et Matériel à Meulan 1,578 » 5,601 « 3,705 55 7,424 70 7,629 35 650,062 45 716,774 10 799.994 10 819,879 45 850,786 05 Les valeurs disponibles figurant à l'actif représentent 68 436fr. 10. Compte (l'csploUation de roxorcice 1^95. Recettes. Subvention du Ministère de l'Agriculture 4,000 » Participation sur colisalions des membres de la Société d'Acclimatation 3,820 » Entrées du Jardin 312,914 75 Abonnements. . . , 5,487 50 Promenades 39,845 25 Location des chaises 1 1,485 10 Exposition permanente.... 3,761 » Loyer du bullet 13,998 » Manège 13,259 10 Dons d'animaux 873 80 Bénéfice ducompfanimaux, mortalité déduite 34,041 40 Saillies 4,988 85 Ventes des œufs 9,322 » Bénéfice du compte graines et plantes 41,477 65 Pré t-itelan 6,863 70 Succursale de Meulan 854 50 Tramways 35,722 25 Panorama 3,222 25 Total.... 550,940 10 LXXXIV SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. Dépenses. Personnel 173,065 25 Uniformes 12,396 10 Nourriture des animaux... 157,614 60 AquariimT 3,292 70 Entretien des bâtiments. .. 19,761 35 Entrelien des clôtures 5,023 10 Entretien du Jardin 2,(S83 65 Abonnement des eaux 3,260 50 Gbauffage et éclairage. .. . 14,521 55 Mobilier industriel et outil- lage 34,795 75 Outils de jardinage 720 05 Concerts 30,873 10 Frais de bureaux 6,362 50 Frais de correspondance. . . 4,484 55 Publicité.... 6,500 30 Loyers 4,631 45 Assurances 3,194 20 Impositions 5,206 80 Timbre et impôt des ac- tions et obligations 2,630 05 Assemblée générale 975 75 Frais généraux 34,504 90 Ilucber 1,312 70 Librairie 203 70 Intérêts des obligations.. . . 18,475 » Total des dépenses de l'exercice 1885 546,719 40 Excédent des receltes de l'exercice 1884 4,220 70 Total 550,940 10 Dépenses. Le total des dépenses, pour l'année 1885, s'est élevé à 546 719 fr. 40. Ce chiffre est inférieur de 45 922 fr. 15 à celui des dépenses de 1884 et de 180 738 fr. 15 à celui de l'année 1883. Notre exploitation a subi le contre -coup des enil)arras qui paralysent en ce moment le mouvement des affaires et nous avons dû modérer nos dépenses le plus possible. Recettes. Le chiffre atteint par les receltes de toutes natures, en 1885, s'est élevé à 550940 fr. 10. Le produit des entrées a été particulièrement faible, il est resté de 40 000 francs environ au-dessous des résultats de 1884. Pendant les premiers mois le nombre de nos visiteurs avait été satisfaisant, mais après mai l'exploitation a été souvent contrariée par le mauvais temps. Par contre, nous avons vu certains chapitres de receltes donner des plus- values intéressantes. Le bénéfice du compte Animaux et celui du compte Graines et Plantes ont fourni des ressources importantes, aussi le résultat final de l'exercice a-t-il été un excédent de recettes de 4220 fr. 70. Nous devons, en terminant, Messieurs , vous demander l'approbation des comptes que nous vous avons présentés. Vous n'avez pas oublié, Messieurs, que la Ville de Paris a accueilli en 1882 la demande de prolongation de concession que votre Conseil d'ad- ministration lui avait adressée avec votre autorisation. Depuis cette époque, vos administrateurs n'ont pas cessé de se préoc- cuper des obligations qui résultent pour votre Société des avantages nouveaux que la Ville de Paris lui a accordés. Mais, il faut li reconnaître, il a été assez difficile, jusqu'à ce moment, de réaliser le programme qui, de l'avis de tous ceux qui l'ont étudié, doit améliorer les conditions dans lesquelles se fait l'exploitation. SITUATION FINANCIÈRE DU JARDIN. LXNXV Nous nous sommes trouvés dans un sérieux embarras. Pour exécuter les travaux projetés, il faut obtenir d'une assemblée générale extraordi- naire, rautorisation d'émettre des obligations. Or, votre capital actions est tellement divisé que, dans l'état actuel des choses, il serait, pour ainsi dire, impossible de constituer cette assemblée. Après avoir sérieusement étudié la question, votre Conseil, usant des pouvoirs que vous lui avez conférés dans la séance du 21 avril 1883, a voté l'émission de mille actions nouvelles. Ces mille actions qui, placées, nous permettront de réunir une assem- blée générale extraordinaire pouvant délibérer valablement, nous avons aujourd'hui la certitude de les voir souscrire, car un groupe financier est prêt à assurer le succès de l'émission, mais ce groupe financier, formé d'actionnaires de la Société, souhaiterait d'avoir un certain nombre de places dans le Conseil. Pour faciliter les négociations en cours, tous vos administrateurs ont pensé qu'ils devaient se retirer. Ils vous demandent, Messieurs, de vouloir bien accepter leurs démis- sions et de leur en donner acte en votant les résolutions suivantes : Première résolution : L'Assemblée générale accepte la démission de : MM. Jacquemart, Blount, Uodocanachi, Edouard André, Henri Aron, comte de Camondo, Tony Conte, A. d'Eichthal, comte d'Eprémesnil, duc de Fitz-James, Flury Hérard, baron Gérard, Alfred Grandidier, duc de La Piocbefoucauld-Dou- deauville, 0. Maggiar, Pierre-Amédée Pichot, baron Alphonse de Roth- schild, M. de Saint-Paul, marquis de Selve, A. Touchard, prince de Wa- gram, membres du Conseil -d'administration de la Société, et leur donne décharge pleine et entière à l'égard de leurs fonctions. Deuxième résolution : Vu l'article 17 des statuts prescrivant que la Société sera administrée par quinze administrateurs, l'Assemblée générale nomme pour cinq années : MAL Edouard André, Amédée Berlhoule, Albert Geoffroy Saint- Hilaire, Alfred Grandidier, Er. Jacquemart, duc de La Piochefoucauld- Doudeauville, Saint-Yves ftlénard, Armand Pihorel, Pierre Piodocanachi, Maurice de Saint-Paul, marquis de Selve, Léon Simon, baron Arnould Thénard, Arthur Touchard, prince de Wagram, administrateurs de la Société du Jardin d'acclimatation. Conformément à l'article 10 des statuts, le Conseil d'administration se renouvellera chaque année par cinquième, d'abord par voie de tirage au sort, ensuite par roulement dans l'ordre indiqué par ces tirages. M. le Président informe l'assemblée que M. Charles de Souancé, membre du Conseil d'administration, avait donné sa démission le 5 no- vembre 1885. s LXXXVIII SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. Odent, 11, boulevard Saint-Michel, à Paris. 1 couple Eperonniers chinquis. Le comte Okecki, à Paris. 1 couple de Pigeons frisés; 1 lot de Poules Dorking. O'Neill, à Cognac (Charente). 1 couple de Canards de Yeddo. Ramelet, à Neuvon, commune de Plombières-les-Digon(Côte-d'Or). 1 couple de Canards Carolins. Le marquis de la Rochejaquelein, 73, rue de Grenelle, à Paris. 1 couple de Cygnes noirs, Roussel, à Issoire (Puy-de-Dôme). 1 couple de Canards de Rouen. Comte De Sainte-Marie, 13, avenue de Ségur, à Paris. 1 couple de Cygnes blancs. TiiAUViN, à Orléans (Loiret). 1 couple de Grenouilles-bœufs. Du Verne, au château de la Croix, commune de Varenne-les-Nevers (Nièvre). 1 lot de Poules Dorking. Le Gérant ; Jules Grisaru. 5977. — DoURLOTON. — Iiii|irimcric3 réunies, A, rue Mignon, 2, Paris. BULLETIN MENSUEL DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION IDE FI^A.IVOE I. TRAVAUX DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ (i) CATALOGUE RAISONNÉ PAR RÉGIONS DES ESPÈCES D'OISEAUX qu'il y aurait lieu D'ACCLIMATER ET DOMESTIQUER EN FRANCE Par L. MiieAUD D'AUBUSSOIV (Suite.) Thaumalé peint ou Faisan doré (Thaumalea pictaV^âgler). Phasianus aureus sinensis, Brisson, Ornith. (1760), t. I, p. 271. — PItasiantis pictiis, Linné, Sijst. nat. (1766), t. I, p. 27'2. — Le Faisan doré de la Chine, Buffon, PL Enl., 217 (1770). — Tliaumalea picta, Wagler, /s/s (1832), p. 1227. — Bonaparte, Compt. rend. Ac. se. (1856), t. XLII, Tahl. des Gall., n" 79. — Swinhoë, Proc. Zool. Soc. (1863), p. 307. — Gould, Birds of Asia (1866), livr. XVIIl, pi. — Chnjsolophus pictiis, Swinhoë, Proc. Zool. Soc. (1871), p. 398.— David et Oustalel, Ois. de la Chine (1877), p. ili. Tout le monde connaît le Faisan doré, et, quoique son in- troduction en Europe remonte à un passé déjà lointain, on ne s'est jamais lassé de l'admirer (3). (1) La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs des articles insérés dans son Bulletin. (2) Cuvier pense que le fameux Phéni.x des anciens n'est autre que le Faisan 4' SÉRIE, T. 111. — Janvier 1886. 1 2 SOCIÉTÉ NATIONALE D' ACCLIMATATION. C'est, en effet, un des oiseaux que la nature s'est plu à parer avec magnificence. L'or, l'azur, le pourpre, brillent sur son manteau. Une huppe d'un jaune doré vif décore sa tête et retombe élégamment sur une large collerette rouge orange bordée de satin noir, La gorge et le ventre sont d'un beau rouge safran vif. La queue brune, marbrée de noir, très dé- veloppée, ornée de longues et étroites couvertures supérieu- res, de couleur écarlate, termine avec grâce un corps élancé et souple. La femelle est, comme d'habitude, sombrement vêtue. Les jeunes mâles ressemblent aux femelles, et ce n'est qu'à la seconde mue qu'ils commencent à se revêtir de toute la ri- chesse et de toute la beauté de leur parure. Nous n'avons rien à dire du Thaumalé peint en captivité ; il est aujourd'hui tellement répandu dans les volières et les faisanderies, que nous ne pourrions rien ajouter qui ne fût déjà parfaitement connu. En revanche, on sait fort peu de chose sur les habitudes de cet oiseau, à l'état de liberté, dans son pays d'origine. Vainement chercherait-on dans les récits des voyageurs-naturalistes des indications satisfaisantes sur ce sujet. M. Swinhoë, le père Armand David, par exemple, qui ont pu observer le Faisan doré à l'état sauvage, sont presque muets quand il s'agit de nous parler de ses mœurs, d'où il faut conclure qu'elles doivent être à peu près les mêmes que celles de ses congénères, et que rien de bien spé- cial, en ce qui les concerne, n'est venu frapper ces voyageurs. Le père David se contente de dire que cet oiseau vit dans les bois, sur les montagnes d'altitude moyenne. Il l'a ren- contré, dit-il,, assez communément dans le Setchuan occi- dental et dans le Kokonoor oriental, et beaucoup plus rarement dans le Ghensi méridional. Il manquerait complètement dans les provinces septentrionales et orientales de l'Empire, ainsi qu'en Mantchourie et en Corée. doré; ce qu'en ont écrit les poètes se rapporte en effet assez bien à cet oiseau. On ignore Tépoque exacte de l'introduction du Faisan doré en Europe; on admet qu'il a été importe au quinzième siècle; les auteurs plus anciens ne par- lent point de cet oiseau. Sa domestication aurait eu lieu en Angleterre vers le milieu du dix-huitième siècle. OISEAUX A ACCLIMATER. 3 Les Chinois l'appellent « Ken-chy », Poule d'or, et c'est bien là le nom qui lui convient. On a lâché le Faisan doré dans des chasses aménagées avec soin; l'expérience n'a pas partout réussi, faute peut-être de précaution et de persévérance, car notre climat n'est pas trop rigoureux pour lui. On le voit encore figurer de temps à autre au tableau de quelques chasseurs privilégiés, et il faut avouer qu'il est, pour l'œil tout au moins, un merveilleux gibier. « Le Faisan doré, dit M. Cosson, est d'une chasse plus dif- ficile que celle du Faisan commun, car il se tient presque constamment dans les fourrés et se dérobe généralement à l'arrêt du Chien sans prendre son vul ; mais ces inconvénients sont largement compensés par une ponte abondante, qui a lieu généralement dans le mois de mars, et dont la précocité a l'avantage d'assurer la multiplication de l'espèce, même dans les années où celle du Faisan commun se trouve com- promise par les pluies d'avril et de mai. » Le Thaumalé peint se marie volontiers avec le Thaumalé d'Amherst, et de cette union résultent des hybrides de toute beauté. On élève au Japon et dans les jardins zoologiques d'Europe une variété du Thaumalé peint dont la queue est plus courte, la collerette plus sombre et la gorge noire. On lui a donné le nom de « Thaumalé sombre, Thaumalea obscurci », et vulgai- rement celui de « Charbonnier ». 11 existe aussi une variété Isabelle. Thaumalé d'Amherst {Thaumalea Amherstiœ Wagler). Phasianus Amherstiœ, Leadbeater, Linn., Trans., t. XVI, p. 129. — Temminck^ PL col., t. V. — Thaumalea Amherstiœ, Wagler, Isis (1832), p. 1228. — Bonaparte, Comptes rendus Acad. se. (1856), p. 879. — Swinhoë, Proc. Zool. Soc. (1863), p. 317. — David et Oustalet, Ois. de la C/jine (1877), p. 415. Cet oiseau ne le cède pas en beauté au précédent. 11 porte la huppe rouge et la collerette d'argent à bords foncés. Le cou, le haut du dos, les couvertures supérieures des ailes 4 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. sont d'un vert doré clair. Sur le bas du dos règne une belle teinte d'un jaune doré, et sur les couvertures supérieures de la queue un rouge clair rayé et tacheté de noir. Le ventre est d'un blanc pur. Cette remarquable espèce fut rencontrée pour la première fois en Cochinchine par sir A. Gampbel, qui reçut deux mâles du roi de Awa. Il en fit présent à lady Amherst, qui eut la bonne fortune de les apporter tous deux vivants en Angleterre, où, du reste, ils ne vécurent que quelques semaines. Lead- beater donna une description de ce magnifique Phasianide et le dédia à lady Amherst, sous le nom de Faisan d'Amherst, P/ia- sianus Amherst et. Pendant longtemps les dépouilles de ces deux mâles, dont l'un prit place dans la collection du comte de Derby et se voit encore maintenant au « Derby Muséum » de Liverpool et l'autre resta dans la famille du comte Amherst, furent les seuls représentants en Europe de l'espèce. Mais, en 4869, M. J. Stone fit venir, par l'intermédiaire de M. Medhurst, consul de Sa Majesté Britannique à Shangaï, six individus, cinq mâles et une femelle, qui arrivèrent vivants en Angle- terre. Ils étaient les derniers survivants de vingt oiseaux ex- pédiés du Yunan occidental ; huit seulement étaient arrivés en bon état à Shangaï, où il en était mort deux autres. Déposés provisoirement au « Zoological Garden », ces Faisans, à l'ex- ception d'un jeune mâle, furent ensuite expédiés à M. Veke- mans, directeur du Jardin zoologique d'Anvers. Depuis, un grand nombre de couples ont été apportés en Angleterre et sur le continent; des reproductions régulières se sont effec- tuées, et aujourd'hui le Thaumalé d'Amherst est devenu un oiseau très répandu. C'est une acquisition précieuse. Comme oiseau d'ornement, il ne peut être surpassé : il est beau, élégant et facile à éle- ver en volière. Originaire de contrées assez froides, il n'a pas à redouter les intempéries de nos climats, où sa repro- duction est assurée. Sa place est donc marquée dans nos parcs et nos chasses à côté du Faisan vénéré. « Le Faisan de lady Amherst, dit le père David, habite pen- OISEAUX A ACCLIMATER. 5 dant toute l'année les plus hautes montagnes boisées de l'ouest du Setchuan, du Yunan, du Kouycheou, et les hautes montagnes du Thibet oriental. Il affectionne particulièrement les massifs de Bambous sauvages qui croissent à une altitude de 2 à 3000 mètres, et dont les bourgeons constituent sa nourriture favorite ; c'est même de là que lui vient son nom chinois de Seng-ky (Poule des bourgeons). Pris jeune, il s'é- lève fort bien et se reproduit facilement en captivité, comme on a pu s'en assurer par des expériences faites au collège de Moupin. C'est un oiseau robuste, qui ne redoute ni le froid ni la neige, et qui s'accommode de toute espèce de nourriture, comme notre Poule domestique. A l'état sauvage, il se montre fort jaloux et ne souffre pas que le Faisan doré, qui seul pourrait rivaliser avec lui, s'approche de l'endroit où il s'est établi ; aussi ne rencontre-t-on jamais ces deux Faisans aux couleurs éclatantes sur la même montagne ni dans la même vallée. )) Nous avons dit que cette espèce contracte aisément des unions avec l'espèce précédente. Cet accouplement donne des oiseaux d'une rare beauté ; ils sont plus forts que les parents dont ils sont issus, et les mâles ont souvent une coloration des plus riches, participant des deux plumages. EUPLOCOME NYCTHÉMÈRE OU FaISAN ARGENTÉ (EuplocomUS nycthemerus Temminck). Phasianus albus sinensis, Brisson, Ornitli. (17G0), t. [, p. 277. — Phasianus nycthemerus, Linné, Sijst. nat. (1766), t. I, p. 272. — Le Faisan blanc de la Chine, Buffon, PL Enl., 123 et 124. (illO). — Gennœus nycthemerus, Wagler, Isis (1832), p. 1228. — Euplocomus nycthemerus, Temminck (1838). — Gen- nœus nycthemerus, Bonaparte, Compt. rend. Ac. se. (1856), t. XLII, Tabl. des GalL, WSd. — Gould, Birds of Asia (1859J, livr. XI, \A. — Euplocomus nycthemerus, Elliot, Mon. of Phas. (1870), livr. I, pi. — Swinhoë, Proc. Zool. Soc. (1871), p. 399. —David et Oustalet, Ois. de la Chine (1877), p. 416. Comme le Faisan doré, le Faisan argenté est depuis long- temps connu en Europe (1), et, pour le moins, aussi répandu (1) Son introduction est postérieure toutefois à celle du Faisan doré, caries auteurs du seizième siècle, Gessner notamment, ne parlent pas de cet oiseau. Q SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. que son congénère. Son plumage, qui n'a pas la richesse de celui du Faisan doré, est cependant fort remarquable, grâce aux couleurs en apparence disparates dont il est orné, mais qui s'harmonisent admirablement par leur distribution. Toutes les parties supérieures du corps, d'un blanc d'ar- gent, relevées par une huppe noire et des lignes étroites de même nuance disposées en zigzag; toutes les parties infé- rieures d'un noir à reflets bleus ; les pattes de corail et le bec opalin. La femelle d'un brun roux, finement tacheté de gris. M. Swinhoë nous dit que l'espèce est sauvage dans le sud de la Chine, qu'elle y habite les montagnes boisées de l'inté- rieur, qu'on en a tué plusieurs individus dans le voisinage d'Amoy, mais qu'il n'en a jamais rencontré dans ses voyages. D'après le père David, le Faisan argenté est devenu fort rare à l'état sauvage et ne se rencontre plus que dans la Chine méridionale, jusqu'au nord du Fokien, et peut-être jusqu'au Tché-kiang. Il n'existe pas au Setchuan, et est remplacé dans le sud-ouest du Yunan par une race de plus petite taille, que M. EUiot a désignée sous le nom d'Euplocome d'Anderson (Euplocomus Andersoni). Cette forme, qu'Anderson, con- servateur de « l'Indian Muséum » de Calcutta, a découverte en Birmanie, paraît être intermédiaire à Euplocomus nycthe- merus et Euplocomus lineaMs, qu'on rencontre également dans plusieurs contrées de la Birmanie. Nous y reviendrons lorsque nous parlerons ultérieurement du lineatus. En Chine, l'Euplocome nycthémère porte le nom de Jug-hj, Poule argentée, et de Pae-ky, Poule blanche. On voit cet oi- seau reproduit en broderies sur la poitrine et le dos des vê- tements officiels des mandarins civils, comme signe distinctif de leur rang. Le Faisan argenté réussit très bien dans nos volières et nos faisanderies; mais de bonnes raisons s'opposent à ce qu'il devienne un nouveau gibier pour nos forêts et nos tirés. La couleur éclatante du costume du mâle le dénonce de loin aux attaques des braconniers et des carnassiers, et son naturel querelleur l'empêche de souffrir un autre mâle de son espèce dans le même district. En outre, il combat et chasse les au- OISEAUX A ACCLIMATER. 7 1res Gallinacés sauvages, le Coq-faisan notamment. Cette humeur farouche prend un caractère encore plus aigu au moment des amours. Cet oiseau entre alors dans un état d'ir- ritabilité excessive; il va même jusqu'à attaquer l'homme, à lui donner des coups de bec et des coups d'ergot. Sous l'in- fluence de cette excitation, il bat violemment des ailes et fait entendre un sifflement très prolongé, qu'accompagne une sorte de gloussement sourd et saccadé. EuPLOGOME DE S\NimiOE (Euplocomus SwinhoU Gou\d). Euplocamus Swinhoii, Gould, Proc. Zool. Soc. (1862), p. 284. — Id., Birds of Asia, pi.— Sclater, Proc. Zool. Soc. (1863), p. 119. —Gray, List Gall. (1867), p. 34. — Swinhoë, Ibis (1863), p. 401; (1865), p. 538; (1866), p. 308. — Id., Proc. Zool. Soc. (1871), p. 399. — Elliot, Mon. of Plias. (1871), t. II, pi.— David et Oustalet, Ois. de la Chine (1877). Cette belle espèce est propre à l'île Formose, où elle vit Euplocome de Swinhoë {Euplocomus Swinhoii Gould). dans les grandes montagnes boisées de l'intérieur. Elle y fut 8 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. découverte par M. Swinhoë, alors vice-consul d'Angleterre à Formose. Gould la décrivit en 1862 dans les Proceedings et la dédia à son inventeur, sous le nom d'Euplocome de Swinhoë, Euplocamus Swinhoii. Dans une lettre adressée en 1863 au directeur du journal VI bis, M. Swinhoë raconte comment il lut amené à connaître cet intéressant Phasianide. Un jour il apprit par ses chasseurs qu'il existait dans l'in- térieur un Faisan appelé par les Chinois Wa-koé. Ce Faisan fréquentait les hauteurs les plus sauvages, et descendait ra- rement sur les versants inférieurs. Ils ajoutèrent que le soir et le matin, au crépuscule et à l'aube, le mâle avait pour habitude de se placer sur une branche, bien en évidence, ou sur le toit d'une hutte solitaire, et que là, se prélassant, se pavanant, étalant sa queue, il faisait retentir l'air de cris stri- , dents. M. Swinhoë offrit à ses hommes de fortes récompenses pour qu'ils lui procurassent le plus grand nombre possible de spécimens de cet oiseau singulier. Mais il eut si peu de chance, qu'il ne put en obtenir qu'une paire, une femelle d'abord, et ensuite un mâle. Vainement, dans une tournée à l'intérieur, chercha-t-il à observer par lui-même cet oiseau, afin de l'étudier à l'état sauvage et dans ses demeures habi- tuelles ; tous ses efforts restèrent infructueux. En 1 865, ses chasseurs lui procurèrent un vieux mâle qu'ils avaient tué dans les montagnes. Dans une seconde lettre, M. Swinhoë, annonçant l'envoi de "plusieurs couples vivants de ce Faisan, exprime l'espé- rance qu'avant peu il aura réussi à introduire en Angleterre cette magnifique espèce, qui sera, dit-il, très répandue dans les jardins. Entre temps, le docteur Squire avait déjà importé une femelle par la voie de Calcutta. L'espoir de M. Swinhoë s'est réalisé; son Faisan orne les volières des jardins zoologiques. On l'a même croisé avec le Faisan argenté, et on a obtenu des hybrides qui sont assez curieux par la distribution des couleurs. Les premiers oiseaux de cette espèce que posséda notre Jardin d'Acclimatation furent acquis de M. le baron James OISEAUX A ACCLIMATER. Q de Rolhschild, en octobre 1866. L'année suivante, douze jeunes furent obtenus. Cet Euplocome, comme l'Euplocome nycthémère, est un oiseau robuste et qui s'élève facilement; aussi s'est-il bien vite partout répandu et partout multiplié. Malgré cela, il a peu d'avenir comme gibier. Très querelleur et très fort, comme son congénère, il fera difficilement bon ménage, en forêt, avec les autres Faisans, qu'il éloignera toujours de la faisanderie et des endroits qu'il aura adoptés. En outre, son dos blanc servira de point de mire aux carnassiers et aux braconniers. Il est probablement destiné à rester captif dans nos volières; mais de quel splendide oiseau d'ornement nous a dotés le naturaliste anglais! L'Euplocome de Swinhoë est, en effet, magnifiquement vêtu. Des caroncules d'un rouge vif s'élèvent de chaque côté du sommet de la tête, qui est ornée d'une touffe de plumes allongées d'un blanc légèrement mélangé de bleu. Une teinte bleu foncé, à reflets soyeux, règne sur la tête, le cou, la poi- trine et les flancs. Une longue tache d'un blanc de neige s'é- tend sur le milieu du dos et tranche sur le rouge carmin sombre à reflets de bronze florentin qui décore les scapu- laires. Le bas du dos est d'un noir soyeux, avec des reflets d'un bleu violet très brillant au bord des plumes. Enfin, les couvertures des ailes sont noires, glacées de vert bronze sur les bords, et les plumes médianes de la queue d'une blan- cheur éclatante. La femelle, beaucoup plus modeste, selon l'usage, n'a pas de caroncules, et son plumage revêt une teinte générale d'un brun rougeâtre ou orangé, avec des raies et des taches d'un brun foncé. L'Euplocome de Swinhoë ne prend ses couleurs que la seconde année, comme l'Euplocome nycthémère et le Thau- malé peint; il est propre néanmoins à la reproduction dès l'âge d'un an, moins sans doute qu'après avoir revêtu sa ma- gnifique livrée, mais d'une façon déjà satisfaisante. 10 SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION, Crossoptile mantchou (Crossoptilon mantchuricum Swinhoë). Crosxoptilon mantchuricum, Swinhoë, Proc. zool. Soc. (1862), p. 287. — A. David, Nouv. Arch. du Mus. (1871), Bull., VU, Cat., n" 349. — EUiot, Monogr. of Phas. (1871), liv. IV, pi. — David et Oustalet, Ois. de la Chine (1877), p. 405. Lorsque cet oiseau arriva pour la première fois en Europe, on le confondit avec l'espèce que Pallas avait décrite dans sa Crossoptile mantchou {Crossoptilum mantchuricum Swinhoë). Zoographie de la Russie asiatique, sous le nom de Faisan oreiWavd, Phasianus auritus; mais une comparaison atten- tive fit promptement reconnaître l'erreur dans laquelle on OISEAUX A ACCLIMATER. 11 était tombé. M. Swinhoë adopta alors pour le différencier la dénomination de mantchuricum, mantchou, tirée de celle de son pays d'origine. Cette espèce fort intéressante fut, en effet, rencontrée en 1862, en Mantchourie et dans les montagnes boisées du Pet- che-ly, au delà de Tan-Yu, par le père Armand David, ce missionnaire français qui a rendu tant de services à l'histoire naturelle de la Chine, et qui l'assimila tout d'abord à l'oi- seau de Pallas. M. Swinhoë dit de même que l'on rencontre ce Crossoptile en Mantchourie, dans les montagnes situées au nord de Pékin et qu'on l'apporte en hiver sur les marchés de cette ville. On assura à M. Saurin qu'il se trouve également dans le Wei-Chieng, terrain des chasses impériales ; mais ce natura- liste juge ce rapport inexact, car visitant ces localités il ne put parvenir à voir un seul des oiseaux dont on lui avait parlé. Les indigènes l'appellent « Ho-chi ». D'après MM. Saurin et Swinhoë, ce nom signifierait « Poule de feu ». Ce dernier ajoute que les plumes de cet oiseau étaient autrefois recher- chées comme parure par les guerriers tartares. Le Crossoptile mantchou est peu répandu et vit à l'état sé- dentaire. C'est un oiseau très doux et très sociable que Ton rencontre toujours en compagnie. Il se nourrit de toutes espèces de graines, de bourgeons, de feuilles, de racines et d'insectes. La connaissance du régime diététique d'une espèce est une des conditions principales de tout essai rationnel d'accli- matation ; il est donc utile d'insister sur ce point. Trois Crossoptiles tués au mois de juillet, dans leur pays natal, par le père David, avaient le jabot rempli de feuilles de cytise. Chez d'autres individus tués en hiver, le même obser- vateur trouva des noisettes, divers pépins, des feuilles d'ar- moise, de fougères et surtout des racines d'orchidées et autres racines succulentes, des coléoptères, des vers, des chenilles. Ce gallinacé paraît être plus herbivore que granivore, tout en se montrant peu difficile pour sa nourriture. Les Chinois qui apportent ces oiseaux sur les marchés les nourrissent 12 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. avec une espèce de gâteau de millet. Ils sont aussi très friands d'orge que l'on récolte en grande quantité dans les vallées des montagnes qu'ils habitent. Le Crossoptile mantchou a les mœurs des autres Phasiani- des, mais se fait remarquer, comme nous venons de le dire, par son caractère paisible. Cette qualité jointe à la facilité que l'on a de le nourrir, semble le destiner à devenir la souche d'un nouvel oiseau domestique. Malheureusement cette es- pèce s'est montrée, jusqu'à présent, inféconde dans la plu- part des volières. Quelques éleveurs cependant ont obtenu des reproductions et la Société nationale d'Acclimatation de France a eu dernièrement à récompenser deux de ses mem- bres pour leurs succès dans l'éducation de ces Crossoptiles (1). Il est donc probable que, lorsque ces oiseaux auront été mieux étudiés, ils donneront, au point de vue de l'élevage, de.s ré- sultats satisfaisants. Ces résultats sont d'autant plus désirables que depuis quel- ques années cette espèce est devenue fort rare dans son pays d'origine et ne tardera pas, dit-on, à disparaître complète- ment, soit par suite de la guerre d'extermination qu'on lui fait, soit par la destruction des forêts qui lui servent de re- traite. Le Crossoptile mantchou est moins brillamment paré que la plupart des autres Phasianides ; mais son costume ne man- que pas d'une certaine originalité. Le genre auquel il appartient est, en effet, caractérisé principalement par la nudité de la face et les plumes effilées de la région auriculaire, qui s'allongent en pinceau et for- ment comme deux cornes en arrière de la tête. La queue est relativement courte, mais les plumes médianes ébarbées et pendantes retombent comme des franges par-dessus les au- tres. L'espèce qui nous occupe a le plumage brun poussant au noir vers le cou et sur la tête, au blanc d'argent sur le crou- pion et à la base de la queue, dont l'extrémité est noire à (1) M. Maillard, du Croisic (188i); M. Barrachin (1885). Ce dernier a obtenu des hybrides du Mantchuricum et du Cœrulescens. OISEAUX A ACCLIMATER. 13 reflets métalliques. La gorge est également blanche ainsi que les pinceaux. La femelle diffère peu du mâle par le plumage. Crossoptile oreillard (Crossoptilum auritum Gould). Phasianus auritus, Pallas, Zoogr. (1811), t. II, p. 86. — Crossoplilon cœrules- cens, A. David, mss., et Milne-Edwards, Compl. rend. Ac. se. (1870), t. LXX, p. 538. — Crossoplilon auritum, Gould, Birds of Asia (1870), liv. XXII, pi. — Swinhoë, Proc. Zool. Soc. (1871), p. 119. — Elliot, Mon. of Phas. (1871), liv. V, pi. — David et OuStalet, Ois. de la Chine (1871), p. 406. C'est le Faisan oreillard de Pallas retrouvé en 1869 dans leSetchuan, parle père A. David, qui écrivait, en effet, à M. Milne-Edwards, à la date du 18 décembre de cette année : « J'ai découvert une nouvelle espèce de Crossoptilon, qui me paraît très remarquable et qui pourra recevoir le nom de Crossoptilon cœrulescens ». Mais, lorsque le père David eut sous les yeux la description de Pallas, il reconnut bien vite son erreur et renonça à la dénomination qu'il avait imposée à cet oiseau lorsqu'il le considérait comme une espèce nou- velle. Le Crossoptile oreillard offre des dimensions et des formes à peu près identiques à celles du Crossoptile mantchou ; les couleurs des yeux, du bec, des pattes et de la peau nue qui entoure les yeux sont absolument les mêmes. Mais le corps est d'un bleu-ardoise, avec la base des rectrices centrales et la plus grande partie des rectrices latérales d'un blanc pur. Les pinceaux auriculaires sont moins développés que dans l'espèce précédente. Il n'existe aucune différence de plumage entre les deux sexes. Jusqu'à ces derniers temps, cette belle espèce n'était re- présentée dans les musées d'Europe que par les quatre in- dividus que le père David avait envoyés de Pékin, C'est un oiseau encore fort rare, même dans son pays d'origine qui est le noi'd-ouest du Setchuan, le Kokonoor oriental et peut-être même le Kan-sou. En Chine, on recherche beaucoup les plumes de la queue de ce Crossoptile pour l'ornement des chapeaux des manda ^ lins. U SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. Grossoptile du Thibet {Crossoptilon Thibetanum Hodgson). Crossoptilon Thibetanum, Hodgson, Journ. asiat. Soc. Beng., t. VIT, p. 864. — Gray, Zool. Mise. (1844) et Gen. of Birds, pi. — EUiot, Mon. of Phas. (1871), liv. V, pi. — David et Oustalet, Ois. de la Chine (1877), p. 407. Le plumape de cette espèce est entièrement blanc à l'excep- tion de la calotte qui est d'un noir velouté, des rémiges qui sont d'un noirbleuâtre et de la queue qui offre une teinte d'un noir métallique avec des reflets verts et pourprés, et une tache blanche à la base des rectrices latérales. Le bec est rose pâle, la peau nue qui entoure les yeux d'un rouge vif; les pattes et les éperons sont d'un rouge de corail. Les femelles et les jeunes mâles, avant la première mue, se distinguent des mâles adultes par les teintes moins pures de leur plumage et leurs éperons moins développés. « Le Crossoptilon blanc, dit le père David, ne se trouve en Chine que dans quelques localités boisées, sur les monta- gnes élevées du pays des Mantzes, par exemple à Yaotchy et à Tatsienlou, où son existence est protégée par le respect superstitieux des indigènes. C'est un oiseau doux et sociable qui aime à vivre en compagnie de ses semblables, même à l'époque de l'éducation des jeunes, et qui ne s'éloigne guère des lieux qui l'ont vu naître. Sa nourriture consiste en feuil- les, en racines, en graines et en insectes. Heureusement pour la conservation de l'espèce, la chair de ce Gallinacé est d'un goût fort médiocre; aussi les chasseurs préfèrent-ils comme gibier les Faisans, qui sont d'ailleurs beaucoup plus répandus et plus faciles à atteindre. » OISEAUX A ACCLIMATER. 15 Grossoptile de Drouyn (Crossoptilon Drouynii Milne-Edwards). Crossoptilon Drouynii, Milne-Edwards, Compt. rend. Ac. se. (1868), t. LXVI, p. 767. — J. Verreaux, Nom. Arch. du Mus. (1865), Bull., t. IV, p. 85 et pi. 3.— Svinhoë, Proc. Zool. Soc. (1871), p. 399. — Elliot, Mon. of Phas. (1871), liv. V, pi. — Crossoptilon Thibetanum, David et Oustalet, Ois. de la Chine (1877), p. 407. Forme très voisine de la précédente, si voisine que nous ne pouvons guère la considérer que comme une race locale ou peut-être même simplement comme une différence d'âge, les individus très vieux, suivant l'opinion de MM. David et Ous- talet qui assimilent les deux formes, ayant les rémiges d'un gris blanchâtre au lieu du noir bleuâtre que l'on observe dans le Grossoptile du Thibet.On peut relever encore d'autres différences ; ainsi les lectrices externes, non seulement ne sont pas noires, mais manquent de taches noires si caracté- ristiques dans l'espèce indiquée. En outre, les rectrices mé- dianes n'ont ni la largeur, ni l'éclat vert doré de l'oiseau décrit par Hodgson. Ge beau Phasianide, envoyé à M. Soubeiran par M. Dabry, consul de France à Hankow, et donné par M. Drouyn de Lhuys, président de la Société d'Acclimatation, au Muséum d'histoire naturelle de Paris, fut présenté par M. Milne-Ed- wards, à l'Académie des sciences, dans la séance du 20 avril 1868, sous le nom de Crossoptilon Drouynii. Son régime, ses mœurs et ses allures ne diffèrent en au- cune façon de ceux du Crossoptilon thibetanum. Il provient comme lui du Thibet, dans la partie nommée Moupin. 16 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. EULOPHE A COU JAUNE {Pucrasia Xanthospila Gray). Pucrasia xanthospila, Gray, Proe. Zool. Soc. (18G4), p. 259 et pi. 20. — Pîtcrasia Davidiana, Milne-Edwards, Arch. du Mus. (1864), p. 15; xanthospila, id., Nouv. Arch. du Mus. (1865), Bull., I, p. 14 et pi. I, fig. 2. — Saiirin, Proc. Zool. Soc. (1866), p. 437. — Gould, Birds of Asia, liv. XXI, pi. — Swinlioë, Proc. Zool. Soc. (1871), p. 399. — David et Oustalet, Ois.de la Chine (1877), p. 407. Le D' Lamprey révéla le premier l'existence de cette espèce dans une lettre adressée à la Société zoologique de Londres, Eulophe à cou jaune {Pucrasia XanUiospila Gray). en 1861 . 11 la trouva au marché de Tientsin et vanta beaucoup l'excellence de sa chair. Le père David en possédait des exemplaires dès la fin de 1862. Ils provenaient de Ta-Tchio-Chan, de Jehol et de la chaîne de 1 Ourato. En 1868, il les apporta à Paris et ils furent décrits l'année suivante par M. Milne-Edwards, dans les Ar- chives du Muséum. OISEAUX A ACCLIMATER. 17 Le missionnaire signale cet oiseau comme un gibier très estimé sur le marché de Pékin, où il arrive surtout de Man- tchourie. « Les Eulophes à cou jaune ou Song-ky, dit-il, se ren- contrent en petit nombre dans les montagnes boisées du N. 0. de la Chine, depuis la Mantchourie jusqu'au Thibet oriental, ainsi que dans la chaîne de l'Ourato. Ils ne quittent guère les taillis et les fourrés, où ils vivent solitaires ou par couples, se nourrissent des graines de divers végétaux et par- ticulièrement de conifères. Leurs allures sont celles des Fai- sans. Ils constituent un excellent gibier, et, chaque hiver, les Chinois prennent au collet un certain nombre de ces oiseaux qu'ils apportent au marché de Pékin ; les résidents euro- péens préfèrent avec raison ces Gallinacés aux autres Phasia- nides du pays. » Cet oiseau a la tête et la gorge d'un noir grisâtre avec une teinte d'ocre sur le vertex et une partie des plumes qui com- posent sa huppe occipitale. Sur les joues s'étend une grande tache blanche suivie d'une tache jaune encore plus large, oc- cupant les côtés et le dessus du cou. Une teinte d'un gris cendré avec de longues taches noires en forme de fer de lance règne sur le dos, le croupion, les côtés de la poitrine et l'ab- domen, le bas-ventre et les cuisses. Sur la partie inférieure de la gorge, une large bande marron qui se prolonge entre les jambes. Rémiges brunes, bordées de jaune d'ocre en de- hors. Scapulaires et couvertures alaires variées de brun, de gris et d'olivâtre. Tarse armé d'un éperon très aigu. Queue étagée. Plumes pour la plupart de forme lancéolée. Chez la femelle, la tête n'offre point de reflets d'un vert métallique, la huppe est plus courte, la gorge et la tache la- térale du cou sont d'un blanc jaunâtre, auquel succède vers le bas une teinte rosée. Les parties supérieures du corps sont mouchetées de gris, de noir et de roux, et les parties infé- rieures, un peu plus claires que le, dos, sont dépourvues de bande marron. Une variété qui serait propre au Chensi se distinguerait de l'oiseau type par les côtés du cou d'un roux très foncé, la 4» SÉRIE, T. III. — Janvier 1886. 2 18 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. tache latérale blanche peu développée et entourée de toutes parts par le noir métallique, la bande médiane marron moins étendue""sur le ventre, les teintes noires plus développées sur le dos et sur les ailes. Le premier couple d'Eulophe à cou jaune importé vivant en Europe, a été envoyé au Jardin zoologique d'Acclimatation de Paris par M. Dabry, à la fin de 1867. Les expériences dont cet oiseau a été l'objet de la part d'un certain nombre d'éleveurs prouvent que nous nous trou- vons en présence d'une espèce très robuste et qui otîre des titres sérieux à être essayée comme oiseau de chasse, car elle ne craint ni la neige, ni les ti-mpératures rigoureuses qui se produisent souvent, en hiver, dans nos contrées. « Par sa fécondité et sa rusticité, dit M. Joseph Gornely qui a étudié avec soin l'Eulophe à cou jaune et dont la com- pétence en matière d'élevage est bien établie, cet oiseau est destiné à peupler les chasses et à nous fournir un nouveau gibier exquis. » EULOPHE DE DARWIN {Pucrasia Darwini Swinhoë). Pucrasia Darwini, Swinhoë, Proc. Zool. Soc. (1872), p. 552. — Elliot, Mov. of Pluis. (1872), livr. VI, pi. — David et Oustalet, Ois. de la Chine (1877). p. 409. Cette nouvelle espèce d'Eulophe fut découverte par M. Swinhoë, dans les montagnes du Tchéldang. Elle est éga- lement sédentaire et assez commune dans le Fokien, où elle vit dans les endroits boisés et escarpés. Son plumage rappelle, comme ton général, celui de l'es- pèce précédente, mais il s'en distingue, à première vue, par l'absence des taches jaunes sur les côtés du cou et par les teintes métalliques de la tête moins vertes et plus bleuâtres. La femelle ressemble beaucoup à celle de l'Eulophe à cou jaune, mais le noir domine davantage dans les teintes du plumage. OISEAUX A ACCLIMATEU. 19 Régime, mœurs et allures comme l'espèce précédente. Les Chinois lui donnent le même nom « Song-ky », Poule de pins. TRAGOPAN DE TEMMFNCK (Cerioniis Temminckil Blyth). Satyra Temminckil, J. E. Gray et Hardwick, Illust. Ind. Zool. (1830-34), t. I pi. 50 —Ceriornis Temminckii, Blyth, C«i. B. Mus. As. Soc. Beng. (184-9)' p. 240. — Sclater, Proc. Zool. Soc. (1863), p. 123. — Swinhoë, iôi'rf. (186.3),' p. 307.— Gould, Birds of Asia (1869), livr. XXI, pi.— Swinhoë, Proc. Zool. Soc. (1871), p. 123. — Elliot, Mon. of Plias. (1871), livr. Il, pi. — David et Oustalet, Ois. de la Chine (1877), p. 418. Le Tragopan de Temminck est un des plus beaux du genre et semble former une transition, pour l'éclat du costume, Tète et rabat du Tragopan de Temminck [Ceriornis Temminckii Blyth). entre le splendide Tragopan satyre et le Tragopan de Cabot plus modestement paré. La forme et la distribution des taches du plumage le rapprochent de cette dernière espèce, mais ses couleurs sont bien plus brillantes. La peau nue qui entoure les yeux est bleu-indigo avec le 20 SOCIÉTÉ NATIONALE D' ACCLIMATATION. loriim et les sourcils verts; le rabat est aussi bleu passant au vert bleu sur les bords, qui sont ornés de taches carrées d'un rouge pourpre. Les cornes sont d'un vert bleuâtre avec la base d'un bleu indigo. Au printemps, vers la fin d'avril, les mâles entrent dans une excitation amoureuse très grande et font une cour des plus assidues et des plus démonstratives aux femelles. Le rabat, qui le reste de l'année est comme contracté et dissi- mulé au-dessous de la gorge, se déploie alors, à intervalles, d'une façon tout à fait surprenante. Il s'étale magnifiquement sur la poitrine, variant d'intensité dans ses teintes rouges, bleues et vertes, pendant que les cornes, brillamment colorées, se dressent de chaque côté de la tête. La longueur de ces cornes atteint jusqu'à O^.O? et celle du rabat O",!?. L'effet produit par le développement de ces appendices est fort étrange et on ne peut guère s'en faire une idée sans l'avoir vu. En même temps, l'oiseau redresse les plumes du corps du côté opposé à celui où se trouve la femelle, de sorte que ces plumes élégamment tachetées sont ainsi que les autres expo- sées au regard de la compagne qu'il veut séduire. Car cet étalage d'ornements, ces parades passionnées ont pour but d'attirer l'attention de la femelle, d'exciter son admiration et de la charmer en exerçant sur elle une sorte de fascination. C'est pour la même raison que nous voyons dans nos volières le Faisan doré, lorsqu'il fait sa cour, étendre et relever sa magnifique fraise, la tourner obliquement vers la femelle, de quelque côté qu'elle se trouve, afin de développer devant elle une large surface de plumes brillantes et de la captiver par ce manège amoureux. La riche coloration du plumage du Tragopan de Temminck vient encore ajouter à ces moyens de plaire. Un beau rouge marron, orné de petites taches arrondies d'un gris-perle ourlé de noir, règne sur les parties supérieures du corps, et de grandes taches ovales d'un gris bleuâtre au centre des plumes sont répandues sur le rouge des parties inférieures. Enfin la coloration de la tête, d'un noir profond, est relevée par la teinte rouge-brique des plumes de l'occiput et du cou. La femelle, pour qui on met en jeu de si brillants atours, OISEAUX A ACCLIMATER. 21 est, elle, au contraire, pauvrement vêtue. Le brun, le noir, le roux, le gris, çà et là quelques taches blanchâtres, sont les teintes modestes de son costume. Elle n'a point de rabat sur la gorge, d'éperons aux tarses, point de huppe ni de cornes sur la tête. Le jeune mâle lui ressemble. Il fait une sorte de noviciat sous un habit dont l'humilité ne fait guère prévoir les splendeurs de celui qu'il est destiné à porter plus tard. C'est seulement à la troisième année que sa livrée est complète. Dans le cours de la deuxième année, son plumage prend bien des teintes rouges sur le cou et la poitrine; en même temps apparaissent sur les plumes du dos et de l'abdomen des taches d'un gris bleuâtre, mais il est loin encore de posséder toute la perfection de sa parure. Ce bel oiseau, selon le père David, habite le sud-ouest de la Chine, jusqu'au Chensi méridional inclusivement, mais n'est nulle part très répandu. Il vit sur les montagnes boisées et se tient dans les taillis, où il se nourrit de graines, de fruits et de feuilles. Son cri, très sonore, peut être rendu par les syllabes « oua » deux fois répétées; c'est de là que lui vient son nom chinois de « Oua-Oua-Ky ». On l'appelle encore « Ko- Ky, Kiao-Ky », « Poule à cornes », à cause des appendices colorés qui décorent sa tête, et « Sin-tseou-Ky », « Poule étoilée », à cause des taches dont est marqué son plumnge. C'est un gibier très estimé en Chine, d'autant plus qu'il est rare et ne peut être capturé qu'au piège ou au collet. Les Chinois le représentent fréquemment dans leurs peintures sur papier de riz et pendant longtemps on l'a considéré comme le fruit de l'imagination fantaisiste de leurs artistes. On peut dire que le Tragopan de Temminck a pris une place délinitive dans nos faisanderies. Depuis que M. John Reeves (1) l'a introduit en Angleterre, un grand nombre de reproduc- tions ont été signalées. Selon l'opinion d'un éleveur, dont les succès témoignent de l'expérience et de Thabileté, « ces oiseaux sont d'une rusticité (1) Toutefois c'est au concours actif de M. Dabry que l'on doit le premier Tragopan de Temminck arrivé vivant en Europe. 22 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. remarquable et leur élevage n'est pas sensiblement plus dif- ficile que celui des Poulets. Les larves de fourmis leur parais- sent moins nécessaires qu'une verdure variée, herbe tendre principalement (i). » « Je ne saurais trop dire, ajoute ailleurs le même éleveur, quelle bonne couveuse et quelle excellente mère est la Poule Temminck. Elle se familiarise rapidement et est aussi facile que la meilleure des nourrices. Elle fait ses pontes dans des nids en élévalion; les petits qui naissent avec les plumes de l'aile volent à terre sans accident, trente-six ou quarante-huit heures après l'éclosion. Chaque soir ils remontent au nid sur les invitations de la mère, qui les y abrite pendant presque deux mois et plus tard les garde près d'elle sur le per- choir (2). » La grande douceur de caractère dont ces oiseaux font preuve à l'égard de l'homme, pai'aît bien constatée. Un autre éleveur dit en effet : « Une des particularités des Trngopans de Temminck et Satyres est Texlrême familiarité de ces oiseaux : ils viennent littéralement manger dans la main et accourent du bout de leurs volières dès qu'ils me voient «ntrer (3). » A ces mœurs sociables vient s'ajouter la possibilité de croiser les espèces entre elles; ainsi on a obtenu fréquem- ment des hybrides du Tragopan de Temminck et du Tragopan Satyre. Ces intéressants oiseaux se présentent, on le voit, dans d'excellentes conditions pour être promplement et sûrement soumis à l'homme. (1) A. Delaurier aîné, Lettre adressée à M. le directeur du Jardin zoologique d'Acclimatation (Bulletin de la Soc. d'Ace, de France, 1877, p. 395). (2) Éducations d'oiseaux exotiques faites à Angoulême en 1878 et 1879 Bulletin de la Soc. d'Ace, de France, 1880, p. 88). (3) Andelle, Élevage d'oiseaux exotiques (Bulletin de la Soc. d'Ace, de France, novembre 1878). OISEAUX A ACCLIMATER. 23 TiiAGOPAN DE Cabot (Ceriornis Caboti Goiild). €eriornis Caboti, Gould, Proc. Zool- Soc. (1857), p. Ul.— Birds of Asia (1858), livr. X, pi. — Swinhoë, Ihin (1865), p. 350. — Elliot, Monogr. of Phas. (1 71), livr. IV, pi. — David et Ouslalet, Ois. de la Chine (1877;, p 419. Gould déciivit le premier celle espèce d'après un spécimen de provenance incerlaine apparlenanl au docteur Cabot, de Boston. Plus lard, en 1865, pendant un séjour à Hong-Kong, M. Swinhoë s'en procura un autre individu dont il donna une description dans Vlbis, mais sans pouvoir indiquer sa véri- table patrie. Nous savons maintenant que cet oiseau est propre aux montagnes boisées du sud-est de la Chine, où il remplace l'espèce précédente. En 1873, le P. David le trouva en assez grand nombre dans la chaîne qui sépare le Fokien du Kiangsi, et envoya son signalement au Muséum d'histoire naturelle de Paris sous le nom provisoire de Ceriornis modestus à cause des couleurs relativement peu éclatantes de son plumage. Si l'on compare le ïragopan de Cabot à ses congénères Temminck et Satyre, sa livrée paraît, en effet, modeste, bien qu'elle offre, dans certaines parties, une assez grande va- riété de tons. Le dessous du corps est d'un jaune d'ocre uni- forme, avec quelques taches rousses et noires sur les flancs et les cuisses. Une couleur noire tachée de blanc, de jaunâtre, de gris et de roux règne sur les parties supérieures. Ces teintes un peu sombres sont relevées par la coloration rouge- garance de la peau nue du tour des yeux et du milieu du ra- bat. Ce dernier est entouré d'une bande d'un rose pâle, avec des raies et un liséré d'un bleu pâle. Les cornes sont d'un bleu de cobalt. Au-dessous de l'oreille, de chaque côté,. une tache d'un roux vif tirant au rouge, tranche sur un noir pro- fond. La femelle, plus petite que le mâle, est, comme dans l'es- pèce précédente, variée de noir, de roux et de gris. Le jeune mâle revêt la livrée de l'adulte dès la fin de l'au- tomne de la première année. Mœurs du Tragopan de Temminck. Chair excellente. 24 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACGLIMATATION. LopiioPiiORE DE Levys (Lophophorus Lhuysii) . Lopliophorus Lliuysii, J. Verreaiix et A. Geoffroy Saint-Hilairc, Bull. Soc. Ace. (1866), p. 223. — J. Verreaux, ihid. (1867), p. 706. — Sclater, Proc. ZooL Soc. (1868), p. 1, pi. 1. — Ibis (1870), 297. — A. David, Nouv. Air.h. du Muséum, Bull, VII. — Swinhoe, Proc. Zool. Soc. (1871). — Gould, Birds of i4sw (1873), livr. XXV, pi. — David et Oustalet, Ois. de la Chine (1877), p. 403. Dans la séance du 20 avril i8G6, M. Alberl Geoffroy Saint- Hilaire, annonçant à la Société d'Acclimatation l'arrivage d'oiseaux qui avaient été adressés à notre Jardin zoologique par M. Dabry, appela l'attention de la Société sur une espèce nouvelle de Lophophore dont on trouva la dépouille à côté de celles de l'Itagine dans la caisse d'animaux en peaux que notre consul à Hankow envoyait à un ami. M. Geoffroy proposa de Tèle de Lopliophore de Lliuys (Lopliophorus Lhuijsii J. Verreaux). dédier ce bel oiseau, qui se rapproche extrêmement de son congénère plus anciennement décrit, à M. Drouyn de Lhuys , président de la Société d'Acclimatation, et de le désigner sous le nom de Lophophore de Lhuys (Lopliophorus Lhiujsii). En 1867, M. Jules Verreaux donna une description détail- lée de ce Lophophore, insérée dans le Bulletin, et adopta la dénomination que M. Albert Geoffroy Saint Hilaire, le pre- mier, lui avait appliquée. OISEAUX A ACCLIMATER. 25 La taille de cet oiseau est supérieure à celle du Lophophore ordinaire. Son bec est plus long et plus fort, ses pattes plus vigoureuses. Il n'a pas de huppe proprement dite comme son congénère de l'Himalaya ; mais la tête est ornée en arrière d'une touffe de longues plumes occipitales, d'une teinte pour- pre à reflets métalliques. Les plumes de la nuque et du dos ont un ton de cuivre doré très brillant. Le vert à reflets et le bleu métallique dominent sur les ailes ainsi que sur la queue. Les parties inférieures du corps sont noires, glacées de vert. Les mâles ne revêtent cette livrée splendide que dans leur deuxième année ; avant cette époque ils ressemblent à la fe- melle. Celle-ci a le plumage brun, presque semblable à celui de la femelle du Lophophore resplendissant, mais d'une nuance beaucoup plus foncée. D'après le P. David, ce magnifique oiseau habite les régions les plus élevées de Moupin, du Kokonoor oriental et les fron- tières occidentales du Setchuan. Il vit en petites troupes dans les prairies découvertes au-dessus de la région des forêts, et vient se percher sur les arbres pour dormir. Sa nourriture habituelle consiste en substances végétales et surtout en ra- cines succulentes qu'il arrache adroitement au moyen de son bec robuste et évasé ; comme il recherche particulièrement celles d'un Fr ilillari a i^une appelé Pae-mou, les indigènes lui ont donné le nom de Pae-mou-ky. Dans ce pays on nomme aussi Ho-lhau-ky « Poule charbon ardent », le mâle adulte, revêtu de sa livrée métallique. C'est un oiseau très farouche et dont le vol est assez puis- sant. Son cri, qu'il faut entendre de très grand matin et lors- que le temps est à la pluie, consiste en trois ou quatre notes pei'çantes et bien détachées. Son aire de dispersion s'étend dans une grande partie du Thibet oriental ; mais il est rare partout et il est à craindre qu'il ne tarde pas à disparaître cçmplètement. Les Chinois, en effet, chassent très activement et prennent au moyen de collets ce superbe Gallinacé, dont la chair est très délicate. Les spécimens que le P. David a envoyés au Muséum d'his- toire naturelle ont été tués à 4-500 mètres d'altitude. 26 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. Tétraphase sombre {Tetraophasis obscurus Elliot). Lopliopliorus obscurus, J. Verreaux, Nouv. Arch. du Mus., Bull. (1869). — Tetraophasis obscurus, Elliot, Mon. of Phas., t. 1, pi. — A. David, Nouv. Arch.du Mus., Bull. (1871), p. 11. — Swinhoë, Proc. Zool. Soc. (1871), p. 3;i9. — Gould, Bmii of Asia (1874), liv. XXVI, pi. — David et Oustalet, Ois. de la Chine (1874), p. iOi. Cet oiseau fut découvert par le père Armand David pen- dant son voyap^e au Thibet. Il adressa, au Muséum d'histoire Tétraphase sombre {Tetraophasis obscurus '^Wmi). naturelle de Paris, cinq individus de sexes et d'âges diffé- rents qui furent examinés avec soin par M. J. Verreaux et déterminèrent cet ornithologiste à ranger cette nouvelle espèce parmi les Lophophores. Plus tard M. Elliot créa pour elle, avec raison, un genre particulier. Le Tétraphase sombre paraît être assez répandu dans les montagnes du Kokonoor oriental, où il vit en petites compa- gnies dans l'intéiieur des forêts, se nourrissant comme les OISEAUX A ACCLIMATER. 27 Crossoptiles et les Lophophores de racines succulentes qu'il arrache avec son bec robuste. Les chasseurs du pays le dési- gnent sous le nom de Yancj-ko-hij, « Poule des royaumes d'Occident ». Celte espèce, à première vue et par les teintes de son costume, rappelle beaucoup l'aspect des Tétraogales. Le plu- mage est, dans son ensemble, d'un brun-olive, passant sur certaines parties du corps au gris cendré ; mais l'accident le plus remarquable de cette livrée, en somme assez modeste pour un Phasianide, est un grand rabat d'un brun marron qui s'étend sur la gorge. La femelle, plus petite que le mâle, ne porte pas d'éperons et les flancs n'offrent pas de ces taches rousses que l'on observe chez le mâle. Ithagine de Geoffroy {Ithaginis Geoffroy i J. Verreaux), Ilhagiiiis Geoffroy!, J. Verreaux, Bull, de la Soc. dWcc. (1867), p. 706. — Elliot, Mon. of Phas. (1871), t. Il, pi. — Gould, Birds of ksïa, (1872), liv. XXIV, pi. — David et Oustalet, Ois. de la Chine (1877), p. 401. L'envoi que fit en 1866 M. Dabry comprenait, comme nous l'avons dit, outre des espèces vivantes adressées au Jardin zoologique du Bois de Boulogne, une collection de peaux d'oiseaux destinées par l'expéditeur à un de ses amis qui s'empressa de les mettre sous les yeux de la Société d'Accli- matation. Parmi les dépouilles qui composaient cette inté- ressante et précieuse collection se trouvaient cinq exemplai- res d'une espèce d'Ithagine nouvelle, quatre mâles et une femelle. Elle fut décrite par M. Jules Verreaux dans le Bulle- tin de la Société et dédiée par lui à M, Albert Geoffroy Saint- Hilaire. « Nous sommes heureux, dit à cette occasion M. J. Verreaux, d'imposer à ce bel oiseau, le second d'un genre resté si longtemps avec un seul représentant, le nom illustre de Geoffroy, comme un témoignage de notre estime et de notre amitié pour M. Albert Geoffroy Saint-IIilaire. » Cet oiseau a la face noire. Dans tout le reste du plumage le gris ardoisé domine, relevé par des raies noires et blan- 28 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. ches au centre des plumes. Sur les côtés de la poitrine, l'ab- domen et les sous-caudales règne une belle couleur d'un rouge-carmin atténuée par une teinte grise à l'extrémité de chaque plume. Les pattes et les éperons sont d'un rouge de corail. Le bec est noir avec la base rouge, de même que les narines et la peau nue qui entoure les yeux. Des plumes déliées d'un gris ardoisé foncé forment une sorle de huppe. Ithagine de Geoffroy {Ilhaginis GeolJroiji J. Verreaux). La femelle plus petite que le maie et dépourvue d'éperons aie rouge des pattes et des narines moins vif et tout le plu- mage brun vermiculé de noir et de gris avec une teinte ardoisée. « Je n'ai rencontré l'Ithagine de Geoffroy, dit le père David, que dans les forêts les plus élevées du Setchuan occi- dental et du pays des Mantzes; mais cette espèce paraît habiter une grande partie du Thibet oriental. Elle vit en troupes plus ou moins nombreuses près de la limite supérieure de la OISEAUX A ACCLIMATER. 29 région des forêts, et se tient de préférence au milieu des banibouseraies sauvages. Sa nourriture ordinaire consiste en bourgeons, en feuilles et en graines ; mais l'estomac de trois individus que j'ai tués en avril, quand la neige couvrait en- core tout le pays, ne renfermait que de la mousse. Ces jolis oiseaux se perchent volontiers sur les arbres : leur naturel est très sociable, et, quand les couvées sont écloses, on voit fréquemment plusieurs couples se réunir pour veiller en- semble sur leur jeune famille. Les Chinois désignent cette Ithagine sous le nom de « Tsong-ky, Poule des buissons. » Ithagine de la Chine {Ithaginis sinensis David). Ilhaginis sinensis, A. David, Ann. Se. nat. (1873), 5» série, t. XVIII, art. n° 5. — (1874), ibicL, t. XIX, art. n° 9. Cette espèce nouvelle d'Ithagine, la troisième du genre, a été découverte par le père Armand David. Elle habite les plus hautes montagnes du Chensi méridional. On la trouve dans le centre du Tsinling en compagnies assez nombreu- ses, au milieu des bois et des bambouseraies, à une hauteur de 3500 mètres. Ces oiseaux, qui se rencontrent dans toute cette région, jusqu'au Honan, sans être nulle part très répan- dus, ont, du reste, absolument les mêmes mœurs que ceux de l'espèce précédente. Les indigènes les désignent sous les noms de Hoa-Ky, « Poule tleurie » et Song-hoa-ky, a. Poule fleurie des sapins. » Le plumage de celte espèce rappelle beaucoup celui de rilhagine de Geoffroy; mais il en diffère principalement par une grande plaque d'un jaune d'ocre sale sur le devant du cou et par la couleur rousse de la moitié des ailes qui dans rithagine de Geoft'roy est verte. D'autres différences reposant sur des caractères moins apparents servent encore à distin- guer les deux espèces. {A suivre.) II. TRAVAUX ADRESSÉS ET COMMUNICATIONS FAITES A LA SOCIÉTÉ NOTES POUR SERVIR A L'HISTOIRE DES AQUARIUMS Par M. H. BOUT. ?^n1876, kl Chambre des députés décida, sur la proposi- tion de M. de Tillancourt et de plusieurs de ses collègues, que l'on pourrait désormais introduire l'élude de la pisciculture dans le programme d'enseignement des fermes-écoles. On comprenait enfin que, si la pisciculture, qui prospérait dans tous les autres pays de l'Europe et jusque dans les par- ties les plus reculées du monde, avait toujours trouvé si peu de faveur en France, cela tenait à l'ignorance des moyens et des ressources de cette science, ignorance où le public se complaisait, malgré les efforts persévérants et les travaux remarquables des savants. Les esprits n'étant pas tournés dès la première jeunesse, par une étude sérieuse, vers ces connaissances spéciales, ne pouvaient s'astreindre plus tard à porter un regard attentif sur des démonstrations auxquelles il était plus simple de ne pas ajouter foi. On écoutait un instant d'une oreille distraite et puis l'on n'y pensait plus. On ne se disait pas que cette in- différence, fort bien portée, était coupable envers l'intérêt général, envers la prospérité de la patrie. On ne voulait pas songer aux résultats désastreux de ce parti pris d'incrédulité. M. de Tillancourt et ses collègues, dans leur exposé des mo- tifs, en révélaient les conséquences lorsqu'ils disaient : « L'Angleterre, depuis qu'elle a développé la pisciculture, trouve annuellement dans ses eaux douces pour plus de 200 millions de francs de poissons. Nous n'obtenons pas la centième partie de ce produit de nos deux cents rivières. » La conclusion était facile à tirer. Il fallait vaincre la force HISTOIRE DES AQUARIUMS. 31 d'inertie puisée dans l'ignorance. La Chambre crut y arriver en édictant la mesure rapportée plus haut. Mais, si l'on réservait aux seules fermes-écoles l'enseigne- ment des connaissances que l'on voulait propager, on ne s'adressait encore qu'cà un nombre d'hommes des plus res- treints, qui d'ailleurs pouvaient toujours se soustraire à cet enseignement, puisqu'il ne devait être que facultatif. Nous écrivions à cet égard, en 1879, dans une analyse ra- pide des étapes et des procédés de la pisciculture, les lignes suivantes : « Il serait à désirer que l'étude de cette science entrât dans les programmes universitaires et que les nom- breux problèmes scientifiques, industriels et économiques que soulève cette question complexe de la culture des eaux, fussent exposés aux jeunes gens des écoles par des professeurs éminents. » Il serait à désirer aussi, ajouterons-nous, que les grades, qui sont la consécration des études, ne puissent plus être conférés sans que les candidats aient prouvé qu'ils ont retenu les leçons à eux faites sur ces matières. Nous pensions, nous pensons toujours, qu'un jeune homme qui sortirait d'un lycée, n'ignorant plus ce que c'est qu'un poisson, connaissant l'industrie, les besoins, les maladies, les mœurs, nous dirions presque les passions de l'étrange population des eaux, n'affecterait plus la même indifférence ni le même scepticisme, et serait capable de rendre, à un mo- ment donné, de grands services à la science qui nous occupe et à ses semblables. Qu'on nous permette de revenir aujourd'hui sur ce sujet et de dire qu'au point de vue de ce complément d'instruction pratique que nous croyons devoir préconiser avec ardeur, il nous semble qu'on pourrait attendre de grands avantages de ces établissements si curieux, qui se sont élevés un peu par- tout depuis un certain nombre d'années et que l'on désigne sous le nom d'aquariums. L'aquarium, que le savant anglais Warington a, non sans à-propos, défini en disant que c'est une « organisation qui se suffit à elle-même », est un appareil où des animaux et des végétaux aquatiques sont entretenus dans des conditions se 32 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. rapprochant le plus possible de celles que ces animaux et ces véo"étaux trouvent dans la nature. En d'autres termes, l'aqua- rium est le résumé du monde liquide, c'est le panorama, c'est le musée vivant des eaux, et c'est devant ce musée, devant ce panorama que, pour être fructueuses, doivent être faites et écoutées les leçons d'ichtyologie et de botanique aquatique. Or, si l'on s'inspirait de notre désir, chacune de nos grandes villes serait bientôt dotée d'un établissement de ce genre, qui serait ouvert tous les jours de l'année et dont l'entrée serait gratuite. Bientôt enfin chaque Faculté, chaque lycée posséde- rait son aquarium particulier, lequel, du reste, bien que spécialement réservé à l'instruction des jeunes gens, pour- rait, à défaut d'autres, être, à de certains jours, livré au pu- blic et servir à des conférences accessibles à tout le monde. Et qu'on ne nous objecte pas les sacrifices pécuniaires à faire, car ce serait une grande erreur de croire qu'il est né- cessaire de dépenser des sommes considérables pour avoir un appareil remplissant toutes les conditions requises pour ser- vir à des études sérieuses. D'après M. Lloyd, fhomme qui a construit presque tous les grands aquariums d'Angleterre après avoir débuté par ce- lui de notre Jardin d'Acclimatation, et dont la compétence en la matière n'est pas récusable, on peut construire un bon aquarium sans dépenser plus de 200 livres sterling, soit 5000 francs. Il n'est pas question, comme on le voit, de constructions dispendieuses engloutissant quelquefois des centaines de mille francs sans donner les résultats attendus, et il n'est pas autrement utile, en effet, si l'on a seulement en vue l'étude pour laquelle le luxe et le plaisir des yeux ne sont pas indispensables, d'élever des édifices immenses d'un entretien coûteux et dans lesquels, s'ils ne sont pas absolument par- faits, les observations consciencieuses sont souvent difficiles. Sans avoir la prétention d'écrire un traité complet des aquariums, ce qui pourra tenter des plumes plus autorisées que la nôtre, nous pensons qu'il ne sera pas sans intérêt, au point de vue de la vulgarisation de ces appareils, de faire un HISTOIRE DES AQUARIUMS. 33 exposé rapide des principes scientifiques sur lesquels repose leur construction. De même que le vivier primitif fut un simple panier en osier, de même l'aquarium a commencé par être un simple flacon de verre, et il n'y a pas de longues années qu'il était encore à l'état rudimentaire. En Europe, la première mention qui soit faite d'un aqua- rium se trouve dans un ouvrage allemand sur le microscope, par Ledermuller, paru en 1760-61-62. On y voit la descrip- tion d'un bassin contenant des plantes et des animaux. Des bulles d'oxygène paraissent s'exhaler des plantes sous l'in- fluence de la lumière, et les animaux semblent se trouver dans un état de parfaite santé. Un siècle plus tôt, il était déjà de mode d'avoir chez soi des Anémones de mer, ainsi qu'on peut le voir dans les ouvrages de Tremblay et de Baker; toute- fois, on ne connaissait en aucune façon, alors comme plus tard même, l'utilité de l'emploi des plantes pour l'aération de l'eau, et, si l'on en mettait dans le réservoir, c'était uni- quement pour l'ornementation. En 1790, sir John Graham Dalyell commençait à collectionner quelques poissons de mer dans le but de les étudier, et continuait ses études dans sa propriété d'Edimbourg jusqu'à sa mort, survenue en 1850. Mais il changeait l'eau deux ou trois fois par semaine et ne connut jamais l'usage des plantes. On ne peut pas considérer ces quelques tentatives isolées comme le véritable point de départ des aquariums, puisqu'on n'en avait pas encore découvert et appliqué rationnellement les données scientifiques. D'après M. Gosse, l'honneur de la première application à l'aquarium, du principe de l'absorption de l'acide carbo- nique par les plantes et de la restitution de l'oxygène par ces mêmes plantes, revient à M. Warington, qui, en mars 1850, fit part à la Société de chimie de Londres du résultat de ses premières expériences. Mais ceci n'est point exact, et c'est un de nos nationaux qui, le premier, a dégagé et fait connaître l'un des plus im- portants principes de la science des aquariums. 4' SÉRIE, T. m. — Janvier 1886. 3 34 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. En effet, dès 1830, M. Charles des Moulins (de Bordeaux) proposa de mettre dans les vases, où l'on voulait conserver vivants des poissons d'eau douce, des plantes aquatiques flottantes ou submergées, de manière que ces végétaux s'as- similassent le carbone en décomposant l'acide carbonique que produit la respiration des animaux et en dégageant l'oxy- gène dont ces derniers ont besoin pour leur existence. Quelques années après, le professeur Dujardin pensa à ap- pliquer à l'eau de mer les conseils donnés par M. des Moulins pour l'eau douce. Le succès répondit à ses tentatives, et, pour la première fois en 1838, il rapporta, dans de légers flacons, des poissons de mer vivants. L'aquarium, dans le sens exact du mot, était enfin définiti- vement inventé, A la même époque, en 1837, M. Ward installa à Londres un aquarium d'eau douce, où les animaux vivaient et étaient conservés en bonne santé grâce à l'emploi des planles. En 1842, le docteur George Johnston (de Berwick upon Tweed) établit une sorte d'aquarium minuscule consistant en 6 onces d'eau de mer contenue dans un petit bocal, et dans lequel il plaça des plantes et des poissons. L'eau ne fut pas changée durant un espace de huit semaines, sans qu'il en résultât au- cun dommage pour les habitants. En 1847, M"' Thynne, qui n'avait point entendu parler des essais que nous venons de rapporter, voulut conserver des poissons de mer à Londres. Les difficultés qu'elle éprouva à se procurer une eau toujours nouvelle et les observations qu'elle avait faites, la portèrent à introduire, dans le but bien défini de donner aux poissons ce qui leur manquait, c'est-à-dire l'oxygène, des plantes dans ses réservoirs. C'est alors seulement que M. Robert de Wa- ringlon commença, avec la même intention et le même succès que M"" Thynne, ses expériences sur les animaux d'eau douce. Au commencement de l'année 1852, il les renouvelait sur les poissons de mer et les plantes sous-marines. Vers le même temps aussi, M. Gosse commençait à Londres des expériences identiques. Il publiait en 1854, sous le titre V Aquarium ou les Merveilles de la mer dévoilées, un ouvrage qui obtint en HISTOIRE DES AQUARIUMS. 35 Angleterre un succès de popularité sans précédent, et qui fut la cause première de cet engouement pour les choses de la mer, qui s'étendit pendant un moment à tous les habitants du Royaume-Uni. Cet ouvrage avait pour objet de signaler les services que rendait tous les jours à la science l'établissement de Regent's Park. Après avoir lu le livre de M. Gosse, tout le monde voulut posséder un aquarium pour vérifier ses assertions et répéter ses expériences. A en juger par la date récente de l'origine scientifique de l'aquarium et par la simphcité de son point de départ, l'essor pris depuis par cet appareil est vraiment incroyable ! Quelle figure feraient les modestes flacons de verre de Dujardin près des constructions grandioses que nous avons vues s'élever un peu partout depuis vingt-cinq ans? Et ce n'est pas seulement par le développement des dimensions de ces édifices, que le progrès est remarquable, c'est encore par le perfectionnement des moyens d'alimentation et de purification de l'eau. Au point où nous en sommes, l'aération s'obtient unique- ment par les plantes. Nous allons voir ce moyen devenir in- suffisant dès que les proportions de l'établissement seront un peu considérables, et nous allons nous trouver en présence de deux grands systèmes de construction, consistant : le pre- mier dans l'alimentation de l'aquarium par une eau toujours renouvelée, le second, dans l'introduction, une fois pour tou- tes, de la quantité de liquide suffisante et dans le maintien, à l'aide de procédés mécaniques, de l'équilibre nécessaire à la vie des animaux. Le second de ces deux systèmes, inauguré à Paris et préconisé par M. Lloyd, est certainement appelé à être un jour exclusivement employé. Le but unique que l'on doit se proposer étant, comme nous venons de le dire, de maintenir l'eau qui alimente les bassins dans les conditions indispensables à la vie aquatique, les pre- miers constructeurs d'aquariums se sont tenu naturellement 1(3 raisonnement suivant: « Mettons notre établissement en communication directe avec la mer ou avec un cours d'eau, 36 SOCIÉTÉ NATIONALE d'AGCLIMATATION. de manière à alimenter les lacs d'une eau courante se renou- velant sans cesse. Comme cette eau sera prise sur les lieux mêmes où vivent les poissons que nous voulons conserver en captivité, elle se trouvera dans les conditions biologiques les meilleures, puisqu'elle sera une partie du grand tout. » Ils étaient dans l'erreur. Les aquariums établis d'après ce principe, ont toujours été imparfaits et d'un entretien fort coûteux. La mortalité y a été très grande et la vue a constam- ment été gênée par l'opacité du milieu. Cela se comprend: l'appel d'une masse d'eau assez consi- dérable pour alimenter des réservoirs et des bassins de di- mensions importantes ne peut se faire sans que les fonds soient énergiquement remués. L'eau arrive donc dans les bacs chargée de détritus végétaux, animaux et calcaires de toute espèce, qui ont pour résultat de rendre cette eau impropre à la vie des poissons et, le plus souvent, trouble à n'y pouvoir distinguer aucune forme, à n'y saisir aucun détail. Dans la mer, dans un fleuve, si telle région ne convient pas à un animal, il peut émigrer, changer de lieu. Dans l'a- quarium, c'est-à-dire dans un milieu des plus restreints, le poisson est dans l'impossibilité de fuir et, pour peu que vous lui donniez un habitat chargé à une dose quelconque d'élé- ments délétères, vous l'empoisonnez sans rémission dans un délai plus ou moins court. Or, pour alimenter un aquarium d'eau de mer, vous ne pouvez, quoi que vous fassiez, que prendre cette eau au bord du rivage, c'est-à-dire dans la zone où elle est contaminée par les déjections des villes. De même pour l'eau douce. On peut avoir choisi la source avec le plus grand soin; cette source peut être ordinairement absolument pure. Il suffira, si c'est à un fleuve ou aune rivière que l'eau est puisée, d'un excès de matières en décomposition ou de produits chimiques amenés tout à coup par le courant pour tuer toute la population. Si l'eau provient d'une source souterraine, elle pourra être sur- chargée de calcaires ou de sels métalliques, suivant les ter- rains à travers lesquels elle passera. Le résultat sera encore mortel pour le poisson. Conclusions : dépenses considérables HISTOIRE DES AQUARIUMS. 37 et imprévues de renouvellement, sans compter les murmures du public qui ne voit que peu ou point. Ce qui fait surtout le prix d'un aquarium situé aux environs de la mer, ce n'est pas que l'eau nécessaire à son alimenta, tion puisse être facilement renouvelée, c'est simplement que la première eau, celle qui doit être la seule employée, peut s'acquérir à bon marché. Il en est de même des animaux à introduire. Les essais n'ont du reste pas tardé à faire ressortir les in- convénients qu'offrait le mode de construction basé sur le re- nouvellement de l'eau et, bien que ce dernier ait encore aujourd'hui des partisans convaincus, il est généralement condamné par les gens véritablement compétents. Ce système étant reconnu défectueux, on s'est demandé par quels moyens plus parfaits on pourrait le remplacer. On a ob- servé alors ce qui se passait dans la nature. On a vu que la masse des eaux était toujours la même depuis le commence- ment des siècles ; que celles-ci étaient toujours propres à la vie des myriades d'organismes qui les peuplent et qu'il n'y avait pas d'apparence qu'elles cessassent de l'être jamais. On a vu en outre que le mouvement continuel des particules dont la réunion formait les eaux constituait une puissance mécanique de malaxement, d'épuration et d'absorption de l'oxygène à nulle autre comparable. On en a conclu avec rai- son que, si l'on parvenait, par un procédé quelconque, analo- gue à ceux que la nature emploie, à maintenir une masse d'eau dans les conditions exigées pour le maintien de la vie, une telle eau n'aurait jamais besoin d'être changée. Le problème posé, la solution n'en était pas éloignée. On se dit que, puisque le mouvement était dans la nature le moyen le plus puissant d'oxygénation et de purification, il fallait imprimer à la masse d'eau remplissant les bassins un mouvement factice et continuel, qui aurait pour effet d'ame- ner successivement toutes les molécules liquides au contact de l'air, et de permettre à l'oxygène d'en brûler toutes les impuretés, en même temps que de s'y dissoudre en quantité suffisante pour les besoins des animaux. 38 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. On reconnut de même qu'on pouvait rendre l'action consi- dérablement plus puissante encore en lançant à travers la masse, et de haut en bas, des jets d'air doués d'une grande force et divisés au point de ressembler à une fine poussière, mais non pas, comme on l'a fait en certains endroits, de bas en haut et en grosses bulles. M. Lloyd, dans un opuscule intitulé Observations sur les aquariums publics, relate une expérience des plus con- cluantes et des plus curieuses qu'il a faite à ce sujet. Nous lui laissons la parole. « Dans l'annexe orientale de l'Exposition internationale te- nue à Londres en 1862, je fis, sur une masse d'eau bourbeuse, chargée de matières animales et végétales en pleine décompo- sition, des expériences en vue de comparer la valeur respec- tive de chacun des deux systèmes de purification préconisés. » Je commençai par lancer dans un bac contenant 800 litres de cette eau, 200 litres d'air par minute, pendant six heures par jour et pendant six jours consécutifs, d'après le système d'aération par grosses bulles. Xu bout de ce temps, alors que plus de 400000 litres d'air avaient été in- jectés en exigeant une dépense de force de déplacement de 400000 litres d'eau sans grand effet, je réunis à ce bassin, dont l'apparence était à peine modifiée, un second bac de la même capacité rempli d'eau encore plus corrompue que la première, absolument noire, puante et complètement empoi- sonnée par la présence de l'hydrogène sulfuré et bicarburé. Je mis alors toute la masse en mouvement et je dirigeai vers la surface de l'eau, de manière qu'elle fût frappée avec force, à une très petite distance et sous un angle léger, un jet d'air très puissant, mais n'ayant pas plus d'un dixième de pouce de diamètre. » Ce courant, qui n'employait que 240 litres à l'heure ou 4 litres par minute, fut maintenu pendant 10 heures, à la fin desquelles, après une dépense totale de force ne dépassant pas 2400 litres d'eau à une pression de 50 livres par pouce carré, toute mauvaise odeur avait disparu par l'oxygénation. Le courant fut renouvelé deux fois et le troisième jour l'eau HISTOIRE DES AQUARIUMS. 39' était claire et limpide et pouvait recevoir des animaux. » M. Lloyd ajoute : « Une bouteille avait été remplie de cette eau avant sa clarification. Elle fui hermétiquement bouchée et conservée ainsi. Elle est toujours dans le même état et ressemble à de l'encre. Mais, bien qu'il y ait plus de quinze ans de cela, elle pourrait encore aujourd'hui être purifiée et rendue propre à la respiration des animaux. » Dans de vastes aquariums qui contiennent une nombreuse population dévorant une grande quantité de nourriture et re- jetant une quantité d'excréments également considérable, on ne pourrait donc utilement employer le système d'aération par grosses bulles qu'à la condition d'augmenter le nombre des orifices laissant- pénétrer l'air de telle sorte qu'il s'en trouvât au moins un par mètre carré à la base des bassins. Mais l'installation de larges courants d'air agissant sur des espaces aussi rapprochés les uns des autres, serait d'abord une chose à peu près impraticable et exigerait, en tous cas, une dépense de force hors de proportion avec le résultat ob- tenu. En outre, le passage incessant dans tous les points des bassins de ces bulles d'air nuirait beaucoup à la vue et trou- blerait continuellement le poisson. Ainsi d'un côté, aération insuffisante, de l'autre, des in- convénients aussi graves et une dépense énorme. De plus, avec ce système, on ne peut éviter l'enlèvement à la main des dépôts que forme l'accumulation des résidus de la nourriture et des déjections des animaux. C'est un surcroît de travail, de dépense et de gêne pour le poisson. Avec le procédé contraire, aucun travail manuel n'est nécessaire pour le nettoyage des fonds , tout disparaît par le mouvement et le contact de l'air. 11 suffit de passer de temps en temps une éponge emmanchée au bout d'une perche sur les glaces pour les débarrasser de la matière verte (conferves) et encore peut-on être aidé dans ce travail par les Lymnées, les Planor- bes, les Buccins, les Haliotides, etc. Un des plus grands perfectionnements apportés dans la construction des aquariums, établis d'après le système de cir- culation, consiste dans l'adjonction d'un réservoir placé à 40 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. une certaine profondeur sous terre, de manière qu'il reste toujours à une température égale. L'eau, dans son mou- vement circulatoire, passe du réservoir dans le premier bas- sin; de celui-ci, dans tous les autres successivement, et, du dernier, retourne dans le réservoir et ainsi de suite, en sorte que sa température n'est que fort peu influencée par les va- riations thermométriques. De plus, l'obscurité dans laquelle l'eau passe alternativement a pour effet de ralentir la produc- tion des conferves. C'est M. ^Edward Demenay qui, selon M. Lloyd, a été le premier à faire l'application de la chambre à eau obscure aux aquariums. L'expérience a démontré qu'il fallait donner à ces réservoirs une capacité égale à cinq fois celle de la totalité des bacs. L'attention s'était déjà portée, avec M. Gosse, sur un autre point, qui était de savoir quelles proportions il fallait donner aux dimensions respectives des bacs. On arriva bientôt à éta- blir une règle à peu près fixe, et d'après laquelle la plupart des aquariums sont construits aujourd'hui. Pour l'eau douce, la hauteur du liquide ne doit jamais dépasser la largeur des bassins; pour l'eau de mer, cette hauteur ne doit pas être su- périeure à la moitié de la largeur. Une autre question s'est posée ensuite. De ce que, dans un aquarium de grandes dimensions, la puissance oxygénatrice des plantes devient insuffisante, s'ensuit-il qu'elles soient inu- tiles et qu'il faille les dédaigner? Loin de là. Leur action vient en aide au mouvement pour la vivification de l'eau. De plus, elles entrent pour une grande part dans l'alimentation des animaux aquatiques. H y a donc lieu, avant d'introduire le poisson, et une fois que l'eau se trouve dans les conditions de limpidité requise, de répartir dans les bassins certaines variétés de plantes que l'on prendra parmi celles qui sont les plus vivaces et qui ont la puissance d'absorption la plus con- sidérable. Parmi celles-ci, il faut citer, pour l'eau douce, les Épis ou Potamots, les Volants d'eau, les Renoncules, les Va- lisnéries, les Lustres d'eau, les Callithrix, les Morènes, les Plantains, etc. HISTOIRE DES AQUARIUMS. M Parmi les plantes de mer, les meilleures sont les Ulves» rUlve verte et VUlva latissima, et la Mousse chondrille. Mais, si l'emploi des plantes est de toute nécessité, il n'est pas bon toutefois de laisser la végétation croître avec excès. Les plantes aquatiques meurent facilement et d'autant plus facilement qu'elles se trouvent en plus grand nombre dans un espace plus restreint; il en résulte tout d'abord une sur- veillance continuelle, car il faut se garder de les laisser se décomposer dans l'eau. En outre, l'accroissement excessif de la végétation ne tarde pas à donner au liquide une teinte vert opaque, qui rend l'examen des animaux peu facile. Enfin une végétation trop touffue forme pour le poisson des abris où il est très difficile de l'apercevoir et où il pourra mourir sans que l'on s'en doute. D'ailleurs on ne perd rien à être réservé dans l'emploi de la verdure, car, sous l'influence de la lumière, la flore con- fervoïde ne tarde pas à se produire et vient en aide aux plantes dont on a orné les bassins, si bien que l'on est sou- vent, ainsi que nous l'avons dit, obligé de la modérer. On règle, du reste, facilement les progrès de la végétation, queUe qu'elle soit, en disposant la lumière avec plus ou moins d'économie. Au point de vue du poisson, on doit savoir aussi qu'une grande lumière, l'exposition aux rayons directs surtout, est extrêmement dangereuse, sauf pour quelques espèces exo- tiques, tels que le Gourami, l'Arc-en-ciel, etc. Trop de lu- mière aveugle le poisson, attaque ses couleurs et devient pour lui une cause de nombreuses maladies. L'excès contraire n'est, du reste, pas moins préjudiciable. Une trop grande obscurité amène bientôt le dépérissement de la population et de la végétation, et ne tarde pas à faire de tous les bacs de sombres cloaques, qui ne sont bientôt plus qu'un vaste cime- tière où s'ébattent seuls les organismes du monde microsco- pique. En ce qui concerne l'aménagement intérieur des bassins d'un aquarium, l'observation a encore conduit à imiter la nature, et l'on a parsemé le fond et les parois de ces bassins 42 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. de cailloux, de pierres ou de roches, selon les dimensions, en ménageant entre les blocs des anfractuosilés représen- tant, à une échelle réduite, les crevasses et les grottes que l'on trouve dans la mer. A l'exception des Pleuronectes qui restent constamment appliqués sur le sable, les autres pois- sons se trouvent fort bien de ces accidents de terrain qui leur servent de lieux de repos et d'abris. L'emploi de ces dispositions devint bientôt général et l'abus ne tarda pas à se produire. Les rochers, en effet, sortirent de l'eau. Ils gagnèrent les murs, les plafonds, le sol des aqua- riums, et les transformèrent en grottes plus ou moins na- ture , plus ou moins pittoresques. Cela ne manqua pas de frapper l'imagination du public ignorant transporté ou à peu près sur les bords de la mer, mais fit sourire les hommes instruits qui voyaient donnera une chose sérieuse une tour- nure enfantine et souvent grotesque. Ce nouveau genre fut très goûté, bien que d'un goût douteux, et la plupart des aquariums construits depuis cette époque, c'est-à-dire depuis 4866, le furent d'après ces principes d'un art peu sévère. M. Lloyd s'élève contre ce travers. Il a raison. N'a-t-on en vue qu'un objet d'amusement? Que l'on construise alors des grottes, que l'on ménage des chutes, des cascades, des cata- ractes même, rien de mieux. Ajoutez-y des chemins escarpés, des pics, des précipices, des ponts branlants, tout ce que vous pourrez imaginer. Mettez là dedans quelques poissons, les premiers venus, des Ablettes et des Goujons, aussi bien que des Carpes et des poissons rouges, et vous aurez tout ce que vous voudrez, excepté un aquarium. Si, au contraire, vous désirez avoir un instrument sérieux d'étude et d'observation, écartez tout ce qui peut nuire à votre but. Que l'ornementation soit d'un style sobre et élevé, que la circulation soit facile, les dégagements commodes, les couloirs larges et frais sans être froids. Dans ces conditions, les visiteurs, qu'aucune préoccupation étrangère ne distraira, verront avec fruit ce qu'ils viennent voir, c'est-à-dire le pois- son chez lui. Pour nous résumer, nous énoncerons les principales règles HISTOIRE DES AQUARIUMS. 43 qui doivent présider à la construction et à l'entretien d'un aquarium. Elles se réduisent, en somme, aux suivantes, qui, bien appliquées, conduiront toujours à des résultats heu- reux. L'eau ne doit jamais être renouvelée. Il faut seulement compenser la perte produite par Tévaporation. Le maintien de l'équilibre doit être demandé exclusivement au mouve- ment et à l'injection de l'oxygène. L'usage des filtres doit être rendu inutile par une sage ap- plication des deux moyens ci-dessus. Il ne doit jamais y avoir dans les bassins une quantité de déjections et de détritus telle qu'on ne puisse la faire dispa- raître par une accélération de quelques heures du système de circulation ; ce qui revient à dire que la surveillance de l'appareil ne doit jamais être négligée, au point de permettre une accumulation trop considérable de matières organiques en décomposition. Les glaces seules doivent être nettoyées à la main. La capacité des réservoirs souterrains doit être au moins de cinq fois celle de la capacité des bacs. Ils doivent être construits à une profondeur telle que leur contenu ne puisse jamais être influencé par les variations thermométriques. On doit faire un emploi judicieux et plutôt modéré de la végétation. Enfin le choix de l'exposition doit être l'objet de beaucoup de soin. Que si l'on est dans une ville d'intérieur et que l'on veuille avoir un aquarium marin, mais que l'on soit arrêté par le prix du transport de l'eau de mer, des expériences nom- breuses ont démontré qu'il est possible de faire vivre des poissons dans une eau artificielle. C'est M. Gosse qui a signalé ce fait curieux, et il a démontré en outre que les substances chimiques trouvées dans l'eau de mer naturelle, telles que la chaux, le fer, l'iode, la silice, finissent, au bout d'un certain temps, par se trouver également dans l'eau artificielle, sans qu'on les y ait introduites en aucune façon. Nous nous arrêtons, espérant avoir non pas traité la ques- 44 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. tion comme elle mériterait de l'être, mais du moins indiqué la voie, et démontré que, si l'on peut parfois encore rencon- trer certaines difficultés dans la construction des aquariums, ce ne sont plus que des difficultés d'exécution, les inconnues théoriques étant aujourd'hui complètement dégagées. Nous voudrions pouvoir nous flatter que l'avenir nous amènera la réalisation de nos vœux, en multipliant de pré- cieux instruments d'études, qui deviendront les vulgarisateurs de la science des eaux ainsi que des sources de saines distrac- tions pour les masses, au même titre que les musées et les bibliothèques. Si les quelques pages qui précèdent, tout incomplètes qu'elles sont, pouvaient avoir une certaine influence sur la solution d'un problème économique, qui de nos jours mérite tant de sollicitude, nous nous estimerions trop récompensé de les avoir écrites. III. EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ. SÉANCE GÉNÉRALE DU 8 JANVIER 1886. Présidence de M. Amédée Berthoule, Archiviste. Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. iM. le Secrétaire procède au dépouillement de la correspondance. M. le Ministre de la marine et des colonies adresse un exemplaire du Catalogue des produits des colonies établi à l'occasion de l'Exposition de 1878, ainsi qu'un Catalogue spécial des produits naturels des éta- blissements français dans l'Inde. — Remerciements. — Des demandes de cheptels sont adressées par MM. de la Brosse, Chandèze, Le Guay, L. Mercier, Le Pelletier de Glatigny, l'abbé Daux, La Peyre, E. Delloye, F. Galland, Marcel Cote, L. Dupuy, comte de Mont- lezun, Dupouet, P. Martineau, Larrieu, capitaine Mengin, marquis de la Rochejaquelein, John 0'Neill,Brelte, Audap, de Confévron, de Bouteyre, Paul Gredy, A. Hiver, l'abbé Laborde, de Boussineau et Th. Beliemer. — M. A. Touchard, des Aulxjouannais (Indre), rend compte de la situation de son cheptel de Gervules, et demande des renseignements au sujet du renvoi de ces animaux. — M. Delaurier aîné annonce que les Colombes grivelées (Leucosar- cia picata) qu'il a en cheptel ont pondu dans la saison dernière. Les jeunes ont été élevés par des Colombes ordinaires et sont maintenant (décembre 1885) aussi beaux que les parents. Il est à croire que ces élèves reproduiront dès le printemps de 1886. — M. Max von dem Borne-Berneuchen annonce l'envoi qu'il est chargé de faire à la Société, de la part de la Société allemande de pisciculture, de 50000 œufs embryonnés de Coregonus marœna, du lac Soldin. — M. Raveret-Wattel signale, d'après un article publié par V Ottawa Citizen, le développement donné à la pisciculture dans les possessions anglaises du nord de l'Amérique. Le Canada, la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau - Brunswick comptent actuellement douze établissements de pisciculture, dans lesquels ont été mis en incubation, pour la présente campagne, 68 000000 d'oeufs de Saumon, de Truites et de Corégones de différentes espèces. — M. Berthéol prie la Société de vouloir bien mettre à sa disposition des alevins de Biack-Bass, et demande, en outre, à prendre part aux distributions d'oeufs ou d'alevins d'espèces exotiques qui pourraient être faites. Notre collègue ajoute qu'il dispose, dans la vallée d'Yères, d'un bras de fausse-rivière dans lequel il lui est facile de s'occuper de l'éle- vage du poisson. — M. Boby de la Chapelle, de Champloret, par Sainl-Servan (Ule-et- Vilaine), adresse une demande d'alevins de Saumon de Californie. — En remerciant de l'envoi qui lui est annoncé d'un lot d'œufs de 46 SOCIÉTÉ NATIONALE d'AGCLIMATATION. Truite des lacs, M. Després, de Nanleuil-en-Vallée, fait connaître qu'il compte adresser prochainement à la Société un rapport sur ses travaux de pisciculture en 1885, et notamment sur les résultats qu'il a obtenus dans l'élevage du Salmo fontinalis. — M. le Président de la Société Linnéenne de nord de la France, à Amiens, adresse une demande d'œufs de Salmonidés. — M. le marquis de Scey de Brun fait parvenir de nouveaux renseigne- ments sur le laboratoire de pisciculture qu'il a récemment installé à Scey-en-Varais, près Ornans (Doubs), et dans lequel il peut mettre en incubation 100 000 œufs de Truite. Notre collègue saisit cette occasion pour prier la Société de vouloir bien le comprendre dans les distribu- tions d'œufs de Salmonidés qu'il lui serait possible de faire. — M. Mailles adresse la note suivante : « J'ai lu dans le Bulletin de septembre dernier les lettres de MM. Laisnel de la Salle et Cornély. Je crois devoir y répondre. 3» Tout d'abord, je tiens à remercier M. Laisnel de la Salle de l'impor- tance qu'il attache à mes appréciations, relativement aux Bana mugiens. ï Je déclare avec franchise que la communication de M. Laisnel de la Salle m'a surpris. En effet, notre collègue ayant fait, au commencement de l'année, une très amusante histoire de Grenouilles-Bœufs, je pensais que, lorsqu'il traiterait à nouveau ce sujet, ce serait pour y apporter des éléments nouveaux. Il n'en est rien. La question de savoir si ces batra- ciens se sont reproduits ou non au Bois de Boulogne n'a pas fait un pas en avant. Bien au contraire, d'après des renseignements que je liens de M. Laisnel de la Salle, et qu'il a oublié, ce qui est très regrettable, de mentionner dans sa lettre, la susdite question a fait un pas en arrière. — Je m'explique. » J'ai eu l'honneur de visiter le charmant petit jardin que notre col- lègue possède à Neuilly, et oîi ont vécu les fameuses Grenouilles qui sont la cause, involontaire, j'en suis convaincu, des discussions et des chocs d'où jaillit l'obscurité. » Donc M. Laisnel de la Salle, après m'avoir raconté tout ce que nos collègues connaissent, m'avance certains faits qui, ainsi qu'il est dit plus haut, ne sont pas mentionnés dans sa lettre. Mes lecteurs pourront juger mieux, ensuite, cette phrase de M. Laisnel de la S.ille : « Ainsi le » fait est indéniable » (le fait de la reproduction de Rana mugiens au Bois de Boulogne). » 1° Cette année (1885), il n'a pas été possible de trouver un seul têtard de Bœuf, bien que notre collègue ait ofl'ert aux gardes et autres agents du Bois une prime de 5 francs par tète. » 2" M. de la Salle a écrit son spirituel travail sur les Grenouilles- Bœufs longtemps après qu'il ne les possédait plus, entièrement de mé- moire, n'ayant pris aucune note. » 3" 11 en résulte, entre autres inconvénients, que le passage où il est PROCÈS-VERBAUX. 47 dit que les jeunes Grenouilles mugissaient dès l'année qui a suivi celle de leur transformation a été reconnu inexact par son auteur, sur l'obser- vation que j'en fis. î Pourquoi ces trois révélations très importantes ne figurent-elles pas dans la lettre parue au i??t//ef m? Quant aux témoignages des gardes, etc., que M. de la Salle nous ofïre, je ne pense pas qu'ils puissent servir à grand'clîose. Celui de notre confrère est bien préférable, et pourtant il ne peut, à mon avis, suffire, même additionné de tous les cautionnements que pourraient fournir des personnes étrangères à l'erpétologie. Je n'ai jamais révoqué en doute la bonne foi et l'honorabilité de M. Laisnel de la Salie, pas plus que celle des personnes qu'il propose de faire témoi- gner. J'ai expliqué bien souvent ce qui a pu faire croire, peut-être à tort, à l'existence de Têtards-Bœufs dans les eaux du lac Saint-James; je n'ai pas à y revenir. » Je n'ai pas nié que les Rana mugiens aient reproduit au Bois de Boulogne, mais j'ai nié, et je nie encore, que ce fait ait été prouvé. Il le sera, pour l'avenir bien entendu, car pour le passé ce n'est plus pos- sible, les Têtards- Bœufs, ou ceux du Pelobates fuscus, ne se trouvent plus dans ce lac; il le sera, dis-je, quand quelqu'un nous montrera de ces larves vivantes, ici même, à la troisième Section, où ceux des membres compétents pourront les déterminer; quand, enfin, les récits concernant l'élevage, la transformation, etc., seront écrits d'après des notes prises au jour le jour, dans un style prouvant, par ses expressions, que leur auteur connaît assez les batraciens annoncés pour ne pas faire de confusion. » Pour ce qui concerne mes déclarations sur l'installation de ces ani- maux au Jardin d'Acclimatation en hiver et au printemps 1885, je les maintiens absolument. Ici encore la mémoire, non secondée par des notes, de iM. Laisnel de la Salle l'a mal servi. Actuellement les Rana mugiens courent librement dans le parc aux Pingouins, et non moins librement dans la campagne, quand elles le veulent. Évidemment, on en prendra encore souvent au Bois. Mais au commencement de l'année, l'enclos dont j'ai parlé existait encore et renfermait des Grenouilles- Bœufs. Il a été défoncé, comme je l'ai dit, puis retiré plus tard. Tous ces faits, d'autres que moi, d'ailleurs, les ont constatés, et ici point n'est besoin de connaissances spéciales pour témoigner utilement. » M. Cornély, qui possède de grosses Grenouilles dans son parc de Beaujardin, veut bien, lui aussi, me faire l'honneur de prendre en con- sidération les observations que j'ai présentées à l'occasion des repro- ductions de Rana mugiens signalées de divers côtés. > Je ne puis répondre que ceci à M. Gornély : Quelles sont les Gre- nouilles qu'il élève ? Il en a, dit-il, trois espèces. Y a-t-il parmi des Rana mugiens ? > Notre confrère parle d'énormes têtards qu'il a vus dans sa propriété. Sont-ce ceux du Pelobates cultripes , ou bien pense-t-il qu'ils pro- 48 SOCIÉTÉ NATIONALE D* ACCLIMATATION. viennent de ses Grenouilles, dont il ne sait pas le nom. Car s'il y en a trois espèces, à la rigueur l'une d'elles pourrait être le Rana mugiens, il est vrai. Mais rien n'indique que les têtards énormes en proviennent. Si M. Cornéty veut, ou peut me fournir les renseignements ci-dessus, j'en serai charmé. S'il peut aussi fournir de ses têtards vivants, ce sera en- core mieux. » A mon avis, le Rana mugiens pourrait parfaitement vivre et repro- duire en France. Au Bois de Boulogne les conditions sont défavorables, comme situation et provenance des sujets qui, échappés du Jardin zoo- logique, où ils ont langui et souffert plus ou moins longtemps, doivent être peu ou pas aptes à la multiplication. Au parc de Beaujardin , au contraire, les conditions sont excellentes. Il me paraît facile d'y avoir de bons résultats; peut-être même ont-ils déjà été obtenus. Je clos ici cette trop longue communication en souhaitant vivement que M. Cornély, ama- teur distingué, veuille bien nous fournir à ce sujet les éclaircissements nécessaires. » En attendant, je déclare que, à moins de faits nouveaux et intéres- sants, de preuves irréfutables comme celles fournies par l'envoi de Têtards-Bœufs vivants, je ne m'occuperai plus de cette question de la reproduction des Rana mugiens en France. » — Le Conseil ayant, pour satisfaire au désir exprimé par la troisième Section, adressé aux préfets une circulaire leur demandant des rensei- gnements sur la situation de la pisciculture dans leurs départements, MM. les préfets de l'Aube, de l'Ariège, de la Charente, de la Creuse, du Finistère, de Meurthe-et-Moselle, du Morbihan, du Nord, de la Haute- Savoie, du Var et de Vaucluse font parvenir des réponses aux questions qui leur ont été posées. — M. Mailles demande que son travail concernant la culture dans la Mousse soit soumis à l'examen de la Commission des récompenses. — MM. Adrien Bourgarel et Mathieu Boisson adressent une note sur les plantations d'Eucalyptus, faites à la villa Sainte-Marguerite, et sur l'utilisation industrielle de ces plantations : » C'est en 1865, au mois de février, que M. Bourgarel planta pour la première fois cinq Eucalyptus globulus originaires du jardin du Hanima, à Alger. 11 n'existait jusqu'alors, dans la région de Toulon, aucune plan- tation d'Eucalyptus. » Dès la première année, la végétation des arbustes fut si luxuriante que M. Bourgarel n'hésita pas à continuer les plantations. » A l'aide de graines variées rapportées d'Australie par l'amiral Chai- gneau, les premiers semis comprirent une assez grande variété. Entre autres, nous citerons au premier rang le Globulus, puis VAmygdalina, le Colossea, le Goniocalyx, le Leucoxylon, le Piperita, le Robusta, le Rostrata, le Viminalis. » Moyennant quelques soins, lors du premier empotage,qui se fait dans PROCÈS-VERBAUX. 49- de petits godets, les semis réussirent constamment bien, et bientôt l'étendue de la plantation atteignit la superficie de 3 hectares, étendue qu'elle occupe aujourd'hui et qui est en voie d'accroissement. » La hauteur des Eucalyptus est en moyenne de 20 à 25 mètres; un certain nombre atteignent 30 mètres, et quelques-uns même semblent dépasser cette hauteur. Les plus gros mesurent 2 mètres de circonfé- rence à la base, et tous présentent l'aspect d'une végétation si luxuriante que le poids moyen des branches chargées de feuillage est de 50 kilo- grammes, tandis que leur longueur dépasse 5 mètres. » Les arbres de notre plantation de Sainte-Marguerite ont déjà donné lieu à plusieurs tailles très sérieuses, ne laissant qu'un tronc de quel- ques mètres de hauteur et complètement dépouillé de branches. Malgré la sévérité de ces tailles, les Eucalyptus qui y ont été soumis dévelop- paient déjà l'année d'après des branches de 3 mètres de long chargées de feuillage. ï Si nous ajoutons que la plantation est située dans des terrains schis- teux, sur le bord de la mer, et qu'elle n'est arrosée que par les pluies naturellement très rares en Provence, sans que les arbres aient d'ail- leurs jamais souffert de la sécheresse, nous aurons donné, croyons-nous, tous les détails intéressants sur la plantation elle-même. » — M. Hédiard présente des bulbilles de Dioscorea bulbifera remar- quables par leur grosseur. Six de ces bulbilles forment un poids de 1^3,500, et le plus gros d'entre eux pèse, à lui seul, 350 grammes. Fari- neux et d'un goût agréable, ces bulbilles se font cuire et se préparent comme les rhizomes d'Ignames. La plante paraîtrait pouvoir être culti- vée avantageusement dans notre Midi, car elle donne des produits même sous le climat de Paris, ainsi que l'ont montré les essais faits l'année dernière à Grignon par M. Uybowski. — M. le Secrétaire général demande si les racines ont autant de pro- fondeur que celles du Dioscorea batatas- — M. Hédiard répond que, sous ce rapport, les deux plantes sont sem- blables. Notre collègue met également sous les yeux de l'assemblée des fruits de Luffa cylindrica et de L. acutangula, cucurbitacées dont l'une, la dernière, connue dans l'Inde, à Maurice, à la Réunion, etc., sous le nom de Pipengaille, est très estimée des créoles, qui la pré- fèrent à l'Aubergine. Quant à l'autre espèce, le fruit en est revêtu d'une écorce toute particulière, dont le tissu léger et souple la rend propre à divers usages domestiques. — En remerciant M. Hédiard de cette présentation de produits exo- tiques, M. le Président signale l'intérêt qui s'attache à de semblables communications, particulièrement propres à faire connaître nos colonies et les ressources qu'elles présentent. — M. Pichot présente à l'assemblée une nappe de peaux de Maras 4" SÉRIE, T. III. — Janvier 1886. 4 50 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. qu'il a reçue du Gliili. Le poil, comparable à celui du Chevreuil, paraît être un peu cassant. Si le Mara peut arriver à se reproduire abondam- ment chez nous, c'est probablement surtout comme animal alimentaire qu'il présentera un véritable intérêt. — M. Jules Grisard dépose sur le bureau, de la part du R. P. Cam- l)Oué, missionnaire apostolique à Madagascar, plusieurs échantillons de Saturnia suraka et de Borocera Madagascar iemis. Le zélé corres- pondant de la Société a constaté qu'un de ces deux Lépidoptères séri- cigènes, le Borocera, peut vivre sur VEucalyptus. C'est un renseigne- ment utile à enregistrer, car il permet d'es|)érer qu'on pourra élever cette espèce dans le midi de la France. Le R. P. Camboué annonce l'en- voi prochain de spécimens de VUrania ripheus, qui est certainement le plus beau Lépidoptère connu. Un échantillon de cette magnifique espèce, obligeamment communiqué par M. Fallou, est mis sous les yeux de l'assemblée. Revenant ensuite sur la comiimnication faite par M. Hédiard, M. l'Agent général signale la possibilité de cultiver sous le climat de Paris le Luffa acutangula, plante dont il présente un fruii récolté à Crosne (Seine-et-Oise) par notre collègue M. Paillieux. Le fruit de cette espèce est, comme celui du Luffa cylindrica, connu sous le nom de « Courge à torchon ». — iM. Raveret-Wattel rend compte du concours d'ostréiculture qui a eu lieu récemment au Palais de l'Industrie, pendant 1' « Exposition du Travail», et pour lequel il avait été nommé membre du jury. Il pré- sente, à cette occasion, un aperçu de la situation actuelle de l'ostréicul- ture en France, et signale diverses mesures à prendre dans l'intérêt du développement de cette industrie, entre autres un abaissement dos droits d'octroi et des tarifs de transport. — M. Hédiard estime que, non seulement pour les Huîtres, mais en- core pour une foule de produits, il serait très utile d'obtenir des prix moins élevés que le tarif actuel pour des envois peu importants. On n'obtient actuellement de réduction dans les frais de transport qu'à la condition de faire des envois considérables, ce qui est préjudiciable au petit producteur aussi bien qu'au consommateur. — M. Camille Dareste rend compte d'expériences très intéressantes qu'il a récemment faites concernant l'action nuisible des bruits continus sur l'incubation des œufs de Poule. Les vibrations produites par un appareil régulateur de la température, dans les couveuses artificielles, ont suffi pour faire périr, vers le septième ou le huitième jour, les embryons de presque tous les œufs (7 sur 8) mis en observation dans un incubateur (voy. au Bulletin). — M. le Secrétaire général annonce à l'assemblée que le siège de la Société sera très prochainement transféré au n" 41 de la rue de Lille, oii se prépare une installation à la fois plus spacieuse et plus commode que PROCÈS-VERBAUX. 51 le local actuel. Le nouvel immeuble qu'a fait construire la Société com- prend, outre les bureaux et la salle des séances, des salles spécialement affectées aux réunions du Conseil, à celles des différentes Sections et enlin une bibliothèi|ue formant salle de lecture. — A l'occasion d'une lettre mentionnée dans la correspondance et re- lative à des Eucalyptus qui, recépés, paraissent n'avoir nullement souf- fert de l'opération et donnent des pousses extrêmement vigoureuses, M. le Secrétaire général signale que cette expérience a été déjà très souvent faite au Jardin d'Acclimatation d'Hyères. Des Eucalyptus de sept à huit ans et de 30 à 40 centimètres de diamètre, coupés au niveau du sol, repoussent avec une vigueur telle qu'il est impossible, au bout de quelques années, de distinguer les arbres ayant subi l'opération de ceux qu'on a laissés croître. Aussi n'hésite-t-on pas aujourd'hui à em- ployer ce moyen pour rectifier la croissance de certains sujets laissant à désirer sous le rapport de la forme. — Enfin M. Geoffroy Saint-Hilaire communique d'intéressantes obser- vations faites au Jardin d'Acclimatation du Bois de Boulogne sur la rus- ticité du Mara, (|ui a supporté des froids de 21 degrés pendant l'hiver 1879-1880, et qui, sans abri, tapi dans la neige, a parfaitement résisté à cette épreuve. M. le Secrétaire général ajoute que de nouvelles impor- tations permettront sans doute prochainement d'obtenir chez nous la mul- tiplication rapide du Mara, qui, s'il n'est pas destiné à devenir un ani- mal de chasse, sera tout au moins un animal de grand parc, et qui, chassé par des Briquets ou des Bassets, donnera un tiré des plus inté- ressants. — En levant la séance, qui doit être la dernière dans le local actuel, M. le Président exprime le vœu que la prospérité conquise par la Société dans son ancienne résidence se continue dans la nouvelle, et qu'elle se continue aussi brillante que nos aspirations nous la font désirer. SEANCE GÉNÉBALE DU 22 JANVIER 1886. Présidence de M. le manjuis de Sinéty, Vice-Président. Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. — M. le Président proclame les noms des membres nouvellement admis par le Conseil, savoir : » M. PRÉSENTATEURS. Bergman (Ernest), secrétaire de la Société E. Glatigny. nationale d'horticulture de France, château ' Jules Grisard. do Ferrières (Seine-et-Marne). ' Ch. Joly. 52 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. MM. PRÉSENTATEURS. „„ , ( A. Berlhoule. DoRMEUiL (Auguste), négociant, 38, rue de \ ^ paiHieux Lisbonne, à Paris. [ Have'ret-Wa'ltel. ., , V . 1 /^ >-. . of- ( •'• Fromage. Flers (H. de), avocat a la Cour d Appel, do, \ . „ «• c • . u-i • ^ , '. , -^ . f r ' ' ) A.GeoffroYSaint-Hilaire. rue de nertiii, a Pans. I i r ■ i ( J. Grisard. , , „ . , T^ f A. Berthoule. Leroy (Arnould), Sous-inspecleur des Do- \ ., ,^. , . . ^ ,,, . . ., I Maurice Girard, uiaines, a Oran (Algérie). / , , p . , ' ^ ° V Jules Grisard. Mézières (Gustave), ancien secrétaire au [ Jules Grisard. Conseil d'État, avocat, 57, boulevard Mont- | Paillieux. parnasse, à Paris. ( Raveret-Wattel. ' (^li OfisljrossG OCDINÉ (Ernest), propriétaire, 59, rue d'Ams- \ ,^ g^^^^^^, Sa.nt-Hilaire. terdam, à Pans. ( Saiut-Yves Ménard. — M. le Ministre de l'instruction publique, des beaux-arts et des cultes adresse une note du Comité des travaux historiques et scienti- fiques, indiquant divers sujets d'études pour le Congrès des sociétés savantes en 1886. — M. P. Vidal, de Chalabre (Aude), adresse deux exemplaires d'un almanach qu'il publie sous le titre de : Petit annuaire des découvertes ou inventions et antres connaissances utiles. — M. Maurice Le Pelletier rend compte de la perte d'une des femelles de son cheptel de Cerf Cochon. — M. E. Viéville annonce que la femelle de Bernache de Sandwich, qu'il avait en cheptel, vient de mourir. — M. Paul Martineau fait également connaître qu'il vient de perdre la femelle de son couple de Colombes Lumachelles. — M. Albouy, conducleur des ponts et chaussées à Ouillan, annonce qu'il vient de recevoir les cinq mille œufs de Saumon que la Société lui a fait expédier pour servir à des essais d'empoissonnement de l'Aude. Ces œufs sont arrivés en bon état. — M. Berthoule accuse réception et remercie de l'envoi d'œufs de Coregonus marœna qui lui a été fait. — M. Wagner, régisseur de l'établissement de pisciculture de Bouzey (Vosges), écrit à M. l'Agent général : « J'ai l'honneur de vous accuser réception des 12 500 œufs de Coregonus marœna, qui sont arrivés en très bel état, le 10 janvier, et qui ont été mis en incubation dès leur arrivée. Je vous remercie de cet envoi, dont on aura le plus grand soin, et vous serais bien reconnaissant si vous pouviez m'envoyer des œufs de Saumon de Californie. » Nos reproducteurs de Salmo fontinalis, provenant des œufs que PROCÈS-VERBAUX. 53 vous nous avez envoyés, prospèrent bien et nous ont produit cette année-ci 3000 œufs, » On commence à voir et à pêcher des Coregonus marœna de 25 à 30 centimètres de longueur dans les réservoirs de Bouzey et du canal de Wassy à Saint-Dizier, provenant de nos alevins. En outre, M. le maire de Gérardmer m'a signalé la présence de Feras et de C. marœna, pro- venant de nos alevins, dans le lac de Gérardmer. » — M. Raveret-Wallel signale un article de \sl Bayerische Fischerei- Zeitung, faisant connaître que le Reichstag vient de voter un crédit de 100 000 marks pour encouragements aux pêcheries maritimes alle- mandes. La même assemblée a renvoyé à l'examen de la Commission du budget une demande tendant à faire porter à 30 000 marks (au lieu de 20 000) la subvention allouée à la Société de pisciculture. — M. de Confévron, de Flagey (Marne), fait connaître qu'en raison de l'époque de l'année, il lui est impossible d'envoyer à la Société des Écre- visses alteintes de la maladie. « Pour le moment, écrit notre collègue, je ne puis qu'ajouter les remarques suivantes à mes explications antérieures : au début de la maladie, beaucoup de sujets ont la carapace très dure et couverte d'un angobe calcaire, rugueux, gris et (lui pourrait être la gangue dans laquelle s'enferme un parasite. Mais ce symptôme n'est pas général ; le plus grand nombre des malades deviennent de suite flas- ques, leur carapace pâlit successivement jusqu'au blanchâtre, et, peu avant la mort, devient couleur peau d'oignon. » — MM. les préfets de l'Ain, de r.\rdèche et de la Haute-Loire adres- sent, en ce qui concerne leurs départements, les renseignements dont l'envoi leur a été demandé relativement à la pisciculture et au repeu- plement des cours d'eau. — iM. Alfred Wailly, de Norbiton (Angleterre), adresse un 'travail sur les Lépidoptères séricigènes sauvages. — M. Raveret-Wattel dépose sur le bureau, de la part de M. Dan- nevig, directeur du laboratoire de pisciculture marine de Flôdevig, près Arendal (Norvège), plusieurs brochures relatives aux travaux entrepris dans cet établissement. — M. Maurice Girard présente un travail dans lequel M. Jules Fallou rend compte de diverses éducations de Bombyciens séricigènes faites à Champrosay (Seine-et-Oise), en 1885 (voy. au Bulletin). — M. le Président fait ressortir l'intérêt que présente ce travail, et exprime l'espoir que M. Fallou voudra bien continuer à nous tenir au courant du résultat de ses efforts. — M. le Secrétaire général donne lecture d'une noie de M""* Lagrénée sur l'utilisation industrielle du poil de Lapin angora; il communique à cette occasion plusieurs lettres adressées sur la même question par M. Jacquier, de Buisson-Saint-Innocent, près Aix-les-Bains, et par M. Pa- tard-Chalelain, de la Ferté-Macé (voy. au Bulletin). 54- SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. M. Geoffroy Saint-Hilaire dépose ensuite sur le bureau un travail de M. Noordliœck-Hegt, propriétaire de l'établissement de pisciculture d'Apeldorn, près Amsterdam. Ce travail renferme d'intéressants rensei- gnements sur les résultats remarquables obtenus en Hollande, au moyen tant d'une surveillance active de la pèche que d'opérations d'empois- sonnement bien conduites (voy. au Bulletin). En même temps qu'il adresse ce travail, M. Noordœck-Hegt veut bien mettre à notre disposi- tion 10 000 œufs de Salmo fontmolis, heureux, ajoute-t-il, de témoi- gner ainsi sa reconnaissance à la Société pour la part importante qu'elle a prise à l'introduction en Europe de cette précieuse espèce améri- caine. M. le Secrétaire général constate avec satisfaction cet hommage rendu, en pays étranger, aux efforts poursuivis par la Société. « Si la France, dit-il, est un des pays où l'on se livre le moins à la pisciculture vraiment fructueuse, quelques personnes, comme M. Noordœck-Hegt, se souviennent que c'est en France que cette science est née, que c'est dans le laboratoire du Collège de France qu'elle a pris naissance, et que c'est en grande partie par la Société d'Acclimatation qu'elle a été vul- garisée. » Enfin, M. le Secrétaire général rend compte du désir exprimé par Son Excellence le gouverneur général du Turkestan, d'introduire dans ce pays les Vers à soie de l'Ailanle et du Ricin, et de l'envoi qui lui a été fait, par suite d'une erreur, de cocons d'Attacus cynthia et Pernyi. Le Chêne n'existant pas dans le Turkestan, l'élève de VAttacus Pernyi y présente une difficulté spéciale. Ou espère toutefois mener à bien une éducation, grâce à déjeunes plants de Chênes cultivés à cette intention. Il convient de rappeler, d'ailleurs, qu'à différentes reprises des résultats satisfaisants ont été obtenus en donnant aux jeunes Vers des feuilles de Charme ou d'Aubépine, et ce fait a été porté à la connaissance de M. le gouverneur du Turkestan. — M. Pichot donne lecture d'une iiote de M. le comte de Montlezun sur la Bernache de Magellan (voy. au Bulletin). — A l'occasion de celte communication, iM. le Secrétaire général donne des détails intéressants sur l'espèce d'apprivoisement dont parais- sent susceptibles certains oiseaux, d'un naturel habituellement très sauvage au moment de la nidification. M. Geoffroy Saint-Hilaire rend compte ensuite de la naissance récem- ment obtenue, au Jardin d'Acclimatation, d'un Tapir d'Amérique, et si- gnale l'intérêt que présente ce fait au point de vue climatologique. Le Secrétaire des séances, C. Raveret-Wattel. IV. EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DES SECTIONS PREMIÈRE SECTION. SÉANCE DU 10 NOVEMBKE 1885. Présidence de M. Deckoix, Président. M. Daulreville, secrétaire, s'excuse de ne pouvoir assister à la réu- nion. M. Mailles donne lecture du procès- verbal de la dernière séance, en l'absence de M. le secrétaire, empècbé. — Adopté. M. Joly demande la parole à l'occasion du procès-verbal. Notre col- lègue regrette vivement de n'avoir pas été compris dans la distinction qu'il a cherché à établir entre les Léporidcs hybrides et non hybrides. M. Joly exprime l'opinion qu'il iloil èlre fort difficile, sinon impossible, d'obtenir des produits issus des espèces Lièvre et Lapin, vu l'éloigne- ment spécifique de ces animaux, leur reproduction si différente, tant en ce qui concerne la durée de la gestation que le développement des jeunes lors de la mise bas. En terminant, M. Joly déclare que, dans un concours, un Léporide-Lapin, tout ce qu'il y a de plus lapin, élevé chez, lui et exposé par un de ses amis, a été primé (l^"" prix). M. Mailles partage les doutes de M. Joly relativement à la possibilité d'obtenir des Léporides hybrides. Mais, ajoute M. Mailles, ce point, im- portant au point de vue zoologique, n'offre qu'un intérêt médiocre pour les éleveurs, si, comme il iiaraît probable, ces hybrides, s'ils existent, sont stériles, au moins d'une façon relative; et, dans les cas de repro- duction, il y aurait divergence et retour vers l'une ou l'autre espèce procréatrice. Puisque plusieurs personnes prétendent posséder des Léporides, il serait, pense M. Mailles, facile d'éclaiicir la question, en demandant certains renseignements importants, tels que: 1" Durée de la gestation des femelles Léporides; 2" État de développement des jeunes lors de la naissance ; 3" Mœurs des mères, relativement à la construction des nids où elles doivent mettre bas. 4" Mœurs générales des Léporides, notamment en ce qui concerne le fouissage. Les Hases portent de quarante à quarante-cinq jours et mettent bas des jeunes couverts de poils, se tenant debout et les yeux ouverts. Les Lapines portent une trentaine de jours et mettent au monde des petits tout nus, incapables de se tenir et les yeux fermés. En consé- quence, si les Léporides sont les produits obtenus de l'accouplement des espèces Lièvre et Lapin, il est impossible que la reproduction de ces 56 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. Léporides soit la même que celle des l^apins ou des Lièvres. Elle doit être à peu près intermédiaire. En tous cas, c'est de ce côté que nous devons rechercher les preuves. M, Uecroix est d'avis qu'en zoologie aucune affirmation ne vaut une preuve. MM. Joly et Mailles appuient vivement l'opinion de M. le Président, opinion déjà exprimée par M. Mégnin. M. Mailles parle do la différence de saveur et de fumet soi-disant observée entre la chair des Léporides et celle des Lapins. Mais cette différence n'a jamais été dé- crite qu'en termes trop vagues pour être compréhensibles. D'ailleurs, que peuvent prouver, pour ou contre les faits en discussion, la couleur plus ou moins foncée, le goût plus ou moins prononcé de la chair des Léporides? L'influence de la race, du milieu, de la nourriture, etc., suffit pour changer considérablement la qualité de la viande. M. Joly demande à prendre connaissance du rapport fait sur le mé- moire de M. Gayot, mémoire ayant trait aux Léporides, et récompensé par notre Société. M. le Secrétaire donne lecture de ce rapport. De l'avis unanime de l'assemblée, les preuves y font défaut, mais non les affirmations; plu- sieurs de ces dernières sont très embiouillées. Enfin, il est question dans ce rapport d'un certain Bibi, dont l'identité reste obscure; on ne peut dire s'il est IJèvre ou Lapin. Pourtant il produit, avec des Lapines, des Léporides. Pourquoi baptiser ces produits, alors qu'on n'a pu détermi- ner la valeur spécifique du père? M. Rathelot déclare que, en présence de ces affirmations, notamment de celles émanant d'hommes tels que M. le D"^ Broca, la question lui pa- raît décidée en faveur de l'affirmative. MM. Decroix, Joly et Mailles ne peuvent partager cette manière de voir. Le savant le plus consciencieux peut faire des erreurs d'observa- tion ou être trompé par ses collaborateurs. M. Jules Grisard demande que, vu l'importance du débat qui tend à mettre en doute un fait généralement admis, la question soit traitée en séance générale. M. Joly est désigné par la Section pour la rédaction d'un rapport sur ce sujet, pour être lu en séance générale ; notre collègue est en outre chargé de demander des renseignements à M. le Directeur du Jardin d'Acclimatation pour ce qui concerne les Léporides de cet établisse- ment. Le Vice-Secrétaire, Ch. Mailles. PROCÈS-VERBAUX. 57 CINQUIÈME SECTION. SÉANCE DU 24 NOVEMBRE 1885. Présidence de M. de Vilmorin, Président. M. Paillieux donne lecture d'une note sur quelques plantes potagères nouvelles cultivées par lui pendant la dernière saison. (Voy. au Bulletin.) M. Mailles fait connaître qu'il a cultivé cette année la Brède qui, bota- niquement, ne lui semble pas différer de la Morelle noire. Cependant l'ensemble de la plante a un aspect tout à fait particulier qui la fait distinguer de cette dernière, au premier coup d'oeil Notre confrère a reconnu que contrairement à l'opinion souvent émise dans divers ou- vrages, les fruits ne sont pas vénéneux. Quant aux feuilles, elles ont un goût amer peu agréable. M. Fallou fait connaître qu'il n'a obtenu aucun bon résultat de la culture du Haricot radié, le temps froid n'ayant pas permis le dévelop- pement complet du fruit. M. le Secrétaire présente diverses graines envoyées à la Société et mises à la disposition des membres de la Section. M. Grisard soumet ensuite les 6 premières séries de Vlconographie de la Flore française, par H. Bâillon. Chaque série se compose de 10 planches en couleurs et l'ouvrage complet comprendra environ 40 ou 50 séries. L'image de la plante est aussi fidèle que possible, et le moins exercé la reconnaît immédiatement. D'ailleurs, toutes les fois qu'il a paru nécessaire, quelques figures analytiques permettent de distinguer l'une de l'autre, deux espèces dont le port, les dimensions, la coloration sont à peu près semblables, et que, par conséquent, on serait à première vue exposé à confondre l'une avec l'autre. L'ouvrnge de M. le professeur Bâillon est destiné aux étu- diants, aux enfants des écoles, aux débutants et aux personnes qui ne peuvent suivre les herborisations publiques, à remplacer les avis d'un maître ou d'un compagnon instruit. Il permettra bien souvent de recon- naître une plante du premier coup d'œil, sans effort, sans crainte de s'égarer dans les descriptions des meilleurs livres et surtout dans l'em- ploi des clefs dichotomiques au milieu desquelles on se perd souvent à moitié chemin, quelquefois même dès les premiers pas. Le texte qui est imprimé au dos de chaque figure comprend : le nom scientifique de l'espèce et de sa synonymie ; le nom de la famille et de la tribu auxquelles elle appartient; les principaux noms vulgaires qu'elle porte dans nos diverses provinces. Suit une description renfermant les caractères essentiels, ceux surtout qui permettent de distinguer la plante 58 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. d'une espèce voisine avec laquelle on serait exposé à la confondre. Plus bas se trouve le tableau abrégé de la distribution de la plante, avec des indications spéciales des localités quand elle fait partie de la flore pari- sienne. Enfin M. le Secrétaire appelle l'attention de la Section sur un très inté- ressant article de M. Jules Poisson, inséré dans le journal la Nature, sur l'utilisation de divers fruits secs ou graines de végétaux dans la con- fection de passementeries d'un fort bel effet. Le Secrétaire, Jules Grisard. PREMIÈRE SECTION. SÉANCE DU 8 DÉCEMBRE 1885. Présidence de M. Decroix, Président. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté, après recti- fication demandée par M. Joly. L'ordre du jour appelle les élections pour la nomination du Rureau et d'un délégué à la Commission des récompenses. Sont élus : Président : M. Decroix ; Vice-Président : M. Mégnin ; Secrétaire: M. Mailles; Vice-Secrétaire : M. Trémeau ; Délégué aux récompenses : M. Mailles. M. le Président remercie la Section d'avoir bien voulu continuera lui accorder sa confiance ; il exprime son intention de faire son possible, secondé par toute la Section, pour que la session qui commence soit utilement conduite. M. le Président fait une communication sur la reproduction de l'es- pèce chevaline et sur les services que rendent et pourraient rendre les chevaux dans l'armée et dans les services civils (voy. au Bulletin). A l'occasion de cette communication, M. H. de Pallissaux de Tal- lobre dit qu'en général les poulains sont mal nourris et mal soignés par les éleveurs, qui ne veulent même pas leur donner une mesure d'avoine par semaine. Ce système de négliger les jeunes animaux de difl'érentes espèces est répandu dans toutes nos campagnes. Les paysans croient qu'il suffit de bien nourrir ou d'engraisser leurs bêtes quand le moment de les vendre approche. C'est là une grave erreur et qui fait obstacle à l'amélioration de tous nos bestiaux. PROCÈS-VERBAUX. 59 M. Decroix demande à notre collègue s'il peut dire à combien par jour revient l'entretien d'un cheval dans le Bourbonnais. iM. de Taliobre répond que, dans celle contrée, on élève pêle-mêle chevaux, bœufs et vaches, sans soins spéciaux pour les premiers, ce qui rend impossible une évaluation de ce genre. Le même orateur parle des mauvais résultats obtenus par le croise- ment des races de chevaux de Tarbes et anglais. Les produits ainsi ob- tenus sont mal proportionnés, peu solides, inférieurs, en un mot, aux parents. Comparés aux chevaux Barbes, dits arabes, ces métis sont moins rapides que les premiers. Cette manie de croiser nos animaux domes- tiques avec les races étrangères, principalement avec des sujets anglais, est encore un fait regrettable qui s'étend aux animaux de basse-cour. Pour ce qui concerne les chevaux de Tarbes, il n'en existe presque plus de pure race. Enfin, notre collègue parle d'un stratagème employé par certains marchands de chevaux, consistant à faire sauter la dent de lait des bêtes de trois ans afin de les faire passer comme en ayant quatre. M. Grisard remet à la Section une dépêche dans laquelle M. Geoffroy Saint-Hilaire s'excuse de ne pouvoir assister à la séance. La parole est donnée à M. Joly pour qu'il continue sa communication relative aux Léporides. M. Joly déclare que, conformément aux instructions qu'il avait reçues de la première Section, il adressa une lettre à M. le directeur du Jardin d'Acclimatation, lui demandant divers renseignements sur les Léporides de cet établissement. M. Geoflroy Saint-Hilaire répondit qu'à la séance du 8 décembre il espérait pouvoir donner verbalement les susdits renseignements. M. Joly, tout en regrettant que M. Geoffroy Saint-Hilaire ne puisse assister à la réunion d'aujourd'hui, espère que notre collègue voudra bien accéder aux désirs de la Section dans un bref délai. D'ailleurs, M. Joly estime que cette manière de se renseigner ne sau- rait fournir des documents plus certains que ceux qu'il a pu obtenir par des voies analogues. Aussi propose-t-il à l'assemblée d'adopter un moyen beaucoup plus simple et surtout plus elficace. Qu'un couple de Léporides soit conlié à un membre, et qu'une Commission soit nommée à l'elTet de surveiller ces animaux et de communiquer à la Section le résultat de ses observations; lesdites observations faites sur place par ceux de nos collègues nommés par notre Section auraient plus de va- leur, dit M. Joly, que tous les renseignements que nous pourrions obte- nir par d'autres voies. M. Huel pense qu'il serait préférable de donner, en cheptel, à un membre de la première Section un Lièvre et une Lapine, et de créer ou recréer le Léporide. M. Mailles exprime l'opinion que la proposition de M. Joly lui paraît 60 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. être la préférable des deux, parce que, de l'aveu même des personnes qui prétendent avoir obtenu des produits issus de l'union du Lièvre et de la Lapine, il faut, pour y réussir, opérer sur un grand nombre de couples et attendre souvent fort longtemps. De plus, parce qu'il s'agit de savoir seulement si, oui ou non, la race dite Léporide existe, en tant que race fixe, se reproduisant indéfiniment avec ses caractères d'hy- bride. M, le Président met les deux propositions aux voix; la Section dé- cide qu'il y a lieu de nommer une Commission de trois membres, qui jugera à laquelle des deux propositions elle devra se rallier. En consé- quence, MM. Iluet, Lataste et Joly sont nommés membres de la Commis- • sion. M. .loly avait été également chargé, par la Section, de faire des re- cherches dans le livre de M. Gayol : Le Léporide et le Lapin de Saint- Pierre, par E. Gayot, membre de la Société nationale d'agriculture de France. Notre collègue fait savoir qu'il n'a trouvé, dans cet ouvrage, que des affirmations concernant l'existence du Léporide. Par contre, les preuves font défaut. Les ouvrages de MM. Heech et des D^s Broca et Pigeaux ne fournissent aucune preuve valable de l'existence de la race léporide féconde et bien fixée. En conséquence, iM. Joly ne pourra terminer son rapport sur cette question que lorsque la Commission qui vient d'être nommée se sera prononcée. Pour terminer, notre collègue fait observer que les animaux qu'on nomme aujourd'hui Léporides Gayot, sont aussi désignés sous celui de Lepus Darwini. M. H. de Pallissaux de Tallobre dit qu'un de ses amis a obtenu un grand nombre de Léporides, et que ces animaux se reproduisent bien. M. de Tallobre déclare pourtant qu'ayant possédé de ces Léporides, il n'en a pu obtenir aucun produit. Sur la demande de la Section, l'auteur de celte communication veut bien demander des renseignements plus probants à son correspondant ; M. de Tallobre les fera connaître à la prochaine séance. Le Secrétaire, Ch. Mailles. PROCÈS-VERBAUX. 61 DEUXIÈME SECTION. SÉANCE DU 8 DÉCEMRRE 1885. Présidence do M. Paillieux. Composition du bureau pour rannée 1886 : Président : M. Huet; Vice-Président : M. Dautreviile ; Secrétaire : M. E. Joly ; Vice-Secrétaire : M. le comte d'Esterno ; Délégué de la Section à la Commission des récompenses: M. Ra- thelot. Lecture est faite d'une lettre de M. G. Rogeron, relative à des détails d'imprimerie. M. O'Neil demande des renseignements sur les origines du mot et des Poules de Padoue. Littré attribue une origine polonaise à ces Poules. M. le comte de Okecki, consulté à ce sujet, affirme que ces Poules ne sont pas originaires de son pays; le climat ne lui paraît même pas favo- rable pour l'élevage de cette espèce. De nos jours, bien des objets français portent des noms anglais sans pour cela nous venir d'outre-M anche. M. Tliumara cite les noms des Pigeons Romains et Polonais, qui n'in- diquent pas non plus les pays d'origine pour ces espèces. M. Rathelot propose qu'à l'avenir les candidats aux récompenses soient proposés par la section à la Commission après examen des tra- vaux. MM. Paillieux et Grisard prennent part à cette discussion. Le Secrétaire, E. Joly. V. FAITS DIVERS ET EXTRAITS DE CORRESPONDANCE. JMotes suv Madagascar. Extraits de diverses lettres adressées à M. le Président de la Société par le R. P. Paul Camboué, missionnaire apostolique. « Tamatave, 21 septembre 1885. D Je suis heureux de vous annoncer en même temps l'envoi par celle malle d'un petit paquet renfermant des graines de Riz sec mal- gache et autres différentes graines, provenant des parages de Vohémar et de l'île sakalave de Mamoko. > Parmi les graines venant de Vohémar, la plus grosse, portant le n" 7, apparlicnt à un arbre nommé par les indigènes Satranij. Elle est dépouillée de sa coque, qui est très dure; cette graine est, me dit-on, comestible. Les feuilles du Satranij servent à faire des balais et ont quelque ressemblance avec celles du Ropa {Sagas Raphia). Mon cor- respondant de Vohémar m'a aussi envoyé des graines fort belles de ce dernier végétal; je n'ai pas cru utile de vous les envoyer. Si cependant vous en désirez, je les joindrai à un de mes envois subséquents. » Quant aux autres graines venant de Mamoko, aucun renseignement ne m'est encore parvenu. j A propos d'entomologie, on m'avait parlé d'une Mouche funeste à nos Chevaux de gendarmerie à Vobémar. Renseignements pris, j'ai vu qu'il ne s'agissait que de la Mouche ordinaire, très abondante seulement dans les parages de Vohémar, par suite des nombreux troupeaux de Bœufs. » Si nos Chevaux ont à souffrir et sont malades à Vohémar, ce qui n'a pas lieu à Tamalave, c'est à la prodigieuse quantité de ces Mouches, aux refroidissements et surtout à la mauvaise qualité des eaux qu'il faut attribuer le fait. Ceci vient confirmer, ce me semble, l'observation faite par M. le Vice- Président de la première Section, dans la séance du 21 avril dernier, au sujet de la mortalité des Chevaux au Tonkin. » Vous me demandez quelques indications sur nos végétaux : Voase- faJca, Voavontaka, Voanpena, que je m'empresse de vous transmettre. » Le Voasefaka est, si je ne me trompe, le Cnestis polyphtjlla. Sa graine est un poison utilisé par les Betsimisaraka pour faire mourir les animaux dont ils veulent se débarrasser. î Le Voavontaka (Biehmia spinosa Han.) semble affectionner les terrains sablonneux voisins de la mer. Ses gros fruits sphériques, ayant parfois jusqu'à 12 centimètres environ de diamètre, renferment une FAITS DIVERS ET EXTRAITS DE CORRESPONDANCE. 63 grande quantité de graines entourées d'une pulpe acidulée, qui fournit au voyageur un excellent rafraîchissement ménagé par la Providence sur nos côtes brûlantes. » Quant au Voanpena, j'en ignore complètement le nom scientifique, si toutefois il eu a un. C'est peut-être, un végétal appartenant à la fa- mille des Strychnées. .\rl)re semblant aussi affectionner les terrains sablonneux voisins delà mer; il donne un fruit sphérique, mais moins régulier et plus petit que celui du Voavontaka; les plus gros que j'ai observés n'avaient pas plus de 5 centimètres de diamètre Ces fruits ne renferment que peu de graines, parfois une seule, entourées d'une pulpe épaisse parfumée. Mûres à point, ces graines, mises dans la bouche, produisent sur le palais, pendant un quart d'heure environ, une impres- sion parfumée ou aromatisée correspondant un peu à l'effet d'un bonbon fondant. )> Le Voanpena est beaucoup plus rare que le Voavontaka dans nos parages. A la saison des fruits, j'essayerai néanmoins de m'en procurer quelques-uns encore verts pour les envoyer à la Société. Ils pourront peut-être ainsi arriver à Paris en état d'être goûtés et de donner d'eux- mêmes une idée plus exacte. » D'ailleurs, dès que je serai moins occupé aux insectes, je me pro- pose de faire des envois et communications relativement à nos végé- taux, qui, je l'espère, ne seront pas sans quelque intérêt. Notre flore malgache est si riche et si peu connue ! Je ne manquerai pas, autant que possible, d'indiquer le nom malgache des plantes envoyées. » « Tiimalave, 22 octobre 1885. » J'ai le plaisir de pouvoir vous envoyer aujourd'hui, encore à temps peut-être, un échantillon complet de l'Asclépiadée dont vous avez dû recevoir un follicule par un précédent envoi. » Voici quelques renseignements au sujet de ce végétal, que l'industrie pourrait, ce semble, utiliser. » Il est de provenance des parages de Vohémar et Amboanio, d'où il m'a été envoyé par deux de mes correspondants, les RR. PP. A. Gros et F. Cayssalié, missionnaires dans ces postes. Son nom indigène est Bo- kadahy, liane ou plante sarmenteuse. Sa graine passe pour un poison. » Je joins à cet envoi quelques cocons et insectes à l'étal parfait de notre Attacus ou Saiurnia Suraka Bdv., en attendant que je puisse vous expédier les sujets divers destinés à accompagner le mémoire que je prépare sur nos Séricigènes. )) p. 5. — En même temps que cette lettre, je vous envoie deux pe- tites et bien modestes cartes de la mission de Madagascar. Au poste d'Ambohipo, marqué au nord de Tananarive, nous possédons un beau jardin d'acclimatation créé par les missionnaires, où nous avons pu ac- climater plusieurs de nos végétaux d'Europe. » 64 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. « Taiiiatave, 21 novembre 1885. » J'ai déjà eu l'honneur de vous parler de notre Ver à soie malgache Bibindandy. Or, en me livrant à diverses observations et éducations de ce Séricigène, en vue du mémoire que je prépare pour la Société, j'ai constaté que ce Borocera peut se nourrir et vivre sur VEucaiyptus, dont un certain nombre de plants ont été récemment introduits à Ta- matave. ï. Le fait d'un Ver à soie de l'Eucalyptus ma paru avoir son impor- tance, surtout à une époque où, d'une part, la culture de ce végétal australien s'est répandue dans plusieurs contrées du monde, et, d'autre part, la question des Vers à soie sauvages semble tout à fait à l'ordre du jour. » J'ai tenu à vous en informer, afin que, s'il y a lieu, la Société d'Ac- climatation soit des premières à le signaler. » Sous peu, d'ailleurs, Monsieur le Président, j'espère pouvoir vous envoyer de plus amples détails sur notre Borocera Bibindandy, que j'étudie activement en ce moment. > Le Gérant : Jules Grisard. 5093. — BOURLOTON — Imprimeries réunies, A, nie Mignon, 2, Paris. # TRAVAUX DES MEMBRES DE LA SOClETË. NOTE SUR L'ELEVAGE DES AUTRUGHONS EN ALGÉRIE (VERSANT DE LA MÉDITERRANÉE) LEURS MALADIES ET LES MOYENS DE LES PRÉVENIR Par M. LUCIEIV IHERLATO Ex-sous-directeur du parc à Autruches du Caire Directeur du parc de A'in-Marraora (province d'Alg:cr) Monsieur le Secrétaire général, Par l'attestation ci-jointe qui m'a été délivrée par M. Bergue, maire de Coléah (Algérie), vous relèverez que les naissances des Autruchons au parc de Aïn-Marmora pendant la dernière année de ma gestion ont été de 21 artificielles et 33 naturelles avec une mortalité de 9 artificielles et 9 naturelles, ayant ainsi obtenu un résultat de 12 artificielles et 24 naturelles, soit 36 sujets au 8 septembre dernier. Ce lésultat, considéré jusqu'à présent presque impossible à atteindre en Algérie, je ne le dois qu'à la vigoureuse appli- cation, pendant l'élevage, du traitement préventif que j'ai eu l'honneur de déposer entre les mains de la Société, il y a un an, sous pli cacheté. Je crois donc avoir atteint le but qui m'amenait il y a trois ans en Algérie et n'ai plus, dés lors, aucun motif pour garder secret un procédé qui est appelé, j'en suis convaincu, à rendre des services dans la branche agricole. Je vous prie en conséquence de vouloir bien ou- vrir le pli cacheté portant la devise : « Facile est inteliigere » à une des prochaines séances de notre Société et en faire donner lecture. Mes honorables confrères jugeront si ce travail et les résul- 4' SÉIUE, T. III. — Février 1886. 5 66 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. lats obtenus méritent d'être soumis à la Commission des ré- compenses. Je n'ai pas grand'chose à ajouter à ma note cachetée, car l'expérience de cette année m'a prouvé que le principe ainsi que l'application et les doses étaient exacts. Du reste les personnes que la question intéresse plus particulièrement peuvent toujours s'adresser à moi — je serai bien heureux de leur être agréable. Il n'y a qu'une seule remarque que je crois utile de faire ici — c'est que, contrairement à une assertion contenue dans ma note, il faut éviter l'emploi du son comme véhicule, — ceci m'a été prouvé par les essais ultérieurs. J'ose espérer avoir ainsi contribué à un plus grand dé- veloppement de cette intéressante industrie non seulement en Algérie, mais aussi dans toute autre colonie française où, à cause de l'état constant de forte humidité de l'air, l'élevage des jeunes Autruchons présentait tant de difficultés, et compte que la judicieuse application de la méthode mettra bientôt plusieurs des parcs existants dans la possibilité de concourir au prix fondé dans ce but par notre Société. Veuillez agréer. Monsieur le Secrétaire général, l'assurance de ma plus haute considération. L. Mer LATO. ATTESTATION. Nous, Bergue Barthélémy, maire de la commune de Koléah, arron- dissement et département d'Alger, soussigné : Certitions avoir reçu dans le courant de la présente année 1885, de M. MerJato, directeur du parc d'Aïn-Marmora (Société française pour l'élevage des Autruches en Algérie), les lettres ci-après mentionnées et dont le résumé suit, savoir : 1" Lettre du 5 avril déclarant cinq éclosions artificielles ayant produit cinq poussins alors qu'aucun couple ne couvait. 2" Lettre du 9 même mois déclarant l'éclosion de dix autres poussins par suite d'incubation artificielle. 3" Lettre du 16 avril déclarant la perte de deux poussins artificiels. 4° Lettre du 24 mai déclarant l'éclosion de six nouveaux Autruchons artificiels. SUR l'Élevage des autruchons.- . 67 5' Lettre du 17 juin déclarant l'existence de vingt-trois poussinsnatureis issus de trois couples qui avaient couvé eux-mêmes. 6» Lettre du 13 juillet déclarant l'existence à ce jour de quinze Autru- chons artificiels et de trente-trois naturels; dix de ces derniers étant venus s'ajouter aux vingt-trois signalés dans la lettre ci-dessus. 7° liCttre du Ai août déclarant une nouvelle perte de trois poussins, dont un artificiel et deux naturels; le nombre des présents à ce jour est donc de quatorze artificiels et trente et un naturels, soit en tout quarante- cinq. 8° Lettre du 4 septembre déclarant la perte de neuf poussins, dont deux artificiels et sept naturels des plus jeunes. Par suite de ces pertes le nombre des présents à ce jour se trouve donc réduit à: Poussins artificiels 12 ) ^ . - naturels 21 j ^°" ""^ *°'"' ^^ ^^- Parmi les douze artificiels une partie aura bientôt atteint cinq moîs, l'autre les a dépassés. Les naturels sont tous entre deux et trois mois d'âge. Certifions, en outre, qu'après réception de chacune de ces lettres nous nous sommes rendu audit parc et que nous y avons constaté l'exactitude des faits et des chiffres qui y sont relatés. En foi de quoi nous avons délivré la présente attestation à M. Merlato, pour lui servir et valoir ce que de besoin. Fait en mairie, à Koléah, le 8 septembre 1885. Le maire, Bergue. Texte du pli cacheté, déposé par M. Lucien Merlato, le 30 décembre 1684 ouvert en séance générale, le 18 décembre 1885. L'Autruchoa né viable commence à manger enti'e Ifois et six jouis d'âge. Depuis lors et jusqu'à deux mois, il est assu- jetti à une faiblesse toute spéciale, qui le rend plus particu- lièrement sensible dans les organes digestifs. Le petit mange, mais digère mal et peu. Les aliments se ramassent de plus en plus dans l'estomac et fioissent par y pourrir. Le peu qui s'en échappe et passe dans les intestins est dur, compact, presque sec, et détermine l'inflammation de ces organes. Mais l'organe qui en souffre le plus, c'est l'estomac, dont les parois, distendues par l'agglomération de la nourriture, de- viennent impuissantes à la broyer; il liait par présenter un état de complète désagrégation. 08 SOCIÉTÉ NATIONALE D' ACCLIMATATION. f La décomposition de ces matières donne souvent lieu au développement de quelques vers qu'on retrouve dans les in- testins aussi. L'estomac, toujours rempli, et la présence éventuelle de vers ont donné lieu à penser, chez certains éleveurs, que l'Autruchon mangeait trop et qu'il était sujet à des vers mor- tels, suppositions très gratuites toutes les deux et qui ne prouvent qu'une chose, c'est qu'on a pris les effets pour la cause. Chez l'Autruchon en bonne santé, je n'ai presque jamais observé de vers intestinaux, et, lorsqu'il y en a, ils ne sont pas de nature à causer la mort de l'animal. Quant au manger, on peut dire qu'il n'en a jamais assez. Un Autruchon en bonne santé ne fait que manger du malin au soir, et la première règle pour l'élever, c'est qu'il ne manque pas un seul instant de nourriture. Donc si, en Algérie, ils ne peuvent pas digérer, c'est à l'es- tomac, c'est à la vigueur de l'organisme qu'il faut s'en prendre. Il ne s'agit que de prévenir cet état pathologique qu'on pour- rait comparer à un état anémique. J'ai successivement employé : Le Fer et ses diverses préparations; Le Quinquina et ses dérivés; La nourriture animale et, enfin, La Rhubarbe. ''■ C'est à la Rhubarbe que je dois le succès. Elle est non seu- lement un remède, mais un préventif très efficace. Je n'at- tends pas l'apparition visible du mal. Quarante-huit heures après que les poussins ont commencé à manger et pendant vingt à trente jours, je leur en donne à raison de 1 décigramme par jour. Pendant les premiers jours, je délaye la Rhubarbe ;n poudre dans de l'eau et la leur fais avaler de force. Plus tard, lorsqu'ils man^^enl franchement, je me contente d'en saupoudrer leur pain ou leur son, toujours dans la même proportion de 1 décigramme par bête et par jour. Au bout de vingt à trente jours, suivant la vigueur des sujets, on peut abandonner ce régime et être sûr que la pre- SUR l'Élevage des autruchons. 69 mière maladie est évitée. Il ne faut pas supprimer brusque- ment. Au moment voulu, je commence par ne donner la Rhubarbe que tous les deux jours pendant une semaine, puis tous les trois et puis tous les quatre, jusqu'à la supprimer au bout de quinze jours. Ce qui fait qu'en moyenne chaque animal a absorbé environ 3 grammes de Rhubarbe en tout. Comme auxiliaires pour les plus faibles, on peut ajouter le Fer et le Quinquina, en mettant dans les abreuvoirs quelques morceaux de métal et en ajoutant, au moment de les rem- plir, une décoction de 30 grammes de Quinquina par 10 litres d'eau. Je n'ai employé que des produits de première qualité. Je ne garantis pas les mêmes résultats avec des produits infé- rieurs ou fraudés, qui abondent dans le commerce. Mais, même sans le secours du Fer et du Quinquina, le traitement à la Rhubarbe seul suffit à obtenir un bon effet. Voici donc la première maladie évitée, la seule qui affecte les Poussins en bas âge. Du deuxième au troisième mois d'âge, la croissance pro- cède ordinairement sans incidents, du moins apparents; mais à partir du troisième mois et jusqu'au cinquième ré- volu, les Autruchons sont sujets — à quoi — personne ne l'a dit encore — au rachitisme. Interrogez tous les éleveurs, lisez tout ce qu'il y a à lire à ce sujet et tous vous diront que les jeunes ont les jambes trèi fragiles et se les cassent. En effet, c'est toujours par les mem- bres locomoteurs que la maladie se manifeste le plus osten- siblement, le plus (pardonnez le mot) grossièrement. Examinons de plus près ces manifestations extérieures, qui amènent inévitablement la morl du sujet : i° Fracture du tuyau du fémur ou de celui du tibia (cuisse) sans choc et par le simple fait de la marche ou de la course de l'animal ; 2° Flexion soit intérieure, soit extérieure, soit même pivo- tante du tarse (canon) jusqu'à arriver au demi-cercle ou à renvoyer le pied en arrière ; 3° Enflement extraordinaire du talon (appelé à tort ge- 70 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. noux) avec déboîtement des articulations au bout de quel- ques jours; ■ , ^° Enflement du talon, accompagné de fracture dans la tête du tarse, qui alors perce la peau et apparaît à nu. Remarque. — Le membre le plus éprouvé est, huit fois sur dix, le gauche. • Or, quel que soit l'effet final, tous les squelettes des animaux qui se sont cassé les jambes présentent les carac- tères les plus clairs et les mieux définis du rachitisme. Même chez les sujets dont les jambes ont la meilleure apparence extérieure, mais qui finissent par s'en casser une (premier cas), on retrouve toujours une difformité quelconque dans la colonne vertébrale, les côtes ou le crâne. La fontanelle prinr cipale de ce dernier conserve une telle souplesse que la cer- velle repousse sensiblement cette partie du crâne et on dirait que la bête est coiffée d'une calotte. Il y a lieu de remarquer que, lorsque le rachitisme a pour siège spécial l'épine dorsale (animal bossu) ou le crâne, il y a espoir de voir le sujet se remettre par lui-même. Mais, lorsque la maladie se porte sur les os des jambes, et c'est la majorité des cas, tout espoir de guérison naturelle, ou d'arrêt de mal, est perdu. C'est pourtant la seule maladie des Autruchons entre trois et cinq mois. Il fallait y remédier. Mais toute la médecine était impuissante à combattre le mal. L'hygiène, le change- ment de local, la sécheresse, les régimes toniques, les phos- phates, voilà tout ce qu'on avait, et tout ceci est complètement impuissant. J'ai essayé de tout, sous toutes les formes, de toutes les manières. Le résultat a toujours été nul. Les phos- phates donnent les plus piètres résultats. .. ?.-.j Ce n'est pas le moment maintenant d'analyser les motifs qui m'ont fait douter de l'exactitude des théories émises jusqu'à ce jour sur l'ossification des cartilages et les phénor mènes si bizarres et variés du rachitisme. ■ ; ' Les tout récents travaux exécutés et les succès obtenus à Vienne (Autriche) me mirent sur la voie et je n'hésitai pas à employer le phosphore pur comme moyen efficace de régler SUR l'Élevage des autruchons. 71 rossification et prévenir aussi bien que guérir le rachitisme en ce sens que cette substance agit directement sur les vais- seaux sanguins intéressés et empêche la résorption du calcaire ou détermine et facilite le dépôt normal. Les résultats que j'ai obtenus jusqu'à ce jour sont réelle- ment surprenants. La dose que j'emploie est de 1 milligramme de phosphore pur par jour et par bête en dissolution dans l'huile, n'importe laquelle. Voilà ce que j'ai pu observer: 1° Ce traitement prévient l'apparition du rachitisme sans avoir la moindre influence funeste sur l'économie géné- rale. 2" Le mal n'apparaît plus, ou, s'il existait déjà, se trouve complètement arrêté au bout de vingt jours de traitement, c'est-à-dire lorsque le sujet a absorbé 2 centigrammes de phosphore. 3" En augmentant la dose journalière, l'effet n'est pas pour cela plus prompt, ce qui amène à croire que le phosphore agit plutôt par sa présence prolongée que par sa quantité concentrée. Je considère (pour le moment) que ce traitement, pour être bien efficace, doit se poursuivre pendant trente à quarante jours. Lorsque l'action du phosphore n'agit plus efficacement sur le système d'ossification, il agit sur le plumage et fait virer au roux chocolat très prononcé la couleur jaune des bouts des plumes des poussins. Ce changement de couleur, très visible, s'opère en six à huit jours, et au bout de trente à quarante de traitement. C'est le moment de cesser l'admi- nistration du phosphore. Je ferai remarquer que ce traitement peut être d'une très grande importance en vétérinaire, car probablement il don- nera les mêmes bons résultats pour tous les animaux en croissance dont l'ossification est difficile ou défectueuse. Je désire, en conséquence, constater que, à la date du présent dépôt, j'avais : 72 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. 1" Déterminé les deux causes d'insuccès dans l'élevage de l'Autruche en Algérie, savoir : a) Impuissance digestive de l'estomac; b) Rachitisme pur et simple ; 2° Fixé la rhubarbe comme préventif de la première ; 3° Employé le phosphore comme préventif et curatif du second; 4" Rendu en conséquence pratique cet élevage inutilement tenté en grand depuis plusieurs années ; 5" Introduit le phosphore en vétérinaire comme agissant directement sur l'ossification. Fait à Aïn-Marmora (province d'Alger) et déposé sous pli cacheté, le 30 décembre 1884. CATALOGUE RAISONNÉ DES SÉRICIGÈNES SAUVAGES CONNUS Par M. Alfred 1¥AILLY. LNTRODUGTION Les pertes considérables éprouvées depuis nombre d'an- nées dans la production de la soie du Ver du Mûrier {Serica- ria Mori) par suite des terribles maladies qui ont sévi sur les Vers, ont attiré l'attention des sériciculteurs de divers pays sur certains Vers à soie sauvages susceptibles de s'élever à l'air libre dans les pays tempérés de l'Europe. Les maladies qui ont attaqué les races du Ver du Mûrier, étudiées à fond et décrites par M. L. Pasteur, forment le sujet d'un rapport très intéressant de M. Maurice Girard, qui a paru en 1871 dans le Bulletin de mai-juin de la Société d'Ac- climatation de France. Ces maladies, dont deux d'entre elles, la pébrine et la flacherie, sont à la fois héréditaires et conta- gieuses, ont pour causes principales : la trop grande agglo- mération des Vers dans les magnaneries ou dans les chambres où ils sont élevés, le manque d'air suffisant, la chaleur sou- vent trop élevée du local, et enfin la malpropreté occasionnée par les déjections des Vers. Elevés dans les mêmes conditions, les Vers à soie sauvages sont sujets aux maladies qui attaquent le Ver du Mûrier. Au contraire, élevés à l'air libre et sur les arbres, ils se trouvent dans des conditions d'hygiène qui les mettent pour ainsi dire à l'abri de ces maladies. Je n'entrerai pas dans de longs détails sur la manière d'éle- ver les Vers à soie sauvages ou autres Lépidoptères. On trouve tout ce qu'il est nécessaire de connaître dans des traités en- tomologiques spéciaux, tels que le Guide de Véleveur de Chenilles, par E. Berce, suivi d'un Traité spécial de Véduca- 74- SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. tion des Chenilles produisant de la soie, par E. F. Guérin- Méneville. L'éducation en petit des Séricigènes peut se faire comme celle de la plupart des autres espèces de Lépidoptères, dans des cages ou boîtes décrites dans les traités ci-dessus men- tionnés; mais il est préférable de se servir de grandes cages> car alors on peut y mettre de fortes branches d'arbres dont les tiges sont plongées dans un vase rempli d'eau. Lorsque les branches ne trempent pas dans l'eau, on est obligé de les renouveler trop souvent, ce qui nuit beaucoup à la santé et à la bonne venue des Chenilles. Lorsqu'on élève les Chenilles dans les boîtes, il faut éviter avec soin d'arroser le feuillage, comme on le recommande quelquefois, afin, dit-on, de remplacer la rosée du matin, si salutaire aux Chenilles. Si l'éducation se fait à découvert sur des branches plongeant dans l'eau, ou, ce qui vaut mieux encore, sur de petits arbres en pots, alors l'arrosage du feuil- lage et des Chenilles est salutaire et il est même presque indispensable dans les grandes chaleurs. Dans une boîte, tant grande qu'elle soit, l'arrosage a un effet contraire : l'évapora- tion étant nulle ou à peu près nulle, il en résulte que le fond de la boîte se couvre d'une moisissure épaisse, d'un fumier, qui engendre les maladies et fait périr les Chenilles, si l'on ne se dépêche de les enlever à temps pour leur donner un logement plus propre. Nos Chenilles indigènes, plus robustes et moins délicates, peuvent quelque fois vivre impunément dans cet état de malpropreté, mais les Séricigènes résistent rarement à un pareil traitement. On peut faire de petites éducations en plein air, sur les arbres, en entourant d'un manchon les branches sur les- quelles ont été déposées les Chenilles ; mais il faut bien fer- mer les deux extrémités du manchon, afin d'empêcher les Insectes nuisibles, les Perce-oreilles surtout, d'y pénétrer. De temps en temps il faut nettoyer le manchon, surtout après la pluie, et lorsque la branche a été dépouillée de son feuil- lage, on la coupe et l'on transporte les Chenilles sur une autre branche. En plein air, lorsque lés Chenilles ne sont ' SÉRIGIGÈNES SAUVAGES CONNUS. 75 nullement prolégées, leur plus dangereux ennemi est l'oiseau, surtout le Moineau. Il faut donc, dans les éducations faites sur une grande échelle, faire surveiller les Chenilles pendant toute la durée de l'éducation par un gardien qui tire, de temps en temps, des coups de fusil pour éloigner les oiseaux, comme cela se pratique au Japon pendant l'éducation de XAntherœa Yama-maï. Un système dont j'ai déjà parlé dans un rapport précédent et que j'ai adopté pendant nombre d'années pour l'éducation des jeunes Chenilles, est celui de cloches en verre, dontj'ai une quantité de diverses grandeurs, et qui toutes ont une ou plu- sieurs ouvertures au sommet afin de donner de l'air. Ayant eu tous les ans un nombre considérable d'espèces différentes à élever, sans ces cloches mon travail eût été impossible. Ces cloches, dont quelques-unes ont jusqu'à 50 oenlimètres de hauteur, et qui sont larges en proportion, reposent sur des soucoupes remplies de sable recouvert d'une feuille de papier. Les œufs de Vers à soie ou autres Lépidoptères sont placés sous ces cloches, et vers l'époque des éclosions on intro- duit, à travers le papier, dans le sable des soucoupes, de pe- tites branches de la plante qui doit servir de nourriture aux jeunes Chenilles. Aussitôt leur éclosion, les petites Chenilles montent de suite sur les branches. A mesure qu'elles gros- sissent, on en réduit le nombre, selon la grandeur de la cloche. On peut ainsi élever, jusqu'à leur transformation, un certain nombre de Chenilles, qui varie selon la grosseur des espèces ou celle des cloches. Ce système est surtout utile pour l'éclosion des œufs et l'éducation des Vers pendant le premier ou les deux premiers âges, car on a ainsi tout le temps néces- saire pour les enlever de dessous les cloches pour les placer sur les arbres ou les élever de telle ou telle autre manière. Il faut éviter sous ces cloches une trop grande agglomération de Chenilles, et surtout l'humidité qui leur serait fatale. Les branches ne doivent jamais être plongées dans du sable mouillé ; sous ces cloches, le feuillage se conserve parfaite- ment frais dans du sable sec. Rien n'est plus facile que de maintenir le local propre : il suffit d'enlever la cloche et de 76 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. souffler sur le papier pour faire disparaître toutes les dé- jections. Jusqu'à présent, en Europe, on ne s'est occupé sérieuse- ment que de trois espèces de Séricigènes sauvages : VAnthe- rœa Yama-maî, du Japon; VAntherœa Pernyi eiVAttacus cynthia, tous deux originaires de la Chine. De nombreux rapports sur ces trois espèces ont été écrits et publiés dans les Bulletins de la Société d'Acclimatation. Ces trois espèces peuvent s'acclimater même dans les pays très tempérés, et il en serait de même de plusieurs espèces de l'Amérique du Nord. Dans la liste que nous allons donner, il est bon de faire remarquer que toutes les espèces du genre Antherœa, telles que Pernyi, Roylei, Yama-maî, Mylilla et Polyphe- mus, auquel les Américains ont donné le nom générique de Telea, sont toutes à cocon fermé et dévidable. Les cocons du genre Actias sont fermés aussi, mais ils sont irréguliers de forme et moins soyeux que ceux du genre Anlherœa. Les co- cons du genre Attacus, tels que ceux du Pyri et du Carpini de l'Europe, sont ouverts à une extrémité, de sorte que le cocon reste le même après la sortie du Papillon. Les Chenilles de ces divers Séricigènes sauvages sont remarquables par la beauté et la variété de leurs couleurs ; celles du genre An- therœa ont de brillantes taches métalliques à la base des tubercules, argentées, dorées ou cuivrées, selon les espèces. Quant à la qualité de la soie de diverses espèces de Séri- cigènes sauvages, plusieurs, lelies que Pernyi, Roylei, Yama- maï elPolyphemus, peuvent rivaliser avec le Sericaria Mori^ et un rapport sur ce sujet sera, je l'espère, publié par la So- ciété d'Acclimatation, qui possède des échantillons de soies dévidées ou cardées des principales espèces. Les soies cardées par un de mes correspondants de Maccles- field, en Angleterre, sont si bien travaillées, que même celle de notre Pyri français semble également fine et belle. En Angleterre, il n'y a pas de dévidage de cocons ; tous sont soumis au cardage, et certains filateurs anglais pré- tendent que la soie cardée vaut mieux et a plus de valeur que la soie dévidée. Qu'il en soit ainsi ou non, le cardage a tou- SÉRICIGÈNES SAUVAGES CONNUS. 77 jours cet immense avantage sur le dévidage, c'est de rendre utilisables tous les cocons percés, ou ouverts naturellement ou endommagés. Espérant que les remarques qui précèdent seront de quelque utilité, nous allons maintenant donner la liste d'un certain nombre de Séricigènes sauvages. ESPÈCES ASIATIQUES Anlkerœa Yama-maï Guérin-Méneville. — Ver à soie du Chêne du Japon. Ce Ver à soie sauvage, cultivé sur une grande échelle au Japon à cause de la beauté et de l'excellente qualité de sa soie, fut introduit en France en 1861 par Guérin-Méne- ville. Élevé dans divers pays d'Europe avec plus ou moins de succès, il a actuellement presque disparu, les éducateurs l'ayant perdu ou abandonné pour élever une espèce plus facile, VAnlherœa Pernyi, Ver à soie du Chêne de la Chine; mais de nouveaux essais d'éducation seront probablement faits aussitôt qu'une quantité suffisante de graine pourra être importée directement du Japon. Ce qui a découragé nombre d'éducateurs, c'est que l'éclosion des Vers avait lieu le plus souvent avant le développement des bourgeons de Chêne; en outre, les Papillons pour la plupart refusaient de s'accoupler en captivité. Il serait. Je crois, facile de remédier à ces deux graves inconvénients. J'ai déjà, dans quelques- uns de mes rapports, préconisé l'emploi de petits Chênes en pots, dans les petites éducations, afin de commencer l'éle- vage des jeunes Vers, aussitôt après leur éclosion, jusqu'à la venue des bourgeons de Chêne. D'un autre côté, on évite- rait les éclosions prématurées en plaçant, pendant tout l'hi- ver, les œufs dans un sac de mousseline que l'on suspendrait à l'air libre à une exposition du nord, où ils ne recevraient jamais un rayon de soleil. Aussitôt les bourgeons de Chêne suftisamment développés, les œufs peuvent être soumis à une température douce et humide, afin de les faire tous éclore aussi rapidement que possible. Si, malgré les précautions indiquées ci-dessus, les œufs 78 SOCIÉTÉ NATIONALE D' ACCLIMATATION. éclosent avant que les bourgeons de Chêne éclatent, il faut aloi"s avoir recours à un autre feuillage. Cette année-ci (1885), mes jeunes Vers Yama-maï se sont fort bien accommodés des feuilles du Charme et de l'Aubépine, et un de mes corres- pondants à Londres m'affirme avoir élevé ses Vers exclusive- ment sur l'Aubépine jusqu'à la formation du cocon (voy^ Rapport du Bulletin d'août 1885). Quant à l'autre difficulté, celle d'obtenir l'accouplement des Papillons, il suffit, pour réussir, de placer les cages à éclo- sions en plein air ou mieux encore de les suspendre aux branches des arbres. En chambre, les Papillons du Yama- maï, comme ceux d'autres espèces, s'accouplent très diffici- lement. Gomme ceux du Bombyx du Mûrier, les œufs du Yama-maï se conservent tout fhiver pour n'éclore qu'au printemps. Mais en réalité, il y a une différence notable. Les œufs du Bombyx du Mûrier ne contiennent pendant tout l'hiver qu'un germe; ils restent Hquides. Ce n'est qu'au printemps, lorsqu'ils sont soumis à la chaleur, que la larve se forme, et elle sort de l'œuf aussitôt après son développement. L'œuf fécondé du Yama-maï, au contraire, contient une larve qui se forme environ trois semaines après la ponte, et la jeune larve toute développée, au mois d'août ou en septembre, reste dans l'œuf jusqu'au mois de mars ou d'avril avant d'éclore. Le Bombyx du Mûrier hiverne donc à l'élat d' œuf, le Yama-maï à l'état de larve. Les œufs des autres espèces de Séricigènes dont j'ai fait l'éducation n'ont jamais pu hiverner, ils ont toujours éclos quelques semaines après la ponte, ou les larves ont péri dans l'œuf lorsque le temps était trop froid pour l'éclosion. Les œufs de seconde génération de VA. Pernyi et de VAttacus cynlhia, pondus en octobre, par exemple, n'ont jamais été d'aucune utilité pour le printemps de Fannée suivante. Il en a été de même des œufs de VAn- therœa mylitta, de VAttacus Atlas et autres. Les œufs Yama-maï, dans les pays du midi de l'Europe, peuvent éclore- dès le mois le mars ; dans ceux du Nord, ils n'écloront qu'en mai. En Ecosse, ils éclosent en juin. Tout dépend de la température des divers pays, et encore les éclo- SÉRICIGÈNES SAUVAGES CONNUS. 79 sions d'œufs, comme de Papillons, sont-elles relardiîes ou accélérées par les variations de température, comme celles de nos Lépidoptères indigènes. Il en est de même de la durée des éducations, rien ne peut se préciser, à moins d'avoir une température uniforme. En plein air à Londres, la durée d'une éducation de Yama-maï a été de cent dix jours ; au contraire, une éducation faite à une température constante de 25 à 27 degrés centigrades n'a duré qu'un mois à peu près. Une question qui m'est souvent faite, est celle-ci : à quelle époque éclosent les Papillons de telle ou telle espèce ? Il me faut de nouveau répondre qu'il est impossible de préciser l'époque. Une caisse de cocons d'A. mi/litla, par exemple, m'est expédiée de Calcutta à Londres. Ces cocons récoltés les uns à Darjeeling, les autres dans l'Assam, et par consé- quent, de différentes provenances, avaient déjà fait un pre- mier voyage avant d'être expédiés de Calcutta. Une fois arri- vés à Londres, ils sont réexpédiés les uns en Europe, les autres en Amérique, et dans des pays où le climat est plus froid que dans leur pays d'origine. En réfléchissant, on com- prendra qu'après de tels voyages et soumis en outre à une température plus froide, il s'opère un bouleversement dans l'économie de l'Insecte et que les Papillons ne peuvent éclore régulièrement. En 1885, le premier Papillon mylilta est éclos le 12 mai, le dernier à la fin- d'octobre; d'autres cocons ne sont pas éclos ; ils peuvent hiverner deux fois et même trois fois. Ce n'est qu'une fois acclimatés qu'ils peuvent avoir des mœurs régulières, ou à peu près régulières. Atlaciis cynthia Drury. — Ver à soie de TAilante, origi- naire de la Chine. Introduit en France par Guérin-Méneville en 1858, d'où il se répandit dans toute l'Europe, en Afrique, en Amérique et jusqu'en Australie. Cette espèce, à cocon ouvert, comme toutes celles du même genre, est naturalisée en France et aux Étals-Unis de l'Amérique du Nord. Outre l'Allante {Ailanlhus glandulosa), VAtlacus cynthia peut s'élever sur le Ricin, le Lilas, le Cytise {Cytisus laburnum), l'Épine-vinetle. (5er6ms vuigfans), le Cerisier, etc. 80 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. Les Papillons Cynlhia éclosent ordinairement au mois de juin dans les pays à climat tempéré, et les œufs éclosent de douze à quinze jours après la ponte à la température ordi- naire. Dans les pays chauds, l'espèce devient bivoltine et même polyvolline. Commun en Chine, VAttacus cynlhia se trouve aussi à l'état sauvage dans l'Inde, à Miissoorie où il vit sur diverses espèces de végétaux ; dans presque toute la chaîne de l'Himalaya, dans le Dehra Doon, dans l'Assam, à Gachar et à Sangor. Les Papillons s'accouplent très facilement. Antlierœa Pernyi Guévm-Méne\'û\e. — Ver à soie du Chêne de la Chine. Cette précieuse espèce à gros cocon fermé, et dont la belle soie peut se dévider, est maintenant élevée dans presque toute l'Europe. La reproduction du Pernyi est des plus faciles, les Papillons, lorsqu'ils sont bien conformés, s'accouplant toujours à l'air libre ou dans un local quel- conque. On ne saurait trop recommander l'éducation de cette espèce, qui peut se faire à l'air libre, même dans les pays du Nord. En Espagne, son éducation a déjà été faite sur une assez grande échelle ; l'espèce y est bivoltine ainsi que dans le midi de la France; dans les pays du Nord elle est uni- voUinc. Au sud de l'Europe, les Papillons peuvent éclore dès le mois de mciiS; au Centre et au Nord, en avril ou en mai. Les œufs éclosent deux, trois et quelquefois quatre semaines après la ponte. L'éducation à l'air libre dure de six à huit semaines, et quelquefois plus, selon la température. — Le Pernyi a éié élevé sur le Prunier, mais c'est sur le Chêne qu'il faut l'élever. Un de mes correspondants de l'illinois (Étals- Unis), a vu les Vers de la seconde génération quitter les Chênes dont le feuillage était devenu dur et coriace, par suite de la i-rande chaleur et de la sécheresse, et vivre sur les buissons d'Aubépine qui se trouvaient à côté des Chênes. D'autres furent trouvés dans un jardin, sur des Pommiers, où ils avaient atteint une taille énorme. Anllierœa Roylei Moore. — Ver à soie du Chêne de l'IIima- SÉRICIGÈNES SAUVAGES CONNUS. 81 laya. Espèce très rapprochée de l'A. Pernyi ; les Papillons sont d'une nuance beaucoup plus pâle et verdâtre. La prin- cipale différence est dans le cocon ; celui de Roylei est recou- vert d'une énorme enveloppe irrégulière et extrêmement dure ; le cocon Pernyi^ au contraire, n'ayant aucune enve- loppe. Les Papillons provenant de cocons importés de l'Inde éclosent pour la plupart en mai et juin, quelques-uns au commencement de juillet. Les Papillons Pernyi et Boylei s'accouplent entre eux comme s'ils n'étaient qu'une seule et même espèce. Les œufs sont identiques, et il en est apparem- ment de même des Chenilles. L'éclosion des œufs a lieu après le même laps de temps et la durée de l'éducation est la même. Le croisement du Roylei avec le Pernyi produit le remarquable et robuste hybride que j'ai obtenu en 1881, susceptible de reproduction et de se propager en formant un type intermédiaire tenant à la fois du Roylei et du Pernyi. L'A. Roylei est commun à Simla, à Mussoorie, à Atmorah et il se trouve aussi à Darjeeling. Antherœa mylitta ; Attacus mylitta Fabricius ; Attacm paphia Linné. — Ver à soie connu sous le nom de Tussah, Tasser, Tussur, etc. Répandu dans toute l'Inde et l'île de Ceylan, où il vit à l'état sauvage. Il est cultivé sur une grande échelle dans le Bengale, l'Assam, etc. Les diverses races de cette espèce diffèrent de taille, les plus gros cocons provenant généralement de l'Himalaya et autres parties du nord de l'Inde. Le cocon fermé est lisse et sans aucune bourre ; il est sus- pendu par une forte corde de soie qui forme anneau autour de la branche de l'arbre. En Europe, cette espèce a été élevée sur le Chêne et le Charme. Dans l'Inde, l'A. mylitta vit sur un grand nombre d'arbres et d'arbrisseaux, entre autres : Terminnlia tomentosa, Ziziphus jujuba, Lagerstrœmia In- dica. Ficus Benjamina, Carissia, Enidia, etc. Le Mylitta a aussi été trouvé sur le Prunier sauvage. Les Papillons provenant de cocons importés du nord de l'Inde commencent généralement à éclore fin juin, mais 4« SÉRIE. T. III. — Février 1886. & îSS SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. 'C'est en juillet et août qu'ils éclosent en nombre; ils conti- nuent à éclore en petites quantités ou isolément jusque vers la fin d'octobre ; ils éclosent même pendant l'hiver, si le temps «st doux. Les cocons peuvent hiverner deux fois et même ■trois fois. Dans les pays du Nord, le Mylitla ne peut s'élever 'à l'air libre, l'éclosion des larves ayant lieu à une époque très "avancée de l'année. Il faudrait, pour réussir, pouvoir forcer l'éclosion des Papillons, et maintenir les œufs à une tempéra- Hure de 25 à 30 degrés centigrades, de manière à les faire éclore dix à douze jours après la ponte. En Espagne, où j'ai iniroduil le M y litta en 1884, M. Segin, vice-consul britan- nique, a réussi à élever, à l'air libre, sur le Chêne, les Vers provenant d'un accouplement qui eut lieu le 31 juillet. L'éclo- sion des œufs eut lieu dix jours après la ponte, et les Vers i commencèrent à filer le 29 septembre. Les Vers provenant de deux autres accouplements qui eurent lieu, l'un le 13 et l'autre • le 14- août, périrent tous au milieu de novembre, par suite d'un changement subit et complet de température, au mo- ment où ils allaient se mettre à filer. . Antherœa Assama; A. assamensis Helfer. — A l'exception tde Dehra Doon, où elle vit sur un arbre connu sous le nom de V4 Kirkee »^ cette espèce ne se trouve que dans l'Assam, où '•en langue assamoise elle porte le nom de Muga, qui signifie . « ambre » à cause de la couleur du cocon. L'A. assamensis ■est cultivé dans l'Assam sur une grande échelle et la soie en est fort estimée. Dans certaines parties de l'Assam on ob- tient cinq générations. L'éclosion des Papillons et celle des œufs a lieu dans les maisons, après quoi on élève tes Vers à l'air libre sur di- verses espèces d'arbres. Les Vers sont surveillés pendant toute la durée de l'éducation et on les rentre au moment où ils commencent à filer. ^ Le Suïïi {Machilus odoratissima) es,i \3l nourriture favorite de celte espèce; élevé sur cet arbre, le Ver produit, dit-on, la plus belle et la meilleure soie. Cette soie est dévidée. Dans l'Assam inférieur, on l'élève sur le Sualu (Telranlhera mo- SÉRICIGÈNES SAUVAGES CONNUS. 83 nopetala). Le feuillage de certaines espèces d'arbres fores- tiers, tels que le Dighlati {Tel. glauca), le Patichanda {Cin- namomiim obtusifolium), et le Bamroti (Symplocos gran- diflora) peuvent aussi lui servir de nourriture, si le feuillage des deux premiers arbres vient à manquer aux derniers âges. Le cocon Muga a environ un pouce trois quarts de longueur sur un pouce de diamètre; il est d'un beau jaune d'or. Il y a cependant un certain nombre de cocons de couleur foncée. L'A. Assama vit aussi à l'état sauvage dans l'Assam. Antherœa Frithii Moore. — N'est probablement qu'une variété de l'A. mylitla, et doit vivre sur les mêmes végé- taux. A. Frithii se trouve dans quelques parties de l'Inde, en Cochinchine, etc., et, selon le capitaine Hulton, à Darjeeling. Antherœa Perroteti Guérin-Mén. — Espèce découverte à Pondichéry par M. Perroltet, et qui est tout simplement une des races ou une variété du Mylitta. Antherœa Helferi. — Autre espèce dont le cocon res- semble à celui de l'A. mylitta. Se trouve à Darjeeling. Antherœa nebulosa Hutton. — Espèce remarquable et assez commune dans l'Inde centrale, et dont la soie peut riva- liser avec celle de l'A. paphia (mylitta) (Gap. Hutton). Bombyx (Theophila) Huttoni Westwood. — Espèce bivol- tine vivant dans les montagnes sur le Mûrier indigène de Simla,de Mussoorie et d'Almorah. Le B. Huttoni est très ro- buste, et il produit un beau cocon blanchâtre. Quoique le Ver soit trop sauvage pour être élevé en captivité, cette espèce serait d'une grande utilité pour les éducations à l'air libre, sur le Mûrier même (Gap. Hutton). Bombyx {Theophila) Bengalensis Hutton. — Espèce poly- yolline ressemblant au ^. Huttoni, mais elle vit au Bengale 84 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. sur VArtocarpus Locucha. Cette espèce est plus petite que la précédente (Gap. Hutton). Bombyx a f finis. — Découvert en 1869 à Ghota Nagpore ' par M. Kingi ; il vit sur VArtocarpus Locucha, mais le capi- taine Hutton réleva avec le plus grand succès sur des bran- ches" de Morus Indica. Bombyx (Theophila) Sherwilli Moore. — Le Papillon de cette espèce ressemble beaucoup à celui du B. Huttoni, mais il est un peu plus grand. Tout ce que l'on sait, c'est que l'insecte parfait se trouvait dans la collection du major J.-L. Sherwill; on ignore s'il a été capturé dans les plaines ou à Darjeeling. Bombyx (Ocinara) religiosœ Helfer. — Quoique portant le nom de Bombyx, la description donnée par le docteur Helfer s'applique plutôt à une espèce d'Ocinara. Le docteur Helfer l'appelle le Ver à soie Goree^ et M. Hugon le Ver à soie Deo- mooga. On dit qu'il se trouve entre l'Assam et le Shylet (Cap. Hutton). Dans son rapport sur la « soie dans l'Assam » en date du 29 février 1884-, M. E. Slack, Directeur de l'Agriculture, -.;parle ainsi de cette espèce : « Ce Ver à soie {Bombyx reli- giosœ) est appelé Deomuga à cause de sa grande taille. C'est le plus gros de tous les Vers à soie ; il atteint une longueur de six pouces et demi ; c'est aussi le plus joli. » M. Buckin- .gham en parle ainsi : « Ce Ver à soie vit sur le Sum (Machi- lus odoratissima) et quelquefois avec le Muga ordinaire. Au .deuxième et au troisième âge, il est d'une beauté remar- quable, avec des rangées de taches d'un bleu de turquoise sur les côtés. Au quatrième âge, les taches bleues disparaissent et des taches jaunes d'or les remplacent. De chaque côté du corps, il y a des bandes qui ont toutes les couleurs de l'arc- en-ciel, ce qui rend ce Ver à soie de beaucoup supérieur en 'beauté à tous les autres. » ■ Le Ver Deomuga vit, dit-on, trente jours et file son cocon SÉRICIGÈNES SAUVAGES CONNUS. 85,, en trois jours. Le Papillon éclôt au bout de quinze jours lorsque le temps est chaud, et au bout de trente jours pen- dant la saison froide ; le Papillon vit quatre jours. Le cocon est gros (3" x 1 j) ; il fournit une grande quantité de soie forte et grossière. La dureté du cocon rend le dévidage diffi- cile et la soie se noue souvent. Le fil du Deomuga est employé au Bengale à faire des lignes à pêcher. A Cachar, le Deomuga vit sur le Ficus Indica et sur le Pi'pal {Ficus religiosa). Il se trouve généralement dans la vallée de l'Assam. Ocinara lida Moore. — Cette espèce se trouve à Mussoo- rie ; la Chenille, qui ressemble à une Géomètre, vit sur le Ficus venosa et le Figuier sauvage. Elle file un petit cocon blanc sur une feuille ou sur une pierre au pied de l'arbre ; le cocon est trop petit pour être d'aucune utilité (Cap. Hutton). Ocinara lactea Hutton. — Cette espèce se trouve aussi à Mussoorie et elle vit sur le Ficus venosa, filant dans une feuille un curieux petit cocon jaune. Ce cocon est entouré d'une dentelle de soie jaune. La Chenille est liàse, tandis que celle de l'O. lida est velue (Cap. Hutton). Ocinara comma Hutton). — Le Papillon de cette espèce est blanc avec une marque foncée en forme de comma sur le disque des ailes supérieures. Il se trouve dans le Doon à en- viron 5500 pieds au-dessus de Mussoorie. îfc'j Trilocha varians Moore. — Petite espèce découverte â Ganara, et par M. Grote à Calcutta. N'est d'aucune utilité pour la soie. V* Cricula trifenestrata. — Cette curieuse espèce se trouve dans diverses parties de l'Inde , quelquefois en si grand nombre que les larves dépouillent entièrement les Mair- guiers, détruisent aussi le feuillage de VAcacia catechu et' attaquent même l'arbre à Thé. Se trouve dans le Birman, lé' Moulmein et à Chota Nagpore, dans l'Inde centrale. Les co- SS SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. cons se trouvent en las et ils sont tellement assujettis les uns aux autres qu'on ne peut les séparer pour filer la soie, ce que leur structure, du reste, ne permettrait pas; c'est pourquoi on les carde. Ils sont en forme de réseau et d'un jaune d'or. J'ai fait connaître et élever cette espèce en Europe en 4884?/^ Par moi, les Chenilles de cette espèce furent d'abord élevées sur le Chêne, le Prunier, le Pommier, le Poirier et le Saule, " ensuite sur le Prunier exclusivement. Un de mes correspon- dants les a, je crois, élevées sur le Tilleul. Dans le rapport de M. Stack, on trouve ce qui suit sur cette espèce : Amluri ou Ampotoni {Cricula trifenestrata). L'Aw- luri prend son nom du Manguier ou Am sur lequel il se nourrit. C'est un des Vers à soie les plus communs de l'As- sam. Il se trouve dans la vallée, au pied des collines du côté nord et du côté sud, et aussi à Gachar, où l'arbre à Thé sau-" vage lui sert de nourriture. Il se trouve aussi fréquemment sur le Sum ; mais sa nourriture favorite est le Manguier des forêts ou le Manguier cultivé près des villages. La chrysalide, comme celles de toutes les espèces de Vers à soie sauvages, est un mets recherché des Kacharis, des Rabbas, des Mèches et des Mikirs. LeR. P. Gambouénous a aussi fait savoir que les Malgaches, à Madagascar, mangent avec délices les chrysalides des Vers à soie, en friture. Caligula Simla Westwood. — Le cocon de cette espèce est en forme de réseau. Il ressemble pour la forme à celui de Cricula trifenestrata, mais il est plus gros et d'une couleur foncée, presque noire. Il y a quelques années, je reçus des cocons vivants de cette espèce, mais toutes les chrysalides que Ton voyait se mouvoir dans les cocons périrent au bout de quelque temps. Se trouve à Simla, à Miissoorie et dans la province de Kumaon, se nourrissant sur le Noyer, le Salix Babylonica, le Poirier sauvage, etc. Cette espèce se trouve aussi au Japon, où elle se nourrit sur le Châtaignier comes- tible. Caligula thibeta. — Se trouve à Mussoorie, où il vit sur SÉRICIGÈNES SAUVAGES CONNUS. 87 VAndromeda ovalifolia, le Poirier sauvage et le Cognassier commun. Il se trouve aussi dans la province de Kumaon, mais son nom spécifique est faux, l'insecte ne s'approchant jamais du Thibet. Le cocon est un réseau grossier à travers lequel on voit la chrysalide. Neoris Hultoni Moore. — Espèce découverte par le capi-t taine Hutlon à Mussoorie, à environ 6500 pieds d'élévation, vivant sur le Poirier sauvage. Les Chenilles se trouvent en avril. Le cocon est un réseau qui ne produirait pas de soie. Attacus Ricini. — Espèce dont le Ver produit la soie con- nue des indigènes sous le nom de soie arrindy. Le Ver s'élève sur le Ricin (Ricinus communis). Les principaux en- droits où cette espèce est cultivée sont: l'Assam, le Bengale oriental, Rungpore et Dinagepore. Les Mékirs, dans la partie orientale du Bengale, en possèdent une très belle espèce à soie blanche. V Attacus Ricini {B . arrindia), selon certains sériciculteurs, n'est autre que V Attacus cynthia, élevé sur le Ricin à l'état de domesticité. C'est dans l'Assam que cette es- pèce est presque exclusivement cultivée, et, comme le Ver du Mûrier, elle est cultivée à l'état de domesticité, où elle porte le nom d'Eri, mot qui signifie iîicm. L'espèce vit aussi sur le Keseru {Heteropenex fragrans); il y a aussi plusieurs autres arbres, tels que le Gulancha (Jatropha curcas)^ le Gamari {Gmeiina arborea) et même, dit-on, le Bogri commun ou Ber {Ziziphus jujuha), sur lesquels le Ver peut s'élever, si le Ricin vient à manquer. Actias setene. — Espèce répandue dans l'Inde et l'île de Ceylan; cocon fermé, mais irrégulier et peu soyeux. Il y a ce- pendant quelques races à cocon épais et ferme, celle de Ma- dras, par exemple; la soie en a été, dit-on, dévidée. Le Pa- pillon de cette espèce est d'une beauté remarquable, ses ailes sont d'un beau vert tendre et sa forme est celle d'un Papilio à longue queue, tels que P. podalirius de l'Europe et P. ajax de l'Amérique du Nord. La Chenille s'élève très bien 88 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. sur le Noyer; elle vit aussi sur le Cerisier sauvage. Dans rinde, elle vit sur le Poirier sauvage, le Noisetier, le Cedrela paniculata, le Coriara Nepalensis et plusieurs autres arbres et arbustes forestiers. Actias mœnas Doubleday. — Espèce qui se trouve à Dar- jeeling et dans TAssam. C'est une grande espèce dont on ne connaît encore ni les habitudes ni le produit. Le Papillon est vert tendre. • -^'^^ '^ Aclias leto. — Se trouve dans les mêmes contrées et avec l'espèce précédente. 11 est très probable que Mœnas et Leto ne sont que la même espèce : Mœnas est le Papillon femelle, Leto le Papillon mâle ; il n'y a maintenant, je crois, aucun doute à ce sujet. Les ailes de Leto sont vertes, mais couvertes de taches d'un brun rougeâtre, qui manquent chez le Pa- pillon femelle Mœwas. Saturnia pyretorum. — Se trouve à Darjeeling et à Cachar, mais c'est tout ce que l'on sait (Cap. Hutton). Saturnia Grotei Moore. — A été trouvé à Darjeeling et un ou deux Papillons ont été capturés à Mussoorie. Le capi- taine Hutton a lieu de croire que la Chenille vit sur le Poirier sauvage. Saturnia lindia Moore. — Tout ce que l'on sait de cette espèce, c'est qu'elle se trouvait dans la collection faite par le feu capitaine James Lind Sherwill et l'on suppose qu'elle provient de Darjeeling ou de ses environs; elle est alliée à Sat. Grotei (Cap. Hutton). Saturnia cidosa Moore. — De la collection du capitaine J. L. Sherwill, provient du nord-est de l'Inde. Nous n'avons aucun renseignement sur cette espèce. Comme elle est très rapprochée de Sat. pyretorum, je suis porté à croire qu'elle habite Darjeeling ou Cachar (Cap. Hutton). SÉRICIGÈNES SAUVAGES CONNUS. 89' Lœpa Katinka West. — Papillon jaune d'une beauté re- \. marquable, découvert pour la première fois dans l'Assam; se"î trouve aussi, à ce que je crois, à Mussoorie. M. Moore, cepen-- dant, considère l'espèce que je possède comme étant dislincte.o- On pourrait peut-être en obtenir une petite quantité de soie (Gap. Hutton). Lœpa sivalica Hutton. — Espèce étroitement alliée à la précédente; se trouve à Mussoorie, à 5500 pieds et aussi plus bas; pourra probablement produire une [petite quantité de soie (Cap. Hutton). Lœpa miranda Alkinson. — Belle et bonne espèce, dé-.j couverte à Darjeeling par M. Atkinson; mais là s'arrêtent les ; renseignements (Cap. Hutton). Lœpa sikkimensis Alkinson. — Très belle espèce, décou- verte à Darjeeling par M. Atkinson ; on peut la distinguer des autres espèces par sa petite taille et par ses ailes, qui sont tachetées de marron; on ne sait rien de son économie (C. H.).' Atlacus Atlas Linn. — Le plus grand des Bombyciens sé- ricigènes; commun à 5500 pieds d'élévation à Mussoorie' et dans le Dehra Donn ; il se trouve aussi dans les profondes vallées des collines environnantes; il est commun aussi à- Almorah, où le Ver vit sur leKilmorah ou Berberis Asiatica, tandis qu'à Mussoorie il n'attaque jamais cet arbuste et vit exclusivement sur les feuilles du Falconeria insignis. Le Ver de cette espèce est probablement plus facile à élever que celui de toutes les autres espèces de Bombycides sauvages; il produit un très gros cocon, riche en soie et d'une couleur grisâtre; l'espèce abonde aussi à Cachar, dans le Sylhet, et se trouve à Akyab, dans l'Arracan et aussi en Chine (Note du capitaine Hutton). VAtt. Allas est répandu dans toute l'Inde, l'île de Ceylan, la Chine, le Birman et autres pays jusqu'à Singapore, à l'ex- trémité de la péninsule malaise; il se trouve également à 90 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. Java, à Bornéo et probablement dans toutes les autres îles de l'océan Indien. Les diverses races de cette espèce diffèrent par la taille et le coloris des ailes, les cocons ont aussi une teinte un peu différente; la Chenille est tiès polyphage.Dans l'île de Geylan, elle vit de préférence sur le Cannellier {Lau- rus cinnamomum) et le Milnea Roxburghiana, mais elle se trouve aussi sur beaucoup d'antres arbres. En Europe, elle s'élève parfaitement bien sur l'Epine- vinette {Berberis vulgaris) ; elle peut aussi s'élever sur le Pommier, le Saule, le Charme et autres arbres et arbustes. En 1884 je l'ai élevé à Londres, sur l'Allante, à l'air libre, jusqu'au troisième âge. On ne pourrait élever VAtlas^ à l'air libre, jusqu'à la formation du cocon, que dans les pays du Midi, mais l'espèce s'élève facilement en captivité. La Chenille de VAllas, comme celle de VAtt. cynthia, est couverte sur tout le corps d'une sécrétion, formant une sorte de farine blanche. VAlt. Atlas et VAtt. cynthia ont quelques traits de ressemblance; les deux espèces ont été trouvées vivant sur rÉpine-vinetle , dans la province de Kumaon. i Attacus Edwardsii Moore. — Espèce découverte à Dar- jeeling, de couleur très foncée et d'une taille plus petite. On ne connaît ni sa nourriture, ni sa vie (Note du capitaine Hutton). Il est probable que VAtt. Edwardsii n'est qu'une des nombreuses races ôeVAtl. Atlas. ESPÈCES D'AFRIQUE Les Bombyciens séricigènes de l'Afrique, et il y en a un très grand nombre, sont encore presque tous inconnus comme sétifères; c'est pourquoi je ne pourrai que citer les noms de certaines espèces. Au Cap de Bonne-Espérance, il y en a au moins cinq espèces, dont l'une, la Saturnia Isis Weslwood, se trouve aussi à Sierra- Leone avec la Sat. aletida et la Sat. phœdura Dury. A Natal, il y a VActias mimosœ, dont le Papillon est admirable. Au Sénégal, il y ;a SÉRICIGÈNES SAUVAGES CONNUS. 91 \e Faidherbia, à cocon fermé, dit-ori; ce serait alors un Antherœa; peut-être celte espèce est-elle celle qui est con- nue sous le nom de Bombyx Bauhiniœ. Les Séricigènes de Madagascar sont mieux connus, et le R. P. Gamboué en parle dans son intéressant rapport, qui a paru dans le Bulletin de juin 1885, de la Société d'Accli- matation, C'est dans le rapport du P. Camboué que je puise- rai les quelques renseignements que je vais donner sur les Vers à soie malgaches. ' Borocera Madagascariensis Boisduval. — Espèce que les Malgaches appellent Bibindandy (Ver à soie), et dont ils tirent la soie, qui sert à la confection de leurs magnifiques étoffes dites Lamba-Landy. Le cocon, qui est grisâtre, a, chez la femelle, environ 0'",05 de longueur sur O^jOS de plus grand diamètre ; chez le mâle, il n'a que O^jOS de lon- gueur sur 0'",015 de plus grand diamètre. L'éclosion du ^ Papillon a lieu une trentaine de jours après la formation de la chrysalide. La Chenille du Bibindandy est très poly- phage; mais les Malgaches l'élèvent de préférence sur l'Em- brevattier {Cytisus cajanus) et sur le Tapia (Tapia edulis) ; elle vit aussi sur le Goyavier, le Bibacier et le Saule pleureur. Sur la côte, le R. P. Camboué a trouvé des cocons de Bibin- dandy sur l'Oranger, le Badamier, et le Fotabe {Baringtonia speciosa). Sur la côte ouest, on en trouve beaucoup sur les Palétuviers et autres arbres croissant aux bords de la mer. Le Bibindandy peut vivre jusque sur les hauteurs de l'in- térieur de l'île, où il n'y a que 3 à 4 degrés centigrades de chaleur. C'est le plus important des Vers à soie sauvages de Madagascar. Bibindandy dynamboa (Ver à soie des Chiens) et Bibin- dandy madinika (petit Ver à soie), sont deux espèces de Borocera se rapprochant du Madagascariensis. Saturnia Suraka Boisduval ; Caligula Suraka. — Grande et belle espèce, dont la Chenille atteint 10 centi- mètres del ongueur et forme un cocon à tissu double en 92 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. treillis, très fort, de couleur jaunâtre, mesurant environ 6 centimètres de longueur sur 3 centimètres de plus grand diamètre. La Chenille, qui est polyphage, vit très bien sur le Laurier rose {Nerium oleander). Arrivée au dernier âge, elle est verte avec plaques noir verdâtre et tubercules épineux ; tirant sur le rose. L'insecte parfait sort après une trentaine de jours. Le P. Camboué a observé sur le littoral est, à Tamatave, une autre espèce de Saturnia, se rapprochant assez de Su- raka. La Chenille, fausse Arpenteuse, est d'un beau noir, garnie sur ses segments de proéminences épineuses, jaunes sur les huit derniers, rosées sur les premiers. Le corps est parsemé de taches jaunes de la même couleur que les tuber- cules. Les stigmates sont noirs, bordés de jaune; les fausses pattes d'un beau noir luisant. Elle atteint 9 centimètres de longueur sur 12 millimètres déplus grand diamètre. Elle est aussi polyphage et vit bien sur le Laurier rose. Le cocon est plus petit et de couleur plus sombre que celui de S. Suraka. LISTE D ESPÈCES SÉRICIGÈNES D AFRIQUE Bombyx Bauhiniœ {1res recommandé). Bombyx annulipes Boisduval. Salurniu Cajani Guérin-Méneville. Bombyx Bhadama Bdv. — Espèce commune à Madagascar. Les Chenilles vivent en société dans des poches communes contenant de 500 à 600 cocons, dont la soie grossière est utilisée. Bombyx Diego. — Moins connu que le précédent et vivant de la même manière. Bombyx Fleuriotii Guérin-Méneville. — A peine connu et servant à tisser des lambas sur la côte méridionale. Saturnia auricolor Mabille. Saturnia fuscicolor Mabille. Bombyx panda. — Vit comme le Bhadama et produit une soie très estimée. SÉRICIGÈNES SAUVAGES CONNUS. 93 Saturnia vacuna Westwood. — Habite l'Ashantee. Saturnia mythimnia Weslw. — Port Natal. Saturnia arata Westw. — Ashantee et Sierra-Leone. Saturnia belina Westwood. — Zoulouland. Saturnia hersilia Westw. — Congo. Saturnia menippe Westw. — Natal et autres parties de l'Afrique australe. Saturnia tyrrhea Cramer. — Cap de Bonne-Espérance et Afrique australe. Saturnia cytherea Fabricius. — Gap de Bonne-Espérance et Afrique australe. Saturnia nenia Westw. — Congo. Saturnia agathylla Westw. Saturnia Said Oberthùr. — Belle et grande espèce trou« vée par M. Raffray à Bagamoyo, en face de l'île de Zanzibar. Saturnia thyella Zamberia Felder. ESPÈCES D'EUROPE Il n'y a en Europe aucun Bombycien qui soit important comme séricigène. Des six espèces que je vais mentionner, les trois premières produisent une soie assez grossière, et il en est de même, je crois, de la quatrième, Cœcigœna. La Sat. Isabellœ fournit un cocon dont la soie est assez fine, mais elle est peu abondante. UOtus seul semblerait être une espèce digne d'attention comme sétifère, mais cette espèce est plutôt asiatique qu'européenne. AttacusPyri S. V. Godard; Saturnia pavonia major Linn. — Europe centrale et méridionale. Se nourrit principale- ment sur le Pécher, l'Amandier, le Poirier, le Pommier, le Prunier, l'Orme, le Frêne, etc. En France, la Chenille atteint toute sa taille dans le courant du mois d'août. Elle forme son cocon sous les corniches des murs, aux bifurcations des grosses branches, ou au pied des arbres. Il y a en Algérie une variété de Pyri, décrite par M. H. Lucas, sous le nom de Saturnia Atlantica. ' 94- SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. Attacus carpin.i S. V. God., Dup., Bdv. ; Saturnia pavonia minor L. — Dans presque toute l'Europe ; se trouve jusque dans le nord de l'Angleterre. La Chenille vit sur l'Orme, le Charme, le Bouleau, le Saule, le Prunellier, la Ronce, la Bruyère, etc. Cette espèce est plus précoce que la précédente; les papillons éclosent généralement en avril. Les Chenilles écloses en mai forment leur coque, qui est pyriforme, vers le milieu de juillet, dans les buissons. Attacus spini Borkha.usen; S at. pavonia média Fabricius. — Allemagne, Autriche, Hongrie. Cette espèce ne peut, dit- on, s'accoupler qu'à l'air libre. Je n'ai jamais pu obtenir la reproduction de cette espèce en captivité après plusieurs . annéCvS d'essai. En 1881, avec une quarantaine de cocons, je ne pus obtenir que sept ou huit Papillons; les chrysalides, comme celles de Pyn et de Carpini, restent souvent deux ans et même trois ans avant d'éclore. Les Papillons de Spini, en 1881, ont commencé à éclore le 17 avril, les Carpinile SO. D'après ces dates, le Spini serait encore plus précoce que le ' Carpini. La Chenille vit sur le Prunellier, Prunus spinosa. Le cocon est plus gros et plus soyeux que celui de Carpini et est de forme ovale. Le Papillon, qui ressemble assez à cehii de Pyri, est, comme chez celui-ci, de même couleur et de même taille chez les deux sexes; il y a, au contraire, une • différence très marquée chez le mâle et la femelle dé Carpini, tant pour la taille que pour la couleur. Saturnia cœcigœna Hubner. — Dalmatie, Turquie, Asie • ' Mineure. Je n'ai encore aucune donnée sur cette espèce. ■ . Saturnia (Actias) Isahellœ. — Espagne centrale. Magni- fique espèce découverte par M. Mieg, décrite et figurée dans les Annales de la Société entomologique, 1850, p. 241, ■ pi. Vlil, par M. le professeur Graells. Le Papillon ressemble 'par la forme à V Actias luna des États-Unis de l'Amérique du ' Nord ; il est d'un be'au vert avec les nervures brunes. La Che- nille est verte, avec la tête et le milieu des segments bru- n'vsÉRIClGÈNES SAUVAGES eONWUS. .95 • nâtres; deux taches allongées, rouges, bordées de blanc, se remarquant sur le bord de chaque segment; elle vit sur le Pin des forêts, Pinus sylveslris. Cette belle espèce est loujours maintenue à un prix assez élevé, et la propagation en est pour ainsi dire interdite. En 1878, je reçus dix-huit chrysalides d'Espagne; elles coûtaient 15 francs pièce, mais le prix a baissé depuis cette époque. Mon désir était, avec ces dix-huit chrysalides, de repro- duire et d'élever l'insecte, mais je n'eus aucun succès, pro- bablement par suite du système employé pour l'envoi des chrysalides. Il en fut de même de deux autres essais que je fis les années suivantes. Les chrysalides, avantd'être expédiées d'Espagne, sont sorties du cocon, enveloppées de petites bandes de papier de soie, et elles sont ensuite remises avec un peu de ouate dans le coton préalablement coupé d'une - extrémité à l'autre. Cette opération est faite dans le but pré- tendu de voir si les chrysalides envoyées sont bien vivantes et ' aussi afin de les protéger contre les chocs du voyage. Le résultat de cette opération, faite avec de bonnes intentions, dit-on, c'est qu'une partie des Papillons qui éclosent sont avortés, et que la plupart des chrysalides sont détruites par des parasites diptères auxquels on a ouvert la porte. Avec mes dix-huit chrysalides d'habellœ^y je. n'obtins qu'un tout petit nombre de Papillons, tous femelles, à l'exception d'un mâle, cinq ou six Papillons en tout. .1 ., ■■ , . Bombyx {Lasiocampa) Oins Drury. -^ C'est le Bombyx séricigène, dont les Grecs et les Romains obtenaient de la soie, avec laquelle ils fabriquèrent des tissus avant l'intro- duction du Ver à soie du Mûrier de la Chine. ,Qu'est devenu ce célèbre Bombyx « Hibou » des anciens? Un de mes an- ciens correspondants de Sicile, M. J. Pincitore Marolt, de Palerme, dans un article -qui a paru le 1" août 1873, dans les Petites nouvelles entomoiogiques, parle de la découverte i etde lapropagatiiinde ce remarquable Lépidoptère eq Italie, et dit dans un passage de son rapport : « Le Bombyx Otus 96 SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. est d'uno grande importance, car sa Chenille est séricigène et susceptible, peut-être, de remplacer le B. (Sericaria) Mori; la soie qu'on obtient du cocon de cette espèce est presque aussi belle que celle produite par le Yama-maï; la véritable patrie de VOtus étant l'Asie Mineure, la découverte de cet insecte en Italie prouve que nos conditions climaté- riques et notre flore, au moins en partie, se rapprochent de celles de l'Orient, et que l'élevage de celte espèce pourrait être opéré avec succès. — M. Correale, de Scandole, près Crotone (Calabre), est le premier qui a retrouvé en Italie le papillon Otus; il a fait quelques tentatives, jusqu'ici couron- nées de succès, pour élever cette espèce dans un but com- mercial. Cesobservationsontété publiées par M. le professeur Cornalia, dans les Annali di Storia naturale, t. VIII, 1865. » M. Marott ajoute que VOtus n'est pas rare aujourd'hui (1873) dans la partie méridionale de l'Italie continentale, et qu'il l'a trouvé aussi aux environs de Monte-Cuccio (Pa- lerme). La Chenille vit sur diverses plantes, mais elle préfère le Lentisque. Outre l'Asie Mineure, l'espèce se trouve aussi dans la Turquie d'Europe. ESPÈCES DE L'AMÉRIQUE Dans mes divers rapports anglais et français, j'ai parlé de l'éducation en Europe des principaux Vers à soie sauvages des États-Unis de l'Amérique du iNord ; quant aux autres; je 'ne pourrai qu'en donner les noms d'après la liste des Pa- pillons hétérocères de l'Amérique du Nord, par Aug. R. Grote, président du club entomologique de New-York, et publiée en mai 188-2. Telea polyphemus; Telea Hubner, polyphemus Crammer. '■" — Le meilleur Ver à soie sauvage des États-Unis, à cocon fermé, comme celui de toutes les espèces appartenant au genre Antherœa, et dont il a tous les caractères. SÉRIGIGÈNES SAUVAGES COiNNUS. 97 • La soie blanche du Poli/phemus peut rivaliser avec celle du Pernyi, mais le cocon est ordinairement moins gros. Eu Europe, l'espèce a été élevée à l'air libre, avec le plus grand succès, sur le Chêne. Les Papillons s'accouplent difficilement en captivité, et je crois que l'on doit opérer avec cette espèce de la même manière qu'avec le Yama-mal du Japon, c'est- à-dire placer les cages à Papillons à l'airlibre. Outre le Chêne, la Chenille peut s'élever sur le Bouleau, le Hêtre, le Saule, le Noisetier, le Châtaignier, etc. La Chenille, qui est une des plus belles, a cinq âges; elle est blanchâtre au premier âge. Aux autres âges elle est d'un beau vert, avec tête brune, mais sans points noirs comme celle du Pernyi. A la base de tous les tubercules il y a une plaque argentée à reflets métalliques. Noms de plantes données par divers entomologistes amé- ricains, comme servant de nourriture au Polyphème: Quer- cus, Ulnms, Tilia Americana, Rosa, Acer, Salia),Populus, Corylus, Betula, Vaccinium, Carya, Juijlans nigra, J . ci- nerea , Cratœgus, Quercus virens, Prunus Virginiana, Plalanus, Castanea vesca, Fagus, Tilia Europœa, Carya tomentosa, Alnus incana, etc. Platysamia cecropia ; Attacus cecropia Linn. — Platy- samia est le nom générique donné par Grote à cette espèce et aux trois suivantes, qui toutes sont très rapprochées. Cecropia est le plus grand Séricigène des Etats-Unis. Le cocon, ouvert comme tous ceux du même genre, est entouré d'une enveloppe irrégulière qui est souvent d'une grosseur extraordinaire. La Chenille, qui a six âges (quelques auteurs disent qu'elle n'a que cioq âges), est plus difficile à élever à l'air libre dans les pays du Nord, que l'espèce précédente. Elle vit sur nombre d'arbres fruitiers et autres, surtout le Prunier sauvage, le Saule, etc. La Chenille et le Papillon se font remarquer par la beauté et la variété de leurs couleurs. Les Papillons s'accouplent facilement. Noms des plantes nourricières du Cecropia, en Amérique. Brodie {Papilio, février 1888) donne une liste de quarante^ neuf espèces de plantes appartenant aux genres suivants : 4» SÉRIE, T. m. — Février 1886, 7 98 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. Tilia, Acer, Prunus, Spirœa, Cratœgus, Pyrus, Amelan- chier, Ribes, Sambucus, Ulmus, Quercus, Fagus, Corylus, Carpinus, Betula, Alnus, Salix et Populus. D'autres au- teurs donnent les genres suivants : Berberis, Liriodendron, Syringa, Carya, Gleditschia, Rubus, Ceanothus, Ampélop- sis, Cephalanlhus, Fraxinus, Vaccinium et Rosa. Plalysamia Ceanothi Behr ; Californica Gr. — Espèce plus petite que la précédente. L'enveloppe du cocon, qui est pyriforme, est gris de fer, le cocon intérieur brun et petit comparé à l'enveloppe, l'espace entre les deux étant assez considérable. La Chenille de cette espèce a été élevée sur le Prunier et sur le Saule. Il est probable qu'elle peut vivre sur les mêmes plantes .que Cecropia et que l'espèce suivante, Gloveri. Elle prend son nom de Ceanothus de l'une des plantes sur lesquelles elle vit. La Chenille de Ceanothi, ainsi que celle de Gloveri, ressemble beaucoup à celle de Cecropia^ surtout aux deux premiers âges. A partir du troisième âge, la différence la plus sensible est que les tubercules dorsaux de Ceanothi et de Gloveri sont d'une couleur à peu près uni- forme, rouge orangé ou jaune, tandis que les quatre pre- miers tubercules dorsaux de la Chenille de Cecropia sont rouges et les autres jaunes. Les tubercules latéraux sont bleus chez les trois espèces. Les Papillons de Ceanothi ont les quatre ailes d'un brun rouge pour le fond ; au contraire, les couleurs sont variées chez les deux autres espèces. Les Papillons ne s'accouplent pas avec la même facilité que ceux de Cecropia. Platysamia Gloveri Strecker. — Espèce qui tient le mi- lieu entre les deux précédentes pour la taille et le coloris des ailes. L'enveloppe du cocon est d'un gris argenté; le vrai cocon est brun foncé. L'enveloppe extérieure adhère au cocon, sans laisser aucun espace entre les deux. Cette espèce a été découverte dans l'Utah, où des cocons ont été récoltés sur une espèce de Saule à petites feuilles; elle se trouve aussi dans l'Arizona, SÉRICIGÈNES SAUVAGES CONNUS. 99 Platysamia Columbia Smith. — Cette espèce ne semble être qu'une race plus petite de Gloveri. Callosamia promethea; Attacus promethea Drury. — Callosamia est le nom générique donné par Packard. Espèce dont le cocon ressemble assez à celui de V Attacus cynthia, mais il est un peu plus petit et plus allongé. La Chenille s'élève facilement, à l'air libre, sur le Lilas et le Cerisier. En Amérique elle vit sur les Sassafras (Cerisier sauvage), Cepha- lanthus, Laurus benzoin, Syringa, Berberis, Betula, Acer, Quercus, Pinus, Fagus, le Pommier, le Poirier, le Pêcher, le Liriodendron, les Populus, etc. Selon W.-H. Edwards, la Chenille de Promethea n'a que trois mues ou quatre âges, dans la Virginie occidentale. ^\vvMf^ ni'^ .y^^ Callosamia angulifera Walker. — Espèce se nourris- sant, je crois, sur le Tulipier. Philosamia Gr.; Cynthia Drury. — C'est V Attacus cyn- thia, originaire de la Chine, actuellement naturalisé aux États-Unis. Attacus splendidus de B. Saturnia gu'lbinà ; Saturnia KvsLïik ; Galb ina Clem. Saturnia meûdocino Behrens. Actias luna ; Attacus lun a Linn. — Actias, nomgénérique donné par Leach. Espèce qui ressemble assez à VActias selene de l'Inde, mais elle est plus petite. Le cocon, qui est fermé comme tous ceux de ce genre, est irrégulier et peu soyeux. Papillon vert, remarquable par sa beauté. Aux États- Unis, VActias luna est bivoltin. La Chenille, qui est verte avec tubercules rouges, a souvent été élevée en Europe, où elle semble préférer le Noyer; elle est cependant très poly- phage. Les plantes citées par les entomologistes américains 100 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. comme lui servant de nourriture sont : Juglans cinerea. Cary a porcina, Quercus, Platanus, Liquidamhar, FaguSy Belula, Salix, Ostrya Virginica, Castanea, et le Prunier. Hyperchiria io Fabricius. — La Chenille de cette espèce se chrysalide dans une coque légère formée à la surface du sol; elle est couverte de touffes de poils raides qui piquent comme des orties. Elle s'élève très facilement. Les Papillons, qui sont fort jolis et qui diffèrent chez les deux sexes, s'accouplent aussi très facilement en captivité. La Che- nille, qui est très polyphage, a six âges ; elle a été élevée en Europe sur le Chêne, le Saule, le Prunier, le Pommier, etc. En Amérique, on la trouve sur les Populus halsamifera, Ulmus, Zea mays, Cornus, Sassafras, Quercus, Robinia viscosa, Cornus florida, Liriodendron, Humulus, Gossy- pium, Acer, Salix^ Populus tremuloides, Robinia pseudo- acacia, Cerasus Virginiana, Betula, Fraxinus, Rubus villo- sus, Trifolium pratense, etc. Attacus aurota Crammer. — Grande et belle espèce qui se trouve à la Guyane française, au Brésil et autres pays de l'Amérique centrale. Au Brésil il y en a une variété qui porte le nom d' Attacus speculifer. Le cocon, qui est très épais et soyeux, a la forme de celui de V Attacus atlas. UAurota^ d'après M. A. Michély, a six générations par an à la Guyane française. Les Papillons éclosent un mois après la formation du cocon ; les œufs huit jours après la ponte et vingt jours après a lieu la formation du cocon. V Aurota a été élevé à la Guyane française par M. Michély sur l'Oranger et autres Aurantiacées, et sur l'Eucalyptus; il peut vivre aussi sur l'Allante, le Ricin, le Café diable {Casea- via ramiflora), le Moubin, le Saint-Jean, le Manioc {Jatro- .pha Manihfit), l'Acajou, le Bambou. Attacus hesperus. — Espèce plus petite que la précédente, et qui peut vivre sur les mêmes plantes que V Aurota. Le cocon, qui est brun et à peu près de la grosseur de celui de Y Attacus cynthia, est régulier de forme et sans bourre. La SERICIGENES SAUVAGES CONNUS. 101 Chenille, dit M. Michély, forme son cocon quinze jours seu- lement après son éclosion. Il y a cinq espèces de Séricigènes à la Guyane. Parmi les espèces américaines, nous devons encore citer les suivantes : Saturnia Sat. Vorul Sat. Laver Sat. Gellet Saturnia j Eucheira ; Décrites dans les Transactions of the Ent. Soc. of London en 1884, par Westwood (t. I, p. 38). Saturnia orizaba Westwood. - — Mexique, Sat. Vorulla id. id. Sat. Laventera id. id. Sat. Gelleta id. id. Saturnia Zacateca id. Bogota. Eucheira socialis id Mexique Il TRAVAUX ADRESSÉS ET COMMUNICATIONS FAITES A LA SOCIÉTÉ- ; 1 NOTE SUR LA FLORAISON ET FRUCTIFICATION DU JUBiEA SPECTABILIS par M. Ch. IVAUDIK, de l'Institut. I I Le Coquito des Péruviens et des Chiliens, le Jubœa specta- hilis des botanistes, est incontestablement un des plus volu- mineux Palmiers qui existent, et, ce qui a lieu de surprendre, c'est qu'avec ses proportions colossales il se montre, sous nos climats, tout aussi rustique que le vulgaire Palmier nain du midi de l'Europe, endurant, comme lui, sans en souffrir sensiblement, des froids passagers de 10 à 12 degrés centi- grades au-dessous de zéro. Il a une autre qualité qu'il partage avec notre modeste Chamœrops, c'est de savoir se passer d'eau pendant les longues sécheresses de l'été méridional, ce qui d'ailleurs ne peut guère étonner quand on sait qu'il nous est venu de pays où la pluie est un phénomène météorologique relativement rare. A ren- contre de la grande majorité des Palmiers, il se plaît dans les terrains secs, et, si on le soumettait au même régime que le Dattier, auquel il faut tant d'arrosages pendant l'été, il périrait presque infailliblement. Voilà certes de quoi recommander le Jubœa aux amateurs d'arbres de haut ornement dans le midi de l'Europe ; mais il a un mérite plus sérieux comme arbre saccharifère, ce qui fait que, dans son pays d'origine, on l'exploite sur une grande échelle pour en retirer du sucre. On peut même craindre que cette exploitation, qui n'est pas réglementée, n'aboutisse à la destruction de l'espèce. Outre sa sève mielleuse, l'arbre pro- duit en grande quantité des graines, ou petits cocos, de la grosseur d'une noix, dont l'amande est comestible et peut fournir de l'huile par pression. Elle sert aussi à l'engraisse- DU JUBŒA SPECTABILIS. 103 ment des bestiaux. Le grand naturaliste Darwin, qui a visité le Pérou et le Chili, nous apprend qu'un arbre adulte donne jusqu'à 90 gallons (408 litres) de sève sucrée. Si maintenant on tient compte de l'aptitude de l'arbre à croître sous un climat chaud et sec, sans demander ni culture ni arrosage artificiel, il vient naturellement à l'esprit qu'il serait tout à fait à sa place dans les parties du nord de l'Afrique où, faute d'eau, la culture du Dattier resterait impro- ductive. Il semble donc probable qu'avec lui on pourrait créer des Oasis d'un nouveau genre dans le Sahara algérien, si rebelle aujourd'hui à toute culture régulière. La seule objec- tion qu'on pourrait y faire, c'est qu'il faudrait du temps pour que ces Oasis donnassent de l'ombre d'abord, puis des récoltes de sucre ou de graines, ce qui n'arriverait guère avant la trentième année. Mais où en serait-on si l'on ne plantait que pour récolter à courte échéance, sans souci des arrière- neveux ? Pour la première fois, depuis qu'il a été introduit en Europe, le Jubœa spectabilis a fleuri et fructifié en 1885, non en France, mais au Jardin royal des Necessidades, à Lisbonne. Ses spadices, longs de plus d'un mètre, se sont développés en janvier-février et les fruits ont mûri en août. Les fleurs sont hermaphrodites (ou peut-être monoïques sur le même spadice, comme dans d'autres Cocoïnées), et ce point est à noter, car par là on sera dispensé de recourir à la fécon- dation artificielle, opération délicate et qui n'est pas exempte de danger lorsqu'il faut la faire sur des arbres de grande taille et armés de fortes épines, comme les Dattiers. L'individu qui a fleuri en Portugal, et qui s'apprête à fleurir de nouveau, est âgé ,d'environ trente-cinq ans. La hauteur de son stipe, au-dessous de la couronne de feuilles qui en forme la tète, est de 5™, 60. et sa circonférence, à quelques centimètres du sol, de 4-'", 40. Cette énorme tige se rétrécit un peu en s'éle- vant, et, à 1 mètre de sa base, elle n'a plus que 3'" ,60 de tour. Je tiens ces détails de M. Daveau, ancien employé du Muséum, actuellement inspecteur du Jardin botanique de Lisbonne. On trouve quelques Jubœas dans les jardins de la Provence 104 SOCIÉTÉ NATIONALE JD'ACCLIMATATION. lïiariLime, mais ils n'y sont pas à beaucoup près aussi nom- breux que d'autres Palmiers qui ne les valent pas, et on ne comprend guère pourquoi cet arbre remarquable a été si négligé. La Villa Thuret en possède plusieurs, dont le plus grand, âgé aujourd'hui de vingt-huit ans, approche beau- coup de celui de Lisbonne. Sa hauteur, sous la dernière feuille, est de 1",45, et le reste de la tige, caché par la base des feuilles, est d'environ 4 mètre. La circonférence du tronc, à 20 centimètres du sol, est de 4", 50. Les feuilles paraissent un peu courtes pour celte puissante tige; elles n'ont guère que 3 mètres de longueur. Au simple point de vue ornemental, le Jubœa spectabilis, quoique très beau et très curieux, me paraît inférieur au Phœmx canariensis, que j'appellerais volontiers le Roi des Palmiers de pleine terre du midi de l'Europe. Cet arbre superbe peut être considéré comme acclimaté en Provence, car il y prend le plus beau développement, n'y souffre pas du froid et y produit, après fécondation artificielle, des graines excellentes, qui servent aujourd'hui à le multiplier. III. EXTRAITS DES PROCES-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ- SÉANCE GENERALE DU 5 FEVRIER 1886. Présidence de M. de Quatrefages, Vice-Président. Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. — M. Je Président proclame les noms des membres nouvellement admis par le Conseil, savoir : MM. PRÉSENTATEURS. Tj „, ,„„ ,, . . T u j \ o j ( Maurice Girard. Brelles (le vicomte Joseph de), 8, rue de \ Bagneul, Pans. / £,,..„ , ° ( SediUot. ri /i ■ \ • '» • n ■ . Dareste. Despeltt (Louis), propriétaire, au Domaine k „ . „■ , „ ^ ,uV ^ ,.'; ■ Maurice Girard. des Yeuzes Hérault). t ,, „, , ^ ' [ Raveret-Waltel. ( Dareste. FoREST, huissier, à Angoulême (Charente). | Maurice Girard ( Raveret-Wattel. AURIOL, professeur d'agriculture, à Oran l . , _,'. , . ; . l Jules Grisard. ^ ^^"^^* ( Raveret-Wattel. iT /r. T • N 1-7 J O ;' Maurice Girard. Hessneguy (D' Louis), 11, rue du Somme- \ , , . rard, a Pans. ) „,,.,, . [ Sedillot. rv ,11 -^ '.or j n ■ i A. Geoffrov Saint-Hilairc. DONAT Henn), propriétaire, 35, rue du Ge- g^.^^^ves Ménard. neral tov, a Pans. / . _ "' 'A. Porte. 1 ,n . \ o 1 j 1 iir j I • . /■ De Bresson. Jamet (Gustave), 6, place de la Madeleine, a \ . „ „ o • . ni • . /' ' r > » A. Geoffroy Saint-Hilaire. ( Saint-Yves Ménard. — M. le Président annonce à l'Assemblée la perte regrettable que la Société vient de faire dans la personne de M. Nicolas Meyer. — M. Anibroise Gentil, professeur au lycée du Mans, écrit à M. le Secrétaire des séances : « J'ai l'honneur de vous faire parvenir par la poste les Bulletins de la Société d'horticulture de la Sarlhe pour l'an- née 1886. » Le comité d'administration m'a prié de solliciter auprès de vous, pour l'avenir, l'échange de ce Bulletin contre celui de la Société d'Accli- matation de France, et je serai personnellement très heureux si vous voulez bien agréer ma demande. » Notre Société d'horticulture possède des jardins assez vastes pour que leur entretien nécessite annuellement une dépense d'environ vingt 106 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. mille francs. Nos efforls pour acclimater les plantes intéressantes et les propager ne sont pas sans résultats ; par ailleurs, nous possédons déjà quelques animaux dont nous désirons augmenter le nombre. » Le comité pense que, si la Société d'Acclimatation voulait bien entrer en relations avec nous et nous confier quelques cheptels, elle y trouve- rait l'avantage d'étendre ses moyens d'action en même temps que sou utile influence. » J'ai promis de]solliciter votre intervention pour arriver à ce résultat, qui serait, je crois, profitable aux deux Sociétés. Si ma demande n'est pas importune et si la chose est possible, je vous serais très reconnais- sant de vouloir bien faire adresser les renseignements nécessaires à M. le colonel Follic, président de la Société d'horticulture de la Sarthe. » Je mets à profit cette occasion pour vous donner quelques rensei- gnements sur les essais de pisciculture dans notre département. Peut- être pourront-ils vous intéresser, mais ils n'ont pas au fond grande importance. » Vous avez sans doute souvenir de cinq mille alevins de Saumon de Californie qui furent mis dans la Sarthe, en 1878, par M. Carbonnier. En 1882, sur les indications qui m'avaient été données, je disais : « On croit en avoir retrouvé quelques-uns. » Malheureusement, aujourd'hui, je dois ajouter : « Il n'en a pas été vu depuis. » » Le Conseil général de la Sarthe inscrit à son budget, depuis deux ans, une somme de mille francs pour essai de repeuplement des rivières. En 1885, cette somme a été employée à l'acquisition de trente-cinq mille alevins de Truite, dont quinze mille alevins de Truite des lacs, qui ont été distribués dans différents cours d'eau. Les Truites des lacs ont été fournies par l'établissement de pisciculture, de création récente, dépen- dant de la ferme-école de la Pilletière en Jupilles (directeur : M. de Villepin). » Dans son rapport au préfet, M. de Villepin ajoute : « Nous avons » fait venir les œufs embryonnés de l'Isère; les Truites qui en pro- » viennent croissent beaucoup plus rapidement que celles des ruis- » seaux. M. Chabot-Karlen a constaté qu'elles pesaient, à la Pilletière, » 19 grammes à l'âge de six mois. » — M. A. Touchard écrit de Chalillon-sur-Indre : « Je suis loin de trouver que les expériences d'acclimatation faites dans mon parc sur les Cerfs nains aient parfaitement réussi. Les femelles font, paraît-il, deux portées par an : une en décembre ou janvier, et une en juin ou juillet. Je devrais donc avoir au moins quatre ou cinq jeunes et je n'en ai abso- lument que deux, un mâle et une femelle, et le premier était déjà fort il y a deux ans. » Il faut donc en conclure que pas un seul des jeunes nés en hiver n'a été élevé : ils périssent probablement de froid. » Mon parc est en côte ; il y a deux hectares de prés et un hectare en PROCÈS-VEUBAUX. 107 futaie; le reste est en taillis de châtaigniers et de bouleaux très fourrés; il y a beaucoup d'épines et de ronces; les animaux ont donc de quoi se cacher et s'y trouver comme à l'état sauvage. » J'ai constaté que les petits Cerfs nains se tenaient de préférence, l'été, près des étangs dans les endroits humides; l'hiver, ils sont dans les endroits secs et élevés; les jeunes sont très farouches; ils se tiennent dans les ^taillis impénétrables et souvent sous les ronces. » Le matin et le soir, une heure avant le coucher du soleil, on les voyait de loin dans les prés; mais il n'était pas possible de les appro- cher. » Le vieux couple, moins farouche, se tenait dans les taillis assez clairs; on l'approchait parfois, surtout la femelle, à 15 ou 20 mètres. ■ » Ces animaux courent très vite, droit devant eux, la tête basse et presque dans leurs jambes. » — M. Fremy, directeur du Muséum d'histoire naturelle, adresse à M. le Président la lettre suivante : « J'ai l'honneur de vous adresser les remerciements de l'assemblée des professeurs, pour le don que la So- ciété d'Acclimatation a bien voulu faire à la ménagerie des Reptiles de six Black-Bass {Micropterus salmoides), présentant un grand intérêt et avec lesquels on peut espérer obtenir la reproduction de cette espèce en France. » — iM. le marquis de Pomereu fait connaître qu'il n'a perdu aucun des jeunes Black-Bass qui lui ont été remis par la Société, et que ces alevins sont tous en parfait état. — Au sujet de cette communication, M. Raveret-Wattel annonce qu'il a eu occasion de voir les Black-Bass confiés à M. le marquis de Po- mereu, et que ces jeunes Poissons, qui sont l'objet d'excellents soins, lui ont paru être, en effet, dans un état des plus satisfaisants. — iMM. Després, Jacquemart, Léon Lefort, comte de Noinville et Rathelot, ainsi que la Société départementale de pisciculture du Cher et la Société messine de pisciculture, accusent réception et remercient des envois d'œufs de Truite des lacs et de Salmo fontinalis qui leur ont été faits. M. Léon Lefort donne, à ce sujet, les renseignements ci-après : « Les sept cents œufs de Salmo fontinalis, que la Société m'a envoyés, sont arrivés en parfait état; mais il était temps, car mis le lendemain malin dans l'appareil Coste, l'éclosion commençait le second jour. » Je mettrai ces Poissons à l'eau dans un étang de 17 hectares, en même temps que l'alevin de quatre mille Truites de Lochleven que je me suis procuré à Seeviese (Allemagne), l'éclosion de ces œufs n'ayant pré- cédé que de huit jours celle des Salmo fontinalis. Je tiendrai la So- ciété au courant des résultats. î — 3I"« veuve Simon, née de Fuisseaux, écrit de Bruxelles : « Je suis heu- reuse de pouvoir offrir à la Société des cocons vivants d'Attacus Pernyi 408 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. de race univoltine, et des cocons vivants à' A. cynthia, produits de nos éducations. L'éducation de la race univoltine, créée par mon fils, de- mande certaines précautions nécessaires pour éviter les éclosions pré- maturées. Une cave froide est indispensable pour que l'éclosion n'ait lieu qu'en avril-mai. Pour réussir l'éclosion et prévenir la perte des jeuiios Chenilles, nous recommandons l'emploi de nos boîtes, dont un modèle a déjà été envoyé à la Société d'.\cclimatation. L'éclosion se fera sur l'arbre même, à l'abri des froids, dans le Nord. On ne saurait donner trop de soins aux jeunes larves; de là dépend le succès de l'éducation. La race univoltine offrira plus de chances de réussite pour les pays du Nord, son acclimatation étant déjà faite. Toutefois, cette race étant natu- rellement bivoltine, nous avons remarqué que, après quelques années d'éducation, une dégénérescence se produit. Afin de ne pas perdre le fruit de l'acclimatation obtenue et de conserver la vitalité naturelle, nous mélangeons au grainage, des cocons bivoltins avec des univoltins. » Je suis reconnaissante à la Société de son envoi de cocons de Mylitta et de graine de Cecropia. Nous avons obtenu des Papillons splendides des cocons de Mylitta, et nous avons pu avoir des cocons de Cecropia, ce qui nous permettra d'envoyer de la graine à la Société. » Nous possédons encore une certaine quantité de cocons vivants de Pernyi. » L'année passée (1885), nous avons fait une éducation de 100 grammes de graines de Vers à soie du mûrier de race française, et une de 50 gram- mes de race belge. Je prépare un rapport sur ces éducations et je serais extrêmement heureuse si quelques procédés nouveaux, que j'ai adoptés, peuvent être utiles aux éleveurs. » M. le comte Danne veut bien me prêter son appui. De son côté, le directeur du laboratoire de la Chambre de commerce de Lyon nous fait l'honneur de nous écrire. Ces encouragements, joints à ceux que la So- ciété d'Acclimatation veut bien nous donner, nous sont très précieux et nous inspirent une vive reconnaissance. Cette année, nous mettrons gra- tuitement, comme nous l'avons déjà fait l'année passée, de la graine et des cocons vivants A'Attacus Pernyi à la disposition des instituteurs français qui en feront la demande. L'envoi sera accompagné d'une bro- chure sur VAttacus Pernyi. » — M. Ch. Naudin adresse de la Villa Thuret (Antibes) une note sur la floraison et la fructification du Jubœa spectabilis (voy. au Bulle- tin, p. 102). — M. Paillieux communique la lettre ci-après qui lui est adressée par M. Joseph Clarté, de Baccarat : « Je viens vous rendre compte de ma culture de Stacliys affinis, dont vous avez eu l'obligeance de m'en- voyer des plants à la fin du mois de mai 1885. j Cette plante a parfaitement réussi ici; pendant l'été, la végétation en a été très vigoureuse; j'ai commencé à arracher les premiers tuber- PROCÈS-VERBAUX. 109 cules au commencement de novembre, et successivement, toutes les fois que la température l'a permis. » Depuis le 7 décembre, nous avons eu de la neige presque sans in- terruption avec de fortes gelées. Plusieurs nuits le thermomètre est descendu à 16 degrés centigrades; malgré celte neige et ce froid, les tubercules du Stachys n'ont nullement souffert, même ceux oubliés sur la terre étaient bien conservés. » Gomme vous le dites, la production du Stachys est énorme; la plante sortie de terre présente l'aspect d'une véritable grappe de tuber- cules. » Accommodés comme les haricots llageolets frais, les tubercules de Stachys font un plat exquis ; cuits dans le jus, autour d'un rôti, ils sont excellents et je crois qu'ils pourront également se prêter à bien des combinaisons culinaires; puis, ce qui n'est pas un mince mérite, ils donnent peu d'ouvrage à la cuisinière : les laver proprement, couper les radicules et dix minutes de cuisson; c'est donc un plat très expé- ditif. » Aussi je considère le Stachys affinis comme appelé à un grand succès dans nos cultures, et à tenir d'ici peu de temps une place impor- tante à côté de nos meilleurs légumes. » Je vous serais bien reconnaissant, si, lorsque le moment sera venu, vous pouviez disposer en ma faveur de quelques bulbilles d'Igname du Japon à racine courte nommée, au Japon, Hiri-imo, et, botanique- ment, Dioscorea Decaisneana. )) Je serais content aussi de connaître le nom japonais du Stachys affinis. » — M. le D"^ Jeannel écrit de VilIefranche-sur-Mer : « Je me fais un plaisir de vous rendre compte du résultat de semis des Haricots cerise que vous avez eu la bonté de m'envoyer en mars dernier. î Ils ont été semés le 20 mars dans un terrain bien préparé. Ils ont végété vigoureusement. La récolte a eu lieu du 1" au 18 juillet; elle a été extrêmement abondante. » Les cosses vertes, contenant la graine déjà rouge et bien formée, sont faciles à cuire et fournissent un légume excellent et très écono- mique. » Les Haricots tout à fait mûrs, tirés des cosses jaunies, sont égale- ment très faciles à cuire et très tendres; l'épiderme est très fin et nulle- ment résistant. La saveur est agréable, %ans avoir la finesse des haricots flageolets, auxquels je crois devoir réserver un rang encore plus disr tingué qu'aux Haricots cerise. j Je viens de faire un nouveau semis dont j'espère un bon résultai pour la fin d'octobre. » Les Pachyrrhisus végètent pauvrement malgré des arrosages jour- naliers; je ne suis pas assez habile pour les faire prospérer. 110 SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. » Si vous le désirez, je vous adresserai un petit paquet de Haricots cerise de ma récolte. » — A l'occasion de cette lettre, M. Hédiard rappelle que le Haricot cerise a été présenté il y a quelques années à la Société par M. Pail- lieux. M. Hédiard, qui a cultivé cette variété près de Paris, à Asnières, l'a trouvée très productive. C'est un Haricot à grandes rames, qui se mange en cosses, quand la graine est formée; la cosse est tendre comme celle d'un Haricot mange-tout. M. Hédiard rappelle également qu'il a présenté l'année dernière une variété dite Haricot saint-ciboire, qui est également un mange-tout. Ce Haricot est blanc avec une petite macule. Notre confrère demande que ceux des membres de la Société auxquels il a remis de la semence de cette variété veuillent bien faire connaître les résultats qu'ils ont obtenus. — M. Chappellier dépose sur le bureau une certaine quantité de tu- bercules de Stachys affinis provenant de sa récolte, et fait l'éloge de ce légume qu'ont trouvé excellent toutes les personnes auxquelles il en a fait goûter. Cette plante, très rustique, a résisté à des froids de 16 de- grés, et peut être laissée en terre pendant tout l'hiver pour être mangée fraîche. Elle est très productive; trois touffes suffisent pour donner un plat. C'est, en somme, une excellente acquisition , dont on doit savoir tout particulièrement gré à M. Paillieux. M. Chappellier ajoute que, dans le cas où les tubercules de Stachys affinis ne seraient pas farineux, ils lui paraîtraient offrir une ressource spéciale pour l'alimentation des diabétiques. — M. Berlhoule se déclare, de son côté, très satisfait du Stachys affi- nis, qu'il a cultivé à une grande altitude, dans un climat froid, et qui lui a donné une récolte abondante. C'est un excellent légume qui tient, sous le rapport du goût, le milieu entre la Pomme de terre et le Salsifis. — M. Fallou fait, à son tour, ressortir les qualités du Stachys affinis, dont la robuste végétation et la production abondante font, à son avis, une plante des plus recommandables. — M. le Président fait remarquer qu'il résulte de ces divers témoi- gnages que le Stachys a fait complètement ses preuves, et il propose de décerner dos remerciements officiels à M. Paillieux pour cette utile in- troduction. Cette proposition est accueillie par d'unanimes et chaleureux applau- dissements. — M. Pierre Pichot signale un article publié dans le Gaulois du 24. jan- vier, et d'après lequel M. Paul Bert aurait, dans une conversation ré- cente, exprimé l'avis que ni les plantes ni les animaux ne peuvent s'ac. climater. Il y a là, ajoute M. Pichot, une hérésie que nous ne pouvons laisser passer sans protester, bien qu'après les travaux des Geofl'roy Saint-Hilaire, des De Candolle et de tant d'autres savants éminents, quj ont parlé de l'émigration des végétaux, il puisse paraître, jusqu'à un PROCÈS-VERBAÛX. 111 certain point, oiseux d'insister sur la possibilité d'étendre l'aire géogra- phique des plantes. Notre confrère signale, à cette occasion, l'ouvrage récemment publié en Angleterre, sous le titre : Wanderings of plants and animais, par MM. V. Hahn et Stallybrass, dans lequel les auteurs, s'appuyant notam- ment sur des études philologiques, établissent la marche suivie dans leurs migrations successives, par les plantes et les animaux, et confir- ment les observations antérieures des naturalistes. — M. Maunoury fait remarquer qu'une assertion rapportée dans un arti- cle de journal doit n'être accueillie que sous toute réserve, et qu'avant de protester contre l'opinion qui aurait été formulée par M. Paul Bert, il conviendrait de savoir d'abord si le fait est exact. « Pour moi , ajoute M. Maunoury, je ne le crois pas. » — M. Pichot estime qu'il est fort douteux, en effet, que M. Paul Bert ait cette manière de voir; c'est simplement l'assertion du journal qu'il a voulu relever. — M. Maurice Girard considère, au contraire, le fait comme très pos- sible, attendu qu'il a fréquemment entendu M. Paul Bert émettre une opinion semblable. — M. Paillieux rappelle que presque toutes les plantes , presque tous les légumes que nous cultivons, sont originaires de pays plus chauds que le nôtre. 11 n'y avait absolument rien dans les Gaules. La majorité des plantes utilisées aujourd'hui sont d'importation étrangère; ce sont des végétaux acclimatés. — M. le Président présente quelques observations au sujet de la si- gnification à attribuer au mot « acclimatation », et il fait remarquer qu'il n'y a peut-être dans la discussion qu'une simple question d'inter- prétation de mots. « Vous avez tous connu, dit M. de Quatrefages, le savoir extrême de mon bien regretté confrère Decaisne, qui disait aussi qu'il ne croyait pas à l'acclimatation. Quand on lui parlait de l'introduc- tion d'une plante, d'un animal dans une contrée étrangère à cette plante ou à cet animal, que cette plante ou cet animal prospérait et contribuait à la prospérité du pays, il répondait : « 11 n'y a pas là une véritable ac- » climatation; il y a une émigration d'une contrée dans une autre, présen- » tant les conditions nécessaires pour que l'animal ou la plante puisse » prospérer. » » H n'y aurait donc là peut-être qu'une discussion de mots à avoir avec M. Paul Bert. L'opinion de Decaisne était identique à celle de M. Paul Bert. Decaisne disait ceci : « On ne change pas la nature d'un > animal. H y a des animaux dont la nature est un peu plus élastique et » qui peuvent se faire à certaines conditions de vie, en dehors desquelles » l'espèce avait vécu jusque-là, mais chaque espèce a ses limites d'ex- 9 tensibilité physiologique,! si je puis m'exprimer ainsi. Il en résulte i qu'il est impossible de dépasser certaines limites. » Nous avons quel- 112 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACGLIMATATION. quefois discuté avec Decaisne à ce sujet-là. Je ci'ois que les limites de mo- dification, d'extension physiologique, sont beaucoup plus considérables que ne l'admettait mon regretté confrère. Je lui citais, en particulier, quelques faits dont il convenait aussitôt, qu'il acceptait comme pouvant être, jusqu'à un certain point, considérés comme des faits d'acclimata- tion. Je lui rappelais cette plante de la Chine, la Chrysanthème, que l'on a cultivée dans nos jardins pendant bien des années, en faisant tous les ans venir de la graine du pays d'origine : tous les ans on rapportait la quantité de graines nécessaire pour peupler nos jaidins et il s'était établi à ce sujet un véritable commerce d'importation. Mais au bout de plusieurs années on reconnut qu'un fort petit nombre de fleurs ame- nèrent leurs graines à maturité. Ces graines furent récoltées et semées. Elles donnèrent des plantes qui fleurirent en temps utile et peu à peu l'espèce fut entièrement acclimatée, si bien que le commerce des graines venant de Chine fut entièrement supprimé. Je lui citais aussi, en exemple, les Oies d'Egypte,— et ce qu'on rapportait tout à l'heure du petit Cerf trouvera peut-être une nouvelle application dans ce que je vais dire. — Lorsque ces Oies furent amenées par Élienne Geoffroy Sainl-Hilaire, elles pondaient; mais les petits, venant au milieu du froid, ne s'élevaient qu'avec difficulté. Au bout d'un certain nombre d'années, ces oiseaux se mirent à pondre un mois plus tard, puis un peu plus tard, et enfin, aujourd'hui, l'Oie d'Egypte pond à la même époque que celle de nos pays. 11 y a là, incontestablement, un fait de véritable acclimatation. L'organisation, la fonction physiologique de l'oiseau se sont pliées aux nouvelles conditions d'existence que leur faisait le milieu européen. Je crois que si on se plaçait sur ce terrain de l'interprétation des mots, peut-être s'entendrait-on mieux avec M. Paul Bert, comme je finissais, dans bien des cas, par m'entendre avec Decaisne. » — M. le Secrétaire général rappelle qu'au moyen de sélections bien conduites, il est possible de créer, chez les végétaux, des variétés plus ou moins rustiques, résistant mieux au nouveau milieu qu'on leur impose que ne pourrait le faire la plante primitive, la plante type. « Évidem- ment, dit M. Geoffroy Saint-Hilaire, les plantes ont une très grande pa- resse à s'habituer à un nouveau climat. » Elles ne sont pas aussi mobiles que les animaux et cependant vous voyez parmi les espèces végétales qui ont été introduites de tous les ays du monde, et en particulier des pays chauds, comme le rappelait tout à l'heure M. Paillieux, un très grand nombre de variétés plus rus- tiques, plus hâtives, plus tardives les unes que les autres. Combien d'exemples je pourrais citer, en particulier dans les genres Abies et Pinus. s Par suite de semis, de sélections faites avec intelligence, nous voyons des variétés supporter des abaissements de température auxquels l'es- pèce originelle, l'espèce type, aurait certainement succombé. PROCÈS-VERBAUX. 113 » Mais tous les individus d'une même espèce sauvage, d'une espèce qui n'a pas encore été travaillée, façonnée par la main de l'homme, sont-ils également craintifs des abaissements de température, de la sécheresse, de l'humidité, et, d'une façon plus générale, de tous les phénomènes météorologiques? Evidemment non. Ainsi dans le courant de janvier dernier, nous avons eu à Hyères (Var) des abaissements de tempéra- ture inusités. Le thermomètre est descendu à — 7 degrés. Comme vous le savez, nous avons à Hyères un établissement horticole important dans lequel nous cultivons, en plein air et sous des abris de Cannes [Arundo donax), des centaines de mille de Palmiers. Que s'est-il passé? Avons-nous vu les espèces délicates gelées, anéanties? En aucune façon. A côté d'une plante morte sous l'action du froid, nous en voyons une autre de même espèce, peu touchée ou même intacte. Exposés aux mêmes périls ces végétaux ont été inégalement atteints. » Et quelle est l'origine de ces végétaux? Sont-ils nés de races perfec- tionnées, améliorées? En aucune façon, car l'exemple sur lequel je rai- sonne s'applique à déjeunes Kentia dont les graines ont été recueillies en Australie sur des Palmiers vivant en pleine forêt, à l'état absolument sauvage. » Dans les faits de résistance au froid que je signale il faut voir des faits d'idiosyncrasie, car les individus ressentent d'une façon qui leur est propre les influences, ils résistent inégalement et on conçoit alors comment peuvent se créer des races plus ou moins rustiques. > Pour les animaux, nous ne traiterons pas la question dans son en- tier. H nous faudrait parler des animaux domestiques qui se sont, pour la plupart, accommodés à tous les climats, qui sont redevenus sauvages en plusieurs points du globe et se sont plies aux exigences de ces nou- velles conditions d'existence. » Faut-il rappeler ces Saumons américains dont notre collègue, M. Ra- veret-Wattel, parlait l'autre jour et qui se pèchent dans l'Aude et l'Hérault, affluents de la Méditerranée, mer dans laquelle jamais Saumon n'avait pénétré. » Et ces animaux sauvages (Lapins, Moineaux, etc.), que l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Amérique, ont demandés à la vieille Europe, ont-ils été acclimatés là-bas ? 11 faut bien le croire, puisque après quelques an- nées ils sont devenus importuns et assez gênants pour qu'on ail dû faire deselTorts pour les détruire. Mais ces faits sont trop connus, ici surtout, pour qu'il importe de les développer. î Ce que je voudrais arriver à établir devant vous, c'est l'impression- nabililé des animaux, si l'on peut ainsi dire. > Sous l'action du froid ou du chaud, ils se vêtissent ou se dévètissenl. Le Yak du Thibet et la Chèvre du même pays perdent, sous notre cli- mat, le duvet qui, dans leur haute patrie, leur permet de résister à l'inclénience des saisons. 4e SÉRIE, T. m. — Février 1886. 8 Il^ SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACGLIMATATION. » Les Moutons à poil ras du Sénégal et du Sahara (Moutons Morvan de Buffon), que nous appelons Moutons sans laine, souffrent du froid qui suit leur importation. A la saison suivante, sous le poil, se montre un duvet très fin et qui par places, sur le dos, les cuisses, les épaules, dé- passe le pelage normal. Au troisième hiver, le Mouton dit sans laine porte une demi-toison. » Quant aux agneaux nés, sous notre climat, de ces bêtes ovines, tout en conservant les caractères de leur race, ils sont, dès le premier hiver, pourvus de ce duvet, de cette toison protectrice. » Ces faits montrent l'animal se modifiant pour ainsi dire tout d'un coup. » Ici ce n'est pas une race qui subit peu à peu l'action du milieu am- biant; c'est le nouvel importé, le nouveau venu, qui est en quelque sorte saisi par les nouvelles conditions de vie où il est placé. » Je pouvais donc vous dire en vérité que l'animal était impression- inable. > Que se passera-t-il alors pour une espèce, pour une race qui subira l'action du milieu pendant une suite de générations? j Messieurs, ai-je besoin de conclure? . . . j» Permettez-moi d'ajouter encore quelques mots. » On nous a dit tout à l'heure qu'un savant éminent, qui va représenter la France au loin, aurait déclaré n'être pas partisan de l'acclimatation. » Ce propos n'a pas été tenu, permettez-moi de le croire. » Eh! Messieurs, que serions-nous sans l'acclimatation, nous peuples civilisés ? Ne profitons-nous pas de l'œuvre des siècles qui nous ont légué les animaux et les plantes dont nous vivons, au milieu desquels nous vivons ? » Et pouvons-nous admirer assez le mouvement qui, depuis le commen- cement de ce siècle et surtout depuis trente ans, a amené entre tous les points du globe l'échange des faunes et des flores le plus éton- nant! » — M. Hédiard mentionne la rusticité remarquable du Néflier du Japon, qui est aujourd'hui répandu non seulement en Algérie, mais encore dans toute la Provence, où il donne des produits abondants. Notre confrère se propose d'essayer cet arbre sous le climat de Paris. Un plant de deux ans, qu'il possède à Asnières, a parfaitement résisté à la neige et aux froids de l'hiver. — M. le Président fait remarquer que nous sommes entourés de végétaux et d'animaux qui sont acclimatés. On ne peut pas dire qu'on n'acclimate pas; tout dépend de la définition que l'on donne du mot. Il est clair que si le mot acclimalation signifie qu'un végétal et qu'un animal ne pourraient pas vivre là où ils ne trouveraient pas à s'établir dans les conditions qui sont absolument nécessaires à leur existence, il est clair alors qu'il n'y a pas d'acclimatation; mais, s'ils sont suffisam- PROCÈS-VERBAUX. il5 ment rustiques pour "se prêter à des Jifférences de conditions d'exis- tence, dilïérences beaucoup plus considérables que nous ne pouvons en juger à priori, il y aura acclimatation. — M. Maunoury pense que l'on prête à M. Paul Bert des idées qu'il n'a pas « J'ai, dit M. Maunoury, assisté dans son laboratoire à des expé- riences curieuses sur l'acclimatation des poissons d'eau douce dans de l'eau salée, expériences qui ont réussi. Il y a probablement, comme le disait M. le Président, une distinction de mots. » — M. le docteur Brocclii fait une intéressante communication sur l'Ostréiculture dans le quartier de Marennes. (Voy. au Bulletin.) — M. Huet présente un travail ayant pour titre : « Exposé des espè- ces connues et décrites dans le genre Antilope. » (Voy. au Bulletin.) Le Secrétaire des séances, C. Raveret-Wattel. IV. EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DES SECTIONS TROISIEME SECTION SÉANCE DU 16 DÉCEMBRE 1885. Présidence de M. Failli EUX, puis de M. le D' Brocchi, Vice-Président. En l'absence de tous les membres du Bureau, M. Paillieux est prié de remplir les fonctions de président, et M. Grisard celles de secrétaire. L'ordre du jour appelle les élections pour la nomination du Bureau. Au premier tour sont élus : Président, M. Léon Vaillant ; Vice-Président, M. le D' Brocchi ; Secrétaire, M. Vidal ; Vice-Secrétaire, M. Mailles. Il y a ballottage pour l'élection du Délégué aux récompenses ; en conséquence, il est procédé à un deuxième tour de scrutin où M. Ber- thoule est nommé. M. de Confévron envoie des renseignements sur la maladie des Ecre- visses et, en même lemps, promet d'autres communications sur ce sujet. M. le D"" Brocchi fait remarquer qu'il lui paraît désirable que ceux de nos collègues qui s'occupent de cette question envoient les Ecre- visses aussitôt mortes, et non plus ou moins en état de putréfaction, comme cela arrive souvent, ce qui empêche de faire les constatations médicales; sur la demande de la Section, M. le D'' Brocchi veut bien se charger d'examiner les Écrevisses que la Société recevra. M. Bouvier, ingénieur en chef du département de Vaucluse, envoie une lettre dans laquelle il demande à la Société un exemplaire de notre rapport sur la maladie des Écrevisses. La Section décide de demander à M. Bouvier de vouloir bien envoyer des Écrevisses mortes. M. Raveret-Watlel demande la parole et entrelient la Section au sujet de la maladie des Écrevisses, dont les causes sont restées inconnues. Les variations de la température n'y sont évidemment pour rien, puis- que, de tout temps, /îlles ont eu lieu. Quant aux parasites, dont plu- sieurs espèces vivent aux dépens de ces Crustacés, on ne sait lesquels accuser, ni même s'il faut en accuser aucun. Mais le mal tend à dispa- raître. De petites Écrevisses, échappées au fléau destructeur, reparais- sent peu à peu. Notre collègue fait remarquer que c'est avec intention qu'il dit que ces jeunes animaux ont échappé à l'épidémie, car ils se montrent dans bien des eaux oîi toutes les grosses Écrevisses sont nftortes, ce qui éloigne toute idée de reproduction récente. PROCÈS- VERBAUX. 117 M. le Président désirerait qu'il nous soit envoyé des Écrevisses non malades, aussi bien que de celles qui le sont, des provenances contami- nées, pour aider dans les recherches sur la cause du mal et sa manière de débuter. M. Raveret-Wattel rappelle l'envoi qui fut fait de Saumons de Cali- fornie, lesquels, lâchés dans l'Hérault, gagnèrent la mer et quelques- uns reparurent ensuite dans l'Aude. Cet essai, assez encourageant, détermina la Société, sur la proposi- tion de M. Raveret-Wattel, à envoyer dans le même département des œufs de Salmo salar. On sait qu'un insuccès complet fut le résultat ob- tenu de cet envoi dont les œufs soumis à une eau trop chaude n'ont pu éclore. Néanmoins, notre collègue pense que les nouveaux Saumons qui vont être expédiés dans la même localité, d'après la décision prise par le Conseil, auront un sort plus prospère que leurs malheureux frères. D'autre part, M. Raveret-Wattel annonce qu'il s'est adressé au ser- vice des ponts et chaussées, et qu'il en a obtenu un crédit destiné à seconder notre Société dans ses travaux piscicoles. Ce service construira un laboratoire d'élevage destiné à recueillir les œufs que fournira la Société. M. le Chef de la Société de Navigation est heureux du concours offert par la Société d'Acclimatation. Il fera son possible pour nous aider dans nos tentatives de repeuplement des eaux. A cet effet, le personnel de la navigation sera mis à noire disposition pour la surveillance. M. Mailles donne lecture des réponses (ju'il adresse aux lettres de MM. Laisnel de la Salle et Cornély, à propos des reproductions des Grenouilles-Rœufs. 11 donne aussi lecture des lettres de ces messieurs. M. Joly réfute un fait mentionné dans la communication de M. Laisnel de la Salle citée plus haut; il s'agit d'une grosse Perche qui aurait coupé une Brème de forte taille en deux parties, emportant une de ces parties et en laissant l'autre. M. Joly explique que la Perche ayant les dents recourbées, faites pour retenir une proie et non pour la broyer, et encore moins la cou- per, ne saurait exécuter un sectionnement dans le genre de celui que cite M. Laisnel de la Salle. M. le Président ainsi que plusieurs membres disent qu'en effet, il n'est pas croyable que la Perche puisse couper en deux une Brème, cette dernière fût-elle de taille moyenne et la première aussi grosse que peut l'être une Perche. M. le D'- Brocchi montre à la Section le tableau qu'il a dressé des éta- bhssements qui s'occupent de pisciculture, en France; ces établissements sont au nombre de vingt-neuf, répartis dans vingt-cinq départements. Ces laboratoires sont dépourvus des nouveaux appareils perfectionnés, aussi, M. le D^ Brocchi estime qu'il y aurait lieu de répandre, le plus possible, le travail que M. Raveret-Wattel écrit sur ce sujet. 118 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. M. Rathelot demande à prendre connaissance du tableau dressé par M. le^D"^ Brocchi. M. le Président lui répond que ce tableau est à la disposition des membres, qui peuvent le consulter au siège de la Société. M. Rathelot explique que, demeurant à Montrouge, il ne lui est pas facile de venir passer plusieurs heures rue de Lille, pour consulter les documents ou les livres de la bibliothèque. Notre collègue regrette que les sociétaires ne puissent, moyennant le dépôt d'une somme quelcon- que, emporter chez eux les ouvrages et les pièces qu'il sont à consulter. D'ailleurs, cette consultation a souvent besoin d'être faite à côté des animaux que l'on étudie, et qui ne peuvent être transportés rue de Lille. MM. Paillieux et Mailles font observer qu'ils s'associent au vœu de M. Rathelot pour ce qui concerne les livres, mais non les documents et les diverses pièces manuscrites qui, égarés, ne pourraient être rem- placés. La proposition que M. Rathelot veut transmettre au Conseil est mise aux voix, avec l'amendement de MM. Paillieux et Mailles. Six membres seulement prennent pari au vote, trois pour la proposi- tion et trois contre. En conséquence, la Section passe à l'ordre du jour. M. de Sémallé demande où il pourrait se procurer des Poi sons-Chats {Amiiirus nebidosiis, le Cat-Fish des États-Unis). M. Berthéol peut en fournir à notre confrère. Le Vice-Secrétaire, Ch. Mailles. QUATRIÈME SECTION. SÉANCE DU 22 DÉCEMBRE 1885. Présidence de M. Maurice Girard, Président. Il est procédé aux élections du Bureau pour la session 1885-1886. M. Mailles déclare ne pouvoir accepter le renouvellement de son mandat, ayant été déjà nommé membre des Bureaux des première et troisième Sections. Sont nommés par acclamation : Président, M. Maurice Girard. Vice-Président, M. Fallou. Secrétaire, M. Sédillot. Vice-Secrétaire, M. Eug. Joly. Délégué aux récompenses, M. Fallou. MM. les Secrétaire et Vice-Secrétaire n'assistant pas à la réunion, M. le Président prie M. Mailles, Secrétaire sortant, de vouloir bien rédiger le présent procès-verbal. PROCÈS-VERBAUX. 119' M. Fallou présente à la Section plusieurs boîtes contenant des Lépi- doptères diurnes et nocturnes, ainsi que des cocons, des chrysalides, des Chenilles et des oeufs. Ce sont : i° Une espèce diurne : Urania ripheus. 2" Plusieurs espèces nocturnes : Saturnia suraka cT et Ç. Borocera Madagnscariensis (f et ^ Antherœa Pernyi. Attacus cynthia. Antherœa mylitta çf et ^. Actias lima cf et Ç. Des cocons de Borocera Madagascariensis, à' Antherœa mylitta, à' Actias luna ; enfin des Chenilles à' Actias luna et des œufs d' Anthe- rœa mylitta. Le H. P. Camboué envoie une lettre, dans laquelle il parle des Criquets dévastateurs de Madagascar, qu'il désigne sous le nom impropre de Sauterelles. A cette occasion, M. le Président fait remarquer que le R. P. Camboué confond les Criquets avec les Sauterelles, et inversement ; en effet, notre collègue désigne les Orthoptères dont il parle sous le nom de Saute- relles, puis les traite d'Acridiens. Cette dernière dénomination seule est bonne; les véritables Sauterelles sont des Lociistiens. M. Fallou fait connaître les résultats de ses élevages de Bombyciens séricigènes. 11 donne aussi lecture de différents documents ayant trait à la dénomi- nation d'une espèce de Bombycien, dont le véritable nom est Antherœa Frithii ; cette espèce fournit une belle soie, pouvant rivaliser avec celle du Sericaria Mori. iM""^ Doué écrit de Chollet (Maine-et-Loire) à M. Geoffroy Saint-Hilaire qu'elle a constaté les ravages qu'exerce dans les vignes un Charançon, VOtiorhynchus sidcatus Fabr. M. Maurice Girard pense que le meilleur moyen de diminuer le nombre de ces Insectes consiste à les ramasser, le jour, aux pieds des ceps, cette espèce étant nocturne. Un de nos collègues d'Algérie se plaint des dégâts causés par une Fourmi, dont, malheureusement, il n'envoie pas de spécimen. M. le Président suppose que la Fourmi moissonneuse doit être la coupable. M. Paillieux dit qu'il a observé que les Haricots qu'il reçoit d'Asie sont souvent perforés par un Charançon, mais que ceux cultivés en France sont indemnes. M. Maurice Girard répond que le Charançon en question est une Bruche, et que cet Insecte tend à se répandre de plus en plus chez nous. M. le Président montre à la Section un de ses bons points instructifs, 120 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. représentant le Cossus gâte-bois à ses divers états et parle des dégâts que fait le Cossus. M. Fallou dit qu'il a pu constater les ravages de cette espèce, sur les Ormes des boulevards, avant 1830. M. le Président dit qu'il a reçu des grains de Blé attaqués par la Tillea granella, Teigne du Blé. Mais les Coléoptères qui accompagnent cet envoi et qui sont accusés d'être les auteurs du mal sont parfaite- ment innocents. Ces Ptinus fur Linné sont venus manger seulement les vieux habits des Teignes. M. Fallou fait connaître qu'il a conservé de ces Insectes dans des flacons bouchés, sans nourriture, pendant trois ans, jusqu'à ce qu'ils se fussent dévorés entièrement entre eux. Pour le Secrétaire, Ch. Mailles, Secrétaire sortant. V- FAITS DIVERS ET EXTRAITS DE CORRESPONDANCE. Société de pisciculture du département du Cher. La Société de pisciculture du département du Cher a tenu dernière- ment une réunion générale. La séance, à laquelle s'était rendue une nombreuse assistance, a été fort intéressante. Plusieurs communications importantes ont été faites sur l'état des cours d'eau du département, leur repeuplement et le choix des espèces de poissons qu'il convient de multiplier dans tel ou tel cours d'eau. D'après les renseignements don- nés en séance, l'empoissonnement fait au commencement de l'année par la Société, dans les eaux des environs de Bourges, a porté sur 60000 Carpes et Carpillons. Cet empoissonnement a parfaitement réussi. Une très instructive conférence sur l'histoire de la pisciculture a été faite par M. Ancillon, Président de la Société. Signalant l'importance nationale et économique de la production du poisson, M. Ancillon a éta- bli, d'après des documents sérieux, que cette production, pour nos eaux douces, s'élève à 50 millions de francs par an. C'est une quantité relati- vement minime; répartie par habitant, elle ne représente environ que 1 fr. 4.0. Elle pourrait être facilement portée à 350 millions, si nos rivières étaient suffisamment peuplées et protégées. C'est, par consé- quent, 300 millions par an que perd la France en négligeant ses cours d'eau. A la suite de cette conférence et après le compte rendu financier pré- senté par le trésorier, l'assemblée a pris les résolutions suivantes : 1" Le réempoissonnement des rivières du département sera continué dans la mesure des ressources de la Société ; il aura lieu en Cyprins, Salmonidés et Crustacés, il sera employé pour ce l'éempoissonnement les sommes ci-après : En Cyprins 500 francs En Salmonidés 300 — En Crustacés (Écrevisses) 200 — Total 1000 francs 2" En vue de proléger l'empoissonnement des rivières, il sera payé une prime de 5 à 20 francs aux agents des ponts et chaussées, gardes champêtres, gardes-rivières, gendarmes, agents de police, qui auront fait des procès-verbaux contre les délinquants dans des conditions mé- ritant encouragement et récompense. 3» Il sera payé une prime de 50 à 200 francs aux instituteurs qui se- ront parvenus à organiser et constituer des syndicats de propriétaires en vue de protéger les rivières contre les maraudeurs. 122 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. 4° Les maires seront priés d'organiser une surveillance active sur les places et marchés, afin d'empêcher la mise en vente de poissons trop jeunes. 5° La Société publiera un bulletin de ses travaux aussitôt que ses ressources le permettront. 6° 11 sera demandé une subvention en argent au département et à la ville pour aider la Société dans son œuvre de l'éempoissonnement des rivières et pour créer à Bourges un établissement de fécondation artifi- cielle d'éclosion et d'élevacre. R. W. L'Industrie de la Cochenille au Guatemala. « L'éducation des Insectes hémiptères de la famille des Pucerons, et particulièrement le Coccus cacti, ou Cochenille espagnole, est au Gua- temala une industrie profitable, sinon agréable. De grands espaces sont consacrés entièrement à la culture de Nopals {Opuntia coccinelli- fera) sur lesquels vivent les Cochenilles. '' î Les plantalions que nous visitâmes ont une superficie de près de mille acres, et le modus operandi de culture est des plus curieux. Ces Insectes réclament à peu prés les mêmes soins que les Vers à soie. » Immédiatement avant la saison pluvieuse, de larges raquettes de Nopal, couvertes de Cochenilles, sont coupées et rangées sous une sorte de hangar, oîi les Insectes passent les quatre ou cinq mois de la saison des pluies, à l'abri des intempéries. A la fin du mauvais temps (vers la mi-octobre), les plantations sont de nouveau peuplées de Cochenilles. On construit, avec des fibres de bois, des nids où l'on met une douzaine de femelles, puis ces nids sont suspendus aux épines des Cactus. Ré- chauffées par le soleil tropical, ces mères sortent de leur torpeur, et commencent bientôt à pondre avec une rapidité surprenante , chaque femelle produisant plus de 1000 œufs. Ces jeunes Insectes se répandent très rapidement sur les Cactus, grossissent vite, et adhèrent si bien aux raquettes des Nopals, qu'on les prendrait plutôt pour des excroissances végétales que pour des Insectes. » Dans ces conditions, on les recueille pour l'industrie, mais seule- ment les femelles fertiles, qui, seules, peuvent être utilisées. Les mâles sont peu nombreux: un tout au plus par deux cent cinquante femelles. » Les femelles sont détachées de leurs raquettes, avec un couteau, jetées dans un panier, et tuées par une immersion en eau bouillante, ou cuites au four, ou bien encore, séchées sur un plat de fer brûlant. La première récolle a lieu vers la mi-décembre, et, à mesure que les géné- rations se succèdent, on continue à les recueillir jusqu'à la fin de mai. Ces FAITS DIVERS ET EXTRAITS DE CORRESPONDANCE. 128 Insectes ont la forme d'une écaille ronde ; le corps est traversé par des raies profondes; l'abdomen est de couleur mûre sombre; les pattes sont courtes, noires et fragiles à la partie postérieure. Le niàle seul a deux ailes ; la femelle est aptère. » Un homme d'une habileté ordinaire peut récolter environ deux onces de Cochenilles par jour. Par la dessiccation, elles perdent au moins les deux tiers de leur poids. Comme il faut au moins 70 000 Insectes pour faire une livre, et que le prix de vente au détail est seulement de 60 centimes par livre, on comprend que ce travail n'est pas du tout une sinécure. » Par la méthode d'immersion des Cochenilles dans l'eau bouillante, elles prennent une teinte brun rougeâtre, et perdent une grande partie de ce duvet blanc qui couvre les raies du corps. Desséchées au four, elles conservent leur duvet et deviennent grises. Séchées sur un plat de métal brûlant, les Cochenilles prennent une teinte noirâtre. Ceci ex- plique les diverses dénominations sous lesquelles elles sont connues sur les marchés, comme « grains d'argent », « grains noirs », et « grains renards » ; ces dernières, obtenues par la méthode de l'eau bouillante, sont préférées aux autres. Séchées, les Cochenilles présentent l'aspect de graines convexes, d'un huitième de pouce (anglais) de diamètre; les bandes transversales restent apparentes. » Une autre espèce, la Cochenills sylvestre, vit sur un Cactus sauvage. Inférieure, comme qualité, à l'espèce Cacti, cette Cochenille est re- cueillie et vendue pour la bonne espèce cultivée; il arrive aussi, par- fois, que ces deux Cochenilles se trouvent mélangées, sans que le pro- priétaire y ait fait attention. » Quelquefois, un Puceron ravageur apparaît tout à coup et dévaste des plantations entières ; c'est ce qui est arrivé, il y a quelques années. Il fallut arracher et détruire les vieux Cactus et en planter de nouveaux. Enlui, les Oiseaux, les Souris et certains Insectes détruisent les Coccus cacti; ces derniers sucent tout l'intérieur du corps des Hémiptères, ne laissant que l'enveloppe desséchée. Traduit du Montréal Daily Star par Ch. Mailles. VI BIBLIOGRAPHIE. i^a Cité chinoise, par G. EuG. SiMON. 1 vol. in-18, de 390 pages. Paris, 1885. Nouvelle Revue, boulevard Poissonnière, 23. Abrité derrière sa Grande Muraille, détourné par sa religion et par ses coutumes séculaires de tout commerce avec l'étranger, produisant lui-même et à bas prix tout ce qui pouvait être nécessaire à ses besoins, l'immense empire chinois était demeuré, presque jusqu'à nos jours, impénétrable et mystérieux. De hardis missionnaires avaient fini cepen- dant par franchir ces barrières et par soulever aux yeux étonnés de l'Europe, un coin de ce voile, jusque-là si sévèrement baissé. Mais la brèche, ainsi ouverte au prix des plus pénibles efforts et du plus géné- reux dévouement, était aussi étroite que dangereuse, et il a fallu mal- heureusement le secours du canon pour la rendre définitivement pra- ticable. Le livre que vient de publier M. Eug. Simon, en dépit de l'enthousiasme un peu accentué qui le distingue, aidera à l'élude du sphinx encore à peine démasqué, et contribuera sans doute utilement à redresser l'opi nion si généralement répandue, nous représentant le peuple chinois comme un peuple barbare, ennemi de toute civilisation, animé d'une invincible aversion pour l'étranger, et son gouvernement comme un gouvernement essentiellement tyrannique. Ce qui frappe tout d'abord, lorsqu'on pénètre dans ce monde nouveau, c'est l'extraordinaire densité de la population agricole qui atteint, dans certains districts, jusqu'au chiffre extraordinaire de quinze habitants à l'hectare. La terre est soumise au régime de la petite culture : la pro- priété ne dépasse guère une étendue moyenne de 2 à 3 hectares ; on appelle grandes propriétés celles qui atteignent 100 hectares, et encore sont-elles extrêmement rares. Sobre, économe, laborieux, le paysan chinois, confiné sur son petit lopin de terre, le cultive avec ardeur, et en obtient, à force de soins, et en utilisant avec prévoyance tous les en- grais à sa disposition, surtout ceux qu'on méprise le plus chez nous, jusqu'à trois récoltes par an, parfois même davantage. Ce merveilleux résultat serait dû en partie à la méthode de repiquage, adoptée même pour la culture du blé, ce qui conduit l'auteur à regretter qu'une si fructueuse pratique ne soit pas répandue dans tous les pays de culture des céréales ; mais nous avons peine pour notre part, avouons-le en passant, à nous imaginer, en présence du renchérissement de la main- d'œuvre, la possibilité de cultiver de la sorte les champs de la Beauce, ou les immenses plaines du Far-West. Quoi qu'il en soit, même sur le domaine le plus exigu, le paysan, après en avoir tiré toutes les res- sources nécessaires à son existence, arrive encore dans ce fortuné pays à réaliser d'importantes économies ; et il ne faut pas croire qu'il vive BIBLIOGRAPHIE. 125 misérablement; loin de là, ses repas sont abondants et variés; sa mai- son, sans luxe inutile, est installée avec confortable, il veille attentive- ment à la propreté et à la correction de sa tenue; sa mise n'est pas sans élégance, et il n'est pas jusqu'à sa démarche aisée que l'auteur ne com- pare tristement avec l'allure gauche et pesante d'un paysan breton ou auvergnat! Combien ne devons-nous pas regretter que ce séduisant modèle soit si éloigné de nous ! L'impôt pèse sur la superficie et varie de 1 fr. 50 à 5 francs par hec- tare, toutes charges comprises, ce qui ne représente guère que 3 francs par habitant. A ce point de vue encore, et ici malheureusement le doute n'est pas possible, la comparaison est loin de nous être favorable. L'in- dustrie et le commerce sont affranchis de toute charge, et se trouvent ainsi placés dans des conditions exceptionnellement avantageuses pour lutter contre la concurrence étrangère. La prospérité et le bien-être qui résultent de ce système économique ont pour première conséquence d'adoucir les mœurs, à ce point que la criminalité serait pour ainsi dire réduite à néant; ainsi à Han-Kéou, ville de deux millions d'habitants, ou a relevé un seul meurtre en trente-quatre ans! dans le Pé-tclii-li, en y comprenant Pékin, le Paris de la Chine, c'est à peine s'il y a annuel- lement douze exécutions capitales. Quant aux infanticides, (ju'on nous disait d'une si triste fréquence, c'est une pure légende éclose dans le cerveau des bons pères Jésuites pour le plus grand profit de leur oeuvre de la Sainte-Enfance ! Voilà certes un tableau enchanteur dès sa première partie, et qui nous montre un idéal de société que bien peu sans doute auraient cherché en Chine. Nous aurons garde de suspecter la sincérité de ce lyrisme, que n'amoindriront pas, espérons-le, les récits de nos soldats du Tonkin. M. Simon a écrit avec la plus complète bonne foi, comme il le déclare en tête de son livre; mais enfin, il faut bien reconnaître que tous les voyageurs ne sont pas revenus de ce pays avec le même enthousiasme. Il nous souvient même de quelques-uns de leurs récils, légèrement diffé- rents de cette peinture idéale des mœurs patriarcales du Céleste Empire, et qui nous donnent à penser que l'imagination de nos missionnaires est moins féconde qu'on n'a voulu le supposer, et qu'assurément leurs orphelinats manquent plutôt de places que d'enfants abandonnés à secourir. La famille chinoise est organisée sur le modèle d'un Étal politique : tous les membres réunis forment le pouvoir délibérant, le père repré- sentant le pouvoir exécutif. La mère elle-même n'est pas sans avoir une grande autorité : elle assiste aux assemblées avec voix délibéra- tive et exerce en outre les fonctions importantes de ministre des finances; elle tient les cordons de la bourse, dit M. Simon, et c'est à elle qu'humblement le mari doit s'adresser pour en obtenir l'argent néces- saire à ses menues dépenses. Pauvres maris! La famille s'assemble à 126 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATWN. des péi-iodes déteriTiinées pour célébrer avec solennité le culte des an- cêtres. D'autres fois, elle s'érige en tribunal domestique pour juger tous les litiges, voire même les délits et les crimes commis par un de ses membres; son code pénal lui permet de prononcer la flagellation, l'exil, l'excommunication, c'est-à-dire l'exclusion de la famille. Si le coupable a encouru la peine capitale, plutôt que de le renvoyer devant les tribunaux de TÉtat, qui, seuls, pourraient la prononcer, on lui laisse le choix entre l'excommunication ou le suicide, et c'est cette dernière peine qui est le plus ordinairement choisie. Les tribunaux publics jugent en appel au civil les décisions des tri- bunaux domestiques, et prononcent au criminel les châtiments suprê- mes; mais, auprès de ces tribunaux, ni procédure, ni ministère public, ni avocats! L'empereur exerce le droit de grâce; néanmoins, il ne doit statuer qu'après s'être soumis, trois jours durant, au jeune et à l'absti- nence! Quel sujet de méditation pour certains chefs d'État! Le métier des armes est peu en honneur; cependant, depuis que l'au- teur en a étudié de près l'organisation militaire, la Chine a fait à cet égard d'immenses progrès, et si, il y a quelque vingt-cinq ans, elle s'est montrée impuissante contre les invasions étrangères, il faut recon- naître que, depuis lors, elle s'est singulièrement aguerrie, et qu'il est imprudent de la tenir aujourd'hui pour une quantité négligeable, comme nous en avons fait naguère la fâcheuse expérience. Dans un chapitre intitulé le Travail, M. Simon, après avoir exposé l'état des croyances religieuses, donne des détails vraiment pleins d'in- térêt sur les diverses professions, libérales ou manuelles, qui toutes sont entourées d'une égale considération, sur l'organisation des corpo- rations de métiers, analogues à celles qui existaient jadis en France, et «nfin sur l'industrie qui, le plus souvent, s'unit intimement à l'agriculture dans la maison même du cultivateur. L'exposé de l'organisation politique est bien de nature à causer de l'étonnement à ceux qui considéraient le Gélesle-Empire comme le der- nier refuge de la tyrannie et du despotisme. Tout homme est électeur aussitôt parvenu à la majorité; les assemblées de citoyens sont libres, indépendamment de toute convocation ou autorisation du gouvernement; «lies élisent les conseils qui administrent la circonscription territoriale d'où elles dépendent, canton, arrondissement, province; ces conseils sont élus pour trois ans, mais essentiellement révocables ; la gratuité est de leur essence. C'est là que s'arrête la représentation du peuple ; en dehors de la province, aucun corps électif n'entoure le gouvernement central. Le principe de la responsabilité de tous les fonctionnaires, depuis le dernier mandarin jusqu'à l'empereur lui-même, est absolu, et s'étend non seulement à tous les actes de leurs fonctions, mais encore aux événements causés par force majeure, tels que sécheresses, inondations. BIBLIOGRAPHIE. 127 soit parce que le plus souvent une bonne administration aurait pu les prévenir, soit par cette simple raison qu'il convient d'établir une étroite solidarité d'intérêts entre ces fonctionnaires et les populations adminis- trées par eux. Quant à ceux qui n'auraient pas su prévenir une guerre inutile, ou qui laisseraient l'ennemi envahir le sol de la patrie, le sui- cide serait la seule expiation possible! En un mot, les bases essentielles de la politique chinoise sont : la liberté, la solidarité et l'unité, et bien des nations dites civilisées pourraient la prendre pour modèle, Oîi l'auteur est moins enthousiaste, c'est à l'endroit de nos récents démêlés avec la Chine, à propos du Tonkin ; il estime, à bon droit, que le Tonkin est trop complètement dans la sphère chinoise par sa situation géographique, sa constitution, sa langue, ses mœurs, pour nous rester fidèle, à moins de sacrifices ruineux pour nous, le jour où le colosse voisin, plus aguerri qu'aujourd'hui, transformant son armée de défense en armée d'invasion, en mobiliserait les innombrables phalanges. On estimerait facilement, d'autre part, le profit que notre commerce pourra retirer de cette nouvelle colonie, en prenant comme point de compa- raison les résultats obtenus depuis la conquête de la Cochinchine, dont presque tout le commerce se fait en dehors de la mère-patrie. Pour ce qui est de la Chine elle-même, ses exportations ont plus que doublé depuis 1860, tandis que ses importations s'y sont maintenues à un chiffre insi- gnifiant. Le livre se termine par une idylle pleine de charmes. Si élevé que soit le mur de la vie privée en Orient, M. Simon est parvenu à le fran- chir. 11 a su gagner l'affection d'une famille de bons et honnêtes culti- vateurs d'un village voisin de Fou-tchéou ; il a pu, plusieurs années durant, vivre dans son intimité, apprendre son histoire, une histoire dont les débuts remontent à huit siècles en arrière ! étudier sa consti- tution, son fonctionnement et ses diverses transformations, et pénétrer, en un mot, jusqu'aux arcanes les plus secrets. L'histoire de la famille Ouang-ming-tse est, après tout, celle de toutes les familles chinoises: aussi bien ne saurait-on lire une étude ethnographique plus attachante ni plus complète et plus instructive. En somme, si nous nous sommes permis certaines critiques, sur un engouement peut-être exagéré à divers égards, et à l'occasion d'attaques un peu trop passionnées, croyons-nous, pour être justes, le livre de M. Eugène Simon n'en reste pas moins empreint d'une remarquable originalité ; il est riche en fails nouveaux, en observations et en docu- ments de toute nature, et pourrait assurément servir de cadre à un plus grand ouvrage. Am. Bp:kthoule. 128 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. Journaux et Revues. (Analyse des principaux articles se rattachant aux travaux de la Société.) Revue maritime et coloniale, janvier 1886. Paris, libr. militaire de L. Baudoin et C". Nous relevons, dans la statistique des pêches maritimes de l'année 1884, quelques-unes de ses données les plus intéressantes, qui présentent malheureusement des résultats inférieurs dans leur ensemble à ceux de l'année précédente. Les grandes pêches à Terre-Neuve et en Islande furent entravées au début par la présence dans ces parages d'une quantité considérable d'icebergs détachés de leur point de formation à la suite d'un hiver polaire moins rigoureux que de coutume; les prix de vente ayant, d'autre part, été avilis sur les marchés d'Europe, le produit total de l'année n*a atteint que 87 millions contre 107 en 1883, représentant 36 millions de kilogrammes de Morues, 46 millions de kilogrammes de Harengs, 411 millions de Sardines, etc. L'mdustrie de la pèche sur les côtes de la France se répartissait, en 1884, entre 47 877 établissements, couvrant une superficie de 1 3 500 hec- tares; il a été vendu 529 768 767 Huîtres de toute espèce, au prix de 13577 000 francs. Si ces chiffres sont un peu inférieurs à ceux de 1883, en revanche la récolte du naissain a été extrêmement abondante, faisant ainsi prévoir de bons jours pour les gourmets. La pêche en mer sur les côtes d'Algérie a produit une somme de 3 757 000 francs, à peu de chose près égale à celle du précédent exer- cice. Notons seulement ce fait regrettable que la pêche de corail tend à en disparaître complètement; déjà aujourd'hui elle n'est plus guère pratiquée qu'aux environs de la Galle; cela tient moins à l'appauvris- sement des bancs coralifères qu'à la découverte de gisements nouveaux dans les eaux de la Sicile. Espérons que les nouveaux règlements ma- ritimes rendront sa prospérité passée à cette branche de l'industrie côtière. Le nombre des sinistres n'est toujours que trop élevé ; c'est ainsi que quatre cent treize pêcheurs ont, au cours de cette même année, péri en mer, payant un lourd tribut à la tempête. Am. B. Le Gérant: Jules Grisard. 152. — BoURLorOiN. — Iinprinieries réunies, A, rue Mignon, 2, Paris. I. TRAVAUX DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ UTILISATION INDUSTRIELLE DU POIL DES LAPINS ANGORAS Par M. A.-C;E0FFK0Y SAII\T-IiILililRE L'intéressante communication faite par M"' Lagrenée (l), sur l'utilisation industrielle du poil des Lapins angoras, nous a remis en mémoire l'exploitation du même produit qui se l'ait auprès d'Aix-les-Dains, à Brison-Saint-Innocent (Savoie). M. Jacquier, de la maison Jacquier et G'% à qui nous nous sommes adressés, nous a écrit : , (( L'industrie que nous exploitons a pris un grand déve-' loppement. Nous expédions nos produits en grand nombre à Paris, Lyon, Marseille, en Angleterre, Belgique, Suisse, Ita- lie, Amérique, etc. » Nous en avons beaucoup vendu à S. M. la reine d'Angle- terre pendant son séjour à Aix. y Les Lapins angoras que nous exploitons appartiennent à la grande race; ils ne vivent pas à Pair libre. Ils sont entrete- nus dans des locaux fermés et sont réunis on grand nombre, et nous les séparons lorsque nous voulons les faire repro- duire. y> Les mâles et les femelles produisent tous deux une même quantité de laine (soie). Les mâles ne sont pas castrés. » On voit, d'après cette lettre, que l'élevage des Lapins est très différent à Saint-Innocent de ce qu'il est à Frocourt, cbez M"" Lagrenée, puisque les premiers vivent enfermés, les se- conds en plein air, exposés à toutes les intempéries. Nous avons cru devoir nous adresser également à 31. Pa- lard-Chalelain, de La Ferté-Macé (Orne), qui, en 188.3, avait (1) Voyez au Bulletin, 1885, p. 642. 4' SÉRIE, T. IlL — Mars 188G. U 130 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. écrit à la Société qu'il possédait deux mille Lapins angoras, et qu'il se proposait d'en augmenter encore le nombre. M. Patard-Cliatelain a très obligeamment répondu à nos questions par la lettre suivante : « Monsieur, » J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser. » Il est certain que l'élevage du Lapin angora peut laisser de beaux bénéfices, à condition toutefois d'être entrepris avec un certain nombre de têtes, et en produisant soi-même, par la culture de la terre, la nourriture des animaux. Si j'avais continué à acheter les grains et fourrages, le poil aurait été mangé bien avant d'être bon à récolter : je suis donc devenu cultivateur malgré moi. » Il en a été de même pour la filature. Pendant cinq ans, depuis 1880, j'ai cherché des filateurs pour faire mon travail. J'y ai subi toutes sortes de dommages : les uns ont abîmé mon angora au point qu'il était considéré, après lilature, comme du déchet de coton; peut-être même prélevait-on une partie de mon produit pour la remplacer par de la laine ou du coton. Le fait est arrivé au moins une fois. Après cinq ans de recherches, d'essais tentés dans plus de vingt filatures, j'ai dû faire comme pour la culture : j'ai acheté un matériel que j'ai approprié à mon travail et je produis un fil qui est très recherché. À) Cependant, je crains que le prix n'en soit trop élevé pour bien des bourses, d'autant plus que les intermédiaires pren- nent généralement de gros bénéfices sur les articles nou- veaux. J'en, arrive donc à redouter le placement de mon pro- duit. » Je cherche à diminuer le prix de revient du poil en aug- mentant ma production, et j'ai la certitude que, au prix de 25 francs le kilogramme filé, cet article se vendrait facile- ment. Mais l'élevage en grand peut seul donner ce résultat. » En ce moment, le poil brut vaut environ 20 francs le ki- logramme, cà condition d'être bien propre et de ne contenir DU POIL DES LAPINS ANGORAS. 131 aucune partie feutrée. Le rendement d'un bon Lapin adulte s'élève à 250 ou .iOO grammes par an, et peut augmenter sui- vant les soins donnés à l'animal ; mais ce rendement peut diminuer de beaucoup par l'absence de ces mêmes soins. » En résumé, le revenu moyen peut être évalué cà 5 francs par tète, mais il faut compter sur la nourriture d'hiver, qui est considérablement plus onéreuse que celle de l'été. J'estime que six semaines d'hiver coûtent plus à passer que les six mois d'été : c'est là que se présente la nécessité absolue de produire soi-même la nourriture. » Pour me résumer, j'ai entrepris une industrie qui m'a coûté beaucoup de patience, d'étude, d'observation et d'ar- gent. L'élevage en grand est très difficile, et les essais de fila- lure ne m'ont encore donné aucun bénéfice. » J'ai néanmoins le ferme espoir que mon industrie pren- dra de l'importance et sera profitable à la patrie. C'est cette certitude qui m'a soutenu, et qui m'a rendu fort dans les moments très durs que j'ai traversés Ma devise a été et est restée : Ténacité. » Je suis heureux, Monsieur, de vous transmettre ces ren- seignements et je vous prie d'agréer, etc. » Signé : Patard-Giiatelain, » La Ferté-Macé (Orne). » L'ensemble de ces renseignements, joint cà ceux fournis par M""^ Lagrenée, donne à penser que l'utilisation des poils de Lapins angoras est entrée aujourd'hui dans la pratique de l'industrie. Les fils d'Angora sont employés tantôt sans mé- lange, tantôt réunis aux fils dits de Cachemire ou de Vigogne. Il y a là une application très intéressante d'un produit qui avait été longtemps négligé. > NOTE SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES Par M. le comte A. de MOXTLEZUK La bienveillance avec laquelle mes noies sur les Palmi- pèdes lamelliroslres ont été accueillies l'an dernier, m'a en- couragé cà offrir à la Société d'Acclimatation une notice sur le genre Bernache ou Brenta. Gomme par le passé, afin d'obtenir des renseignements aussi précis que possible, je me suis adressé aux sources les plus autorisées : à M, Geoffroy Saint-Hilaire, directeur du Jardin zoologique du Bois de Boulogne; h M. Oustalet, doc- teur es sciences, aide-naturaliste au Muséum d'histoire natu- relle de Paris; à M. P. L. Sclater, secrétaire général de la Société zoologique de Londres; à M. lluet, aide-naturaliste chargé de la ménagerie du Muséum d'histoire naturelle de Paris; à M. le directeur du Koninklijk Zoologisclt Genoot- schap d'Amsterdam; à M. le directeur de la Société royale de zoologie d'Anvers (Belgique). Ces Messieurs ont répondu avec un empressement dont je ne saurais trop les remercier, à toutes les demandes que j'ai eu l'honneur de leur adresser. Si mon travail a quelque mérite, c'est en grande partie à ces Messieurs qu'il le doit, et je tiens à leur témoigner ici toute ma reconnaissance. ' FAMILLE DES ANATIDES Sous-famille des Ansérinés. Genre Bernache, Bernicla ou Brenta. En suivant l'ordre adopté par M. Georges Gray dans son catalogue intitulé : Hand list of hirds, on remarque que la sous-famille des Ansérinés comprend les genres Cereopsis, Ânser, Brenta et Nettapus. Ces genres eux-mêmes renfer- SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES. 133 ment des subdivisions ou sous-genres qui tirent leurs noms de l'aspect particulier des sujets qui les composent ou de leurs habitudes. Le genre Bernache ou Brenta réunit en une sorte de faisceau les groupes ou sous-genres Brenta, ClUamidochen, Leucoblepharon,Leucopareia, Buflbrenta, Cyanochen, Tœni- diestes, Chloephaga ; ces groupes, dont je lais mention à cause de leurs étymologies et par raison d'ordre, ne me semblent pas présenter un bien grand intérêt au point de vue de l'étude des espèces qu'ils renferment; aussi ne ferai-je que les effleurer. Les Bernaches se distinguent des Oies par les caractères suivants : le bec est toujours plus court que la tête, il est aussi moins allongé, moins conique, plus droit et plus mince que celui des Oies; il présente une légère dépression en avant des narines, placées à égale distance du dessus du bec et des bords de la mandibule supérieure; cette dernière est terminée par un onglet médiocre et fortement recourbé ; les lamelles qui garnissent sa face inférieure ne sont point apparentes; les ailes sont longues, aiguës, et portent le plus souvent un miroir apparent, à reflets métalliques, ce qui n'arrive pas en général chez les Oies. La queue est arrondie ;'le bas des jambes emplumé; le tarse plus long que le doigt médian. Les teintes du plumage sont plus riches, plus vives et plus variées que chez les Oies; elles diffèrent d'un sexe à l'autre, enfin les Bernaches recher- chent plus que les Oies le voisinage des bords de la mer. Le catalogue de M. G. Gray fait mention de dix-huit espèces ou variétés de Bernaches, parmi lesquelles on distingue trois espèces européennes, la Bernache Gravant, la B. leucopsis^ ou nonnette, et la B. ruficollis; les deux premières habitent également l'Amérique, et la troisième, l'Asie. Deux espèces appartiennent à l'Océanie, la B. jiibata et la Bernache de Sandwich. Une seule espèce est d'origine africaine, c'est la B. cyanoptera ; les douze autres, B. nigricans, B. Cana- densis, B. Hutchinsii, B. leucopareia, B. anlarcHca,B. Ma- gellanica, B. dispar, B. inornata, B. poUocephala , B. rubi- 134- SOCIÉTÉ NATIOiNALE D'ACCLIMATATION. diceps, B. melanoptera et B. Canagica, sont entièremenl américaines. Toutes les espèces que je viens d'énumércr, quelle que soit la partie du monde qui les ait vues naître, ont toutes, en général, les mêmes habitudes. Elles recherchent et affection- nent les lacs qui avoisinent les bords de la mer et sont essen- tiellement herbivores. A l'état sauvage, elles se nourrissent de jeunes pousses d'herbes, de plantes aquatiques et de pe- tits mollusques; elles ne dédaignent pas les insectes et les vermisseaux qu'elles rencontrent en fouillant les racines sur le bord de l'eau. A l'état domestique, les Bernaches acceptent toutes sortes de grains, mais elle ne sauraient se passer d'une abondante verdure, qui doit toujours servir de base à leur alimentation. N" 1. Bernaghe Gravant. (Bernicla brenta (i), n" 10575.) Brenta, sous-ijenre a du catalogue de G. Gray. Étymologie. — Brenta, de ppivGoç, ou, espèce d'oiseau' aquatique, oie. Le nom de cravant, selon Gesner, ne serait autre que celui de Graueente, en îtllemand, canard brun. Synonymie. — Anas bernicla Linn. — Anas brenta Briss. — Anser torquatus Friscli. — Anser brenta Pall. — Bernicla brenta Stéph. — Bernicla melanopsis Me. Gill. — le Cravant Buff. {Brent ou Brand goose Lath.), etc. La Bernache cravant habite les régions arctiques du globe ; on la rencontre, à l'approche de l'hiver, dans presque toutes les contrées de l'Europe tempérée, mais principalement en Hollande, où elle abonde en hiver et au printemps. Elle arrive, périodiquement, vers la fm de l'automne, dans les départements du nord de la France, et descend parfois par petites troupes dans les départements du Centre et du Midi. La Bernache cravant niche dans le Nord, très avant vers le (1) Voy. Procced. Zool. Soc, 18GI, p. 101, 365; — 1863, p. 323; —1865^ p. 753; — 1873, p. 638; — 1877, p. 32; — 1880, p. 317, 502, 534. SUR LES PALMIPEDES LÂMELLIROSTRES. 135 pôle. Elle construit son nid sur le bord de l'eau. Cet oiseau est très aquatique, les voyageurs qui l'ont observé disent qu'il nage des journées entières. Le docteur Jaubert, dans son ouvrage intitulé : Richesses ornithologiqiies du midi de la France, fait remarquer que la chair de la Bernache Gra- vant est excellente et qu'elle devient encore plus savoureuse lorsqu'elle passe de la vie sauvage à l'état domestique. Description. La Bernache cravant a le bec noir à onglet noir, l'œil brun foncé, la tête et le cou noirs, le haut de la poitrine noir tirant Bernache cravant {Lternicla Brenla). légèrement sur le brun en se rapprochant du sternum ; sur la. teinte noire du cou et presque vers le milieu de sa longueur, faisant suite à la gorge, se dessine une tache blanche plus oa moins grisâtre, disposée en forme de hausse-col renversé; cette tache contourne, de chaque côté du cou, sur les deux 136 SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. tiers environ de sa circonférence et ne s'élend pas sur la partie postérieure. Les plumes du dos, les pennes scapulaires, ainsi que toutes les couvertures des ailes, sont d'un gris brunâtre, bor- dées d'une teinte gris fauve ; celles qui recouvrent le sternum et le haut de l'abdomen sont brunâtres, terminées par une bordure plus claire, cendrée, roussàtre; enlin, celles des flancs sont de teinte un peu plus foncée que les précédentes, également bordées à leur extrémité d'une nuance plus claire, elles recouvrent les cuisses de leurs larges contours disposés en forme d'écaillés ; le plumage du bas-ventre et les sous- caudales sont d'un blanc pur, les grandes rémiges ont une teinte bi'un noirâtre, les reclrices sont noires, les tarses et les pieds sont noirs tirant légèrement sur le brun. Le mâle mesure 0'j,66 de longueur, l'",33 d'envergure, 0"', 38 à l'aile, 0"','l 1 à la queue. La femelle est semblable au niAle, mais les teintes de son plumage sont un peu moins accusées, sa taille est aussi un peu plus faible. La tache blanche du cou n'existe pas chez les jeunes; toutes les parties du corps qui sont noires chez les adultes sont chez eux d'un noir grisâtre se rapprochant de la teinte générale du dos, leurs pieds sont noirs, légèrement rougeâtres. Reproduction. La ponte de la Bernache cravant a lieu en avril et mai ; ces oiseaux pondent de six à neuf œufs à coquille mince, d'un blanc terne et jaunâtre, ils mesurent environ 0"',076 au grand diamètre et 0'",052 au petit diamètre. L'incubation dure de trente à trente-trois jours. Cette espècGi se trouve au Jardin zoologique du Bois de Boulogne, dans ceux de Londres et d'Amsterdam, mais ne s'y est pas reproduite. M. le directeur du Jardin zoologique d'An- vers (Belgique) a obtenu sa reproduction. SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES. 137 N° 2. BeRNACHE NOIRATRE. {Bernlcla nigricans (1), u° 10570. Black Brent goose.) Celte Bernache semble n'être qu'une variété américaine de la Bernache cravant. Brehm(2) s'exprime ainsi à son égard, dans le paragraphe qu'il consacre à cette espèce : « Celle qui habite l'Amérique, et qu'on a voulu regarder comme consti- tuant une espèce à part ne diffère pas de celle qui vit dans l'hémisphère oriental. » J'accepte pour le moment la manière de voir de cet auteur, en attendant qu'il soit possible de mieux établir les carac- tères distinctifs des deux espèces. N° 3. Bernache a crinière. {Bo'niclà jubata, n° 10577.) Chlamidochen, sous-genre b du catalogue de G. Gray. Elijmologie. — Chlamidochen, de ^Xapç, u5oç, chia- myde, /-/^v, -/ivôç, oie (oie à casaque ou à chlamyde). — Ju- bata, du mot latin jicbatus, qui veut dire garni d'une crinière, indique que cet oiseau a aussi une sorte de crinière qui orne îa partie postérieure de sa tête. Synonymie. — Chlamidochen juhala Lath. — Anser jubata, — Bernicla jubata, — Chloëphaga jubata, — Ber- nache cà crinière (Maned goose), — de Zoological garden. Celte espèce est quelquefois désignée sous le nom de Ber- nache mariée, qui semble n'avoir aucune raison d'être et qui doit provenir de ce que l'on a confondu le mot maned goose avec maried goose. La Bernache à crinière est originaire d'Australie; plusieurs spécimens de cette espèce ont été introduits au Jardin zoolo- (1) Voy. Proceed. Zool. Soc, 1880, |.. 502, 504, 535. (2) Brehm,i>.li\, 742. 138 SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. gique de Londres en 1864 (1). Depuis cette époque, on ren- contre cet oiseau dans presque tous les jardins zoologiques et chez quelques éleveurs. M. Courtois, demeurant à Paris, rue d'Aboukir, n" 111, qui élève avec un succès toujours croissant les nouvelles espèces de Palmipèdes, obtient régu- lièrement la reproduction de cette espèce : un seul couple lui a donné jusqu'à trente-cinq œufs dans le courant de la même Bernache à crinière {Bernicla jubata). année. J'ai depuis un an environ des Bernaches à crinière qui m'ont été cédées par lui à l'âge de six mois; elles n'ont point reproduit l'an dernier, mais pondront probablement le prin- temps prochain. Elles sont excessivement familières et ne paraissent pas le moins du monde éprouvées par les rigueurs de l'hiver. Leur nourriture consiste en jeunes pousses d'herbes et en graines variées, blé, maïs, avoine, orge et petit millet. (1) Proceed. Zool. Soc, 1864, p. 587. SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES. 139 Description. Le mâle a le bec brun noirâtre, à onglet noir; l'œil brun foncé, la tête ainsi que la partie supérieure du cou brun marron; à partir du crâne et en suivant les contours supé- rieurs du cou, le plumage brun est disposé en forme de cri- nière et sa nuance est plus foncée. La partie inférieure du cou, le sommet du dos, ainsi que le baut de la poitrine, sont d'une teinte grise tirant sur le fauve, tachetée de brun noi- râtre à l'extrémité médiane des plumes, avec taches plus accentuées sur celles qui recouvrent le jabot. Les plumes du scapulaire sont grises, lancéolées, à. reflets blanchâtres, de même que celles du manteau; quelques-unes d'entre elles ont les barbes extérieures noires et leur juxtaposition forme deux bandes noires qui partent de chaque côté du cou et vont directement se rejoindre avec les rectrices en décrivant un angle très aigu, ce qui donne à l'oiseau un cachet tout particulier. Les rectrices sont d'un noir vif, ainsi que le plu- mage qui recouvre le croupion et le ventre ; la couleur noire s'étend également aux sous-caudales et se prolonge jusque vers le milieu du sternum. Les grandes rémiges sont noires et les ailes recouvertes par les plumes des flancs qui sont très finement vermiculées de noir sur une teinte gris-perle très claire; le miroir est d'un beau vert brillant, extérieurement bordé de blanc; les pattes sont grises, de nuance claire, et légèrement verdâtre. La femelle a le bec gris tirant sur le brun, à onglet plus foncé; son œil est brun foncé, entouré en dessus et en dessous par quelques plumes grises; une ligne brun foncé part de l'œil et va rejoindre la partie postérieure du crâne en se des- sinant sur la teinte brune qui recouvre la tête et le cou. Les plumes disposées eu forme de crinière sont bien moins appa- rentes que chez le mâle; à la couleur brune du cou succède une teinte plus grise, qui se fond dans un plumage gris ma- culé de blanc sale ; les taches 'ou macules qui occupent les extrémités des plumes sont plus rapprochées vers le jabot, plus grandes cl plus espacées sur les flancs; le miroir de 140 SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. l'aile est moins vert que chez le mâle; sa bordure blanche est plus large; les rectrices sont noires ainsi que les plumes qui recouvrent le croupion; les sous-caudales, les plumes du ventre, ainsi que celles de la partie inférieure de la poitrine, sont blanches; les pattes sont grises, à peine verdâtres; vue dans son ensemble, et en dehors des caractères que je viens d'énumérer, la femelle présente les mêmes dispositions de plumage que le mâle, mais ses teintes sont bien moins vives, sa taille est aussi un peu plus faible. Longueur totale de l'oiseau, 0"',50; longueur de l'aile, 0"\'iS; longueur de la queue, 0™,14.; longueur du bec, O^jOSS ; longueur du tarse, 0'",0b. Reproduction. La ponte a généralement lieu en mai ; le nombre d'œufs varie de huit à douze; ils mesurent 0'",059 (l) au grand dia- mètre et 0'",041 au petit diamètre; ils sont de couleur blanche, à peine jaunâtre. N° 4. Bernache du Canada. {Bernicla Canadensis ("2), n"^ 10578.) Leucoblépharon, sous- genre c dn catalog-ue de G. Gray. Élymologle. — Leucoblépharon, de Xeuxôç, ou, blanc, pXétpapov ou, paupière (oie à paupière blanche). — Cana- densis, qui désigne l'espèce, indique qu'elle est originaire du Canada. Synonymie. — Bernicla Canadensis Linn.,Wills. — Anas Canadensis L. — Oie à cravate Butf. — Cygnopsis Cana- densis Brehm. — Aîiser Canadensis (Canada goose). La Bernache du Canada est originaire de l'Amérique du Nord. Les voyageurs qui l'ont observée s'accordent à dire qu'on la rencontre principalement entre le 50' et le 67' degré. (1) Mesures prises sur un œuf qui m'a été donné par M. Courtois. (2) VoY. Proceed. Zool. Soc, 186Û, p. 418; - 1861, p. 368, 264; - 1862, p. 325; — 1868, p. 211 ; — 1873, p. 467, 63'J; — 1880, p. 317. SUR LES PAr.MIPÈDES LAMELLIROSTRES. 141 Brelim raconte que, depuis l'apparilion des blancs, ces oi- seaux se retirent de plus en plus vers le nord ; il dit que quel- ques-uns nichent dans les grands marais des États du centre de l'Anirrique. Audubon, qui, pendant plusieurs années con- sécutives, a observé les Bernaches du Canada, dit qu'elles sont excessivement vigilantes; leur vol est très élevé, presque toujours hors de la portée des armes à feu ; dans leurs migra- liernaclie du Caiiuda [Dentirla Cdiunlciisis). tions, elles se disposent généralement en forme de triangle; à l'état domestique, la Bernache du Canada se reproduit assez facilement. Bulfon rapporte, dans son ouvrage, que, de son temps, on les comptait par centaines sur le grand canal de Versailles, où elles vivaient familièrement avec les Cygnes; il ajoute qu'elles se tenaient moins souvent sur l'eau que sur les gazons du bord du canal. Dans l'Amérique du Nord, on trouve la Bernache du Canada dans presque toutes les fermes à l'état domestique; sa viande passe pour être très bonne. Description. Bec noir grisâtre ta bordures plus claires et à onglet gri- sâtre; œil brun noirâtre; tête et cou noirs avec une sorte de 14-2 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. cravate blanche qui occupe tout le dessous de la gorge, et re- monte en pointe vers la région de l'oreille, en affectant de chaque côté une forme angulaire, dont le sommet correspond à la jonction des vertèbres du col avec le crâne. A la couleur noire succède brusquement et en ligne droite horizontale une nuance blanche qui passe insensiblement au gris en se rapprochant du sternum; la poitrine est grise, légèrement raéchée de gris plus clair; les flancs sont couverts de plumes d'un gris roussatre, terminées par une bordure plus claire ; les tectrices, les pennes scapulaires, les plumes du dos, sont également grises, mais d'une nuance plus sombre; elles sont toutes extérieurement bordées et terminées de nuance claire; le ventre est blanc, ainsi que les sous-caudales; le croupion est noirâtre, terminé par une bande blanche qui précède les rectrices; ces dernières sont noires, ainsi que les grandes ré- miges ; les unes et les autres ont leurs extrémités brunâtres; les pattes sont gris de plomb, passant un peu au brun. Dans cette espèce, les deux sexes sont semblables ; la femelle est cependant un peu plus petite et les nuances de son plu- mage sont moins vives. Voici les mesures moyennes de ces oiseaux prises sur un mâle : 0"',96 de longueur, i'",74 d'en- vergure; longueur de l'aile, 0",50; longueur de la queue, 0^19. Reproduction. C'est généralement en mars et en avril que la ponte a lieu; les Bernaches du Canada pondent ordinairement de six à huit œufs, d'un blanc jaunâtre; ils mesurent 0'",09 de longueur sur O^jOBS de large; l'incubation dure de trente à trente-trois jours, suivant les conditions atmosphériques. La Bernache du Canada existe au Jardin zoologique de Londres depuis 1831 ; M. P. L. Sclater constate, dans son cata- logue des Anatidœ (1) du 15 juin 1880, que cet établisse- ment n'avait pas encore obtenu la reproduction de cette espèce. La Société royale de zoologie d'Anvers obtient au con- traire annuellement sa reproduction. (1) Proceed. Zool. 5oc., Species of Anatidœ, p. 502. SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES. 143 N" 5. Bernicla HuTCHiNsii Rich. (1). (G. Gray, n° 10579, Hutchins's goosc.) N" 6. Bernicla Leucopareia Brandt. (G. Gray, n" 10580.) C'est seulement comme mémoire que je mentionne ces deux numéros du catalogue de Gray, car ils ne se rapportent, d'après l'opinion de la plupart des auteurs, qu'à des variétés de l'espèce qui précède. N" 7. Bernache nonnette (2). {Bernicla leucopsis, n" 10581.) Leucopareia, sous-genre d du catalogue de G. Gray. Étymologie. — Leucopareia, de Xsuxôç, blanc, irapeta, àç, joue (oie à joues blanches), se rapporte au groupe d'Oies ou de Bernaches qu'il désigne. — Leucopsis, de Xeuxôç, blanc, o4»i(;, face, figure, visage, désigne spécialement l'espèce qui a la face blanche. Synonymie. — Anser leucopsis Bechst. — Anas ery- thropus Linn. — Anser erythropus Gmel. — Bernache nonnette Degland et Gerbe. — Anser bernicla Leach. — Bernicla leucopsis Boie. — Bernicla erythropus Steph. — Bernicla Briss {Bernicle goose). La Bernache Leucopsis désignée par Belon sous le nom de Nonnette, à cause de son plumage agréablement coupé de blanc et de noir, habite les contrées les plus froides des deux continents; on ne la rencontre dans les différentes contrées de l'Europe tempérée que comme oiseau de passage en no- vembre, décembre et janvier; pendant les hivers rigoureux, (1) Proceed. Zool. Soc, 1880, Species of Anatidte, p. 502. — Proceed. Zool. Soc, 18(iO, p. 418; —1868, p. 211. (2) Voy. Proceed. Zool. Soc, 1859, p. 477 : — 1860, p. 341, 183; — 1863, p. 323; - 1880, p. 317, 500, 501. 1M SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. elle descend quelquefois dans les départements du nord de la France, mais on ne la voit que très rarement dans ceux du Centre et du Midi, A l'état sauvage, ce Palmipède ne se repro- duit que dans les régions les plus reculées et les plus froides; ses mœurs ont été longtemps ignorées, ce qui avait favorisé les contes qui s'étaient accrédités sur son origine mystérieuse. D'après les uns, il naissait spontanément dans certains co- Bernache nonnelte (Bernicla leucopsis). ri ai m quillages; d'après les autres , c'est dans les bois pourris des vieux navires qu'il prenait le jour. Les Hollandais, dans une navigation au 80' degré, furent, d'après M. de Buffon, les premiers qui découvrirent leurs nids. A l'état domestique, la Bernache nonnette s'apprivoise facilement et se reproduit lorsqu'elle se trouve dans des con- ditions favorables; elle est non seulement un oiseau d'orne- ment des plus gracieux, mais elle est encore très recherchée pour la délicatesse de sa chair. SUR LES PALMIPÈDES LA.MELLIROSTRES. 145 Description. La Bernaclie nonnette a le bec noir h onglet noir, l'œil brun foncé, le front, la gorge et les joues d'un blanc plus ou moins pur, suivant l'âge et les sujets. Dans cette espèce, les lorums sont noirs suivis d'un trait noir arrivant à l'œil et tranchant sur la couleur blanche ; le verlex, le sinciput,la nuque, le cou et le haut de la poitrine sont noirs; les plumes du dos, les pennes scapulaires, les couvertures des ailes, petites, moyennes et grandes, sont d'un gris cendré, terminées de blanc rous- sâtre, avec une bande sombre vers l'extrémité; le croupion est blanc, ainsi que les plumes du dessus et du dessous de la queue; le ventre est blanc; les flancs sont gris, ondes de teintes plus claires; les grandes rémiges et les rectrices soni noires ; les pattes enfin sont d'un noir plus ou moins pur. Cet oiseau mesure d'ordinaire 0'", 67 de longueur; son aile a 0"", 39; sa queue, O^jlS. Reproduction. La Bernache leucopsis se reproduit en captivité ; elle pond de six à dix œufs blanchâtres qui mesurent ordinairement de 0'",08 au grand diamètre et0'",05 au petit diamètre. L'in- cubation dure de trente à trente-trois jours environ. Dans ses notices sur les métis d'Anatidés, M. de Sélys Longchamps signale des cas d'hybridité par l'accouplement de cette espèce avec la Bernache du Canada et les Oies cendrées et à front blanc. M. le directeur du Jardin zoologique d'Anvers a souvent obtenu la reproduction de ce Palmipède, qui pond le plus sou- vent six œufs. La Bernache leurcopsis figure sur les listes du Jardin zoologique de Londres depuis 1833; elle s'y est repro- duite pour la première fois le ^3 mai 1848. ■i* SÉRIE, T. III — Mars 1886. 10 J4r6 SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. N" 8. Bernache de Sandwich (1). [Bernicla Sandivichensis G. G. n» 10582.) Suite du sous-genre Leucopareia. Étymologie. — L'étymologie de Leucopareia est déjà don- née au numéro qui précède. La désignation Sandivichensis indique que cette Bernache se trouve plus particulièrement aux îles Sandwich. Synonymie. — Leucopareia Sandivichensis Yig. — Leu- copareia Hatvaiiensis Eyd. et Soûl. — Chloëphaga Sandwi- chensis. — Bernicla Sanclwichensis Jard. et Selb. (Sand- wich-Island goose). Cette Bernache est originaire des îles Sandwich. M. Vigors détermina, le premier, cette espèce d'après un couple de ces oiseaux qui vivaient dans les jardins de la Société zoologique de Londres; ils avaient été offerts par lady Glengall (2) en 1832. En 1834, lord Derby en reçut aussi une paire à Knowsley (3), où ils se reproduisirent ainsi que dans les Jardins zoologiques de la Société ; depuis cette époque, la reproduction de cet oiseau a été souvent obtenue en Angle- terre et en France. Description. Dans cette espèce, le bec est de couleur noire, à onglet noir; l'œil est brun foncé ; la face, jusqu'à l'articulation de la man- dibule inférieure, la gorge ainsi que le dessus de la tête sont de couleur noire ; la nuance noire du crâne se prolonge en diminuant progressivement de largeur sur toute la partie su- périeure du cou et forme en quelque sorte l'appendice de la coiffure. Au plumage noir du masque et à partir de la région de l'oreille, succède brusquement une nuance brun roussâtre, qui vient elle-même se fondre dans la teinte fauve (1) Proceed. Zool. Soc, 1859, p. 206; — 1875, p. 488; — 1880, p. 504, 535. (2) Ibid., 1833, p. 63 et Rep. du cons., 1883, p. 13. (3) Ibid., 1834, p. 41. SUK LES PALMIPEDES LAMELLIROSTRES. 147 du cou ; le plumage de ce dernier présente cette particula- rité qu'il est divisé par de nombreuses incisions verticales qui laissent apparaître la couleur suie du duvet inférieur. La base du cou est brune et tranche avec la couleur fauve qui précède pour se fondre ensuite avec la teinte gris foncé légè- rement roussâtre qui recouvre la poitrine. Les plumes grises Bernache de Sandwich (BernicZa Sandivichensis). du dos et des ailes sont bordées de gris plus clair, ce qui leur donne l'aspect de larges écailles ou de contours nuageux mal fondus; les rémiges secondaires sont gris foncé, les grandes rémiges gris noirâtre; le croupion est gris noir terminé par un peu de blanc à la naissance des rectrices, qui sont de cou- leur noire ; le ventre est blanc ; les cuisses sont grises avec un peu de noir au-dessus de l'articulation des tarses, elles sont recouvertes par des plumes de môme teinte et de même disposition que celles du dos, mais plus grandes ; les pattes sont gris foncé, légèrement roussâtre. 148 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. Les deux sexes sont semblables ; cependant, avec un examen attentif, on remarque que le mâle a le cou légèrement plus long et que ses allures, sans être agressives, sont plus har- dies. Une sorte de frisson ou de frémissement particulier par- court par moments le plumage de son cou, chose qui n'arrive pas chez la femelle. Il mesure 0"',65 de long ; son aile a 0"',31 ; sa queue, 0'^,16; son bec, du front à la pointe, 0"",040 ; son tarse, 0'",015. Reproduction. La Bernache de Sandwich est une des espèces qui sont le mieux acclimatées. On peut espérer arriver dans peu de lemps à sa domestication complète. Douée d'un caractère plus sociable que ses congénères, elle résiste parfaitement aux hivers rigoureux et sa reproduction est assurée à la condition de lui procurer des pacages abondants ou tout au moins de la verdure en quantité suffisante. La ponte a généralement lieu vers la fin de mars; le nombre d'œufs varie entre six et huit; ils sont de couleur blanche et mesurent 0"',08 de long sur 0™,05 de large. D'après les comptes rendus faits à la Société d'Acclimata- tion par M. Huel, aide-naturaliste chargé de la ménagerie du Muséum d'histoire naturelle de Paris, les éclosions de cette espèce ont eu lieu, en 1881, le 20 mai (1); en 1882, le 19 avril; en 1883 (2), les 16 mars et 15 avril; d'après les notes d'observations prises au Jardin de la Société zoologique de Londres (3), de 1835 à ce jour, les éclosions ont varié du 21 mars au 30 mai, mais elles ont eu lieu plus généralement en avril. En rapprochant ces observations de celles qui ont été faites par d'autres observateurs, on peut conclure que les Bernaches de Sandwichpon dent généralement du 1" février au 5 avril, suivant les variations atmosphériques et les con- ditions favorables où elles se trouvent. Le Jardin zoologique (1) Bulletin de la Société d'Acclimatation, 1882, p. 553. (2) Ibid., 1883, p. 325. (3J List of the certainly knoivn species of Anatidœ, 1880, p. 504, 505, SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES. 14-9 de la Société royale de zoologie d'Anvers obtient régulière- ment la reproduction de cette Bernache. N° 9. Bernache a cou roux. {Bernicla nificollis G. G. (1), n" 10583.) Ru/ibrenta, sous-genre e du calalog-iie de G- Gray. Étymologie. — Rufibrenta, mot hybride, de rufus, roux, et de ppévToç, ou, oie (oie rousse). Ruficullis, de rufus, roux, collum, cou, désigne l'espèce qui a le cou roux. Synonymie. — Anser ruficollis Pall. — Anas torquata Gm. — Bernicla ruficollis Boié. — Rufibrenta ruficollis B. P. — Anas ruficollis et torquata, Gmel. (Red-Breasted fjoose). La Bernache a cou roux est originaire du nord-ouest de i'Asie; elle est commune sur les bords de la mer Caspienne ■et s'avance dans ses migrations jusqu'à la mer Noire. Quel- ques individus de cette espèce ont été tués accidentellement, en France et en Angleterre, pendant les hivers très rigoureux. Temminckdit que ces oiseaux nichent dans les contrées du nord de la Russie, sur les bords de la mer Glaciale et à l'em- bouchure des fleuves Obi et Lena. Description. Bec brun à onglet noir; œil brun jaunâtre à paupières noires; dessus de la tète et dessus du cou d'un noir profond, avec un peu de blanc au front, en arrière des yeux et entre ces derniers et le bec ; gorge noire avec une sorte de pointe de même couleur qui descend de chaque côté du cou jusqu'à la moitié de sa longueur. Le noir de la nuque est séparé de la bande noire dont je viens de parler par un peu de blanc qui s'étend de la tempe jusqu'à la partie inférieure du cou. Le devant du cou et sa base sont d'un beau roux, ainsi que le (1) Voy. Proceed. Zool. Soc, I8G3, p. 323; — 1877, p. 806; — 1880, p. 502 150 SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. sommet de la poitrine. A la teinte rousse succède une sorte de ceinture blanche qui retourne jusqu'au dos ; les flancs et le haut de l'abdomen sont noirs; les côtés du croupion et les plumes qui précèdent les rectrices sont blanches, de même que le bas-ventre et les sous-caudales ; les ailes sont noires, avec bordures blanchâtres à l'exliémité des rectrices ; les rec- trices sont noires, ainsi que les pattes. ^^_Hy\Oj)UKE Bernache à cou roux (Bernicla ruficoUis). Longueur totale de l'oiseau, 0"',59 environ ; son aile me- sure O"',.^^; sa queue, 0"\16; son bec, 0™,035; son tarse, 0™,055. Reproduction. La Bernache ruficolUs se reproduit dans les régions bo- réales; ses œufs sont blanchâtres et mesurent 0"',07 au grand diamètre et 0"\04G au petit diamètre. En 1853, le Jardin zoologique de Londres reçut en échange une femelle de Bernache à cou roux; elle vécut plusieurs an- SUR LES PALMIPÈDES LÂMELLIROSTRES. 151 nées en compagnie d'un mâle de Bernache cravant, mais ne reproduisit pas (1). La Société royale de zoologie d'Anvers ne possède pas cette espèce, mais elle existe au Jardin zoologique d'Amsterdam. M. le directeur de cet établissement a bien voulu m'informer que ces oiseaux avaient été capturés il y a deux ans, à la suite d'une tempête du nord-est, à l'île Texel (Hollande). N" 10. Bernache aux ailes bleues. {Bernicla cyanoptera (i), n° 10584.) Cijanoclien, sous-genro f du catalogue do G. Gray. Élymolocjie. — Cyanochen, de /.uavoc, ou, bleu ; x'qv^ '/jvoç, oie (oie à plumage bleu). Cyanoptera, de /.ûavoç, bleu, et de i^Tspôv , plume, aile, indique que l'espèce qu'il désigne a les ailes bleues. Synonymie. — Cyanochen cyanoptera Rupp. — Bernicla cyanoptera Rupp. {Blue-Winget goose). Les Bernaches aux ailes bleues ont été découvertes par le voyageur Riippel. Il existe deux spécim.ens de cette espèce dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle de Paris. Je n'ai pu me procurer de renseignements exacts sur l'époque de leur introduction en Angleterre et en France. En 1(S80, celte belle espèce de Bernache n'existait pas encore au Jardin zoologique de Londres; cependant, à cette époque, M. Cor- nély disait qu'il espérait recevoir prochainement des oiseaux de cette espèce de la Nubie supérieure. Descriidlon. Bec brun noirâtre; dessus de la tôte brun clair; face et gorge blanchâtres ; plumes des parties supérieures du cou de couleur brune tirant sur le grisâtre ; dos couvert d'ondula- tions roussâtres, formées par la bordure des plumes, qui est (1) Lisl of the certainhi biown species of Anatidœ, 1880, p. 502. (2) Voy. Proceed. Zool'. Soc, 1880, !>. 40i, 531-. 152 SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. de nuance plus claire ; plumage des parties inférieures de nuance plus claire, tirant sur le gris jaunâtre tacheté de brun, passant au blanchâtre vers la gorge et au blanc pur sur les sous-caudales ; petites et moyennes couvertures des ailes Bernache aux ailes bleues (Bernida cyanoptera). d'un gris bleu cendré; pennes secondaires noires glacées de vert métallique; grandes rémiges et rectrices d'un brun noir mat; pattes brunes, cf Cet oiseau mesure 0",70 de long ; ses ailes, 0'",39; sa queue, O",^; son bec, 0'",04 ; et son tarse, 0™,07. Reproduction. Il ne m'a pas été possible d'obtenir le moindre renseigne- ment sur la reproduction de cette espèce, qui n'existe pas dans les jardins zoologiques. SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES. 153 N°i'l. BeRNACHE ANTARCTIQUE, (Beniicla antarctica (1) G. G., n° 10585.) Tœnidiestes, sous-genrc g du catalogue de G. Gray. Elymologie. — Tœnidiestes, nom proposé par Reichenbach, vient de iratvîa, bandelette, et de âtsGTTjXwç, séparé, par allu- sion aux bandelettes distinctes qui se trouvent dessinées sur le plumage de la Bernache antarctique Ç. — Antarctica, de àvTÎ, contre, àpxTiicô;, nord, qui est opposé au pôle arctique, c'est-à-dire qui est au sud. Synonymie. — Anas antarctica Gmel. — Bernicla an- tarctica Sleph. Gould. — Tœnidiestes antarctica Baunister. — Anas hybrida Molina. — Anas Magellanicus Sparrm. — Tœnidiestes candidus {Antarctic rjoose Forster, Kelp goosé). La Bernache antarctique est originaire de l'Amérique du Sud. M. l'abbé Molina désigne cette espèce sous le nom à' Anas hybrida, qui peut avoir la priorité sur celui à' Anas antarcticay généralement admis; mais MM. Sclater {^) et Salvin, tout en reconnaissant que le nom proposé par M.. Mo- lina peut être le plus ancien, trouvent qu'il est peu approprié à l'espèce ; ils sont d'avis que l'on doit bien se garder de changer une dénomination aussi bien établie que celle à'an- tarctica. Forster a remarqué cette espèce dans la ^Terre de Feu, où elle a été observée depuis par tous les voyageurs qui ont écrit sur les Oiseaux de ce pays, notamment par Darwin, qui l'a aussi rencontrée dans les îles Falkland et sur la côte occidentale de l'Amérique du Sud, en remontant vers le nord jusqu'à l'île Chiloé. La Bernache antarctique vit exclusive- ment sur les parties rocheuses du bord de la mer, ce qui lui fait donner par les marins le nom de Rock-goose (Oie des rochers). Darwin raconte que, dans les détroits retirés de la Terre de (1) Voy. Proceed. Zool. Soc , 1857, p. 128; — 1859, p. 477; — 1860, p. 388; — 1867, p. 320, 334, 339; — 1872, p. 36G; — 1879, p. 310: - 1880, p. 504; — 1881, p. 13. (2) Ibid., 1876, t. II, p. ,308-369. 154 SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. Feu, le mâle, blanc comme la neige, invariablement suivi de sa compagne aux couleurs plus sombres, qui se tient à ses côtés sur le sommet d'une roche lointaine, forme un trait caractéristique du paysage de ce pays. Philippi et Landbeck disent que cette espèce se trouve éga- lement sur les côtes occidentales, et ajoutent qu'on la ren- Bcrnaclie antarctique [Bernicla antarclica). contre parfois jusqu'à Valdivia. Les observations les plus ré- centes de Burmeisler établissent que ses migrations vers le nord ne s'étendent pas au delà de la baie de Santa-Cruz, où elle séjourne pendant l'hiver. Un seul spécimen de cette espèce fut importé en Angleterre en 1868. Jusqu'en 1870, les efforts que l'on avait faits pour l'introduire dans les jardins zoologiques de Londres avaient eu peu de succès; un seul de ces oiseaux put arriver vivant en 187-2(1). (1) See Rev. List of vert., 187'2, p. 24."> SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES. 155 Description. Le mâle est blanc ; il a le bec noir et les pattes jaunes; il a environ 0™, 61 de long; ses ailes mesurent 0"',38; sa queue, 0"',13; son bec, 0™,043 ; ses tarses, 0'",076 ; son doigt médian, Y compris l'ongle, 0'",088. La femelle est de couleur brun noirâtre; elle a le vertex et la nuque de couleur brune ; le front, les côtés de la tête et le cou, de même nuance, vermiculés de blanc; la partie posté- rieure du dos, le croupion et la queue, blancs ; les rémiges primaires, noires; les pennes secondaires, les petites couver- tures des ailes ainsi que les plumes subalaires, blanches; les grandes tectrices, extérieurement terminées par une teinte verte formant le miroir de l'aile ; le dessous de la poitrine, les flancs, ainsi que la partie supérieure du ventre, sont dis- tinctement traversés de rayures ou bandelettes blanches; le fond du ventre est blanc, ainsi que le tour de l'anus. La longueur totale de la femelle est d'environ 0'",61 ; ses ailes mesurent 0'",35; sa queue, 0'",13; son bec, 0'",043; ses tarses, 0"',067; son doigt médian, 0"',08. Rejjyoduction. Il ne m'a pas été possible de me procurer des renseigne- ments sur la reproduction de ces oiseaux. N° 12. Bernache DE Magellan. {Bernicla Magellanica (1), n° 10586.) Chloëphaga, sous-genre h du catalogue de G. Gray. Elymologie. — Chloëphaga, de y}^ôfi^ herbe, et cj^aye^v, manger, indique que les Bernaches dont les noms vont suivre sont essentiellement herbivores. Le mot Magellanica., qui caractérise l'espèce, indique que celte dernière est originaire du détroit de ce nom. (1) Voy. Proceed. Zool. Soc, 1867, p. 339; — 1872, n. 306, 549; — 1875, p. 488. 156 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMÂTATION. Synonymie. — Oie des terres MagellaniquesBuff. — Anas Magellanica Gm. — Anser pictus et Mcujellanicus Vieill. — Chloëphaga Magellanica Eyton. — Bernicla Magellanica Gay. — Anas picta Gm. — Anas leucoptera Gm. — Anser leucopterus Vieill. — Bernicla leucoptera Less. (Painted Duck Cook. — Upland goose). La Bernache de Magellan (l) est originaire du détroit de ce nom ; elle habite aussi les îles Falkland et l'île Staaten. D'après Darwin, cet oiseau est commun à la Terre de Feu et aux îles Falkland ; il y vit dans l'intérieur des terres par couples ou par petits troupeaux, s'approche rarement de la mer, fait son nid dans les îlots et se nourrit presque entière- ment de végétaux. Les marins lui donnent le nom d'Oie des hautes terres. Le capitaine Abbott et quelques autres voyageurs disent que celte espèce est commune dans les îles Falkland ; mais, contrairement à l'opinion de Darwin, Abbott prétend qu'elle se reproduit dans tout le pays aussi bien que dans les îlots voisins. La Bernache de Magellan a été introduite au Jardin zoologique de Londres en 1857. C'est le gouverneur Moore (2) qui envoya le premier couple des îles Falkland. Un second couple de ces oiseaux fut reçu en 1861 ; ils se reproduisirent pour la première fois en 1863; depuis cette époque, cette espèce s'est reproduite assez régulièrement. Le mâle et la femelle présentent des caractères tellement distincts, que l'on pourrait croire à première vue que chaque sexe est une es- pèce différente. Le plumage du mâle est blanchâtre et celui de la femelle est au contraire brunâtre ; le mâle a les pattes d'un gris noirâtre et la femelle les a jaunes. MM. SclateretSalvin (3) disent que la variété chilienne de cette Oie a été décrite par Philippi et Landbeck sous le nom de Bernicla dispar. La principale, et même la seule distinc- (1) Sclat., Pioceed. Zool. Soc, 1857. p. 128; — 1858, p. 289;— 1860, p. 387. Gould, Pioceed. Zool. Soc, 1859, p. 96 ; — Sclat. et Salv., Ibis, 1868, p. 189 ; — 1870, p. 500. (2) List of tke cerlainli/ known species, 1880, p. 502, 503. (3) Proceed. Zool. Soc, 1876, p. 3Gi. SUR LES PALMIPEDES LAMELLIROSTRES. 157 lion que l'on puisse faire pour celte variété, c'est que le mâle est rayé de bandes noires dans tout le dessous du corps ; mais ils ne considèrent pas ce caractère comme absolument suffi- sant pour séparer les deux variétés. Description. Le mâle a le bec noir, la tête et la partie supérieure du cou Bernaclie de Magellan {Bernicla Magellanica). de couleur blanche; chez quelques sujets, le dessus du crâne et le tour de l'oreille sont légèrement ombrés de gris très clair; l'œil est d'un noir de jais ; vers le milieu du cou appa- raissent de petites rayures transversales de couleur noire, qui tranchent sur le fond blanc et qui s'accentuent progressive- ment en allant vers la poitrine, où elles deviennent de plus en plus larges. Ces rayures ou bandelettes, disposées en forme d'écaillés, se manifestent sur l'ensemble du plumage jusqu'à la naissance des ailes ; les cuisses sont également recouvertes déplumes plus grandes et plus fortement rayées de blanc et 158 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aGCLIMATATION. de noir ; la poitrine et la partie antérieure du dessous du corps sont aussi rayées de noir; les plumes du manteau sont grises ; celles qui le précèdent sont bordées de gris foncé et de blanc; les rémiges secondaires sont blanches ; le miroir de l'aile est apparent, à reflets vert bronzé ; les grandes rémiges sont noires ; les plumes de l'abdomen, ainsi que celles du dessous de la queue, sont blanches; la partie postérieure du dos est blanche ; les rectrjces sont noires ; les ailes sont armées d'une sorte d'éperon arrondi, de la grosseur d'un petit pois, placé près de l'articulation du fouet; les pattes sont de couleur noir grisâtre. La longueur totale du mâle est d'environ 0"°, 66 ; ses ailes mesurent O^jM; sa queue, 0'",14; son bec, O^jO^; ses tarses, 0'",10; son doigt médian avec l'ongle, 0"',08. Le plumage de la femelle présente les mêmes dispositions que celui du mâle ; mais les rayures sont noires sur une teinte brun fauve, qui elle-même passe entièrement au blanc sur les plumes des couvertures des cuisses, en tout semblables à celles du mâle ; le bec est noir ; le cou, marron ; l'abdomen est rayé ou grivelé de noir et de blanc, d'une teinte plus foncée que celle du mâle ; les grandes rémiges sont noirâtres ; les plumes du manteau sont d'un gris légèrement fauve, et les rémiges secondaires, blanches; le miroir des ailes est vert cuivré ; le croupion est noir, ainsi que les rectrices ; l'œil est noir; les pattes sont d'un beau jaune, il est à remarquer que les plumes grises qui précèdent celles du manteau sont rayées de noir et bordées de fauve. La femelle a une longueur totale d'environ 0™,66 ; ses ailes ont 0'",405; sa queue, 0'",139 ; son bec, 0'",04; ses tarses, O-^jOS; son doigt médian avec l'ongle, 0'",076. Reproduction. Les Bernaches de Magellan se sont reproduites dans presque tous les jardins zoologiques d'Europe, au Jardin zoologique de Londres, au Koninklijk Genootschap d'Amsterdam, au .lardin zoologique d'Anvers, à la ménagerie du Muséum d'his- toire naturelle de Paris. M. Courtois, membre de notre So- ciété, a aussi obtenu sa reproduction. SUR LES PALMIPÈDES LAME LLIROSTRES. 159 Ces oiseaux nichent et pondent, vers la fin de mars, de trois à huit œufs de couleur blanc jaunâtre, qui mesurent ordinairement O^jOO de long sur 0'",055 de large ; la femelle couve elle-même ses œufs, dont l'incubation dure de trente à trente-trois jours. N" lo. Bernache de Magellan, variété chilienne. (Bernicla diapar (1) G. G., n" 10587). Étymologie. — Le mot latin dlspar, différent, qui désigne cette variété ou espèce, a probablement été choisi pour indi- quer qu'elle diffère en quelques points de l'espèce qui pré- cède. Synonymie. — Bernicla Magellanica Cassin. — • Bernicla dispar (2) Ph. et Landb. — Chloëphaga dispar (3) Sclat. (ChUian goose). Philippi et Landbeck assurent que cette Oie se rencontre fréquemment en hiver dans les provinces centrales du Chili. Burmeister dit que cette espèce se trouve dans la Sierra Tinta, près de Tandil, au sud de Buenos-Ayres. En octobre 1871, la Société zoologique de Londres acheta à M. Weisshaupt, avec d'autres animaux chiliens, un couple de cette variété de Bernache de Magellan; la femelle étant morte, le raàle fut prêté à un correspondant de cette Société, qui obtint la reproduction de cet oiseau avec une femelle de Bernache de Magellan ; les produits obtenus par ce croisement n'étaient pas aussi fortement rayés que dans l'espèce Bernicla dispar, mais ils présentaient aux extrémités des plumes des taches noires bien apparentes. Les observateurs qui ont étudié comparativement les deux variétés disent que les femelles de l'une et de l'autre sont entièrement semblables. Il existe à la ménagerie du Muséum d'histoire naturelle de Paris un couple (1) Voy. Proceed. Zool. Soc, 1880, p. 503. (2) Burm., Proceed. Zool. Soc, 1872, p. 3G6; — Sclat., /tis, 1861, p. 122. (3) Proceed. Zool. Soc, 1867, p. 320, 331. - Sclat, etSalv., Proceed. Zool. Soc, 1876, part. II, p. 364. 365 ; — 1866, p. 364. 100 SOCIÉTÉ NATIONALE D' ACCLIMATATION. de Bernicla cUspar. M. Huet, aide-naturaliste chargé de la ménagerie, espère que ces oiseaux se reproduiront au prin- temps prochain ; on pourra, si ses prévisions se réalisent, comparer les produits de cette espèce avec ceux de la Ber- nache de Magellan proprement dite ; si les mêmes caractères se perpétuent, on pourra conclure à la distinction des deux espèces; dans le cas contraire, on devra reconnaître que B. dispar n'est qu'une simple variété de B. Magellanica, M. le Directeur du Jardin zoologiqiie d'Anvers a bien voulu me faire savoir qu'il possédait cette espèce, mais qu'il n'avait pas encore obtenu sa reproduction. N° 14. Bernicla inornatâ(I). (G. Gray, n" 10588.) Élymologie. — Le mot inornatus, de in privatif et de ornatus, paré signifie : sans parure. Cette espèce ressemble beaucoup à l'espèce suivante [B. poliocephala) ; elle n'en est peut-être qu'une variété. Les renseignements qu'il m'a été permis de recueillir ne sont point assez précis pour pouvoir bien caractériser l'espèce. N" 15. Bernache a tête grise (2). (Bernicla poliocephala G. G., n» 10589.) Élymologie. — Poliocephala, de icoÀtoç, gris, et xscpaX-^^ •?];, tête, se rapporte à un des principaux caractères de cette espèce, qui a la tête grisâtre. Synonymie. — Anas inornatus $ King (3). — Bernicla inornata Gay et Mitch. — Chloëphaga poliocephala Gray, Sclater (4). — Bernicla poliocephala Burm (5). — Anas po- (1) Voy. Proceed. Zool. Soc, 1858, p. 289, 290; — 1860, p. 387; - 1872. p. 366; —1880, p. 503. (2) Ibid, 1860, p. 212; - 1872, p. 549 ; - 1880, p. 503; - 1881, p. 13. (3) Ibid., 1830-31, p. 15. (4) Ibid., 1857, p. 128. (5) Ibid., 1872, p, 366. SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES. 161 Uocephalus Bann. — Bernicla Chiloensis Vh. et Lantlb. {Ashy-headed (joosé). D'après les notes publiées par MM. Sclater et Salvin (I), la Bernicla poliocephala iiabite le détroit de Magellan, Rio- Négro, rîle Chiloé et les îles Falkland. On a cru primitivement que cette espèce était la femelle de l'oiseau décrit par le ca- pitaine King sous le nom (VAnas inornalus, et dont Gray et Mitcbeli ont donné une excellente figure dans l'ouvrage in- titulé Gênera of birds. Gray fut le premier qui découvrit l'erreur ; il donna à cet oiseau un nom définitif, en laissant à Sclater le soin de décrire cette espèce et d'établir les distinctions d'une manière évi- dente. Le fait de la ressemblance des sexes dans cette espèce et l'espèce voisine a pu être constaté sur des oiseaux vi- vants qui se sont reproduits dans les jardins de la Société zoologique de Londres. La Bernache poliocephala ne pa- raît pas être aussi commune dans l'extrémité méridionale de l'Amérique et dans les îles Falkland, que veut bien le dire M. Darwin, qui raconte que ces îles sont le lieu de rendez-vous de ces oiseaux, que l'on voit rôder sans cesse isolément. Le capitaine Abbott, pendant ses trois années de séjour dans les îles Falkland, n'a observé que trois individus de cette espèce et encore furent-ils rencontrés isolément parmi des troupeaux d'Oies des montagnes (Bernicla Magellanica). Il suppose que ces oiseaux étaient venus de la côte de Patagonie. M. Leconte, envoyé aux îles Falkland comme délégué de la Société zoologique de Londres, pour se procurer des sujets vivants, ne put rapporter quime seule peau de ce Palmipède. D'après Burmeister, cette Bernache habite dans la Patagonie, où elle est très commune. Philippi et Landbeck assurent que la véritable patrie de cet oiseau, qu'ils désignent sous le nom de Bernicla chiloensis, est l'île de Ghiloé, où elle se reproduit. Pendant l'hiver, elle émigré plus avant vers le nord et on la rencontre à Ancud à l'état domestique. (1) Proceed. Zool. Soc, 1876, part. II, 366, 367. i' SÉRIE, T. Iir. — Mars 1880. H 162 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. Description. Tête, cou et plumes du scapulaire de couleur gris de plomb -^ poitrine et partie supérieure du dos, couleur marron avec plumes extérieurement bordées de noir; abdomen, tectrices subalaires, pli de Taile et petites tectrices blancs; rémiges primaires noires ; rémiges secondaires blanches intérieure- ment, tachées de brun sur les barbes externes des plumes ; grandes tectrices noires à reflets extérieurs vert brillant et à extrémités blanches; fond du dos et queue noirs; flancs transversalement rayés de blanc et de noir; région anale, cou- leur marron; bec noir; pieds jaunes à l'extérieur, brun, noirâtre à l'intérieur. Longueur totale, environ 0"\609; aile, 0'",342; queue, 0'",127; tarse, Û"\068; doigt médian avec ongle, 0'%063. La femelle est semblable au mille. Reproduction. Cette Bernache a été introduite au Jardin zoologique de Londres, en 1833(1); elle s'y est reproduite de 1852 à 1869, époque à laquelle les sujets furent malheureusement perdus. Les pontes avaient lieu dans la première quinzaine d'avril et les éclosions du 20 mai au 9 juin. M. Huet, aide-naturaliste chargé de la ménagerie du Muséum d'histoire naturelle de Paris, a reçu un couple de cette espèce, dans le courant de 1884. Il espère d'autant plus obtenir la reproduction pro- chaine de cette Bernache, que les sujets qui lui ont été cédés sont nés chez M. Courtois, notre collègue. Le Koniuklijk zoologisch yenootschap d'Amsterdam et le Jardin zoologique d'Anvers ne possèdent pas cette Bernache. N" 16. Bernache a tète rougeatre. {Bevniclarubldiceps (2) G. G., ii" ]U590.) Étymologie. — Le mot ruhldiceps, de ruhidus, rougebrun,. (1) List of the certainlij knoivn species of Anatidœ, 1880, p. 503. (2) Voy. Proceed. Zool. Soc, ISSU, p. 503, 504. SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES. 1 6S el caput, tête, indique que Toiseau qu'il désigne a la tête et une partie du cou de cette couleur. Sijno7iymie. — Bernicla inornala Gray. — Chloëphaga rubidiceps Sclat (1). —Anser rubidiceps Schl. — Chloetro- phus riibidiceps Bann (Rudd>/-headed çjoose). Cette espèce est connue aux îles Falkland sous le nom d'Oie de Brent ; d'après le capitaine Abbott, elle est moins commune que les autres espèces; cependant il dit en avoir rencontré des troupeaux considérables dans certains pa- rages ; à North Camp il en observa un grand nombre qui mar- chaient par couples. Dans cette espèce le mâle est plus grand que la femelle ; pendant que cette dernière construit son nid parmi les buissons, il se tient sur le bord des étangs les plus voisins. La ponte de cette Bernache a lieu dans les premiers jours d'octobre et se compose ordinairement de cinq œufs, rarement de six ; les petits acquièrent toute la beauté de leur plumage pendant la première année; on les distingue à la couleur du miroir de l'aile, qui est terne au lieu d'être vert brillant. Description. Dessous du corps, tête et cou de couleur cannelle, avec plumes de la poitrine et des flancs bordées de noir; anus en- touré d'une marge noire ; partie supérieure de la base du cou de teinte grise parsemée de nombreuses bandes noires et cannelle ; plumes qui forment le milieu du scapulaire pré- sentant une tache noire cà leur face subterminale; fond du dos, croupion et queue de couleur noire à peine teintée de vert ; grandes rémiges noires ; rémiges secondaires et petites couvertures des ailes blanches; grandes tectrices à reflets extérieurs vert métallique, tirant sur le bronze, terminées de blanc; bec noir; iris presque noir; tarses jaunes à l'exté- rieur, noirâtres à l'intérieur. Longueur totale, environ 0'",584- aile, 0^342; queue, 0-,li4; bec, 0™,038; tarse, 0"\m; doigt médian avec l'ongle, 0'",07. (I) Proceed. Zool. Soc, 1860, p. 387;— J876, p. 3(i7. 164 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. Reproduction. Celle espèce réussit, dil-ou, fort bien en captivité; elle fut introduite (1) pour la première fois, en 1860, au Jardin zoolo- gique de Londres. Deux couples de ces oiseaux furent reçus des îles Falkland, mais ils ne se reproduisirent que de 1865 à 1870; à partir de celte époque cette Bernache fut perdue et ne figura plus au Jardin zoologique. Les pontes avaient lieu en mars et avril ; les éclosions varièrent du 30 avril au 6 juin, suivant les années. Celte espèce n'existe en ce moment ni à la ménagerie du Muséum d'histoire naturelle de Paris, ni au jardin zoolo- gique d'Amsterdam, ni à celui d'Anvers. N" 17. Bernache aux ailes noires (2). {Bernicla melanoptera G. G., n° 10591.) Élymologie. — Melanoptera, de [xéXaç, noir, et nTspôv, aile (bernache aux ailes noires). Synonymie. — Anser melanopterus Eyton. — Bernicla melanoptera Gay. — Chloëphaga melanoptera Burm (3). — Oressochen melanopterufi Bannister. — Anser motitanus Tsch. — Anser anticola Tsch {Andean goose). MM. Sclaler et Salvin (4) rapportent les observations sui- vantes : cette belle Oie se trouve dans les hautes Andes du Pérou et de Bolivie ; elle a été observée sur le lac de Tilicaca, à Tincla et à Pilumarca,à une élévation de il à 14 000 pieds anglais, soit 3355 à 4270 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans la contrée appelée par Tschudi la région Puna ; on la trouve aussi dans les provinces centrales du Chili; elle descend dans les plaines pendant l'hiver, mais se retire, en été, sur les hauteurs des Cordillères, sans dépasser toutefois (1) Proceed. Zool. Soc, 1860; — 1876, p. 367. (2) Ibii(., 1867, p. 3-20, 331; — 188^, p. 153; — 1874, p. 55i ; — 1880, p. 504. (3j Ibid., 1872, p. 365. (i) Ibid., 1876, p. 363. SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES. 165 les limites où commencent les neiges perpétuelles. Celle es- pèce a été observée à Quintero, dans la province de Santiago ; elle s'y trouvait en si grand nombre, sur une petite surface d'eau, près du célèbre passage Portillo, que cet endroit est appelé Valle de los Pinquenes {Pinquen désigne cette es- pèce). On ne la trouve guère au delà du 35* degré de latitude septentrionale. Trois spécimens de cette belle espèce ont vécu dans la ménagerie de la Société zoologique de Londres, mais aucun de ces oiseaux ne semblait jouir en captivité d'une aussi bonne santé que les autres Oies de l'Amérique du Sud. Description. Blanche; rémiges noires; pennes scapulaires et queue d'un noir tirant sur le vert ; grandes tectrices de teinte pourprée à l'extérieur et formant le miroir de l'aile ; petites couver- tures des ailes blanches; plumes du haut du scapulaire mar- quées de brun, celles du bas brunes passant au noir verdûlre. L'oiseau vivant a le bec couleur de chair à onglet noirâtre, les pieds rouges, l'iris de couleur sombre. La femelle est semblable au mâle, mais plus petite. Le mâle mesure environ 0"\76 de long; son aile a 0"\4-4-, sa queue, 0"\16; son bec, 0",043; ses tarses, 0"\093; son doigt médian, 0"\08. Reproduclion. Cette espèce existe aux Jardins zoologiques d'Anvers et de Londres, mais ne s'y est pas encore reproduite. N° 48. liERNACHE CANAGICA (i). {Bernicla canagica G. G., n° t0592.) Étymologie.— D'après les renseignements que je tiens de la bienveillance de M. Oustalet, le mot canagica a été em- ployé par un auteur russe, Sewaslianoff, qui s'en est servi (1) Voy. Proceed Zool. Soc, 1880, p. 501. 166 SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGCLIMATATION. comme d'un nom spécifique, en décrivant l'espèce {Anas ca- iiagica) (1) ; plus tard ce nom a été repris par Brandt (2) ; il semble n'être qu'une forme latine modifiée de Kamlchatika, •qui indiquerait que cette Bernaclie a pour patrie le Kam- tchatka; mais on ne saurait rien affirmer sans avoir consulté préalablement l'ouvrage deSewastianoff, qui est très rare. Synonymie. — Anser canagicus Schwartz. — Chloëphaga canagica Elliot. — Anas canagica Sewaslianoff. — Anser inclus Pall. — Anser canagicus Brandt. — Chloëphaga cana- gica Eyton. — Derniela canagica (.3) G. Gray {Emperor goose). La Bernache canagica habite le nord-est de l'Asie et le nord-ouest de l'Amérique, on la rencontre aux îles Aléou- tiennes et sur les côtes du Kamtchalka. Dans ses migrations elle arrive parfois jusqu'aux limites orientales de l'Europe. M. E. Verreaux (4) a reçu, à deux reprises différentes, des oiseaux de cette espèce, comme faisant partie du genre Oie ; d'autres, au contraire, la prennent pour type du sous-genre Chloëphaga. Description (5). Tête blanche, cette couleur se prolongeant sur la nuque et le haut du cou en arrière ; dessus du corps d'un gris bleuâtre; couverture supérieure des ailes de la couleur du dos, avec une bordure blanchâtre ou blanche ; gorge noire tachetée de blanc, parfois d'un noir sans taches; dessous et côtés du cou bruns; ventre blanchâtre, onde de cendré; régions anale et sous-caudale d'un blanc pur; rémiges primaires brunes; rémiges secondaires noirâtre à racliis blanc, avec une tache et un liséré de même couleur ; rectrices blanches ; bec rou- geâtre ou jaunâtre en dessus, noirâtre en dessous, grisâtre sur les côtés, avec les onglets blancs bordés de noir; pieds d'un brun roussâtre pâle ; ongles noirs ; iris bleuâtre. Taille (6) , (1) Nova acta academiœ Petropolitensis, 1800, t. Xill. (2) Bulletins de V Académie de Saint-Pélersbourfj, 1836, (. I. (3) Gen. of Birds, 1844, t. III, p. 607. (4) Degland et Gerbe, p. 40ï!. (5) Description extraite de Degland et Gerbe, p. 492. (6) D'aj)rès Baird. SUR LES PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES. 167 •O'",660 environ; longueur de l'aile, 0'",390; longueur de la queue, 0'",liO; longueur du bec,0"',04'0; longueur du tarse, O'",075. Reproduction. Je n'ai pu me procurer de renseignements précis sur la reproduction de la llernaclie canarjica. Celle espèce n'existe pas dans les Jardins zoologiques de Londres, d'Amsterdam et d'Anvers. II. TRAVAUX ADRESSÉS ET COMMUNICATIONS FAITES A LA SOCIÉTÉ LES SAUTERELLES A MADAGASCAR SUR LE RIZ MALGACHE Par le R. P. CAMBOUÉ Missionnaire apostolique. Dans une intéressante communication au sujet des Saute- terelles de passage, insérée dans le Bulletin de juin 1884, M. Decroix disait en terminant : « Je suis heureux que cette petite communication ait appelé votre attention sur ces in- sectes, dont il y a sans doute à tirer parti. » Quelques mois plus tard, en effet, M. le général comte de La Croix de Vaubois écrivait à la Société : « Je dirai, relativement à l'alimentation que les Sauterelles peuvent fournir, que j'ai remarqué que la volaille, à l'époque de leur passage, ne s'en dégoûte jamais, et je crois qu'elle s'en nourrirait très bien ultérieurement si on avait le soin de les conserver convenablement ; d'autant plus que, dans le désert, les indigènes les gardent pour leur nour- riture particulière. Ils en font des conserves à l'huile après avoir préalablement arraché la tête, les pattes et les ailes. » J'ai pensé, dès lors, que quelques mots sur les Sauterelles à Madagascar, leur capture et leurs usages, pourraient peut- être intéresser la Société. Les Sauterelles de passage paraissent généralement au printemps sur les hauteurs des provinces centrales de la grande île africaine. Pour les Malgaches, ces Acridiens, qu'ils nomment dans leur langue Valala (1), sont en même temps un fléau et une ressource ; un fléau, à cause des ravages qu'ils font aux récoltes; une ressource, à cause de la précieuse substance alimentaire qu'ils fournissent non seulement pour (l) Œdipoda migrato ria. LES SAUTERELLES A MADAGASCAR. 169 les animaux domestiques, mais encore pour les populations. Tant il est vrai qu'ici-bas, dans tout événement fâcheux, la sage Providence du Dieu créateur dispose toujours quelque côté profitable et place un remède à côté du mal. Aussitôt que les Malgaches aperçoivent le nuage des Sau- terelles qui s'avance, ils se hâtent de se porter aux endroits recouverts de hautes herbes, par où ils conjecturent que les insectes passeront. Dès qu'ils les voient arriver, ils mettent le feu aux herbes. Les Sauterelles de passage, dont le vol est lourd et bas, tombent alors en grand nombre, surprises par la chaleur et asphyxiées par la fumée. Hommes, femmes et enfants se hâtent d'en faire amples provisions, abandonnant ce qu'ils ne peuvent emporter aux Goaika {Corviis scapula- tiis) et aux Papango {Milvus jEgyptius), très friands de cette nourrit iH'e. Les Sauterelles sont ensuite jetées dans de grandes mar- mites, où on les soumet à une bonne étuvée, après quoi elles sont étendues au soleil sur des nattes jusqu'à ce qu'elles soient parfaitement sèches. C'est alors qu'après qu'on leur a enlevé les pattes, les ailes et la tête, elles sont triturées ou bien emmagasinées telles quelles, pour les besoins du mé- nage ou l'approvisionnement des marchés, où elles sont une denrée courante. Les Sauterelles peuvent se conserver ainsi pendant un temps très considérable. Les Malgaches mangent les Valala, ou simplement assai- sonnées de piment et de sel, ou mieux frites à la graisse, et encore bouillies ou cuites avec du Riz et de la viande de vo- laille ou de bœuf; ils les préfèrent même à celle dernière. Ils en font aussi du Bo ou bouillon, dont ils assaisonnent le Riz, leur principale nourriture. Que l'on n'aille pas croire que ces insectes à Madagascar soient seulement la nourriture des pauvres et du bas peuple. Au palais de Tananarive, la table royale elle même, qui se pique de progrès à l'instar des grands services européens, ne les dédaigne point. La défunte reine, Ranavalona il, qui avait ses chasseurs pour lui procurer le plus lin gibier de ses forêts, ses pêcheurs pour lui apporter le meilleur poisson 170 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. de ses lacs et rivières, avait aussi une bande de femmes qui couraient la campagne pour lui ramasser des Sauterelles. Et, sur ce point, la nouvelle souveraine des Hovas, la jeune Ranavalona IH, doit sans doute suivre les usages de l'an- cienne. Quelque temps, en effet, avant le commencement des hos- tilités entre la France et la cour d'Imérina, la reine actuelle, qui n'était alors que la petite princesse Ratrimo, dirigea un jour sa promenade, accompagnée du jeune prince son mari, vers le Jardin d'acclimatation de la Mission, situé à Ambo- hipo, non loin de la capitale. Là, sans se douter des honneurs royaux qui l'attendaient à bref délai, la future reine des Ho- vas poursuivait gaiement les Sauterelles, qu'elle enfermait ensuite dans un étui de Zozoro (Ci/perus œqualis), pour en faire, à son retour chez elle, confectionner un plat de son goût. Les Malgaches, en effet, non contents de faire servir à leur nourriture les Sauterelles de passage, mangent aussi diverses autres espèces de ces insectes acridiens, entre autres un Cri- quet de grande taille, appelé ici Anipangahe. Ils font toute- fois exception pour une espèce, des plus belles cependant à la vue, qu'ils nomment Valalanamboa. J'ai voulu me rendre compte par moi-même de la valeur d'un mets si estimé des Malgaches. Plusieurs de mes con- frères missionnaires en ont aussi fait l'expérience. Par elle- même, la Sauterelle de conserve malgache est d'un goût assez fade, mais, bien assaisonnée et grillée à l'huile ou à la graisse, elle ne serait pas à dédaigner. Les Sauterelles, préparées comme je viens de l'indiquer dans cette petite communication ou bien de toute autre façon, peuvent-elles constituer une ressource alimentaire? Ne pour- rait-on pas, du moins, les utiliser pour la nourriture des animaux? Je laisse à plus compétent le soin de décider l'une et l'autre question. Je ferai simplement remarquer, en ter- minant, que dès l'antiquité la plus reculée, nous voyons les Sauterelles usitées comme aliment. Dans le Lévitique, par exemple, au chapitre qui énumère les animaux dont pouvait LES SAUTERELLES A MADAGASCAR. 171 se nourrir le peuple d'Israël (1), nous Irouvons la Sauterelle Locusta et quelques autres espèces du genre. Puisque j'ai parlé du Riz, la Société s'occupant tout par- ticulièrement en ce moment de cette graminée, qu'on me permette de dire ici, en passant, quelques mots au sujet du Riz de Madagascar. Les indigènes de la grande île africaine et des petites îles voisines en cultivent plusieurs espèces, le Riz de marais comme le Riz sec ou de montagne, qu'ils nom- ment, le premier Vari/ ank'oraka, le second Vary nntavy. Ce dernier est indiscutablement le plus estimé, et c'est même le seul usité, dit-on, pour la table royale. Le R. P. de la Vais- sière, dans son récent ouvrage : Vingt ans à Madagascar, décrit ainsi en quelques lignes la culture de l'un et de l'autre de ces Riz : « Riz de maltais. — Quand le moment est venu de travailler sa rizière, on voit le Malgache, une grande bêche à la main, commencer par délbncer profondément le sol, qu'il soulève par grandes mottes, afin de lui faire prendre l'air et le soleil. Dans ce but, il va même jusqu'à empiler ces mottes les unes sur les autres. Il les brisera ensuite, les éparpillera et les émiettej'a à coups de bêche. S'il est soigneux, il aura soin d'y répandre du fumier. C'est alors qu'il amènera l'eau destinée à former, de ces débris de mottes et de fumier soigneuse- ment foulés et nivelés au moyen de ses pieds et de sa bêche, la boue sur laquelle il plantera son Riz. Généralement le Riz est semé d'abord en un petit coin de terre préparé avec un très grand soin. Quand il est à l'état d'herbe un peu grande, on l'en retire brin par brin et on le replante dans la nouvelle rizière. » Les terrains marécageux sont réduits à l'état de terre propre à recevoir le Riz par le piétinement des Bœufs qu'on force de passer ou de repasser dans les marécages, jusqtfà ce qu'ils aient parfaitement fait disparaître les herbes dans la vase et pétri convenablement le sol. » « Riz sec ou de montagne. — Les habitants de la forêt (1) Lévitique, cli. xi, v. 2:2. 172 SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. mettent le feu aux arbres et sèment ensuite leur Riz sans grande difficulté. Tenant d'une main un petit btiton aigu, avec lequel ils font un trou dans la terre; ils y laissent tom- ber de l'autre quelques grains de Riz et les recouvrent avec le pied. Voilà tout leur travail. Aux éléments à faire le reste. » Tous les Malgaches récoltent généralement le Riz par bottes ou petites gerbes ; les femmes apportent ces gerbes dans une aire préparée d'avance, et au milieu de laquelle se trouve, comme chez les Juifs, une pierre ou un tronc d'arbre. Battre le Riz, c'est le frapper contre cette pierre ou ce tronc d'arbre jusqu'à ce que le grain se détache de l'épi. » En même temps que cette petite communication, j'envoie à la Société quelques graines du Riz antavy ou Riz sec, dont on pourrait peut-être tenter avantageusement la culture en Europe. Note. — Il est fort peu probable que dans la communication précédente il s'agisse de Sauterelles ou Locusla. D'autre part, nous doutons que l'espèce soit la même que celle qui ravage le nord de l'Afrique et en particulier l'Algérie et qui est VAcricUurn perignmtm Olivier, s'étendant des côtes de la Chine à l'est jusqu'à celles du Maroc et du Sénégal à l'ouest. On ne connaît pas les- limites méridionales de son habitat. On a essayé d'utiliser les Criquets d'Al- gérie pour la pêche de la Sardine, mais ils ont été peu appréciés par ce Poisson, plus gourmet que gourmand, et qu'on attire avec de la rogtie ou œufs salés de Morue, qu'il préfère de beaucoup à tout autre appât. (Note de la Commission de publication.) EXTRAITS DES PROCÉS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ SÉANCE GÉNÉRALE DU 19 FÉVRIER 1886. Présidence de M. le marquis de Sinéty, Vice-Président. Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. — M. le Président proclame les noms des membres nouvellement admis par le Conseil, savoir : MM. PRÉSENTATEURS. „ ,. j, •-, • . 4 [ Comte d'Eprémesnil. IJOUGERE (Ferdmand), propriétaire a Angers a. Geoffroy Saint-Hilaire. (Maine-et-Loire). ( Mac-AUister. Chouin (Maurice), inspecteur de l'exploita- f A. Geoffroy Saint-Hilaire. tion du chemin de fer du Nord, à Com- | Saint-Yves Ménard. piègne (Oise). V E. Wuirion. A. Berthoule. GUERNE (Jules de), 2, rue Monge, à Paris. Baron F. Billaud. , A. Geoffroy Saint-Hilaire. ^ . , ... / Vicomte de Causans. iiEYNAUD (Baron Lucien), propriétaire au i Puy (Haute-Loire). [ R^averet'-Wattel. — M. le Secrétaire procède au dépouillement de la correspondance. — M. Denizet rend compte de la perte du mâle de son cheptel de Fai- sans vénérés. — M. Martineau annonce le renvoi du mâle de son cheptel de Colombes Lumachelles. — M. le Directeur du Jardin d'Acclimatation communique la lettre ci-après, qui lui est adressée par M. Pays-Mellier : « Depuis plusieurs années, j'ai un grand nombre d'Aras et de Cacatois que j'installe chaque été, dans le jardin, à la chaîne, sur des perchoirs. Pendant l'hiver, je rentre les Aras, ainsi que les Perroquets frileux, dans des volières vi- trées, à l'abri des froids. Dans une de ces volières, qui n'a que 3 mètres de profondeur sur 2", 50 de largeur et 3 mètres de hauteur, nous re- marquions déjà depuis longtemps la grande affection que se témoignaient deux Aras : l'un bleu et jaune {Ara rauna), l'autre rouge à ailes jaunes (Ara canga). Ces deux oiseaux ne se quittaient pas, et le mâle rauna ne laissait pas approcher les autres Aras de la femelle canga. Vers le 17 janvier 1885, je m'aperçus que la femelle canga hérissait ses plumes, qu'elle ne mangeait plus et qu'elle paraissait bien malade. Le 19 au ma- tin, en effet, je la trouvai tombée à terre et mourante. Le pauvre mâle venait sans cesse auprès d'elle, la caressant avec son bec et l'appelant; uiais elle restait insensible à ces témoignages d'affection. Ce même 174' SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. jour, mon faisandier me dit qu'il venait de découvrir la maladie de la femelle Ara, et il montra un œuf dont il avait pu débarrasser le mal- heureux oiseau, qui s'était alors de suite senti guéri. Le 21, nous trou- vâmes, dès le matin, et par terre, un second œuf qui n'était pas cassé. La femelle Ara était gaie et bien portante. Vile, je fis mettre ces deux œufs dans une des grandes cavités qui se trouvent dans le mur de la volière, en forme de boîtes, pratiquées tout exprès pour la nidification des gros Perroquets. Malheureusement, je n'avais pas eu la précaution de laisser seuls mes deux Aras, et, dès le lendemain 2^1, je vis un Na- sique qui emportait un œuf et le cassait avec son long bec pointu; le second œuf avait été cassé également. Mais le couple Ara ne s'était ja- mais occupé des œufs; plusieurs fois, j'avais pris la femelle, qui est très douce, et je l'avais posée dans le trou où ils se trouvaient, sans jamais réussir à l'y faire rester. Ce qui est étonnant dans cet accouplement de deux Aras d'espèce différente, c'est que, dans la volière, le mâle rauna a pour compagnons trois autres Ara rauna, qui sont en parfait état et qu'il n'a jamais voulu laisser approcher. » J'espère obtenir une nouvelle ponte bientôt; mes oiseaux sont très bien portants; mais, cette fois, je serai plus prudent, car ce couple Ara va se trouver seul et bien installé dans sa volière. Je pense donc avoir, cet été, l'heureuse chance de vous annoncer la réussite de deux petits Aras, et cela sera d'autant plus intéressant que, très probablement, cette reproduction sera la première obtenue en France. » — M. Dautre ville écrit à M. le Président : « Je vous ai adressé en temps utile, avec prière de le soumettre à la Commission des récom- penses, le dossier complet relatif à la poudre toni-nutritive granulée, destinée à remplacer les œufs de Fourmi dans l'élevage des Faisans. Je vous envoie aujourd'hui un échantillon du produit en question, tel qu'il sera désormais livré. La composition, qui avait fait exclusivement jus- qu'ici l'objet de mes recherches, est toujours la même, il n'y a de chan- gement apporté que dans la forme. Le mode opératoire et les appareils de fabrication sont définitivement adoptés; d'oîi il résulte que la poudre toni-nutritive, telle qu'elle est présentée aujourd'hui, réunit celte fois, je crois, toutes les conditions désirables du programme. » Les petits granules sont tous à peu près de la même forme, d'une couleur uniforme, d'une composition homogène, et ne sont plus souillés, comme par le passé, par une poudre plus fine, qui avait fait l'objet d'observations de la part des éleveurs qui ont expérimenté cet aliment artificiel. » — MM. Bernard-Talhandier, Berthéol, P>oudent, Buttin et Focet ac- cusent réception et remercient des œufs de Salmonidés qui leur ont été adressés. — M. Lefebvre, membre de la Société linnéenne du Nord de la France, écrit d'Amiens : « Je pense être utile à la Société d' Acclimata- PROCES-VERBAUX. 175 lion en lui envoyant 3000 œufs de Saumon, que je reniettiai demain matin au chemin de fer. Ces œufs, dont j'ai opéré la fécondation, pro- viennent de Saumons pris dans la Somme. Si vous en désiriez un plus orand nombre, je pourrais encore vous en envoyer plusieurs milliers, contre des œufs de Saumon de Californie ou de Truite du Loch Leven, et, à défaut de ces espèces, de la Truite des lacs. » M. Binder, professeur de pisciculture à l'École pratique d'agricul- ture de Saint-Ilemy (Haute-Saône), adresse les Comptes rendus de cette École, dans lesquels sont exposés les résultats des travaux piscicoles entrepris par ledit établissement pendant les années 1884 et 1885. — Remerciements. — En réponse à une lettre qui lui a été récemment adressée par la Société, M. Zipcy, sous-directeur de la ferme-école de Cliavaignac (Haute-Vienne) et professeur de pisciculture dans cet établissement, veut bien promettre de tenir la Société au courant de ses travaux pisci- coles. — Remerciements. — M. Bernard-Taihandier, d'Ambert (Puy-de-Dôme), demande des renseignements au sujet de la nourriture à donner aux alevins de Sal- monidés, et fait en même temps connaître les nouvelles dispositions qu'il a adoptées pour ses appareils d'éclosion et pour ses bacs d'ale- vinage. — M. Albouy, conducteur des ponts et chaussées, qui surveille à Ouillan l'incubation des œufs de Saumon envoyés par la Société pour un essai d'empoissonnement de l'Aude, écrit à M. le Secrétaire général : « J'ai l'honneur de vous accuser réception de la caisse renfermant 3000 œufs de Saumon que vous m'avez adressée. En les mettant dans les auges, j'ai dû en enlever 120 qui étaient complètement blancs. Dans le premier envoi, il n'y en eut que 50 de gâtés. Avec ceux que nous avons enlevés depuis, ce nombre s'est élevé à 93. Maintenant, il n'y en a guère que 1 ou 2 à enlever tous les jours, quelquefois aucun. J'espère que le nouvel envoi se comportera de la même manière. » — M. Seth Green, surintendant de l'établissement de pisciculture de Kochester (iNew-York), adresse un numéro du journal The Daily Press, d'Albany, renfermant un article sur les travaux de pisciculture exécutés dans l'État de New- York. — M. A. -M. Grève, vice-consul de France à Bergen, adresse les ren- seignements ci-après sur le prix des poissons salés, préparés en Nor- vège, qui pourraient èlre utilisés pour la nourriture de la Truite et d'autres Salmonidés, dans les établissements de pisciculture : «... Le baril, du poids de l'20 à 130 kilogrammes, et contenant de 1000 à 1200 poissons: Sprats salés (en saumure) 20 francs. Harengs 25 — » Je me permets d'attirer, en outre, votre attention sur la rogue de 176 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. Morue, qui est la nourriture favorite de la Sardine; il en est expédié d'ici aux ports de Bretagne des quantités considérables tous les ans. Le cours actuel de ce produit est de 40 à 45 francs le baril, pesant en- viron 130 ou 140 kilogrammes, rendu à destination. Vous pouvez éga- lement avoir de la rogue de qualité inférieure à des prix proportionnels, ainsi que la deuxième qualité, à 26 ou 28 francs. » Un autre appât, qui est aussi très employé par les pêcheurs de notre côte, et qui par conséquent doit êtr*^ une nourriture très aimée des poissons de mer, c'est la Moule. Il est vrai que celle-ci n'est point jus- qu'à présent l'objet de commerce, et n'a par conséquent aucun prix coté ni ne se trouve prête à être fournie; mais la côte en est pleine, et si l'on pouvait trouver à la rendre utile, ce serait un avantage pour la population du littoral. Il faudrait en ce cas, je pense, sortir la chair de la Moule et la mettre en saumure, ou la saler très légèrement, en petits fûts. Dans le cas oii vous jugeriez utile de l'essayer, je serais prêt à vous y aider. » Au moment de nos grandes pêches, il arrive le plus souvent sous la côte des masses de Seiches, que les pêcheurs prennent et coupent en morceaux. C'est une nourriture très recherchée de la Morue, mais il est souvent difficile de s'en procurer. » — M. Bigot adresse un rapport sur ses éducations d'Attacus Yama- mai, Pernyi et Cynthia, faites à Pontoise pendant l'année 1885. — M. le baron von Mueller, botaniste du gouvernement à Melbourne, fait parvenir un envoi de graines d'Atriplex nummiilarium. — Remer- ciements. — 31, LéonDuval adresse deux exemplaires d'un traité sur la Culture pratique des Azalées de llnde, ouvrage qui a obtenu une médaille d'argent de la Société régionale d'horticulture du Nord de la France. — M. Eferthoule donne lecture d'une note de M. Dautreville sur la composition chimique du Stachys af finis. Il résulte des renseignements fournis par cette note que non seulement le nouveau légume constitue un aliment très sain, mais qu'il pourrait, en outre, rendre des services pour l'alimentation spéciale des diabétiques. — M. Decroix fait la communication suivante : « Messieurs, permettez- moi de vous parler encore une fois — la dernière probablement — de l'usage alimentaire de la viande de cheval, sur lequel Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a autrefois appelé l'attention de notre Société. » Sous notre illustre fondateur, l'hippophagie est restée, en France, dans le domaine théorique. C'est un comité spécial, le Comité de la viande de cheval, qui l'a fait entrer dans la pratique, après quatre an- nées de luttes contre l'opposition des uns et l'indifférence des autres. î Notre Société a puissamment secondé les efforts de ce comité, d'abord parce que plusieurs de nos collègues, notamment MM. de Qua- trefages, Albert Geoffroy Saint-Hilaire, le comte d'Esterno, etc., en PROCES-VERBAUX. 177 faisaient partie, et, d'autre part, parce qu'elle a versé à la souscription (le propagande une somme de 500 francs (décision du Conseil en date du 20 janvier 1865). » Aujourd'hui, la question de l'iiippophagie est jugée ; il y a des boucheries chevalines dans toutes les grandes villes. Il y en a actuelle- ment plus de cent dans le département de la Seine; elles ont livré à la consommation, en 18S5 : chevaux, 16506; ânes, 381; mulets, 53- total, 16 940, soit une augmentation de 20U sur 1884. » Mais le fait sur lequel je désire appeler plus particulièrement au- jourd'hui votre attentio